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31/07/2011

Pauvre Wodié


par EM
C'est fait: Wodié est devenu président du Conseil constitutionnel. C'était donc pour ça ? Pauvre Francis! Que de volte-face! Que de méchancetés! Que de mensonge! Que de dénigrements! Que ne fera-t-il pas pour un poste? Mais en réalité que pèses-tu Francis sur l'échiquier politique? Moins de 1% de l'électorat ivoirien. Tu ne pèses rien donc...Mais qu'importe! L'essentiel pour toi c'est d'avoir le poste tant convoité. Tu es allé jusqu'à affirmer que pendant le deuxième tour de l’élection présidentielle, il n'y a pas eu de bourrage d'urnes, ni d'exactions, ni de morts au nord. Tu as démontré en piétinant sans scrupules notre constitution pour dire haut et fort que le vainqueur c'était Ouattara. Tu as tenté de vendre ton parti...heureusement que tes propres militants t'ont désavoué. C'était donc pour ça ? Au nord, dans les goulags, croupissent dans les souffrances les plus atroces Gbagbo, son épouse, son fils, Affi, Aka Ngbo un valeureux universitaire, un Ministre handicapé etc. Mais eu importe. Le plus important est que, toi, Francis, tu as eu le poste. Jette un regard sur ton parcours...Tu verras qu'il est parsemé de trahison, de traîtrise, de mensonge, de petitesse, de faiblesse, de compromission. Pauvre Francis! Pauvre... Entends-tu le cri de ses femmes éventrées à Duekoué? Évidemment Angèle Gnonsoa ne pouvait pas te suivre! Elle a perdu, elle, ses parents à l'ouest. Et à Bonoua chez toi, entends-tu les jérémiades des ces populations humiliées, pillées, dépouillées? Et « ta petite sœur » Simone, sais-tu le martyre qu’elle vit dans les geôles du Nord ? Peu importe Francis, tu es nommé à ce fameux poste tant convoité. N’est-ce pas le plus important ? La CI blessée dans sa dignité te souhaite bon vent. Pauvre Francis !

OPTIMISATION DES INTERETS DES MULTINATIONALES FRANCAISES


Dénouement tragique de la crise ivoirienne: L’optimisation des intérêts des multinationales françaises
En parlant des activités des entreprises et multinationales, le chercheur Philippe Moreau Defarges écrit dans «la mondialisation», que «les entreprises raisonnent à partir de la demande et de l’offre mondiales, de leur perspective d’évolution et de profit». Oui, ces acteurs économiques sont constamment portés sur la poursuite frénétique du gain propre, dans l’exercice de leurs activités. Et en Côte d’Ivoire, les multinationales françaises dirigées par Bouygues et Bolloré ont une ambition unique: consolider et accroitre leurs positions, pour arrêter la poussée trop forte des pays asiatiques développés. Elles refusent ainsi par leur comportement, l’avènement d’un espace mondial de compétition, quoique avec la mondialisation, «la terre entière constitue bien un espace qui doit être pensé unique ». Dans la logique d’optimisation de leurs intérêts pour instaurer leur hégémonie, les entreprises françaises, avec à leur tête Bouygues et Bolloré, auraient opté à intégrer les réseaux de la grande criminalité organisée, pour monter à l’assaut de l’Etat de Côte d’Ivoire et du président Laurent Gbagbo, afin de le chasser du pouvoir.
Pourtant ces multinationales ont toujours été traitées avec bienveillance, et occupent une place de choix dans l’économie ivoirienne, depuis le premier Président ivoirien Félix Houphouët Boigny qui, pour garantir la stabilité de son pouvoir, a été si souvent à la merci de ces entreprises au détriment des Ivoiriens. C’est dans ce contexte que M. Alassane Dramane Ouattara, alors Premier ministre de ce pays, a privatisé l’eau, l’électricité et le téléphone à un franc symbolique, remettant ainsi ces secteurs stratégiques entre les mains des Français. Mais l’évolution de l’environnement politique international et les défis nouveaux auxquels l’Etat est confronté vont favoriser une réorientation de la vision des Présidents Bédié et Gbagbo. Ceux-ci ouvrent l’espace des investissements en Côte d’Ivoire à d’autres acteurs étatiques du monde. Ce choix nouveau met un terme à la pratique d’un axe d’exclusivité commerciale avec la France qui veut cependant demeurer un pays incontournable en matière d’échanges commerciaux et de gestion des questions stratégiques dans son pré carré. En effet, le revirement d’attitudes des gouvernants ivoiriens n’est pas du goût de l’ex-colonisateur qui dégage habilement Henri Konan Bédié de la tête de l’Etat en décembre 1999, des suites d’un coup d’Etat sans effusion de sang.
Pendant la gouvernance de Laurent Gbagbo dès octobre 2000, il ouvre davantage le champ des investissements à des pays émergents comme la Russie et la Chine. Cet acte déclenche assurément le mécontentement de la France qui lui reprocherait en outre son nationalisme fort et son refus constant de la compromission. En effet, l’accession au pouvoir d’Etat du Président Gbagbo a coïncidé avec une crise budgétaire profonde de l’Etat français, qui était à la limite la risée des autres nations européennes, tant il était interpellé constamment.
Dans le but de maintenir son prestige sur la scène internationale, la France va agir de manière déguisée au départ à l’encontre de la politique de Laurent Gbagbo, au travers d’une tentative de coup d’Etat le 19 septembre 2002. Elle procédera ensuite à la partition du pays en deux, après la création par l’ONU et la Licorne d’une zone de confiance. Ainsi, la zone centre, nord, ouest (CNO) est transformée en un espace de non-droit propice à l’exploitation abusive du pays dans sa partie septentrionale, où toutes les criminalités sont possibles. Cette ex- puissance coloniale va agir par le moyen d’une rébellion forgée et entretenue par la France via le Burkina Faso.
En effet, pendant cette grave crise, les multinationales françaises ont consenti d’énormes sacrifices et ont apporté un précieux concours à l’Etat, ce qui vaut une décoration à leurs dirigeants pour le bon travail accompli. Malheureusement, ces mêmes entreprises françaises, en complicité avec l’entourage de M. Sarkozy, auraient, après concertation, trouvé que les bénéfices réalisés dans leurs activités sous la gouvernance de Gbagbo sont maigres, et qu’il faudrait le chasser du pouvoir car il est trop nationaliste à leur goût. Ces entreprises prennent dès lors le parti de Ouattara qu’elles considèrent comme la personnalité qui peut absolument défendre leurs intérêts et ceux de la France, au détriment des Ivoiriens. Lesdits acteurs économiques auraient apprécié à leur juste valeur, les bénéfices substantiels glanés sous la gestion de M.Alassane Ouattara, en temps que Premier ministre du pays, de 1990 à 1993, sous le couvert de la légitimité historique de Félix Houphouët Boigny. En fait, pour concrétiser la décision prise, ces chefs d’entreprises se seraient assidûment réunis de juillet à septembre 2010, avec des proches de Sarkozy, pour choisir la méthode à utiliser dans l’estocade à porter à Laurent Gbagbo, lors des élections de novembre 2010. L’unanimité faite autour de son éviction, il fallait créer les conditions de la rupture globale et ficeler les modalités pratiques du coup.
A ce niveau, l’exécution de leur plan combinera deux approches : le soft et le hard power. Dans le premier cas, tous les acteurs anti-Gbagbo vont tabler sur les élections de 2010, pour habilement œuvrer à placer Alassane Ouattara à la tête de l’Etat de Côte d’Ivoire, par de multiples stratagèmes. Dans cette approche du soft power, les entreprises et Sarkozy emploieront à fond les pressions diplomatiques et économiques, pour que leur poulain ne traine pas le boulet d’illégitimité. En amont, l’on aurait sollicité un opérateur économique ivoirien bien connu dont le rôle aurait consisté à forger avec des leaders de partis, la plate-forme politique dénommée le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), avec le soutien actif d’un politologue français. Pour atteindre leur but, les planificateurs du coup ont, au premier chef, voulu maîtriser les leaders du RHDP et devraient, dans ce cadre, ouvrir un compte bancaire à chaque dirigeant dont le parti politique est affilié à la plate- forme. Ainsi, les véritables maîtres du jeu au sein de cette alliance politique sont bien les dirigeants des entreprises qui investissent leur argent. Ils ont tous une unique obsession, déstabiliser le régime de Laurent Gbagbo et en changer la nature par tous les moyens.
Si l’option des élections constitue le moyen de combattre en homme, Machiavel dans «Le Prince», conseille aussi aux dirigeants de combattre en bête. Cette deuxième approche, le hard power ou usage de la force brutale n’est pas négligé par la nébuleuse qui s’investit financièrement pour pourvoir la rébellion en armes et en munitions, concourir à son encadrement technique pour la rendre opérationnelle sur un champ de guerre. Mais avant cette phase ultime qui sera fatidique à Laurent Gbagbo, l’opérateur économique en question aurait juré de le mettre à genoux avant les élections présidentielles de 2010. Pour tenir sa promesse, il aurait demandé la collaboration d’un membre influent du PDCI, afin d’accélérer la chute de Gbagbo, offre que ce dernier aurait refusée pour des raisons strictement personnelles.
En effet, leur décision de nuire à Laurent Gbagbo et aux institutions ivoiriennes est prise. Elle est sans équivoque. Comme dans la tragédie grecque, le ressort est débandé, Bouygues et Bolloré jouent à fond leur partition par la mise à la disposition des adversaires de Laurent Gbagbo, d’une télévision pirate juste avant le raidissement du contentieux électoral. Dans l’utilisation de la force militaire de la Licorne contre le président Gbagbo, elle pouvait assener un coup fatal à la RTI qu’elle qualifie de télévision propagatrice de la haine contre la France, alors que ces Français foulent aux pieds les droits des Ivoiriens.
Mais ces investissements faits dans l’achat de la télévision pirate TCI seront remboursés aux multinationales par la prise en main de la redevance versée à la RTI par les contribuables ivoiriens. Aucun investissement français dans cette crise n’est gratuit ; tout est à rembourser intégralement. Ces multinationales auraient de même conseillé le refus systématique du recomptage des voix, méthode pourtant hautement démocratique, mais susceptible de conduire à un dénouement pacifique de la crise post-électorale. Elles auraient également endossé la stratégie d’acculer le président Laurent Gbagbo en le faisant passer pour un dictateur qui s’accroche au pouvoir malgré sa défaite par les urnes. Toutefois, tous reconnaissent sa valeur disant de lui qu’il est un adversaire politique redoutable, à cause de ses capacités extraordinaires et ses lectures fines des situations du pays et du continent. Ils le disent par ailleurs porteur d’un charisme singulier qui fait de lui une personnalité que les Ivoiriens oublieront difficilement. Ses marques politiques sur la société ivoirienne sont si fortes et visibles qu’il faut le prendre et le garder en prison, le temps de ruiner son charisme et sa légitimité historique par la création de la distance entre cet homme talentueux et le peuple de Côte d’Ivoire qui s’identifie merveilleusement à lui.
Les multinationales et les gouvernants du pays comptent ainsi faire du temps un adjuvant précieux dans leur entreprise destructrice du leader visionnaire Laurent Gbagbo. Cette déstabilisation s’étendra aussi sur les entités politiques de l’opposition qui ont perdu leurs marques, à cause de la violence post électorale déclenchée par les FRCI. La psychose ainsi créée sera à l’avantage du pouvoir, car elle plongera les partis de l’opposition dans une profonde léthargie, ce qui peut leur être préjudiciable dans la tenue des élections législatives à venir. Il faut craindre que le rêve de dominer l’Assemblée nationale ne pousse les dirigeants actuels à créer les conditions d’un boycottage des législatives par l’opposition.
En effet, l’opposition devrait pouvoir se passer de la présence physique des leaders arrêtés, car leur maintien en prison participe d’un traquenard de déstabilisation interne. C’est également de la diversion à ignorer pour relever les défis, en vue de redonner de l’espoir aux Ivoiriens en plein déluge politique. En effet, il est d’intérêt majeur d’agir de sorte que le pillage systématique de l’économie ivoirienne que veulent réaliser les multinationales et autres entreprises françaises avec la complicité active des dirigeants actuels ne perdure pas. Car c’est au nom de l’optimisation excessive de leurs intérêts économiques que ces entreprises ont choisi ce dénouement tragique de la crise ivoirienne. Elles seraient donc au cœur de la tragédie ivoirienne, avec la complicité de locaux qui cultivent à souhait le champ de l’indignité de l’Afrique, par leur acceptation de la recolonisation française.





Correspondance particulière de Majérol

30/07/2011

Le jour où je ne vivrai plus...


Zadi Zaourou (Poète) :“LE JOUR OU JE NE VIVRAI PLUS...”
Source : FratMat : DU 30/07/2011


Le monde de l’enseignement le vénère, celui des arts et de la culture s’honore de le compter parmi ses références; intellectuel de classe exceptionnelle, le professeur Zadi est foncièrement un orfèvre de la poésie et du mot dont il nous parle.

Dans « Les quatrains du dégoût » vous peignez un de vos personnages, Ben Laden, sous un jour favorable, vous le célébrez même.


Oui, je le sacre et je le consacre héros. Qu’y a-t-il d’étonnant à cela?

Ce n’est pas courant et puis ce héros a été vaincu dernièrement. Il n’est plus.

Quel est le propre des héros ? C’est bien de mourir. La mort n’a jamais fait que grandir les héros. Elle ne les rabaisse pas, mais les immortalise. Et puis, des mains de qui Ben Laden meurt-il ? Des mains d’une coalition mondiale. Il est surpris chez lui à la maison, désarmé, et on trouve le moyen, non pas de l’arrêter, mais de l’abattre. Cela signifie que même quand on l’a à sa merci, on a encore peur de lui. Après l’avoir assassiné, on immerge son cadavre dans la mer. C’est totalement l’image de Caïn (personnage biblique) allant se cacher dans une grotte ; mais l’œil le suit. Même le cadavre de Ben Laden fait peur. Ses bourreaux redoutent qu’il soit pris pour un martyr et que l’endroit où il repose soit transformé en un lieu saint. L’absence même de tombe achève de démontrer que l’univers entier, l’espace universel entier est sa tombe. Le nom Ben Laden restera immortel, c’est un héros.

Vous dites dans votre poème que Ben Laden a percé l’oreille de Sam Lee, que doit-on comprendre?

Sam Lee, dans le poème, campe le Président des Etats-Unis d’alors, George Bush, qui mobilise toutes ses forces, mais finit par avoir l’oreille percée. Or, percer l’oreille d’un homme, c’est le féminiser. Dans nos cultures à nous, en tout cas, ce sont les femmes qui se percent les oreilles. Je dois reconnaître cependant, qu’aujourd’hui, les hommes voulant se prendre pour des femmes et ces dernières pour des hommes, alors, tout le monde se perce les oreilles. Percer l’oreille de Bush revient donc à le féminiser, le neutraliser, le rendre inapte à toute guerre, car en dehors des amazones, le rôle de la femme n’est pas de faire la guerre.

Que vous inspire le fait qu’Obama, un prix Nobel de la paix, remporte une guerre ?

Le prix Nobel n’a jamais été qu’un instrument de l’impérialisme occidental et de la politique mondiale. Actuellement, il est question, pour le prix Nobel de la paix, de positionner un dissident chinois pour faire à la Chine, le coup qu’ils ont réussi à faire à l’Union soviétique, mais ils se trompent royalement. Leur objectif est de faire imploser l’empire chinois. Pour être un instrument politique, le prix Nobel n’a aucune valeur, si ce n’est une valeur diabolique et négative.

Toujours dans Les quatrains du dégoût, vous faites un clin d’œil à Petit Denis, un chanteur Zouglou et dans Gueule-Tempête, vous faites de nouveau référence, parlant du mot et de son aventure, au Zouglou. Pourquoi cette récurrence ?

Je me souviens très bien du vers : « Petit Denis a dit/ Ce qui est dit est dit/ Et moi je dis/… ». J’ai apprécié cette phrase, bien que l’ayant trouvé incomplète. En la complétant, il me fallait citer la source juste par honnêteté intellectuelle et non par admiration pour Petit Denis, encore que c’est un garçon consacré dans son pays, alors pourquoi ne pas le citer ? En revanche, dans le cadre du Zouglou, j’ai parlé du mot. Le Zouglou m’apparaît comme un chaos, comme l’oreille du désordre artistique. Le mot Zouglou, lui-même, déjà dans ses consonances, est un mot qui est laid. Il est laid et renvoie à cette espèce d’entortillement de ceux qui s’en réclament, et à cette gestuelle où l’on se tranche la tête, où les bras errent en l’air sans support. C’est un mot insolite et c’est ce que j’ai voulu montrer.

Votre poésie est finalement centrée sur le mot et ses péripéties. Puis-je l’appréhender ainsi ?

Tout à fait ! Pour moi, la poésie est d’abord la grande aventure du mot. Il est inconcevable d’avoir une idée de la poésie en dehors de l’épopée du mot. C’est pourquoi ce recueil célèbre d’abord le mot. Et il n’est pas le seul. A califourchon sur le dos d’un nuage (Poésie, L’harmattan 2009), accorde, comme la plupart de mes textes, une grand place à l’épopée du mot. La poésie n’est pas envisageable en dehors du mot. C’est comme si vous vous risquiez à parler de la peinture en dehors de la couleur.

Vous me donnez l’impression de ne pas prendre en compte le mépris, le désintérêt que les éditeurs, le lectorat aussi, manifestent à l’endroit de ce genre sans -en toute polysémie du terme- fortune

S’il y a vraiment une chose qui me laisse de glace, c’est bien ce sujet. Le jour où je ne vivrai plus, les Ivoiriens se souviendront de moi et diront : «Il fut un grand poète ». C’est peut-être nos arrière-petits-enfants qui chercheront à découvrir les traces de mes poèmes.

En réalité, moi je sais très bien comment on fabrique les best-sellers…




Instruisez-nous alors.

(Il affiche en coin, un sourire espiègle) Il suffit d’enquêter auprès de l’opinion pour savoir exactement où en est le goût des gens. Peu importe que ce goût soit dévalué ou non. Pourquoi croyez-vous que mon jeune frère Biton Koulibaly vende bien ? Avec un groupe de jeunes gens, il a suivi pendant un an, des cours que je leur dispensais gratuitement. Aujourd’hui, il passe pour un romancier qui vend bien, simplement parce qu’il vend le sexe et les filles d’Abidjan raffolent de Biton. « Ah ! les femmes » ou encore « Toujours les femmes », « Ah ! les hommes », cette littérature est réclamée par la gent féminine. J’aurais pu produire, chaque trimestre, un ouvrage de ce type de littérature à l’eau de rose. Non seulement je suis poète, mais je suis aussi un technicien de la littérature. Je sais comment fabriquer un texte puisque je suis stylisticien de métier. Mais cela ne m’intéresse pas du tout.

Pourquoi ?

Grâce à Dieu, j’ai un métier dont je vis. Je n’attends donc pas d’argent de la littérature. Le fait que les éditeurs se soient emparés de la littérature et en aient fait un objet de commerce est

un drame pour l’écrivain, parce que la poésie qui est l’art suprême meurt des mains des éditeurs, lesquels préfèrent de petits recueils de nouvelles, de mauvais romans à la poésie, sous prétexte qu’elle ne se vend pas. C’est triste, mais le capitalisme a fini par infecter même la poésie.

On ne peut pas demander à un éditeur à ne pas tirer profit des investissements. Je pense que c’est la population qu’il faut éduquer et sensibiliser à la chose poétique.

Le goût esthétique est le résultat d’une éducation. Qu’attendre de nos Etats, de nos nations qui, déjà, sur l’essentiel même abdiquent ? Ce n’est pas sur des notions de goût esthétique qu’ils peuvent réaliser des prouesses.

Interview réalisée par Alex Kipre

28/07/2011

Se dresser contre l'Occident


Thabo Mbeki formel : "L'Afrique doit se dresser contre l'Occident"
Source : Le Nouveau Courrier du 28/07/2011


Dans une interview au Sunday Times, Thabo Mbeki s'indigne du comportement des Occidentaux en Libye et en Côte d'Ivoire. Et estime que le centenaire de l'ANC doit être une occasion pour relancer le combat de libération du continent.

Ex-chef de l'Etat et figure centrale de l'ANC, Thabo Mbeki est en colère. Et il est décidé à lancer sa nouvelle croisade : celui du nécessaire combat contre un Occident de plus en plus agressif contre l'Afrique. Alors qu'il était très en retrait de l'activité de son parti politique, il revient au devant de la scène à l'occasion des célébrations du centenaire du parti. «Nous ferons de notre mieux pour que l'anniversaire soit célébré comme il se doit. Un centenaire, ça arrive une seule fois par siècle et je suis sûr que c'est une occasion de réflexion pour le peuple», a-t-il dit lors d'une interview avec le Sunday Times. «Je sais que les camarades de l'ANC préparent activement la célébration du centenaire l'année prochaine. Cela doit être un jour important pour réfléchir sur le passé mais, plus particulièrement, pour regarder le présent et le futur. Où en est le processus qui a abouti sur l'indépendance du continent africain et sur la fin de l'apartheid ? Où en sommes-nous aujourd'hui et où en serons-nous demain ?»

Le continent africain, a ajouté Mbeki, doit profiter de cette célébration pour décider comment il défendra ses intérêts par rapport à des puissances occidentales qui, dit-il, défendent leurs propres agendas. «Ce sera une occasion très importante, et je sais que beaucoup de monde sur le continent est intéressé par les célébrations du centenaire de l'ANC, parce qu'il est vu comme concernant aussi le reste du continent. (…) La discussion doit aider à avancer sur les défis auxquels nous sommes confrontés en tant qu'Africains. Je suis sûr que nous allons tous contribuer à cela, parce que je crois qu'il sera nécessaire d'entendre le plus grand nombre de voix possibles sur toutes ces questions majeures».

Evoquant les bombardements aériens de l'OTAN en Libye, mais aussi l'implication française dans le conflit ivoirien, Mbeki a appelé à des protestations de masse sur tout le continent, rapporte le Sunday Times. Il a aussi appelé les gouvernements à condamner ce type d'actes. Choqué, Mbeki n'a pas manqué de s'indigner.
«En tant qu'Africains, nous avons besoin de faire notre introspection et de nous dire ce que nous devons faire pour défendre nos intérêts. La question que nous devons nous poser est : pourquoi sommes-nous si silencieux ? Ce qui est arrivé en Libye peut très bien être un signe précurseur de ce qui peut arriver dans un autre pays. Je pense que nous devons tous examiner ce problème, parce que c'est un grand désastre», a-t-il dénoncé.



En tant qu'Africains, nous avons besoin de faire notre introspection et de nous dire ce que nous devons faire pour défendre nos intérêts. La question que nous devons nous poser est : pourquoi sommes-nous si silencieux ? Ce qui est arrivé en Libye peut très bien être un signe précurseur de ce qui peut arriver dans un autre pays. Je pense que nous devons tous examiner ce problème, parce que c'est un grand désastre




- Thabo Mbeki

Avant d'enfoncer le clou. «Nous ne pouvons pas dire que nous sommes incapables d'empêcher ces pouvoirs occidentaux d'agir comme ils agissent parce qu'ils agiront de cette manière demain. Je pense que nous pouvons, pourvu que nous agissions et qu'ils voient que s'ils continuent ce type d'actions, ils rencontreront la résistance de tout le continent africain. Mais malheureusement, notre voix est trop faible et nous devons faire quelque chose pour la rendre plus forte et pour revendiquer clairement le droit des Africains de décider de leur propre avenir.»

Thabo Mbeki compte donc faire du centenaire de l'ANC un moment-clé pour nos luttes communes. Ses propos interviennent à un moment de violence extrême sur l'Afrique. Et de prise de conscience de certains milieux, jusque-là plutôt conservateurs et complaisants avec les Occidentaux. Ainsi, l'on a entendu Jean Ping, le secrétaire général de l'Union africain charger Louis Moreno Ocampo, procureur près la Cour pénale internationale, le qualifiant de «plaisantin» après ses manœuvres politico judiciaires contre Muammar Kadhafi. Il l'a invité à dire le droit au lieu de faire de la politique et s'est demandé pourquoi il n'y avait que des Africains qui étaient poursuivis devant la Cour pénale internationale. Et si la révolution africaine, la vraie, était en marche ?

Invasion de l'Afrique


Invasion de l'Afrique: Les daltons en Amérique pour prendre des instructions
Source : Telediaspora.net du 26/07/2011

Eux, ce sont les Dalton. C’est officiel. Ils n’ont plus rien à cacher. Ils sont les invités d’honneur pour organiser le déshonneur de l’Afrique. Les Black Dalton d’Afrique. Quatre ou cinq en tout, ils font la fierté de leurs grands maîtres. Mais chez eux, ils sont la honte d’un Continent. C’est normal. Nul n’est prophète chez soi, même si on s’appelle Dalton. Vous les connaissez.

En camouflage démocratique, ils sont la crème des crèmes, la nouvelle génération de frères de lumière avec le passé et l’avenir très peu glorieux : vol en col blanc, association de malfaiteurs doublée d’un récidivisme notoire, organisation en bandes armées, fraudes électorales, usurpation de nationalité, création et financement de rébellions armées, épuration ethnique, incompétence, vente d’illusion, bref, c’est une biographie tout à fait vertigineuse qui caractérise la vie des Dalton.

Ils le savent tous : bien mal acquis ne profite jamais. Ils savent que les biens acquis en Afghanistan après l’invasion de ce pays n’ont rien changé à la décadence de leurs grands maîtres. Ils savent aussi que ceux acquis en Irak n’ont eu aucune incidence sur la paupérisation grandissante chez ces maîtres fascistes. Mais ils veulent faire bonne figure. Ils ont donc le devoir de répondre à l’appel du grand maître. L’invasion de l’Afrique serait peut-être la panacée à l’échec d’un système économique qui a atteint ses limites insurmontables comme un système pyramidal ponzi.

Mais l’invasion de l’Afrique a déjà fait des miracles au 16ème siècle. Et il a donné des résultats probants jusqu’au 20ème siècle. Alors pourquoi pas aujourd’hui ? Sous la forme d’un nouveau commerce triangulaire, d’une traite négrière, de l’esclavage, du colonialisme ou de l’exploitation abusive tout court, il faut rendre service aux grands maîtres, soutiens irréductibles ayant permis d’asseoir un régime d’imposture ou né d’une vaste fraude électorale.


Autre motif légitime de plancher sur l’invasion de l’Afrique, les grands maîtres sont devenus eux aussi, des patrons à la tête de pays très très endettés. On pourrait parler de PRTE (Pays Riches Très Endettés) juste pour réserver à l’Afrique, le terme de PPTE (Pays Pauvres Très Endettés). Mais peu importe les terminologies employées, nous souffrons tous du même mal : la paupérisation. Cependant, il y a une différence fondamentale dans nos chances de nous en sortir.

L’Afrique est quant à elle pauvre parce qu’elle n’a pas encore exploité ses richesses. Eux, ils sont pauvres parce qu’ils ont fini d’exploiter leurs richesses.

C’est dire donc que l’Afrique peut promettre un avenir à ses fils. Mais, eux, c’est la décadence. Comme celle de l’empire romain, de l’empire germain, de l’empire gaulois, etc. etc. Les grands maîtres le savent bien. Donc comme au bon vieux temps, il faut organiser et très vite l’invasion de la terre promise, l’Afrique. Et les Dalton sont là pour les y aider. Alors arrêtez de faire croire aux peuples des pays dont les Dalton sont issus, que c’est voyageurs vont vers leurs grands maîtres pour ouvrir des robinets de milliards ou déclencher des pluies de milliards.

Un patron de gang paumé qui réunit ses "petits", ce n’est pas pour leur distribuer de l’argent. C’est pour leur demander d’en trouver. Et par tous les moyens. Pourquoi alors mentir aux dignes fils d’Afrique ? De l’autre côté où ils s’en vont, chaque année au mois de Juillet, ils se rendent en jet privé à Monte Rio en Californie, à 120km au Nord de San Francisco, dans un immense domaine de 1500 hectares de nature sauvage, de forêts de séquoias et de lac, pour participer aux cultes sataniques organisés par le Bohemian Club (ou "Bohemian Grove"), une organisation de type "ésotérique" ou "occulte" fondé en 1872, où se retrouvent des hauts dirigeants de l'économie, de la finance et de la politique. Ils y discutent des affaires du monde et s'entendent sur des stratégies politiques ou économiques, avec un agenda ponctué de sacrifices ténébreux.

Cette année, à coup sûr, la question de l’invasion de l’Afrique comme caricaturée par l’opération « Aube de l’Odyssée », sera le point principal inscrit à l’ordre du jour. Alors, les Dalton, fins connaisseurs du terrain africain devront faire un état des lieux sur les richesses du sous-sol pour permettre aux grands maîtres de préparer la stratégie d’invasion.

Ne vous y trompez pas. Les Daltons sont rompus aux métiers qui caractérisent leur foudroyante biographie. Ils vont encore une fois surprendre les grands maîtres avec des informations nouvelles, des idées nouvelles, des petitesses nouvelles. Le miel dans tout ça, c’est qu’une certaine Afrique n’y voit que du vent. Elle applaudit des mains et des pieds. Elle est heureuse et croit naïvement que l’homme blanc viendra faire son bonheur. Et pourtant la sagesse africaine enseigne qu’un homme ne peut donner que ce qu’il a.

Alors comment voulez-vous que l’homme blanc, tourmenté par la fin de son système, la misère imminente de son peuple et malheureux d’avoir échoué dans son projet de bâtir une société riche, puisse vous apporter le bonheur ?

En règle générale, l’Africain est généreux. Il aime partager. Aucun Africain ne se réjouirait de voir les esclavagistes et colonisateurs crever de misère. Ce que l’Africain ordinaire demande, c’est qu’il ait part suffisante aux ressources de son pays. Et cela peut se négocier sans invasion. Alors pourquoi ne pas faire plus simple, plus civilisé et avoir le sens du partage raisonnable ? Cela éviterait une agression inutile et l’émergence d’une riposte révolutionnaire impitoyable. Parce que cette fois-ci, l’Afrique digne ne se laissera pas faire. Car elle a fait le pari d’être le berceau de la Révolution Permanente anticolonialiste.

A très bientôt.

Hassane Magued

cameroonvoice.com

Affaire ''l'examen blanc de l'IEP d'Attécoubé


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Affaire "l`examen blanc de l`Iep d`Attécoubé / L`épreuve d`histoire conteste l`élection d`Alassane Ouattara" Réaction à l'article de "Le Nouveau Réveil".
Source : Telediaspora.net du 27 juillet 2011

L'inspecteur de l'enseignement primaire d'Attécoubé, Diallo Ousmane, et ses enseignants intoxiquent les élèves de leur ressort territorial en leur inoculant des idées séditieuses. En effet, dans son inspection, on enseigne aux enfants du Cours moyen II (Cm2), la contestation des autorités actuelles et la révolte contre l'organisation des Nations-unies en Côte d'Ivoire (Onu-ci). De quoi s'agit-il ? Hier, comme cela se fait dans toutes les écoles de Côte d'Ivoire, un examen blanc a eu lieu au niveau des classes de CM2 de la commune d'Attécoubé que couvre l'inspection primaire dirigée par M. Ousmane Diallo. Quoi de plus normal que d'évaluer les enfants pour jauger leur niveau avant les examens à grand tirage. Mais, ce qui est ahurissant, ce sont les questions de l'épreuve d'histoire donnée aux élèves du primaire et le corrigé proposé. Les questions N°4 et N°5 sont révélatrices de l'intention de manipuler les enfants à des fins politiques. A la Question N°4, " Je nomme trois actions menées par l'Onu-ci lors de la crise post-électorale ", le corrigé proposé est : " -transport des rebelles (1pt)-armement des rebelles (1pt), tueries des soldats et civils ivoiriens (1pt) ". A la question N°5 " Je dis le nom du président de la République de Côte d'Ivoire lors de la crise post-électorale ", le corrigé proposé est : " Laurent Gbagbo (1pt) ". Les organisateurs de cet examen blanc, non seulement contestent la légitimité du président de la République actuel, mais et surtout tentent d'embrigader les enfants de Côte d'voire en les poussant à la désobéissance, à l'incivisme et plus tard à la rébellion. Ont-ils seulement conscience que leur rôle est de donner le savoir juste et constructif et que l'école ne fait pas bon ménage avec la politique aliénante ? Au moment où tout le monde parle le langage de la réconciliation, de la vérité et de la paix, il se trouve encore des gens qui continuent à rêver surtout à diffuser à la population la plus délicate et la plus fragile des germes de révolte contre l'autorité.
François Konan
Le nouveau réveil du 15 juillet 2011


J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’article ci-dessus du Le nouveau réveil du 15 juillet 2011. Pour me confesser, ce n’est pas un journal que j’ai l’habitude de lire. Je dirai même plus sincèrement que ce n’est pas un journal que je lis. Mais cette fois-ci, cet article a particulièrement et accidentellement accroché mon attention. Je crois bien que c’est parce qu’il est relatif à l’actualité sociale et politique encore brûlante de notre pays. Mais surtout parce qu’il s’agit de notre histoire encore très fraîche et davantage parce qu’il s’agit des enfants, c’est-à-dire ceux qui vont raconter plus tard notre malheureuse histoire aux générations futures et qui auront eux-mêmes en main la destinée de notre pays. Le journaliste qui a écrit cet article s’indigne ostensiblement du coup de notre histoire qui serait en train d’être tordu par M. l’inspecteur et ses enseignants « manipulateurs ». L’intention de mes propos n’est pas de refaire notre histoire récente, loin s’en faut. De toutes les façons je ne suis pas le mieux placé pour le faire. Les spécialistes s’en chargeront. Je ne dirai rien des questions posées et des réponses données. Je m’appesantirai plutôt davantage sur la conclusion qui semble être la pointe morale de l’article.
Je veux simplement m’interroger et interroger le journaliste qui prend tout le monde à témoin du fait que les enfants sont en train d’être préparés à la rébellion. Or donc, monsieur François KONAN, la rébellion est mauvaise ? Or donc elle ne mérite pas d’être faite ? Mes questions se justifient par le fait que vous et votre journal avez porté à bout de bras notre rébellion de pauvres depuis son éclatement en 2002 jusqu’à se qu’on croit naïvement et sans jugement et discernement être sa fin définitive en avril passé avec la « capturation » (ce néologisme malheureux n’est pas de moi, suivez mon regard) du Président Laurent GBAGBO. Vous avez été consciemment les apologistes et laudateurs inspirés de cette rébellion et les hagiographes et thuriféraires patentés des rebelles. Vos articles étaient biens dithyrambiques et panégyriques vis-à-vis des rebelles. Le monde entier les a lus. Pendant ce temps, nous vous faisions remarquer et comprendre qu’il est absurde et imprudent de prendre fait et cause pour une rébellion. Au plus fort de la crise poste électorale, objet de votre article, votre journal a redoublé d’ardeur de plus belle. Le mystérieux « commando invisible » avait des pages spéciales dans votre journal. Pour vous c’était la rébellion ou rien. Seules les armes pouvaient s’imposer à l’ancien régime. Il fallait donc faire la guerre. Il fallait que la sulfureuse ECOMOG vînt faire pleuvoir ses tristes bombes sur la tête des Ivoiriens. Et c’est ce qui fut fait. Aujourd’hui, vous avez réussi à incruster dans l’esprit de ces enfants que vous plaignez que seules les armes peuvent les conduire à la richesse et au bonheur, à la réussite sociale. Nous sommes tous témoins de tout cela. Je suis donc surpris que vous vous inquiétiez que ces enfants soient « manipulés », « embrigadés » et poussés à une rébellion. Vous avez soutenu la rébellion sans penser à l’avenir de la Côte d’Ivoire. Ce qui vous préoccupait, c’était de « chasser Gbagbo du pouvoir par tous les moyens ». Peut-être l’avez vous réussi. Mais le faisant, vous n’avez pas pensé à l’avenir. Et l’avenir, ce sont justement ces enfants du CM2 qui seront grands demain. « Les organisateurs de cet examen blanc, non seulement contestent la légitimité du président de la République actuel, mais et surtout tentent d'embrigader les enfants de Côte d'voire en les poussant à la désobéissance, à l'incivisme et plus tard à la rébellion. Ont-ils seulement conscience que leur rôle est de donner le savoir juste et constructif et que l'école ne fait pas bon ménage avec la politique aliénante ? » La question que vous posez à ces enseignants doit vous être également posée. Etes –vous suffisamment conscient, cher monsieur François KONAN, qu’en soutenant avec ardeur et zèle la rébellion, vous avez dévié de votre rôle de journaliste qui est aussi de « donner le savoir juste et constructif » et que le journalisme « ne fait pas bon ménage avec la politique aliénante » ? D’ailleurs, de quelle « politique aliénante » parlez-vous ? Vous qui brocardez à longueur d’articles tous ceux qui luttent pour la souveraineté de notre pays avec pour objectif de se débarrasser de l’impérialisme français devenu de plus en plus prégnante et offensante aujourd’hui ? Si vote article est une prise de conscience, je m’en réjouis religieusement même si celle-ci semble tardive. Vous vous engagez dans la bataille à nos côtés de façon tardive mais vous avez de la place. Vous dénoncez la rébellion aujourd’hui, ce que nous avons fait depuis son éclatement. Vous comprenez aujourd’hui que nos enfants risquent de devenir des rebelles par la faute de leurs aînés. C’est ce que nous avions voulu faire comprendre par notre engagement à défendre notre pays contre la rébellion. Vous craignez une « politique aliénante ». C’est ce que nous avons craint jusqu’aujourd’hui. Malheureusement nous n’avons pas été compris à cause de contradictions internes comme les vôtres par l’engagement de votre journal auprès du colon nouvel impérialiste. Comprenez maintenant que notre combat a un sens et donc qu’il vaut la peine. Nous avons un pays à protéger contre les rebellions d’aujourd’hui et de demain. Notre lutte était de soustraire notre pays de l’impérialisme français. Nous avions pour ambition en luttant, de protéger nos enfants, cette « population la plus délicate et la plus fragile », en leur communiquant les vertus de sagesse, de loyauté, de liberté, de patriotisme. Cela suppose qu’on avait l’intention de les éloigner de toute idée de rébellion en leur montrant des modèles. Nous voudrions aussi combattre en eux les « germes de révolte contre l’autorité ». C’est tout le sens de notre combat. Pour autant nous ne sommes point découragés parce que nous savons que beaucoup nous rejoindront bientôt, dont vous.
Je voudrais finir en vous proposant en méditation ces belles réflexions de Mamousse Daigne, de Frantz Fanon et de l’altermondialiste Aminata TRAORE. Je les cite particulièrement pour cette réflexion parce que ces penseurs ne sont pas des Ivoiriens. Mais vous constaterez que nous disons et faisons les mêmes choses :
- « Il n’y a pas de dépossession plus grave que celle qui interdit à un sujet l’accès à la question qui le concerne » (Mamousse Daigne).
- « quand nous entendons un chef d’Etat européen déclarer, la main sur le cœur, qu’il lui faut venir en aide aux malheureux peuples sous-développés, nous ne tremblons pas de reconnaissance » (Frantz Fanon)
- « Avoir été colonisable et le demeurer suppose qu’en dépit de nos dénonciations politiques nous envions l’Autre bien qu’il soit l’agresseur. Pourquoi ? La puissance colonisatrice limite notre capacité de résistance en s’attaquant à l’image que nous avons de nous-mêmes. Celle-ci est frappée de désamour. Il s’agit d’une situation où l’autre ne vous aime pas tel que vous êtes et vous le fait savoir. Pour avoir intériorisé son regard, vous ne vous aimez pas davantage. C’est alors que progressivement, vous aspirez à être et à vivre comme lui » (Cf. Le viol de l’imaginaire, p. 164)

Le vin est tiré. Buvons-le donc
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Une contribution de Père Jean K.




Et on destituait OBAMA?

Et si on destituait Obama ?
Source : Telediaspora.net du 27/07/2011


Il ne reste que quelques Européens pour s’obstiner à croire que Barack Obama reste un modèle d’humanisme et de courage. Le citoyen américain lambda, surtout ceux qui se sont fait berner par l’apparence de ce beau gosse, n’en peuvent plus.

Le New York Times magazine publiait hier une entrevue avec le célèbre professeur Cornel West, un fervent partisan d’Obama lors de la campagne présidentielle, sous le titre Cornel West sabre le Président :

NYT : Vous avez trente secondes d’entretien privé avec le Président, qu’est-ce que vous lui dite ?

C.W. : Je lui dirai : « Regardez le buste de Martin Luther King qui se dresse dans le bureau ovale et voyez les larmes qui coulent lorsque vous laissez Geithner et d’autres s’occuper de votre politique économique, lorsque vous refusez de vous tourner vers les pauvres et les travailleurs, ou lorsque vous larguer des bombes avec des drones téléguidés sur des civiles innocents. Tim Geithner ne représente pas l’héritage de Martin Luther King. »

NYT : Comment voulez-vous que le président Obama soit celui que vous lui demandez d’être lorsqu’il doit affronter le Congrès Républicain ?

C.W. : Je le dirai de cette manière, mon frère. Tu dois être un thermostat plutôt qu’un thermomètre. Un thermostat définit l’opinion, un thermomètre ne fait que la refléter. Si tu ne fais que la refléter et te contente de contrôler les urnes, tu ne seras jamais un président transformateur. Lincoln était un thermostat, Johnson et Franklin D. Roosevelt également.

Autre exemple, cette tribune rédigée par Sherwood Ross, journaliste à Miami, appelant à la destitution d’Obama :

« Il est temps de destituer le Président Obama et de presser les candidats pour la paix de se présenter pour les prochaines primaires. Le Président Obama n’a rien d’un démocrate au sens traditionnel du terme.

Non seulement il a échoué a stopper l’hémorragie du chômage et à répondre aux besoins de reconversion, comme l’aurait fait un véritable démocrate, mais il a été un partisan actif du renflouement des banquiers et a manifesté sa volonté de se compromettre sur les retraites (Social Security) et l’aide médicale (Medicare), des systèmes publics couronnés de succès et qui sont vitaux pour une grande majorité des personnes âgées, des malades et des infirmes.

M. Obama a également échoué à tendre la main aux travailleurs pauvres, particulièrement aux hispaniques, aux afro-américain et aux populations rurales. De nouveau, comme à l’époque de Roosevelt, un tiers de la nation est mal logé et dans le même temps le chômage réel s’approche davantage des 20% que des 10%, et les jeunes diplômés n’ont pas de débouchées.

Et pire que tout ce qu’a fait ou n’a pas fait Obama aux États-Unis, il a mené des guerres illégales en Asie et en Afrique , héritées pour partie des criminels précédents qui occupaient le bureau ovale et auxquelles il aurait dû rapidement mettre un terme.

Il a étendu de son propre chef la guerre au Pakistan et en a déclenché de nouvelles en Lybie, au Soudan et au Yémen. Ces guerres ont été lancées malgré une opposition toujours plus importante des américains, qui réclament au Congrès et dans les sondages le retour de nos troupes des zones de conflit lointaines.

M. Obama s’est également attribué des pouvoirs monarchiques pour détruire des êtres humains sur de simple suspicions et a conduit des centaines d’innocents, y compris des enfants, vers la mort avec des attaques de drones.

Il a maintenu la plupart des camps d’emprisonnement crées par son prédécesseur assassin, George W. Bush, où des êtres humains ont été torturés et assassinés et se sont vu refusé toute procédure de justice, où des hommes kidnappés souffrent années après années dans les limbes grises de ses prisons et où, de plus en plus, même des enfants sont torturés et violés.

Il maintient ouvert Guantanamo malgré ses promesses

cameroovoice

23/07/2011

Comment Pékin a vécu l'intervention militaire française en Côte d'Ivoire



Source : Telediaspora.net du 23/07/2011


( africadiligence.com ) Houphouët-Boigny se méfiait de la Chine. « Envahissante », confiait-il aux Français. Après sa mort, les autorités chinoises ont juré de faire d'Abidjan une des bases stratégiques de leur puissance en Afrique. L'intervention militaire française dans la crise post-électorale ivoirienne a été vécue comme un cauchemar par Pékin. Un cauchemar silencieux. Un silence à la chinoise.

« Ne vous mettez pas en avant, mais ne restez pas en arrière »

En 1995, soit deux ans après la disparition du président Félix Houphouët-Boigny, Jiang Zemin donna le top départ de l'internationalisation des entrepreneurs chinois : «Sortez, avait lancé le dirigeant communiste, devenez des entrepreneurs mondiaux ! » Plusieurs entreprises chinoises avaient choisi l'Afrique et la Côte d'Ivoire en particulier parce qu'elles pouvaient, en tant qu'outsider, voir leurs concurrents occidentaux à l'œuvre et les étudier, sans être trop jugées sur la qualité de leurs produits par trop bon marché. La musique était la même pour toutes : « Ne vous mettez pas en avant, mais ne restez pas en arrière ». En attendant de prendre racine. Depuis lors, « le gouvernement chinois encourage donc les entreprises à investir en Afrique dans des secteurs aussi variés que le commerce, l'agriculture, la construction, les mines, le tourisme. » confiait He Wenping, directeur des études africaines à l'Académie chinoise des sciences sociales de Pékin, à l'hebdomadaire Jeune Afrique le 08 juin 2009. L'offensive économique ivoirienne, quant à elle, a été amorcée en mai 2009. Une quarantaine d'officiels et de dirigeants d'entreprises (Anare, Gestoci, Petroci, Port autonome d'Abidjan, Sodemi, etc.) avaient alors effectué le voyage de Shanghai, à l'occasion du IIème forum de promotion des matières premières et de l'industrialisation, du 18 au 22 mai 2009, avec pour objectif d'attirer les grandes entreprises publiques chinoises en Côte d'ivoire.

« Point n'est besoin d'élever la voix quand on a raison »
Dès le début de la crise consécutive à l'élection présidentielle du 28 novembre 2010 en Côte d'Ivoire, la Chine a appelé les parties prenantes au dialogue en mettant en avant le dispositif de médiation africain. « Nous apprécions les efforts positifs de l'Union africaine et de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest pour promouvoir une résolution pacifique de la crise en Côte d'ivoire », avait déclaré Hong Lei, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères chinois, le 6 janvier 2011 à Pékin. Dans le fond, le discours des autorités chinoises est resté quasi constant durant tout le conflit, les Chinois repoussant toute idée d'intervention militaire malgré les pressions de la France. Ce qui a fait dire à certains diplomates français, dans les couloirs de Bruxelles, que la Chine soutenait Laurent Gbagbo. Sans totalement écarter cette éventualité, il convient cependant de replacer l'attitude des Chinois dans son contexte idéologique et stratégique. « Point n'est besoin d'élever la voix quand on a raison », aiment à dire les officiels chinois pour habiller leur refus de toute opposition frontale, même lorsqu'ils observent - comme dans les cas de la Libye et de la Côte d'Ivoire - que les guerres pour « sauver les vies civiles » sont aussi des guerres économiques. Et un vrai cauchemar pour l'expansion chinoise en Afrique. Tout en se dotant des moyens financiers, scientifiques, technologiques, militaires, diplomatiques et culturels dignes d'une superpuissance, la Chine - dans son ascension – évite, pour le moment, d'en revêtir les habits [1], limitant ainsi ses responsabilités dans le désordre international.

« Trop de colle ne colle plus, trop de sucre n'adoucit plus »

D'après de nombreux analystes présents en Afrique du Sud le 4 mai 2011, la Côte d'ivoire d'après crise était bel et bien dans la ligne de mire de Pékin lorsque Liu Guijin, représentant spécial de son ministre des Affaires étrangères, déclarait lors du XXIème Forum économique mondial sur l'Afrique : « Nous allons investir dans des zones industrielles et contribuer au développement de l'industrie manufacturière. » Parlant du « retour en force de Paris en Côte d'ivoire », les diplomates chinois estiment, en privé, que « trop de colle ne colle plus… » même s'ils sont conscients que les échanges entre l'Afrique et l'empire du Milieu ne sont pas à la hauteur du discours politique [2]. D'ailleurs, « ils ne le sont pas non plus avec les autres partenaires que sont l'Union européenne ou les États-Unis […] Nos échanges contribuent quand même à hauteur de 20 % à la croissance africaine », se défendent les autorités chinoises qui misent par ailleurs sur un dispositif d'influence extrêmement rodé. Le leadership chinois sur le continent noir [3] est un mélange de puissance et de discrétion où rhétorique, remises de dettes, programmes de coopération, produits bons marchés, constructions d'infrastructures de santé, d'éducation et de sports, arrosent l'ensemble de la cible, du sommet à la base.

« Il ne faut jamais lancer de pierre quand on habite une maison de verre »

L'une des raisons de la percéé chinoise en Afrique tient de la rhétorique politique. Les vertus « gagnant-gagnant » d'une coopération sud-sud et « les rapports d'égalité, de respect, d'amitié et de fraternité » reviennent constamment aux lèvres des dirigeants chinois. Au creux de l'oreille ou dans les grands fora internationaux, les officiels chinois se plaisent à rappeler à leurs homologues africains que « dans les affaires internationales, la Chine et l'Afrique se sont toujours prêté confiance et concertées pour défendre les intérêts légitimes des pays en développement. » [4] Les gouvernements africains et chinois essuient régulièrement les mêmes critiques au sujet des droits de l'homme et de la démocratie et vivent généralement toute ingérence étrangère dans leurs affaires intérieures comme une attaque ennemie. Or la stratégie chinoise enseigne qu' « il ne faut jamais lancer de pierre quand on habite une maison en verre. » Au delà des enjeux géostratégiques, c'est là une des principales raisons internes qui justifient que « Pékin préfère l'ordre établi aux révolutions en pays amis », que ce soit en Côte d'ivoire, en Corée du nord, au Soudan, en Syrie, au Zimbabwe ou en Libye. Cela étant, la présence du président Sarkozy, accompagné des dirigeants de grandes entreprises françaises tels que Martin Bouygues, Michel Roussin, Vincent Bolloré ou encore Alexandre Vilgrain, patron du conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN), à la cérémonie d'investiture du président Ouattara, le 21 mai 2011 à Yamoussoukro, montre bien que la France entend toucher les dividendes de son soutien au nouveau chef de l'Etat ivoirien.

« Pourquoi se jeter à l'eau avant que la barque n'ait chaviré ? »
A Paris, quelques analystes du Quai d'Orsay estiment que « Pékin paiera cher son soutien au président Gbagbo ». En cause, entre autres, le don de produits effectué le 8 mars 2011 à Abidjan par l'ambassadeur Wei Wenhua. Réagissant à cette question, en privé, un attaché militaire chinois se défendait ainsi fin mars : «… Mais pourquoi se jeter à l'eau avant que la barque n'ait chaviré ? » Il faut dire que cette aide chinoise était d'autant plus sensible que Issa Malick, alors ministre ivoirien de l'Agriculture, avait déclaré: « A ce moment précis où notre pays traverse l'une des plus grandes crises de son histoire, ce don de produits agricoles et de matériels mécaniques pour la relance de la riziculture, est un signe fort qui témoigne du soutien indéfectible de la Chine, grand producteur de riz au peuple souverain de Côte d'Ivoire.» Toujours fin mars, la décision de Noble Group de s'acquitter des impôts exigés par Laurent Gbagbo suite à l'ordonnance du 7 mars 2011 prescrivant la saisie et la vente de près de 400 000 tonnes de stocks de cacao entreposés, a été ressentie par le camp Ouattara comme une bouffée d'oxygène chinoise offerte à un adversaire placé sous asphyxie financière. Certains stratèges chinois estiment d'ailleurs que leur gouvernement a manqué de lucidité dans cette affaire. D'autres relativisent, évoquant « une action humanitaire destinée à sauver des populations civiles » dans le premier cas, et à « respecter la loi » dans le second. Reçu en audience le 3 mai 2011 par le président Ouattara, l'ambassadeur de Chine à Abidjan s'est dit soulagé par la fin de la guerre dans le pays. Wei Wenhua a salué la politique de réconciliation et de réunification initiée par le nouvel Exécutif, et réaffirmé l'engagement de la Chine à contribuer à la reconstruction et au développement socio-économique de la Côte d'Ivoire.

« On ne rassasie pas un chameau en le nourrissant à la cuillère »

Bien que l'Hexagone reste, en juin 2011, le plus important partenaire commercial de la Côte d'Ivoire avec quelques 600 entreprises françaises gérant jusqu'à 30% du PIB ivoirien, force est de constater que le volume des échanges commerciaux entre Abidjan et Pékin a connu un bond spectaculaire au cours des dix dernières années, passant d'une soixantaine de millions de dollars en 2002 à plus d'un demi-milliard USD en 2009. « On ne rassasie pas un chameau en le nourrissant à la cuillère », ironisent les analystes chinois en pointant la chute drastique des échanges commerciaux de la France avec l'Afrique: de 40% dans les années 60 à 2% en 2010 alors qu'entre 2000 et 2010, la Chine a multiplié par dix ses échanges avec l'Afrique [5], atteignant 129 milliards de dollars et devenant son premier partenaire commercial. D'après le rapport « La Chine en Afrique » publié le 21 avril 2011 par Renaissance Capital, les échanges entre le continent noir et l'Empire du Milieu pourraient atteindre 400 milliards en 2015. Devant ce tableau, Pékin espère secrètement que l'intervention militaire française au pays d'Houphouët-Boigny participe des derniers soubresauts d'une puissance en déclin.


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Notes

1. Barthélémy Courmont : « Chine, la grande séduction. Essai sur le soft power chinois », Editions Choiseul, Paris, 1990, page 69.

2. Guy Gweth : « Les cinq piliers de la puissance chinoise en Afrique », Les Afriques, n°149, du 27 janvier au 02 février 2011, page 19.

3. Guy Gweth : « Grandeurs et décadence de la Chine-Afrique minière », Commodesk.com, 9 mars 2011.

4. Hu Jintao, extrait du discours prononcé le 04 novembre 2009, lors du Sommet Chine-Afrique, à Charm el-Cheikh en Egypte.

5. Guy Gweth : « La coopération sino-camerounaise déchiffrée », Afrology.com, 27 décembre 2010.

Réf. Site : www.knowdys.com – Blog : http://africadiligence.com

LA CONTROVERSE DE VALLADOLID


La controverse de Valladolid
Source: Notre voie du 22 juillet 2011

« Les vagues de conquistadors se succèdent ; l’Amérique tropicale est massivement colonisée et, pour l’essentiel, passe sous juridiction espagnole, tandis que les richesses prélevées dans le Nouveau Monde convergent vers Madrid. A cette indiscutable réussite économique et militaire, il y a hélas un consternant revers : les populations indiennes de l’Amérique tropicale en sont victimes ; réfractaires à l’esclavage et au travail forcé, indifférentes à la foi chrétienne, elles sont horriblement maltraitées ; en outre, sensibles aux germes pathogènes venus d’Europe, elles décroissent à grande vitesse, décimées par des maladies d’origine tempérée qu’elles ne connaissent même pas. Des rumeurs de génocide circulent, qui embarrassent les dirigeants espagnols, attisent les critiques de l’Angleterre et inquiètent le souverain pontife. Mais comment savoir ce qu’il en est réellement, si l’on n’a jamais traversé l’Atlantique ? Charles Quint, roi d’Espagne, et le pape Paul III chargent alors un groupe de théologiens de confronter les points de vue en présence et de faire jaillir la vérité.
En août 1550 à Valladolid (42°N), deux opinions s’affrontent, celle du professeur Ginés de Sepùlveda, chanoine de Cordoue, admirateur inconditionnel de la colonisation, représentant les intérêts des propriétaires espagnols en Amérique, et celle du père Bartolomé de Las Casas, évêque de Chiapas au Mexique, ardent défenseur des Indiens. La question est celle de la véritable nature de ces derniers. Sont-ils des hommes au même titre que leurs maîtres espagnols, ou bien sont-ils, par nature, des animaux ? A cette époque, la question se posait en termes religieux : les Indiens ont-ils une âme immortelle ? S’ils ne sont pas des hommes, les soumettre à l’esclavage et les éliminer en cas de rébellion ne soulève aucun problème moral ; s’ils ont une âme, l’esclavage et les mauvais traitements doivent cesser.
La controverse fut longue et âpre ; ce n’est que l’année suivante, en 1551, que le souverain pontife délivra son verdict. Se rendant aux arguments de Bartolomé de Las Casas, il déclara que les Indiens avaient une âme immortelle : il n’était donc plus possible de les réduire en esclavage ni de les faire travailler contre leur gré. La question théologique ainsi réglée, restait la question économique, car tous les participants à la controverse – et Las Casas lui-même semble-t-il – étaient attachés à la poursuite et au succès de l’aventure espagnole en Amérique. Dans ces régions torrides, où il n’était pas envisageable que des travaux pénibles soient assurés par les Espagnols eux-mêmes, à quelle main-d’œuvre pouvait-on faire appel dès lors qu’il était interdit par Rome de faire travailler les Indiens ? Allait-on devoir abandonner les colonies du Nouveau Monde ?
La controverse de Valladolid ouvre sur une décision historique, qui va engager l’avenir de la planète sur beaucoup plus d’un demi-millénaire. Ecoutons le légat du pape à Valladolid : « S’il est clair que les Indiens sont nos frères en Jésus-Christ, doués d’une âme raisonnable comme nous, et capables de civilisation, en revanche il est bien vrai que les habitants des contrées africaines sont beaucoup plus proches de l’animal. Ces habitants sont noirs, très frustes, ils ignorent toute forme d’art et d’écriture, ils n’ont construit que quelques huttes… Aristote disait que, comme le veut la nature de l’esclave, ils sont des êtres totalement privés de la partie délibérative de l’esprit, autrement dit de l’intelligence véritable. En effet, toute leur activité est physique, c’est certain, et depuis l’époque de Rome ils ont été soumis et domestiqués ».
La décision de remplacer les Indiens par des esclaves africains va conduire à des pages d’histoire qui dépassent en indignité et en horreur tout ce que l’humanité avait pu imaginer jusque-là ».

Source : La Condition tropicale de Francis Hallé, 2010, pp. 356-357

22/07/2011

QUAND LA FRANCE REGLE SES COMPTES: UN 14 JUILLET POUR LAVER L’AFFRONT D’UN AUTRE 14 JUILLET


vendredi, 22 juillet 2011


LICORNE ABIDJAN.jpg

La France et Licorne, désormais maîtresses d'Abidjan



L'on se souvient encore de l'invitation adressée en 2010 par le président français Nicolas Sarkozy aux chefs d'Etats africains en vue de prendre part à la commémoration de la Fête nationale de la France, le 14 juillet 2010. Un 14 juillet africain, pour célébrer le Cinquantenaire des indépendances des pays du continent noir. L'on se souviendra aussi, et pour longtemps, du refus poli de la Côte d'Ivoire, par l'entremise de son représentant officiel, le très atypique président Laurent Gbagbo.

Expliquant les raisons l'ayant motivé à fêter le cinquantenaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire seulement en Côte d'Ivoire, le Chef de l'Etat ivoirien dira : « Je n'ai pas voulu être hypocrite en allant à Paris, le 14 juillet, pour faire défiler nos troupes alors qu'elles ont été accusées d'avoir tué des soldats français lors d'une opération que j'ai engagée pour libérer la Côte d'Ivoire de la rébellion », révélant même qu'il a fait connaître sa position à l'Ambassadeur de France. « Je lui ai dit que je n'irai ni à Nice, ni à Paris. » A en croire alors le Président Laurent Gbagbo, les blessures ouvertes entre la France et la Côte d'Ivoire au cours de cette crise n'étaient pas encore tout à fait cicatrisées pour qu'il se sente heureux à Paris, dans ces conditions. Son rôle, a-t-il dit, c'est de protéger le peuple de Côte d'Ivoire pour qui, il a été élu, nous rapportait le site Atouhou.net. Laurent Gbagbo se posait ainsi en défenseur de la renaissance d'une Afrique décomplexée.

Au moment où l'«hyper président» français montait inexorablement en galon devant ses pairs occidentaux et portait quasi officiellement la voix du très craint « Nouvel Ordre Mondial », décliner ainsi un honneur tout impérial fait au chef d'un pays anonyme comme la Côte d'Ivoire par la métropole dont il est le pré-carré passait pour être un affront. Un crime de lèse-majesté. Une impertinence qui devait absolument être lavée. Comment ? Nous le saurons bien vite : le 11 avril 2011, après 10 jours de bombardements intensifs de sa résidence présidentielle où s'étaient réfugiés enfants, petits-enfants en bas âge, parents et collaborateurs de Laurent Gbagbo, le président ivoirien, qui avait antérieurement fait l'objet de l'une des pires campagnes médiatico-politiques qui puissent être menées contre un chef d'Etat, sera renversé, au terme d'une crise postélectorale montée de toutes pièces par la communauté dite « internationale », aux ordres de la France et des Etats-Unis.

Nicolas Sarkozy n'en reste pas là. Il lui faut envoyer un signal fort à tous les nationalistes et indépendantistes du continent noir sur sa détermination à n'autoriser aucun Etat africain francophone à sortir du giron gaulois. En renvoyant, par la même occasion, sa monnaie à l'impertinent Laurent Gbagbo.

C'est dans cette veine que s'inscrira la visite du chef du gouvernement français, le Premier ministre François Fillon. Et donc pas à n'importe quelle date : très exactement le 14 juillet 2011, jour de la Fête nationale de la République de France ! Une symbolique toute maçonnique. Au-delà du compte réglé à Laurent Gbagbo. Oui, cette symbolique est loin d'être fortuite. Elle comporte un message clair porté aux Ivoiriens : la France reprend totalement pied en Côte d'Ivoire. Comme au temps colonial. N'en déplaise à tous les pourfendeurs sclérosés de la Françafrique qui refusent de changer de vocabulaire et de « logiciel » (dixit Fillon) pour se mettre à l'ère sarkozyenne, en abandonnant « tous ces discours idéologiques, convenus, qui n'ont plus aucune réalité dans le monde d'aujourd'hui ». Nous n'avons pas, depuis le tristement mémorable discours de Dakar de Nicolas sarkozy, entendu propos plus méprisants pour ce peuple africain francophone captif d'une camisole de fer française depuis sa prétendue indépendance, dans les années 1960.

La France veut tout juste « aider la Côte d'Ivoire à assumer la plénitude de sa souveraineté (sic !) ». Une énigme toute française, une incongruité toute gauloise. Comment peut-on prétendre aider un Etat à assumer l'entièreté de sa souveraineté en y implantant justement une base militaire étrangère désormais chargée d'assurer la sécurité et la défense de son territoire (devoir régalien relevant, stricto sensu, de la seule souveraineté), une force étrangère dont les soldats assurent déjà celle du chef de l'Etat ? Honnêtement, où se trouve la souveraineté ? A moins que le sens de cette notion ait changé depuis peu, à notre insu.

La Côte d'Ivoire et les pays de la zone franc l'étaient déjà moins, avec une monnaie (abusivement considérée comme la leur), le franc CFA, propriété de l'Etat français. Y renforcer une présence militaire dénoncée de tous temps et qui était sensée être en voie de disparition - pour coller aux promesses de Nicolas sarkozy himself, au lendemain de son élection à la tête de l'Etat français - en plein 21 siècle, relève de la plus loufoque des logiques et du plus révoltant des parasitismes. On le voit bien, comme le dit un citoyen français, « la France n'a pas délaissé son tropisme gaullien vis-à-vis de ses ex-colonies ».

Autrement, comment comprendre cette désormais omniprésence de la France en Côte d'Ivoire, après qu'elle ait, au vu et au su du monde entier, bombardé un chef de l'Etat - fut-il africain - chez lui, avec son épouse, ses enfants et ses petits-enfants à peine sevrés, une dizaine de jours durant. Il faudra, un jour, qu'on puisse nous expliquer comment une telle inhumanité ait pu se faire et s'applaudir dans un monde adoubé civilisé. Une omniprésence totale, pour le reste de nos jours :

- partenariat dit « de référence » pour masquer un asservissement paré des plus beaux atours, auréolé d'élégance, et une main mise presqu'exclusive,

- conseillers politiques et diplomatiques auprès du président ivoirien, en son cabinet,

- attachés militaires pour formater et reconfigurer l'armée nationale au goût de l'Elysée,

- agents secrets pour passer au crible les appels téléphoniques et les SMS des Ivoiriens, et tracer leurs mouvements (la France en a une expertise reconnue dans le monde),

- appropriation du marché ivoirien par les entreprises françaises (dixit Monsieur Fillon, avec un triomphalisme et un bonheur mal dissimulés). Vive la renaissance de l'ère coloniale !
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Un hélico de Licorne, en pleine chaussée abidjanaise!

De toute cette armada bureaucratique et militaire, les citoyens français, « abusés et intoxiqués par leur gouvernement et leurs médias caniches » n'y voient que du feu. A la vérité, Nicolas Sarkozy veut se donner les moyens du tyran du livre de Job qui ne relâche plus sa proie. La Côte d'Ivoire est retournée dans l'escarcelle élyséenne et doit y demeurer pour la durée des temps. Dût-il lui imposer un chef de l'Etat « dénué de charisme et d'épaisseur politique », qui peine à payer ses propres fonctionnaires (sinon sur prêt français ; vous avez dit souveraineté ?) et à réconcilier des Ivoiriens déchirés.

Au surplus, la France peut-elle, sans se sentir roublarde, prétendre nous faire des prêts quand nous disposons dans le compte des opérations du Trésor français la bagatelle de plus de cinq à six mille milliards de francs CFA (qui, du reste, en sait le montant exact ?), défalqués de nos recettes à l'exportation depuis les années 60 jusqu'à nos jours, pour garantir une factice parité avec le Franc Français, une monnaie aujourd'hui morte et inexistante, à l'ère de l'Euro ?

L'Hexagone paierait les salaires des fonctionnaires ivoiriens depuis fin avril 2011 (impensable sous Gbagbo !), à concurrence de - bientôt - 400 millions d'Euros, soient environ 263 milliards de francs CFA. Somme à rembourser par l'Etat ivoirien, le geste n'étant pas marqué du sceau de la philanthropie. Et pendant que nous y sommes, pourquoi la France ne nous rendrait-elle pas ne serait-ce que le tiers de cette cagnotte (avec les intérêts !) pour nous permettre de reprendre notre souffle, si tant est qu'elle nous aime tellement et qu'elle est soucieuse de nous permettre « d'assumer la plénitude de notre souveraineté » ?

On le voit bien, nous sommes enfarinés dans une hypocrisie protocolaire où la vérité et la réalité sont cachées aux Ivoiriens. Et de toute façon, pourquoi donc la France nous prêterait-elle de l'argent, elle qui est actuellement si mal en point, en grave récession économique et en déficit budgétaire depuis au moins trente ans, comme nous l'a appris récemment le président français, lors de sa quatrième conférence de presse de mandat ? A la vérité, le Trésor français nous prête notre propre argent, avec intérêt ! De quelle souveraineté nous parle-t-on alors ?

La France voulait la tête de Laurent Gbagbo, elle l'a eue. Elle lui a proprement rendu la monnaie de son outrecuidance du 14 juillet 2010. Et a désormais marqué son territoire, par son Premier ministre, François Fillon, le 14 juillet 2011. Bien malin qui pourrait prédire la date du retour de la Côte d'Ivoire à la liberté et à une vraie souveraineté ! Mais comme dit la maxime, on n'opprime pas un peuple, tout le temps. Le jour se lève toujours.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO