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21/09/2011

Dissolution programmée des Conseils généraux : Alassane Ouattara fait du copier coller



Source : Le Temps : Du 21/09/2011


On l’a dit dans nos publications antérieures, Alassane Dramane Ouattara finirait par donner dans le copier coller par manque de vision politique. L’actuel chef de l’Etat n’a pas trouvé mieux que de plagier un des piliers sur lequel le concept de la refondation de la Côte d’Ivoire lancé par Laurent Gbagbo est bâti. Il s’apprête donc à … refonder la refondation, à en croire des confrères. « Dissoudre les Conseil généraux » pour instituer à leurs places, des « Gouvernorats régionaux». C’est sous la présidence de Laurent Gbagbo que le Fpi, son parti, a initié sa politique de développement de proximité. En émiettant les pouvoirs concentrés entre les mains de l’exécutif, Laurent Gbagbo procède alors à la décentralisation du mode de gestion pour le rendre proche des populations. L’homme lui-même disait pendant les campagnes électorales de 2000 : « donnez-moi le pouvoir et je vous le rendrai ». Et c’est en grande partie sur la base de ce slogan que les électeurs lui ont accordé leur confiance. Elu en octobre 2000, Le candidat du Fpi n’a pas tardé à lancer son vaste projet de décentralisation. Le résultat n’a pas tardé, l’administration du territoire est scindée en 19 régions, 58 départements, 231 sous-préfectures, 197 communes. Des présidents de Conseils généraux sont élus dans les 58 départements du pays, ceux-ci ont la mission de bâtir le développement avec l’aide de l’Etat. Chaque conseil général est doté d’un fonds qui varie selon sa taille (3milliards de Francs cfa pour les uns, un peu moins pour les autres). Cet argent est prélevé sur les ressources du pays et permet de construire des infrastructures de base : infrastructures de santé primaire, écoles, cantines scolaires, reprofilages des routes villageoises pour l’acheminement des récoltes vers les centres de collecte pour la grande distribution, construction d’hydraulique villageoise avec adduction d’eau potable, connexion au réseau électrique national, etc. Voici les missions qui étaient dévolues aux Conseils généraux. Quant aux 19 régions, le Président Gbagbo avait prévu de leur donner plein pouvoir pour leur auto développement. Ils allaient avoir pour rôles de construire certaines infrastructures aux lourds financements : les Universités, les Centre hospitaliers universitaires (Chu), les grands travaux de viabilisation, les installations agroindustrielles, les usines de transformations de matières premières qui demeuraient une des préoccupations de Laurent Gbagbo et dont les régions avaient été ciblées selon leurs potentialités agricoles, minières, minéralières, fluviales, maritimes, halieutiques, etc. En attendant que les Conseils régionaux deviennent réalité, situation de guerre oblige, le Président Laurent Gbagbo avait pris le soin d’installer momentanément des Gouvernorats militaires notamment à l’ouest du pays, dans le seul souci de résorber les questions sécuritaires inhérentes à la crise qui frappe de plein fouet le pays. Laurent Gbagbo devait passer à la «communalisation» des villages, de sorte à rapprocher encore de plus près le pouvoir, mieux à le remettre à son véritable propriétaire, c’est-à-dire le peuple. L’on a connu le début de la décentralisation avec l’avènement des Conseils généraux malgré le contexte de crise aigüe. La communalisation des villages et l’érection des conseils régionaux devraient être enclenchées dans son mandat qui devait courir fin novembre 2010 après son élection, si une conspiration internationale n’était pas intervenue pour mettre un terme à l’ambitieux projet de société du Président Gbagbo.
Mais voyant l’importance dudit projet, surtout dans son volet social, son successeur Alassane Dramane Ouattara veut - non pas le contourner car ce serait se faire politiquement hara-kiri -, le relancer sous une autre forme. D’où le subterfuge de dissolution des conseils généraux pour les remplacer par des gouvernorats régionaux. La question que l’opinion nationale se pose après la divulgation de cette information, est de savoir où se trouve la différence entre le «Conseil régional» que s’apprêtait à lancer Laurent Gbagbo et le «Gouvernorat régional» d’Alassane Dramane Ouattara ? Assurément, sinon à s’y méprendre, il n’y aura pas de différence ni dans le contenu ni dans les prérogatives, ni dans les attributions, ni dans l’esprit, entre les deux concepts si l’on peut les appeler ainsi. Car il ne s’agit que d’un seul concept, celui initié par Laurent Gbagbo et qui va bientôt être connu sous une autre appellation par Alassane Dramane Ouattara. Ce projet de Gbagbo est contenu dans son livre de campagne intitulé « Cote d’Ivoire : bâtir la prospérité sur la démocratie et la paix ».
Bertina Soro

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