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05/02/2012

LES FAUX DISCOURS DE FOLOGO

Source : Telediaspora.net : Du 05/02/2012

La danse des sorciers a-t-elle véritablement commencé au CNRD ? La question mérite aujourd'hui d'être posée après la sortie plus que fracassante du tout nouveau Vice-Président du Congrès National pour la Résistance et la Démocratie (CNRD), la Coalition des partis politiques qui, aux côtés du Front Populaire Ivoirien (FPI), soutiennent le Président Laurent Gbagbo.

Alors que le vénérable Bernard Dadié, malgré des difficultés de tous ordres, s'évertuait à diriger avec courage, détermination, clairvoyance et intelligence le CNRD, on voyait les choses venir . Derrière les seconds couteaux que sont Gervais Coulibaly et les autres dont le rôle semblait fort bien être d'ouvrir le bal des hyènes, on sentait que l'artillerie lourde pouvait d'un moment à l'autre entrer en action contre le FPI pour tenter de lui planter le poignard dans le dos face au régime de Ouattara.

Dans des déclarations faites sur la Radio Onuci.Fm le Jeudi 02 Février 2012 et abondamment reprises le lendemain par plusieurs publications de la presse ivoirienne, c'est donc l'ex-Président du Conseil Économique et Social, Laurent Dona Fologo, Président du RPP, un parti membre du CNRD, qui montera en personne au créneau pour s'en prendre directement et cyniquement au parti de Laurent Gbagbo, accusant ce parti de faire perdurer le climat de belligérence en rejetant toute coopération et tout rapprochement avec le pouvoir Ouattara. Fologo en profite donc pour définir et présenter sa nouvelle vision et sa nouvelle mission : Engager le CNRD dans ce qu'il appelle " une nouvelle démarche " qui consisterait à ouvrir un dialogue avec le nouveau pouvoir. Pour Fologo, la page Gbagbo serait définitivement tournée, le FPI serait durablement affaibli et la seule opportunité qui resterait à ce parti serait de mettre fin à la Résistance pour espérer arracher quelques concessions au pouvoir, notamment l'autorisation d'un retour au pays des exilés politiques.
Quel intérêt réel pourrait-on accorder aux frasques et aux élucubrations d'une momie politique depuis longtemps déconnectée des réalités et dont la praxis a toujours privilégié le nomadisme, le griotisme, la roublardise, la fanfaronnade, l'égocentrisme, l'ingratitude débridée et les déclarations mal pensées plutôt que d'autres méthodes plus cognitives de communication et de conquête de l'adhésion des citoyens ?



Le RPP de Fologo et certains partis membres agités du CNRD semblent véritablement ignorer qu'une éventuelle défaite des idéologies modernistes et le démantèlement social de l'État - nation ne seront jamais des circonstances atténuantes pour toutes les forces politiques qui se prétendent aujourd'hui démocratiques ou progressistes mais qui se laissent quotidiennement et facilement déborder par la résurgence des canaux politiques rétrogrades similaires à ceux qu'empruntent sous nos yeux Alassane Dramane Ouattara et ses acolytes qui par la violence , l'imposture et la démagogie s'activent farouchement à entraver la résurrection progressive que la Côte D'Ivoire et le peuple ivoirien avaient commencée en 2000 avec Laurent Gbagbo et le FPI.
Serait-il alors nécessaire de rappeler qu'au-délà du rôle de sage qu'il a toujours tenté de s'octroyer, Laurent Dona Fologo n'a en réalité jamais été qu'une vulgaire anomalie dans l'arène politique ivoirienne ?
S'il y a en effet une erreur stratégique que Laurent Gbagbo semble avoir commise dans la gestion des Affaires de l'État, c'est sans conteste celle d'avoir voulu gouverner avec tout le monde en mettant au second plan les militants et sympathisants du parti qu'il a fondé et dirigé . Beaucoup s'accordent aujourd'hui pour dire qu'après avoir lutté pour obtenir le multipartisme en 1990, Laurent Gbagbo aurait du purement et simplement laisser le militantisme politique se développer pour aaseoir et renforcer la culture démocratique en Côte D'Ivoire ( le parti qui gagne gouverne avec son programme et ses militants, les autres sont dans l'opposition) et non céder au charme facile des options électoralistes qui, par la constitution de grands regroupements politiques ( CNRD, LMP, etc... ), ressemblent fort bien à la tentation d'un retour au parti unique.
Comprend-t-on mieux aujourd'hui pourquoi le Programme de Refondation a connu tant de difficultés et de déboires dans sa mise en oeuvre ? Était-il réellement possible au Président Laurent Gbagbo de refonder la Côte D'Ivoire en associant directement à cette belle et ambitieuse oeuvre novatrice des aventuriers politiques et des caciques endurcis forgés dans les laboratoires de l'ex-parti unique qui avaient d'abord besoin eux-mêmes d'être refondés avant de se voir confier de hautes fonctions dans l'appareil de l'État?
Faut-il être vraiment Fologo pour insinuer sans vergogne que l'opposition démocratique qu'a toujours incarnée le FPI, hier face à Félix Houphouët-Boigny puis à Aimé Henri Konan Bédié, au Général Robert Guéï et aujourd'hui face au dictateur sanguinaire Alassane Dramane Ouattara, pourrait tendre à se transformer en une opposition agressive et violente ? << Nous ne sommes pas pour une opposition qui prône la haine, qui casse ... >> a notamment déclaré Fologo sur la Radio onusienne faisant croire qu'il a toujours été pour la paix et la non violence en politique . On croirait rêver car nous connaissons l'homme Fologo qui avait déclaré, dans les années 90, que les Africains sont habitués à la chicotte. C'était en réaction à l'acte ignoble du sinistre Général Ouassenan Koné qui venait de faire kidnapper et sauvagement bastonner le Nº2 du FPI, Aboudrahamane Sangaré, pour une banale et ridicule affaire de " Fa Kaya ".
Tout comme ses ex-compagnons du parti unique, Fologo a incontestablement une grande part de responsabilité dans le triste naufrage politique que connaît actuellement la Côte D'Ivoire.
Par le rejet des exigences d'un État de droit et de toute ouverture démocratique, le PDCI a consciemment ou inconsciemment préparé au cours de son demi-siècle de règne sans partage la catastrophe socio-politique que vit actuellement la Côte D'Ivoire.
Laurent Dona Fologo, en bon Houphouëtiste, sait de manière pertinente qu'en 1993, quand vaincu par le temps et par l'espace, le vieux Bélier de Yamoussoukro disparaissait de la scène politique pour laisser la place à l'imprévisible Sphinx de Daoukro, la société ivoirienne était déjà en état de putréfaction avancée, la violence était déjà là, mais l'ange du chaos n'avait pas encore sonné la trompette .
En quoi alors le FPI serait-il donc responsable des cinglants échecs de Dramane Ouattara en matière de sécurisation des personnes et des biens ou de bonne Gouvernance ?
Personne n'empêche Ouattara de gouverner. Celui-ci a d'ailleurs les mains libres aujourd'hui pour gérer la Côte D'Ivoire comme son butin de guerre : Il applique pleinement son programme de déconstruction et de liquidation du pays avec la complicité des prédateurs mafieux internationaux sans que personne ne lève le petit doigt pour lui dire NON ! Il continue de massacrer les ivoiriens, arrache les terres à nos parents et procède à un repeuplement du pays ; il tribalise l'armée et l'administration avec des nominations massives de rattrapage et personne ne réagit .
Contrairement donc à ce que dit Fologo, le FPI reste et restera attaché à l'accession pacifique et démocratique au pouvoir d'État par les urnes. Le FPI n'aura cependant pas les moyens d'empêcher un peuple opprimé, méprisé, bâillonné et spolié de se soulever pour restaurer sa dignité et sa souveraineté bafouées .
Et ce ne sont certainement pas les discours creux et stériles de Fologo qui empêcheraient une éventuelle " guerre de rattrapage " pour chasser Ouattara et libérer ce pays.
En attendant cependant de revenir très bientôt au pouvoir, le FPI gagnerait à méditer déjà sur l'opportunité et les dangers des alliances et des compromis politiques pour éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets.

Une contribution de

Océane YACÉ

Monaco ( France)

oyace84@yahoo.fr

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