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22/02/2012

Cacophonie autour de Laurent Gbagbo: Miaka Ouretto met de l’ordre



Source : Notre voie : du 21/02/2012

Lors de sa rencontre avec les militants du FPI de France le 16 février 2012 à l’AGCA, la phase des questions- réponses était très attendue. Zap Krasso , le représentant du Cojep en France qui ouvrait le bal n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour demander au président du FPI s’il se reconnaissait dans les propos qui lui ont été attribués par la presse concernant le porte-parolat de Laurent Gbagbo.
Miaka Ouréto a rejeté la paternité de ces propos. Mais l’on retiendra tout de même au fil de sa réponse que le FPI est désormais la seule voix autorisée à parler au nom du président Laurent Gbagbo. Déjà dans son intervention, au début de la réunion, le président du parti à la rose à donné des pistes qui font dire que les autres voix étaient désormais disqualifiées. « La direction du FPI se trouve à Abidjan. J’ai tenu le même langage aux camarades qui sont à Accra. On était dans un moment de déperdition totale. On entendait des déclarations par-ci, des déclarations par-là. Je leur ai dit : camarades, quand vous posez des actes, c’est moi qui réponds de cela. La direction du FPI est à Abidjan. Le président du parti c’est Miaka Ouretto, le secrétaire général et porte-parole, c’est Laurent Akoun. Autour de lui, il y a Marie-Odette Lorougnon qui est chargée en même temps de nos structures spécialisées et d’activités, il y a le ministre Dano Djédjé qui est chargé de la réconciliation, le ministre Alphonse Douaty, chargé du suivie de la politique gouvernementale, et le ministre Amani N’Guessan, chargé de l’organisation et de la défense. Ce sont ces personnes qui constituent le secrétariat général du parti. Si nous avons des consignes à donner, on les donnera de manière claire. Lorsque vous recevez des consignes qui ne sont pas signées du parti, considérez que c’est nul et de nul effet », a-t-il dit. Mais il sera plus précis dans la réponse donnée à Zap Karasso et à M. Assoukou qui lui ont posé des questions relatives au porte-parolat. « J’ai dit, et je le précise, la direction du parti se trouve à Abidjan. Et le président du parti c’est Miaka Ouretto. (…) Sur cet aspect, mon petit frère Koné Katina avec qui j’ai des rapports au-delà des rapports politiques m’a appelé quand je rentrais d’Orléans hier (mercredi) à 22h. On s’est entendu sur des choses. On sait ce qu’on s’est dit. Je dis et je le répète : si Laurent Gbagbo tient, c’est parce qu’il a une discipline vis- à-vis de l’argent. Et que je ne peux pas accepter tant que je serai en vie qu’on fasse de Laurent Gbagbo un fonds de commerce. (…) J’ai discuté avec Laurent Gbagbo franchement ! Il m’a fait des confidences. Je n’ai pas à exposer tout cela ici. Je sais ce qu'il m’a dit. Et c’est en fonction de cela que j’agis. (…) Dans le jeu de rôle où nous sommes, chacun peut emprunter sa voie pour qu’on parvienne au même objectif. Mais ce qui me parait être l’essentiel, ce n’est pas la peine de piétiner cela. Il y a trop de bruits autours de Laurent Gbagbo. C’est à cause du comportement de certains de ses collaborateurs qu’il se trouve là où il se trouve aujourd'hui. De grâce, il ne faut pas que nous ayons cette attitude-là. Et je l’ai dit à Koné Katinan. Il m’a dit ce qu’il m’a dit. Je lui ai répondu que là où il y a problème, c’est que le parti existe. Si tu as un projet soumets-le au parti. Si le parti te donne son onction, tu peux le faire librement. Dès lors qu’on ne t’a pas donné notre onction, on ne peut pas reconnaître ce qui se passe. Et que quelque consigne que ce soit d’où quelle vienne et, dès lors qu’elle ne porte pas la griffe du parti, elle doit être considérée comme nul et non avenue. J’ai été clair là-dessus », a terminé Miaka Ouretto.
Concernant Me Altit, le président du FPI soutient que celui-ci bénéficie toujours de la confiance de Laurent Gbagbo. Mais cela ne l’empêche pas d’être vigilant.
La dernière question portant sur une éventuelle entrée du FPI au gouvernement du dictateur Alassane Ouattara a été aussi abordée. Là-dessus, Miaka Ouretto s’est référé à la philosophie de Laurent Gbagbo. « Nous avons dit, lorsqu'il s’est agit du premier gouvernement, que comme le disait Laurent Gbagbo, (…) que nous sommes dans une situation politique aujourd'hui qui est telle qu’un parti même s’il gagne ne peut pas prétendre gérer seul le pays. Parce qu’il nous faut aller à la solidarité, à la fraternité. C’est pour cela que dès qu'il a été élu (en 2000 ndlr), sans contrainte extérieure, il a mis en place un gouvernement d’ouverture. Donc Laurent Gbagbo a donné l’exemple, il faut suivre cet exemple. C’est l’occasion de mettre fin à toutes ces rumeurs fantaisistes qui disent que j’ai bénéficié de pots de vin pour entrer au gouvernement. Mais à combien s’élèvent ces pots de vin pour que le FPI entre au gouvernement ? Mais pourquoi le FPI n’est pas entré au gouvernement alors ? Ou alors Alassane Ouattara m’attend pour m’intenter un procès! Parce que j’aurais pris son argent et je l’aurais trahi ! Si j’ai eu des pots de vin quels sont les actes que j’ai posés qui me compromettent ? C’est cela la question de fond. La question de notre entrée au gouvernement doit se décider au terme d’une discussion. (…) Ce n’est pas une question d’aller chercher de l’argent. Nous avons posé des conditions. Nous avons dit qu’il faut que le président?Laurent Gbagbo,?Affi N’Guessan,?Abou Dramane?Sangaré, Simone Gbagbo et Michel Gbagbo, tous nos camarades qui sont injustement détenus soient libérés. Il faut que tous les exilés rentrent au pays, que la CEI soit revue dans sa composition, que le financement des partis politiques soit effectif, que la sécurité soit rétablie sur l’ensemble du territoire national. Voilà un ensemble de conditions que nous posons », a clarifié le président du FPI.

Source : www.ladepechedabidjan.info

Axel Illary
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Alors qu’il vient d’être porté à la tête de la CEDEAO – Guy Labertit démasque Alassane Ouattara

Source : Le Nouveau Courrier : Du 21/02/2012

Dans cette tribune, Guy Labertit, ex-délégué Afrique du Parti socialiste français et compagnon de route du mouvement de démocratisation du continent, commente l’élection à la tête de la CEDEAO d’Alassane Ouattara, un homme qui dirige pourtant un pays sous perfusion économique et sous tutelle politique. Et dont le régime se fourvoie dans l’arbitraire et la mauvaise gouvernance.

A l’issue du dernier sommet des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui vient de se tenir à Abuja les 16 et 17 février 2012, Alassane Ouattara en a été élu le président en exercice. Même si l’on peut penser que le tour de la Côte d’Ivoire était venu, ce n’est pas un mince paradoxe que de voir charger un chef d’Etat des différents problèmes de l’ensemble ouest africain alors que la situation dans son propre pays, la Côte d’Ivoire, est pour le moins précaire.
Les douze travaux d’Alassane Ouattara
Ses meilleurs alliés dans la sous-région sont, ou ont été récemment, contestés, que ce soit Abdoulaye Wade, candidat discuté à la présidence du Sénégal, à 86 ans officiels, ou Blaise Compaoré, à la tête du Burkina Faso depuis vingt-cinq ans et qui rêve d’un nouveau bail en 2015 ! Les crises aigues se multiplient dans la sous-région avec la déstabilisation des pays du Sahel, liée à une politique aventureuse de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Otan en Libye qui a éliminé Kadhafi, au nom de la démocratie, mais réduit à néant l’Etat dans ce pays livré à des milices antagoniques sans projet politique. Le Nigeria se déchire à travers les velléités indépendantistes dans le delta du Niger riche en pétrole au Sud et l’irrédentisme meurtrier de la secte islamiste Boko Haram qui veut chasser les chrétiens du Nord du pays. Au regard de la gestion de ces questions brûlantes, comment le nouveau président de la CEDEAO aura-t-il le temps de se consacrer aux immenses tâches qui l’assaillent en Côte d’Ivoire ? A moins qu’il ait choisi de déléguer ses affaires domestiques à ses puissants alliés extérieurs et aux institutions internationales. Cette politique de fuite en avant a quelque chose de surréaliste. Les commentaires des spécialistes africanistes qui évoquent le double axe Côte d’Ivoire/Nigéria Côte d’Ivoire/Burkina Faso au sein de la CEDEAO prêteraient à sourire si le peuple ivoirien ne continuait de vivre un cauchemar.
esmond
La Côte d’Ivoire est un pays dont l’ensemble des cadres de l’ancienne majorité présidentielle, qui représente la moitié de l’électorat, sont en prison ou en exil. Après sept mois d’enfermement inhumain à Korhogo, malgré les tristes déclarations de l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan qui le disait bien traité suite à la mascarade organisée pour sa visite en compagnie de D Tutu et Mary Robinson, le Président Gbagbo est détenu à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI) depuis le 30 novembre 2011. Le procureur Ocampo n’a toujours pas communiqué à la défense les charges qui motivent cette détention et n’a inquiété aucun des cadres du régime actuel pourtant directement impliqués dans des crimes de guerre et crimes contre l’humanité depuis la fin de l’année 2002. A signaler qu’en attendant l’audience de confirmation des charges du 18 juin, Laurent Gbagbo bénéficie d’une aide judiciaire pour organiser sa défense. Où sont donc les fonds cachés du Président que le quotidien français Le Monde du 11 mai 2011, sous la plume fertile de sa correspondante à Genève, Agathe Duparc, situait en Suisse ? Les enquêteurs de la CPI, que l’on ne peut soupçonner de complaisance pour leur détenu, n’ont, pour leur part, toujours rien trouvé. Encore un exemple de manipulations médiatiques. Dès lors, que signifie l’inculpation du Président Gbagbo par la justice ivoirienne pour « crimes économiques », lui qui bénéficie d’un aide judiciaire ? Pas besoin d’enquête approfondie pour situer les biens immobiliers des têtes actuelles de l’Etat ivoirien, A. Ouattara et Guillaume Soro.

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05/02/2012

LES FAUX DISCOURS DE FOLOGO

Source : Telediaspora.net : Du 05/02/2012

La danse des sorciers a-t-elle véritablement commencé au CNRD ? La question mérite aujourd'hui d'être posée après la sortie plus que fracassante du tout nouveau Vice-Président du Congrès National pour la Résistance et la Démocratie (CNRD), la Coalition des partis politiques qui, aux côtés du Front Populaire Ivoirien (FPI), soutiennent le Président Laurent Gbagbo.

Alors que le vénérable Bernard Dadié, malgré des difficultés de tous ordres, s'évertuait à diriger avec courage, détermination, clairvoyance et intelligence le CNRD, on voyait les choses venir . Derrière les seconds couteaux que sont Gervais Coulibaly et les autres dont le rôle semblait fort bien être d'ouvrir le bal des hyènes, on sentait que l'artillerie lourde pouvait d'un moment à l'autre entrer en action contre le FPI pour tenter de lui planter le poignard dans le dos face au régime de Ouattara.

Dans des déclarations faites sur la Radio Onuci.Fm le Jeudi 02 Février 2012 et abondamment reprises le lendemain par plusieurs publications de la presse ivoirienne, c'est donc l'ex-Président du Conseil Économique et Social, Laurent Dona Fologo, Président du RPP, un parti membre du CNRD, qui montera en personne au créneau pour s'en prendre directement et cyniquement au parti de Laurent Gbagbo, accusant ce parti de faire perdurer le climat de belligérence en rejetant toute coopération et tout rapprochement avec le pouvoir Ouattara. Fologo en profite donc pour définir et présenter sa nouvelle vision et sa nouvelle mission : Engager le CNRD dans ce qu'il appelle " une nouvelle démarche " qui consisterait à ouvrir un dialogue avec le nouveau pouvoir. Pour Fologo, la page Gbagbo serait définitivement tournée, le FPI serait durablement affaibli et la seule opportunité qui resterait à ce parti serait de mettre fin à la Résistance pour espérer arracher quelques concessions au pouvoir, notamment l'autorisation d'un retour au pays des exilés politiques.
Quel intérêt réel pourrait-on accorder aux frasques et aux élucubrations d'une momie politique depuis longtemps déconnectée des réalités et dont la praxis a toujours privilégié le nomadisme, le griotisme, la roublardise, la fanfaronnade, l'égocentrisme, l'ingratitude débridée et les déclarations mal pensées plutôt que d'autres méthodes plus cognitives de communication et de conquête de l'adhésion des citoyens ?

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03/02/2012

Deux mois après le transfèrement de Gbagbo, les révélations d’un avocat (exclusif)

Maître Ciré Clédor Ly, du barreau de Dakar, est l’un des avocats constitués pour la défense des intérêts du président Gbagbo et de ses proches emprisonnés au nord du pays le lendemain du 11 avril 2011. Il lève un coin du voile sur les tractations politico-judiciaires auxquelles il a assisté à Korhogo qui ont marqué les heures précédant le transfèrement du président Gbagbo à La Haye.

"Saisie par le Président Laurent Gbagbo et sa famille de requêtes dirigées contre l’Etat de Côte d’Ivoire et SEM Alassane Ouattara, la Cour de Justice de la Cedeao avait délocalisé toutes ses audiences du mois de novembre 2011 à Porto Novo, conformément à son Règlement de Procédure. En raison de la visite du Pape Benoît XVI au Bénin, les procédures initialement programmées le 18 novembre furent reportées au mardi 22 novembre 2011. Advenue cette date, la Cour, rendant sa décision sur le siège, ordonna la jonction des procédures déclarées urgentes avant de décider du renvoi au 19 décembre 2011 pour les plaidoiries des avocats constitués. Il est à signaler que l’avocat conseil de SEM Alassane Ouattara était cependant rentré de toute urgence en Côte d’Ivoire, sans attendre les débats.

La suite des évènements permettra de comprendre qu’en réalité, l’Etat de Côte d’Ivoire craignait d’entendre la Cour ordonner la libération du Président Laurent Gbagbo et sa famille, détenus illégalement depuis la prise du pouvoir par le nouveau régime. Il fallait d’urgence planifier le transfèrement du président à la Cour pénale internationale, pour mettre ainsi le monde entier devant le fait accompli. La Cour de justice de la Cedeao n’aurait aucun moyen, ni aucune base juridique pour empêcher le fait accompli qui avait un autre fondement juridique que celui sur lequel elle était saisie.

C’est ainsi que le 23 novembre 2011, les avocats du Président Laurent Gbagbo furent convoqués pour un interrogatoire au fond sur la procédure d’inculpation inédite de vol à main armée pour un chef d’Etat. L’on fera remarquer à cet effet que la procédure ainsi engagée violait les droits de la défense de Laurent Gbagbo car, en sa qualité de Président de la République pour certains, d’ancien Chef d’Etat et membre de droit du Conseil constitutionnel pour d’autres, ce dernier ne peut légalement faire l’objet d’une inculpation, d’un interrogatoire ou même un jugement par un magistrat, radicalement incompétent rationae personae.

Le 25 novembre 2011, par ordonnance N°42/11 rendue par Monsieur Kanga Penond Yao Mathurin, premier président de la Cour d’appel d’Abidjan, la Chambre d’accusation d’Abidjan sera autorisée à «se transporter et siéger au lieu de détention de monsieur GbagbCire Cledor LY.jpg

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01/02/2012

Crise ivoirienne / Un dossier se prépare contre Licorne à la CPI : Les griefs contre les autorités françaises



Source : L'Inter : Du 01/02/2012

La force militaire française Licorne pourrait faire l'objet d'enquête de la part de la Cour pénale internationale (CPI). L'association Survie, membre de la Coalition Française pour la Cour Pénale Internationale (CFCPI) se prépare en effet, à déposer un dossier sur la table du Procureur de la CPI contre la force française. Selon un document de Survie daté du mardi 24 janvier 2012 et dont nous avons reçu copie hier mardi 31 janvier 2012, « l'association transmettra prochainement un dossier au bureau du Procureur sur les exactions de l'armée française durant les désastreuses journées de novembre 2004. Dans cette perspective, toute information sur ces faits peut lui être transmise ». Survie voudrait par cet acte répondre à la demande des juges de la troisième Chambre préliminaire de la CPI, qui ont autorisé le Procureur Ocampo à ouvrir une enquête sur les événements consécutifs à l'élection présidentielle de 2010, tout en ouvrant les yeux sur les faits antérieurs à 2010 et liés à la crise militaro-politique. Le juges avaient précisément demandé « toute information supplémentaire sur des crimes qui pourraient relever potentiellement de la compétence de la Cour et qui auraient été commis entre 2002 et 2010 ». Ce qui ouvre ainsi la possibilité de constituer un dossier sur la troupe dirigée alors par le général Henri Poncet, afin que la lumière soit faite sur ces événements de novembre 2004 dans lesquels ces soldats français ont été fortement impliqués. Faut-il le rappeler, l'armée ivoirienne à l'époque sous le commandement du Colonel Philippe Mangou, avait lancé le 04 novembre 2004, une offensive désignée sous l'appellation « opération dignité », contre les positions des Forces nouvelles (ex-rébellion ivoirienne ndlr), dans le nord de la Côte d'Ivoire. Après deux jours de succès (les 4 et 5 novembre), l'opération a été stoppée brutalement par l'armée française le 06 novembre. Prétextant du bombardement du camp français de Bouaké par les avions ivoiriens, et qui auraient fait neuf tués, le général Poncet a procédé sur ordre de l'Elysée à la destruction systématique des aéronefs ivoiriens. Les points stratégiques d'Abidjan, notamment l'aéroport international Félix Houphouët Boigny, les deux ponts De Gaule et Houphouët-Boigny, l'hôtel Ivoire... sont automatiquement occupés par les troupes françaises, paralysant la capitale économique. Abidjan connaît ensuite plusieurs séries de violences entre les troupes françaises et des jeunes patriotes ivoiriens proches de l'ancien régime qui soupçonnaient alors Paris de vouloir déposer Laurent Gbagbo. Ces violences ont été particulièrement meurtrières (on a dénombré une soixantaine de morts, ndlr) en face de l'hôtel Ivoire, dans le quartier de Cocody qui abrite la résidence de l'ancien président Laurent Gbagbo. Ces jeunes patriotes s'étaient alors constitués en bouclier humain à l'appel de leur leader, Charles Blé Goudé, pour empêcher l'armée française d'atteindre le président Gbagbo. Ils se sont heurté mortellement au feu des hommes de Poncet, qui sont restés quatre jours durant les maîtres de la capitale ivoirienne, avant de libérer cette ville symbole du pouvoir en Côte d'Ivoire. C'est cet autre chapitre douloureux de la crise ivoirienne que l'association Survie veut rouvrir pour y voir clair, notamment dans le rôle jouer par la Licorne. « Les documents disponibles pour examiner les exactions commises ne manquent pas : un rapport d'assistance fournie par l'Etat sud-africain à l'Etat de Côte d'Ivoire, deux reportages diffusés par Canal Plus, des articles d'enquête du Canard Enchaîné, une enquête d'Amnesty International. Et les multiples contradictions relevées dans les déclarations successives du Ministère français de la Défense (à l'époque, Michèle Alliot-Marie) ! Les documents montrent en particulier les moyens disproportionnés employés par l'armée française face aux manifestants ivoiriens », souligne le document de Survie. Cette organisation française de défense des Droits humains s'offusque des obstructions des autorités françaises sur ce dossier. «Malgré les demandes ivoiriennes, malgré les demandes de la Fédération Internationale des Droits de l'Homme, de la Ligue des Droits et Amnesty International, malgré quatre propositions de résolution visant à créer une commission d'enquête parlementaire, les autorités françaises sont restées sourdes aux demandes d'éclaircissements sur l'intervention française en Côte d'Ivoire. Interpellé par Amnesty International, le ministère de la Défense français avait répondu que le gouvernement ne demanderait pas de lui-même une enquête internationale indépendante, mais qu'il était disposé à collaborer si une telle enquête voyait le jour. Une enquête de la CPI pourrait être l'occasion de concrétiser enfin cette bonne foi. Avec la reconnaissance de la compétence de la CPI en Côte d'Ivoire par Laurent Gbagbo, puis par Alassane Ouattara, la Cour pourrait donc être saisie de ces faits, si le procureur estime qu'il y a une base raisonnable pour ouvrir une enquête », conclu le document de Survie. Et de préciser que « toute personne souhaitant transmettre à Survie des éléments (témoignages oraux, écrits, vidéos, photos, liste de victimes avec coordonnées, etc.) afin d'enrichir le dossier peut le faire ». Un dossier en béton se prépare donc contre la force Licorne à la CPI.

Hamadou ZIAO