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05/03/2012

Résolutions de la manipulation à l’Onu



Source : Notre voie : Du 05/03/2012

Lorsqu’elle émergea officiellement le 24 octobre 1945, l’Organisation des Nations Unies, née des cendres de la défunte Société des Nations, avait une ambition noble : maintenir la paix à travers le monde entier et faire d’elle, une réalité inéluctable dans chaque pays. L’unité et la camaraderie de tous ses pays membres devraient constituer les piliers de l’Organisation. Malheureusement, bientôt 67 ans après sa naissance, l’Onu a certes empêché une 3ème guerre mondiale, mais elle s’est portée complice active ou passive de conflits armés dans certains pays. Qui ont occasionné de milliers de morts et d’exactions de toutes sortes. Les raisons et le théâtre des opérations de ces guerres démontrent clairement l’instrumentalisation de l’Onu. Il s’agit des intérêts économiques et géostratégiques des pays puissants, membres de l’Organisation. Ces guerres se déroulent majoritairement dans les pays pauvres du Tiers-monde (Afrique, Amérique latine, Asie… et depuis quelque temps, Moyen et proche Orient).
L’Onu n’est plus au service de tous ses pays membres sans distinction. Elle n’est plus au service des peuples. Elle n’est plus l’Organisation des Nations Unies. Depuis l’émergence de la « guerre froide » puis sa fin avec la chute du mur de Berlin, l’Onu est devenue une « secte » au service des plus forts qui en imposent au plus faibles. L’Onu roule pour les pays puissants qui manœuvrent afin de contrôler les richesses des Etats pauvres. Les pays puissants financent l’Onu et désignent son Secrétaire général qui leur est corvéable et malléable à merci. Hier, le cache-sexe dont se servaient les puissances occidentales pour agir à travers l’Onu était la lutte contre le communisme ; aujourd’hui, il s’agit de la démocratie. Mais en réalité, la démocratie n’est pas la préoccupation, encore moins, la volonté des peuples des pays pauvres. Auquel cas, la France n’aurait pas soutenu, par exemple, Idriss Déby au Tchad, Denis Sassou N’Guesso au Congo-Brazzaville, Bozizé en Centrafrique ou Ali Bongo Omdimba au Gabon.
Afin de mener à bien leurs opérations à visée géostratégique et économique, les pays puissants utilisent l’Onu et ses résolutions. Ce fut le cas récemment en Côte d’Ivoire et en Libye. Pour renverser Laurent Gbagbo que Paris trouvait trop nationaliste et souverainiste, et installer Alassane Dramane Ouattara, « pion parfait » pour l’Elysée, la France a fait adopter la résolution 1975 sur fond de manipulation de l’opinion internationale relativement au « massacre des femmes d’Abobo ». En Lybie, c’est la résolution 1973 qui a servi d’instrument à la France et à l’Angleterre pour dégager « l’encombrant » Muammar Kadhafi et faire main-base sur les richesses pétrolières de la Libye. Officieux au départ, le soutien militaire de la France à la rébellion armée libyenne anti-Kadhafi est devenue officielle grâce à la résolution 1973. Qui a aussi servi de prétexte pour l’offensive militaire de l’Otan. Comme en Libye, les puissances occidentales accusent Bachar El Assad, le « leader nationaliste Syrien » de massacrer son peuple. Vrai ou faux, comme en Libye, on constate que la Syrie est ravagée par une rébellion armée que soutiennent les capitales occidentales. Comme en Libye, les pays puissants veulent s’appuyer sur une résolution de l’Onu pour renverser Bachar. Comme en Libye, les intérêts géostratégiques et économiques sont en embuscade. Mais cette fois-ci, la Russie et la Chine, sans doute gagnées par la lucidité, s’y opposent farouchement. Au motif qu’il faut éviter de « reproduire le scénario Libyen ». Où une rébellion armée a été soutenue et des islamistes ayant des liens avec Al Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi) installés au pouvoir. La Libye est aujourd’hui menacée par la charia et tous les acquis de l’ère Kadhafi (liberté encourageante pour les femmes, soins gratuits etc.) volent en fumée.




Didier Depry didierdepri@yahoo.fr

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