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24/04/2012

ACE AUX PROPOS CALOMNIEUX DU MINISTRE D’ETAT HAMED BAKAYOKO, La MISE AU POINT DU MINISTRE KONE KATINAN

Source : Telediaspora.net : Du 23/04/2012
M. Hamed BAKAYOKO, alors qu’il était le 19 avril 2012 à Abidjan à l’invitation du Groupement des éditeurs de presse (GEPCI), a tenu des propos certes grotesques mais assez graves de nature à porter atteinte mon honneur et ma dignité. Il a en effet déclaré à l’occasion que « ceux qui ont pris à la BCEAO des caisses d’argent et qui ont signé avant de partir au GHANA, comme KONE Katinan, ce sont eux qui se cachent (..) ».
Je suis resté longtemps impassible à ces propos qui me sont souvent rapportés, ne leur accordant pas de crédit parce que pour moi, ils faisaient partie des nombreuses rumeurs qui ont toujours animé la vie politique en Côte d’Ivoire. Je n’entendais donc pas y répondre.
Mais, lorsque ces propos sont tenus par des personnes qui par un concours de circonstances malheureuses pour notre pays, se trouvent à assumer des responsabilités au sein de l’appareil d’Etat, ne pas y répondre pourrait jeter des troubles dans l’esprit des ivoiriens dont beaucoup me témoignent de leur amitié. J’ai donc décidé de répondre .
Je le fais d’abord pour mes enfants dont j’entends conduire la croissance morale sur un chemin rigoureusement balisé par un certain nombre de valeurs humaines que je juge nécessaires pour faire d’eux des hommes et des femmes de rupture de demain. Je ne peux admettre que cet héritage que je surveille jalousement soit souillé par des esprits à la fois simples et légers qui n’ont pour seul repère morale que leur dévotion pour l’argent.
Je le fais ensuite pour rassurer le peuple ivoirien qui est tenu prisonnier depuis septembre 2002 par une société moralement déliquescente, qui érige au rang de vertus ce qui constituait naguère, la pire des formes de dégénérescence mentale dans nos belles sociétés traditionnelles. Désormais, arrivés au faîte de leur gloire après avoir emprunté les chemins sombres du mensonge, des vols et des assassinats, ils jugent tous les autres à travers le prisme déformant de leur perversité morale. Ils sont convaincus que tout le monde ne peut être que comme eux. Ce qui les rendrait finalement heureux.
Non Monsieur le Ministre d’Etat, tout le monde ne peut pas être comme vous. Vous n’arriverez jamais à m’assimiler et tant pis si cela accroît votre haine à mon égard. Non, je ne serai jamais des vôtres.
Non KONE Katinan n’a jamais pris un seul sou à la BCEAO.
Tout dans mon parcours m’interdit cela.
Après avoir subi dès ma tendre enfance, la rigueur de l’éducation d’une société hautement vertueuse (Tagbana) , j’ai eu l’honneur de rencontrer sur le chemin de ma progression des hommes de grandes qualités. Et quand j’ai décidé de me lancer dans l’aventure politique, la fortune m’a mis sur le chemin d’un homme exceptionnel, le Président Laurent GBAGBO dont le monde entier découvre indigent alors qu’il a dirigé la Côte d’Ivoire dix ans durant. Parce qu’il est possible sous les tropiques de gérer la chose publique sans en voler.
Les propos de monsieur Hamed BAKAYOKO traduisent de deux choses l’une :
- Soit il ne connait rien du fonctionnement de l’Etat, et cela n’étonnerait personne, parce dans la sagesse africaine; on ne demande pas un os au ver de terre, il ne peut en avoir,
- soit en attendant ma mise à mort physique qu’il a programmée depuis son sanctuaire du Golf ( je suis informé des missions qui sillonnent le monde entier à ma recherche sur ses initiatives pour m’éliminer physiquement) , il veut à coups de mensonges me détruire moralement. Le tout étant d’affaiblir le Président Laurent GBAGBO.
Il est en effet troublant que cette rumeur grossière ait pris forme le lendemain de ma nomination, par le Président Laurent GBAGBO comme porte-parole. Bien avant cela, personne n’en avait parlé. Mais si tel est vraiment l’objectif poursuivi par cette honteuse entreprise, je conseille vivement à ses promoteurs d’y mettre fin, puisqu’elle ne prospérera jamais. Le combat que je mène aux côtés du Président Laurent GBAGBO porte sur des questions existentielles pour moi. La soumission de mon pays à un ordre infamant comme c’est le cas aujourd’hui est inadmissible. Ce combat va au-delà de ceux que le Général De Gaulle appelle dans ses mémoires les figurants, parlant du Maréchal Pétain et de tous les dignitaires du régime collaborationniste de VICHY. Je ne peux comprendre par exemple que 50 ans après son indépendance, le ministère de l’intérieur de la Côte d’Ivoire soit géré depuis la place Beauveau à Paris. Pour ce combat, ma vie compte peu.
Ceux à qui je dois rendre compte de ma vie, mon épouse et mes enfants y sont suffisamment préparés.
Cependant, par respect pour ma famille et surtout pour le peuple ivoirien, je voudrais lever un coin de voile sur le fonctionnement de la BCEAO et ses rapports avec l’Etat ivoirien.
L’Etat ivoirien à travers le Trésor Public, a ouvert des comptes dans les livres de la BCEAO. L’un des comptes le plus important est celui tenu par l’Agent Comptable Central du Trésor (ACCT). Ce compte reçoit chaque jour les recettes collectées par les principales régies financières de l’Etat que sont la Direction Générale des impôts (DGI), la Direction Générale des Douanes (DGD) et accessoirement par la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor (DGCPT) communément appelé Trésor Public. Ce compte est mouvementé par la seule signature de l’ACCT. C’est à partir de ce compte que tous les autres comptes du Trésor sont alimentés. Les signataires de ces sous comptes sont tous des comptables publics. Sur la base des fonds mis à leur disposition par l’ACCT, ils effectuent le paiement des dépenses publiques arrivées à maturité après avoir suivi toutes les étapes prévues par la procédure des dépenses publiques.
Par exemple à la fin du mois, en fonction de la position nette de son compte à la BCEAO, l’ACCT vire sur le compte de celui que tout le monde appelle le Payeur Général, la somme correspondant à la masse salariale arrêtée chaque mois par la Direction de la solde de la Direction Générale du budget. C’est le Payeur Général du Trésor (PGT) qui vire à partir de son compte crédité en amont par l’ACCT, sur les comptes des fonctionnaires ouverts dans les livres des banques privées les salaires de ceux-ci.
Comme l’on peut bien le constater, ni le Ministre de l’Economie, ni le Ministre du budget ne signe sur des comptes à la BCEAO.
Je tiens à préciser que le Ministre Désiré Dallo, s’appuyant sur l’expertise avérée des grands cerveaux qui composent le Ministère de l’Economie et des Finances a géré les Finances de l’Etat dans le respect de l’orthodoxie budgétaire. Malgré la crise, le Gouvernement du Premier Ministre AKE NGBO a fait fonctionner l’Etat sur fonds propres. Ainsi, les salaires des fonctionnaires des mois de décembre, janvier, février et mars avaient été versés sans aucun concours direct de la BCEAO. Le Gouvernement avait déjà programmé la prise en compte des augmentations des salaires que le Président GBAGBO avait accordées à certaines catégories de fonctionnaires de l’Etat dont les diplomates, les secrétaires, les informaticiens, les sages femmes etc. Les premiers effets de ces augmentations étaient prévus pour fin juillet 2011. Il semble aux dernières nouvelles que les magiciens qui avaient promis le paradis aux ivoiriens à coup de leurs baguettes, les tuant au passage pour les obliger à entrer dans ce paradis finalement infernal, ont annulé ces mesures sociales importantes. C’est certainement à ce niveau qu’il faut rechercher l’origine de tous ces mensonges. Il faut bien trouver des prétextes pour justifier leurs incapacités à assumer des fonctions qu’ils exercent d’ailleurs par procuration.
Le Gouvernement du Premier Ministre AKE NGBO a donc fait fonctionner l’Etat sur les recettes de l’Etat. Si c’est ce que les mauvais esprits veulent faire passer pour du vol, il faudra bien admettre qu’il y a beaucoup de receleurs encore en liberté en Côte d’Ivoire. Mais ils savent personnellement que leurs propos manquent de crédit. Ils en auraient peut-être, si à leur arrivée, considérant que les fonctionnaires et agents de l’Etat avaient été payés avec de l’argent volé par le Gouvernement AKE NGBO à la BCEAO, ils décidaient, pour éviter de ternir l’honorabilité de ces fonctionnaires de leur payer les mois pour lesquels ils avaient déjà perçu de l’argent.
Il est bon de savoir que du 4 décembre 2010 au 7 mai 2011, le seul gouvernement qui avait la légitimité et la légalité d’engager les dépenses de l’Etat parce que constitutionnellement investi à cette fin, reste bien le gouvernement AKE NGBO. Or nous savons que pendant ce temps, la BCEAO depuis DAKAR a effectué des paiements au profit d’une association privée qui s’était réunie au Golf et qui n’avait aucune légitimité de recevoir des fonds de l’Etat. En droit c’est ce que l’on appelle le vol. Et toutes les personnes au sein de la Banque Centrale qui se sont rendues coupables de cette forfaiture répondront de leurs actes un jour, même à leur retraite.
Par ailleurs, j’entends également dire par certaines personnes qu’il y aurait eu vol à la BCEAO parce que à leur arrivée, il n y avait plus d’argent dans les caveaux de la BCEAO.
A l’attention de nos compatriotes, je voudrais faire les précisions suivantes.
La BCEAO est la banque de deux sortes de clients essentiels :
- l’Etat
- les banques commerciales.
Chacune de ces entités détient dans les livres de la Banque Centrale des comptes sur lesquels elle fait des opérations de dépôts et de retraits comme chacun de nous le fait à sa banque. Lorsque les Receveurs des impôts ou de la Douane effectuent des dépôts sur les comptes du Trésor Public ouverts à la BCEAO, l’Etat en dispose pour fonctionner comme par exemple, payer les fonctionnaires.
Les banques commerciales sont également obligées de déposer leurs avoirs à la BCEAO. Les banques commerciales ne sont pas autorisées à avoir dans leur coffre de l’argent au-delà d’un plafond que je tais volontairement pour ne pas exposer nos banquiers. Toutes les sommes qu’elles détiennent au-delà de ce montant sont versées sur leurs comptes ouverts à la BCEAO. D’ailleurs, les assurances ne couvrent les sommes détenues dans les coffres des banques commerciales que dans la limite du plafond autorisé. L’Etat et les banques commerciales étant les macro-acteurs financiers, leurs rapports avec la Banque Centrale donnent l’opportunité à celle-ci de recycler l’argent à un double niveau.
D’abord, toutes les sommes d’argent qui circulent dans un pays à faible taux de bancarisation comme le nôtre, ne sont pas forcément dans des circuits bancaires.
Ensuite, même étant dans les circuits bancaires, l’usage des billets de banque les détruit. Or tout le monde sait que la faiblesse des moyens de paiement électronique et le peu de confiance accordée au chèque font des billets de banques, l’instrument de paiement privilégié de nos concitoyens. La négligence qui entoure l’usage des billets de banque les expose à des destructions prématurées.
Pour renouveler la masse d’argent sortie du réseau bancaire pour plusieurs raisons (les billets détruits par exemple), la banque centrale reçoit régulièrement des nouveaux billets ou rachète les billets de sa zone qui sont en circulation dans d’autres zones monétaires. Il est en effet constant que le CFA qui reste une devise relativement forte dans la zone ouest africaine soit détenue en quantité énorme au Nigéria, en Guinée ou au GHANA. Cela constitue autant de déperdition de la monnaie et la BCEAO est tenue de racheter ou alors de renouveler par de nouveaux billets de banques qu’elle émet.
Or notre banque centrale a décidé depuis la crise ivoirienne de faire de la politique et de choisir les Présidents de la République de nos Etat, agissant en cela par procuration de ses vrais maîtres qui se trouvent bien au-delà des frontières africaines sur l’autre rive de la méditerranée. En Côte d’Ivoire, depuis la réunion des ministres de l’Economie et des Finances de la zone UEMOA tenue à BISSAU le 21 décembre 2010, les agences de la Place d’Abidjan n’ont plus jamais été ravitaillées en nouveaux billets. Lorsque, en Février, les banques commerciales ont été sommées de ne plus collaborer avec la BCEAO, elles ne faisaient plus de dépôts. Les entreprises elles-mêmes, par crainte d’être asséchées, faisaient de la thésaurisation au-delà du normal. A partir de cet instant, la banque centrale enregistrait plus de sortie d’argent que d’entrée dans la mesure où, ceux qui détenaient des positions nettes positives dans les comptes de la BCEAO comme l’Etat, et qui continuait d’y verser ses recettes, étaient en droit de retirer leurs avoirs quand ils veulent, suivant leurs besoins. C’est la Loi bancaire. Le déposant reste maître de ses dépôts.
Dans ces conditions, comme un étang d’eau qui ne reçoit plus d’eau en amont s’assèche, la banque centrale s’asséchait. Il a fallu tout le génie des fonctionnaires du Trésor et des braves agents de la BCEAO pour gérer cette situation de rareté.
Faire croire aux ivoiriens que les caisses de la BCEAO étaient vides parce que des personnes auraient fuit avec des sacs d’argent est non seulement un gros mensonge, mais c’est surtout mépriser les ivoiriens et insulter le courage et l’honnêteté des travailleurs de la BCEAO qui ont travaillé dans des conditions pénibles par amour pour leur patrie.
Je suis tout de même surpris par la compassion sélective de certaines personnes pour notre banque centrale. Il faudra bien admettre que le seul casse enregistrée dans l’Histoire de la BCEAO a été opérée par et pour le compte de ceux avec lesquels le Ministre d’Etat partage le pouvoir d’Etat qui l’enivre tant. Ils ne vont tout de même pas falsifier l’Histoire récente de notre pays à coups de mensonges ou de négations des évidences.
Assurer le peuple ivoirien, tel est l’objectif de cette mise au point. L’essentiel pour moi est atteint s’il en est ainsi.
Pour les autres, la mauvaise foi n’a pas de remède. Hélas.

Le Ministre KONE Katinan Justin ;
Porte- parole du Président Laurent GBAGBO

La Côte d’Ivoire entre désespérances et incertitudes croissantes sous Ouattara


Source : Telediaspora.net : Du 23/04/2012
La Côte d’Ivoire entre désespérances et incertitudes croissantes sous Ouattara
Un peu plus d’un an après sa prise de pouvoir, Ouattara est arrivé à faire une tournée à l’intérieur du pays. Certainement, comme pour prouver qu’il en est le chef, cette première visite est l’occasion de démontrer, comme il l’a affirmé à l’occasion de son premier discours à Man qu’il « est le président de tous les Ivoiriens » ! Réalité, volonté ou illusion, cette affirmation interpelle, quand on se souvient de ses actes, propos, décisions durant ces 12 mois, ainsi que les attitudes de ses collaborateurs les plus proches. Et, à l’analyse, il est permis de se demander « quelle Côte d’Ivoire ce régime veut-il et à quels Ivoiriens son discours s’adresse » ?
Au moment où son nouveau premier ministre initie « un dialogue républicain » avec une certaine opposition, il paraît impérieux de s’interroger autour de cette question globale et espérer voir les questions qui en découlent être prises en compte par les parties à ce dialogue tant attendu, représentatifs ou non des Ivoiriens que ces leaders pourraient être et surtout des aspirations actuelles de nos concitoyens, face aux nombreuses incertitudes produites par la gestion du régime durant cette période et les messages entendus ici et là, de la bouche des responsables du régime d’Abidjan.
On l’a souvent entendu, parfois de façon abusive, mais, aujourd’hui plus que jamais, cela semble vrai : la Côte d’Ivoire est à la croisée des chemins et son avenir paraît bien plus sombre et incertain que jamais. Et pourtant, l’actualité, telle que reportée par les médias dominants donne le sentiment que notre pays va bien, que la démocratie y progresse et que la réconciliation se réalise, et que la justice s’y construit objectivement et s’applique sans parti pris. Certes, il y a encore de nombreuses personnes en exil et pas uniquement des leaders politiques ou d’anciens responsables de l’administration Gbagbo. Certes, il y a encore de nombreux prisonniers politiques et les arrestations politiques continuent, contre toute rigueur juridique. Certes, les exactions, les spoliations et les crimes se poursuivent, ciblés contre des populations particulières ou contre des partisans de Laurent Gbagbo. Certes, des coupables de crimes clairement identifiés restent libres et sont même promus et célébrés. Certes, des élections législatives et exclusives ont eu lieu, aussi choquant que cela s’avère. Certes, l’opposition est sommée de dénaturer pour plaire. Certes, le »rattrapage ethnique » est appliqué avec science et méthode, comme au temps « glorieux » du nazisme et du fascisme ailleurs. Certes, l’éthique, le mérite et la mal-gouvernance sont érigés en mode de gestion. Certes les lois et la constitution son régulièrement violées et foulées du pied. Entre autre ! Mais, selon le régime et son chef, la Côte d’Ivoire va bien, puisqu’il est le chef de « tous les Ivoiriens », comme pour mieux s’en convaincre que pour convaincre quiconque, d’ailleurs !
Pendant ce temps, on se prépare à « dialoguer » entre pouvoir et « opposition ». Pour organiser la démocratie autour d’Ouattara et selon ses désidératas. Pour « fabriquer une opposition sur mesure », comme on a constitué une assemblée nationale selon un format qui « convienne ». Comme on entend exercer le pouvoir selon des désirs qui sont totalement à l’opposé des aspirations des Ivoiriens. Pas ces « Ivoiriens » dont Ouattara de proclame le président, non ! Mais des Ivoiriens qui ont œuvré pendant plusieurs décennies pour poser les bases d’une démocratie ambitieuse et même audacieuse, pour un pays africain. Car, Ouattara est bien finalement « président », mais d’une Côte d’Ivoire que seul, lui connaît. Il reste néanmoins indéniable que la Côte d’Ivoire doit se « réinventer », pour rester objectif. Comment, avec qui, ou sur quelles bases ? Là se trouve les vrais enjeux actuels. Et, face à ceux-ci, ni le régime, ni les éventuels opposants ne semblent proposer la bonne démarche, si tant est qu’ils aient compris, l’un, l’autre ou les deux la nature des enjeux et l’acuité de cette nécessité. Faut-il leur en vouloir et surtout, à qui réellement revient la responsabilité d’en définir le cadre ? Si ce responsable est identifié, a-t-il le droit d’imposer sa seule « vision » ou doit-il accepter de voir sa perspective contester, afin de savoir « imaginer », avec courage, raison et sagesse la meilleure voie, celle qui sauve notre pays, plus qu’elle ne sauve un pouvoir ou même un homme ?
La quadrature du cercle dont, face à laquelle le pays piétine, assurément, depuis un an, accroissant dangereusement les incertitudes et imposant toutes les hypothèques qu’un pays doit pourtant pouvoir éviter, surtout face à une crise comme celle que traverse la Côte d’Ivoire. Construire une démocratie, une république, ce n’est pas imposer un point de vue unique, privilégier une pensée unique, soutenir une voie unique ou exprimer une voix particulière, contre toutes diversités et dans le déni de toute justice autre que celle qui sert à faire prospérer l’injustice. Diriger, c’est certes imprimer sa marque et privilégier sa vision. Mais, cela ne peut se faire dans l’invective, la violence ou la répression de tout ce qui entend s’opposer et critiquer.
S’opposer, c’est non seulement proposer, mais c’est surtout ne pas céder ou se soumettre, car aucune alternative crédible ne peut se construire dans la transaction avec un pouvoir, aussi puissant et violent qu’il s’affirme et s’exprime. S’opposer, c’est bannir les compromis douteux ou les arrangements incestueux. Autrement et à l’inverse, tous ceux qui participent à la consolidation de l’extrémisme d’état en cours d’établissement en Côte d’Ivoire doivent admettre que tout pouvoir est par essence éphémère, soit par la limite de l’existence humaine, soit par les prescriptions des lois fondamentales du pays. Et donc, quelle que soit la férocité de na dictature et la violence de la répression, l’opposition politique doit s’atteler à rendre superficielles les conséquences et la gravité des actes dudit pouvoir.
Face à face, pouvoir et opposition en Côte d’Ivoire doivent aujourd’hui est capables de constater avec objectivité l’état de destruction du rêve démocratique que les Ivoiriens ont mis en pratique ces dernières décennies, malgré les imperfections normales de toutes constructions de cette envergure. Ils doivent admettre la destruction des progrès sociaux entreprise durant cette année de règne absolu, destruction soutenue par la négation du mérite et du respect de l’autre, de ses différences et de ses convictions, sous l’encadrement d’une éthique cynique, imposée par des contre-vérités patentes assénées au quotidien, de la brutalité répressive qui décourage même les plus téméraires idéalistes de la démocratie et des libertés fondamentales, exercée par des responsables iniquement bus par la soif de pouvoir absolu et personnel, dans la négation totale de tous droits primaires, proclamant pourtant l’état de droit, pour mieux en abuser et pour transformer tout esprit critique et contraire à la soumission et la trahison qui avilissent. Sommes-nous simplement capables de nous opposer à cela ? Il suffit qu’ils nous accusent, sans aucun fondement, de volonté de coup d’état pour nous emprisonner, quand nous sommes spoliés au quotidien, emprisonnés, voir tués, pour nous présenter comme des irréductibles et des ennemis du dialogue. « Ceux, en exil, qui ne veulent pas rentrés sont ceux-là qui se reprochent quelque chose, qui n’ont pas la conscience tranquille et donc qui iront certainement en prison dès que nous leur mettront la main dessus, où qu’ils se trouvent », nous dit-on inlassablement, pour préparer « le dialogue républicain » tant vanté !
Nous nous opposerions à quoi et comment, si, notre sort est ainsi déjà scellé et que nous droit de nous taire est la condition immuable de tous dialogue, notre obligation de reconnaître « nos fautes », notre seule planche de salut et l’impératif de faire allégeance, notre seule alternative. Même si nous manquons de courage, nos incapacités actuelles, multiples et notre manque de soutien « mondiale », devrions nous-pour autant accompagner une telle logique ? Nous sommes donc battus toutes ces années pourquoi ? Nous avons toléré et accepté ces autres, en qui nous voyions des frères et sœurs, mais qui nous posaient en ennemis, pourquoi ? Nous avons perdu des amis et êtres chers pourquoi, quand eux nous exigent de « demander pardon », là où eux sont totalement innocentés, dans une logique « loi du plus fort » ? Aspirons-nous encore à la démocratie dans notre Côte d’Ivoire, pour admettre que des faits précèdent l’existence de la loi, que la loi soit une vulgaire « serpillère » sous des « sandales dégoulinantes du sang de nos concitoyens ». L’ouest a été manipulé », nous assène-t-on ? À moins de se laisser envahir par un orgueil bien aveuglant, nul ne peut décemment prétendre que cette partie de la Côte d’Ivoire, comment de nombreuses autres d’ailleurs, n’avait pas de conviction, pas d’âme, pas de vision d’elle-même, dans la Côte d’Ivoire démocratique qui se construisait avec maturité et conscience ! Qui le prétend, n’a certainement rien compris de la sociologie véritable de notre pays.
Non, nous ne sommes pas tous des moutons qu’on traîne à coups de slogans sans contenu. Non, nous ne sommes pas tous des putschistes, uniquement déterminés à accroître les souffrances des Ivoiriens. Non, nous ne sommes pas tous des assoiffés de pouvoir, seulement intéressés par la parade populaire et les effluves de la « gueule de bois matinale quotidienne ». Non, nous ne sommes pas tous, Ivoiriens que nous sommes, des voleurs, des violeurs, des criminels. Pourtant, nous sommes bien obligés, désormais nous défendre contre ces accusations infondées et partisanes, parce que nous avons osé choisir autre et défendre autres chose que ce qui nous est imposé. Nous ne le qualifierons pas ici, pour éviter le risque de perdre la nécessité du débat que nous posons, avec ces « journées du dialogue républicain » d’un genre nouveau et unique, qui comme un banquet, invite à la soupe, au moment où il faut imaginer une Côte d’Ivoire véritablement nouvelle, fondée sur le respect les uns des autres, jalouse de la diversité de sa société, fière de la richesse de ses opinions différentes, chanceuse de sa soif de démocratie et déterminée dans la construction d’un véritable état de droit, juste, impartial et capable de protéger toutes ses filles et tous ses fils, comme le proclame fièrement sa constitution pourtant dévoyée, déchirée et presque lasse.
Face à l’absolutisme imposé par Ouattara et son régime, une profonde réflexion nous interpelle tous et en appelle autant à notre bon sens, notre sagesse, que nous courage commun. Ouattara ne peut pas prétendre que nombre d’entre nous sont coupables, simplement d’avoir tenu leurs responsabilités pour le pays, en même temps qu’il « absout » des personnes de son entourage, bien plus coupables aux yeux d’une justice qui serait objective dans l’absolu. Si c’est de justice qu’il s’agit, la superficialité des actes incriminés et la légèreté de la démarche appliquée condamne en soit sa volonté de faire de notre pays « un état de droit », car le droit, c’est bien autre chose que ce qui se voit actuellement dans notre pays. La superficialité aussi savamment conçue qu’elle puisse être, ne peut déterminer aussi aisément la nature de l’objectif visé, surtout quand celui-ci doit convenir à tous et doit contribuer à résoudre une crise aussi profonde et dont les responsabilités sont autant larges et partagées. Donc, soumettre une partie des protagonistes à la volonté des autres n’est pas de nature à rassurer, à moins, bien sûr de se croire au-dessus de tout, même de la justice elle-même. En cela, Ouattara et son régime continue d’être les promoteurs de la division et de la haine, dont la pérennité seront assurément les fondements d’une déchirure bien plus profonde que celle que Ouattara prétend ainsi soigner. On ne réunit pas des groupes antagonistes par de la simple « magie de la parole et de la parade », même si celles-ci peuvent servir à accompagner les actes de hauteur et de grandeur. Ce qui n’est pas le cas actuellement en Côte d’Ivoire, où prime la superficialité par-dessus tout !

Ba Bemba