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08/09/2011

Mandat d’arrêt : Le ministre Dosso répond au Procureur

Nous avons appris par voie de presse le 25 août 2011 qu’il a été décerné contre sept autres proches du Président Laurent Gbagbo des mandats d’arrêt internationaux dont notre modeste personne.
Ces mandats qui n’ont de l’importance qu’aux yeux que de ceux qui les délivrent, appellent toutefois de notre part une réaction afin que l’opinion comprenne encore mieux les incongruités, le cynisme du pouvoir passager installé par la Communauté internationale à Abidjan. Je ne m’attarderai pas sur la forme atypique voire carnavalesque d’émission des mandats d’arrêt par le Procureur de M. Alassane Ouattara. Une procédure qu’un journaliste ivoirien a qualifiée de façon laconique de ‘’Vuvuzela judiciaire‘’. Toutefois, qu’il me soit juste permis de revenir en quelques lignes sur les raisons qui les sous-tendent. Précisément, le mandat à mon encontre. Pour les justificatifs de ce mandat, le pouvoir Ouattara parle sans vergogne de crime économique. Quand on a été, dans un gouvernement, chargé des personnes affectées par la guerre, que pendant votre court exercice, vous n’avez eu la gestion d’aucun budget, il vous est difficilement imputable un délit de crime économique, la nouvelle trouvaille de M. Ouattara et ses juristes. On invoquerait certainement la responsabilité collective des membres du gouvernement pour m’incriminer. Mais, là encore, nous serions dans un cas de poursuite générale de tous les membres du gouvernement. Ce n’est point le cas. Les raisons de cette poursuite sont donc ailleurs.

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30/08/2011

Une semaine avec les rebelles libyens - Démons et ombres du Printemps arabe


Pierre Piccinin


On est bien loin, en Libye, sur le terrain, de l’image virtuelle et simplifiée, véhiculée par la plupart des médias européens, d’une rébellion populaire renversant la dictature féroce du gouvernement de Mouammar Kadhafi.

La société libyenne, en effet, se structure en un ensemble de tribus, dont les intérêts divergent ; organisées en fonction de liens de parenté solides, elles sont elles-mêmes segmentées en plusieurs clans, plus ou moins rivaux, dont les alliances se recomposent en permanence, en fonction des circonstances et d’intérêts sur le très court terme.



Ainsi, s’il est vrai que, au début des événements, le 17 février 2011 et durant les jours qui ont suivi, on a pu voir l’émergence d’une société civile s’exprimant lors de manifestations hostiles au colonel Kadhafi, ces mouvements sont néanmoins restés très limités et ont rapidement servi de prétexte aux soulèvements de chefs de clans, auxquels ils ont cédé la place, et lesquels ont plongé la Libye dans le chaos. De même, croyant leur heure arrivée, plusieurs mastodontes du régime se sont dressés contre leur ancien maître et ont pris le contrôle d’une partie de la rébellion.

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25/08/2011

Côte d’Ivoire – Mamadou KOULIBALY dans le vol, le plagiat et l’escroquerie



Source : Telediaspora.net du 25/08/2011

Mon intention en écrivant cette contribution n’est ni de calomnier, ni de m’associer à un hurlement collectif contre le Professeur Mamadou Koulibaly. Mais bien plutôt, de soumettre à l’attention réfléchie de tous, la récurrence de faits littéraires suspects dans les écrits du Professeur, lesquels faits m’ont convaincu d’une attitude intellectuelle répréhensible: le plagiat.
Le plagiat est l’imitation ou l’usage non autorisé des paroles, écrits ou pensées d’autrui, sans lui en attribuer le crédit; se faisant passer pour l’auteur vrai. Le plagiat est passible de poursuite judiciaire.
Voici la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique (1776) :
“Lorsque dans le cours des événements humains il devient nécessaire pour un peuple de dissoudre les liens politiques qui l’ont attaché à un autre et de prendre, parmi les puissances de la terre, la place séparée et égale à laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit, le respect dû à l’opinion de l’humanité oblige à déclarer les causes qui le déterminent à la séparation (…) La prudence enseigne (…) que les gouvernements (…) ne doivent pas être changés pour des causes légères ou passagères (…). Mais lorsqu’ une longue suite d’abus et d’usurpations (…) marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de rejeter un tel gouvernement (…). Pleins d’une ferme confiance dans la protection de la divine Providence, nous engageons
mutuellement au soutien de cette Déclaration (…) notre bien le plus sacré, l’honneur. “

Voici la déclaration du professeur Mamadou Koulibaly (11/07/2011) :
“Lorsque dans un parcours politique, les événements évoluent dans une voie qui n’est plus en adéquation avec votre vision, vos aspirations, et vos valeurs, il devient nécessaire de se réorienter et de dissoudre les liens qui vous ont attaché à une formation politique dans laquelle vous ne vous reconnaissez plus (…). Mon engagement (…) étant allé jusqu’à l’épuisement (…) j’ai décidé d’y mettre un terme. Ce faisant le respect de l’opinion publique et du chemin parcouru m’oblige à énoncer les causes qui motivent la séparation qui s’impose (…). La prudence enseigne que les changements ne doivent pas se faire pour des causes légères et passagères. Lorsqu’une longue suite de dérives et d’erreurs s’enchaîne en toute irresponsabilité et qu’une volonté d’inventaire d’évolution et de restructuration n’est admise, la nécessité de changer de méthode et de doctrine s’impose (…). Empli d’une ferme confiance, j’appelle toutes les bonnes volontés (…) à apporter leur soutien (…) et leur honneur à LIDER ”
Ces deux textes dont la curieuse ressemblance fait penser au plagiat sont séparés dans le temps par 235 ans, et dans l’espace par plus de 6000 km; rien ne justifierait donc une ressemblance naturelle issue d’un patrimoine culturel partagé. Le plagiat est dangereux, mais venant d’un professeur, il indispose
la conscience individuelle et collective. Mais peut-être, cet acte nous expose-t-il un professeur dans sa nudité intellectuelle et morale.


Un professeur en mal de sensation.
La nudité intellectuelle dont je parle ici n’est pas voisine de nullité. Je parle plutôt du professeur tel qu’il est au fond, par essence. Un homme est surtout ce qu’il fait beaucoup plus que ce qu’il dit. Contre toute attente, le professeur quitte la conférence de Linas-Marcoussis en tant que numéro 2 du régime de Laurent Gbagbo sans faire aucune déclaration à la nation une fois de retour à Abidjan. Même quand on ne peut pas supporter l’injustice, il faut être présent pour la combattre.
Il est l’homme des livres sur la guerre en Côte d’Ivoire ; il est l’homme du Nord le plus visible du FPI ; il est l’homme du non à la France coloniale ; il est l’homme de l’économie ; il est l’homme de la transparence contre Désiré Tagro ; l’homme de la réinvention du FPI ; l’homme de l’après-Gbagbo ; il est l’homme qui s’exhibe. Il fait des déclarations empreintes d’un idéalisme forcené. Il attend des humains un idéal qu’il leur sait inaccessible, au nom d’un perfectionnisme démagogique, pour seulement se faire passer pour le meilleur. Le comportement public du professeur est marqué par un empressement imprévisible, dépourvu de la retenue qui sied à son rang, aux seules fins d’étancher sa soif du sensationnel.
En l’espèce, pour ajouter à son départ une rhétorique littéraire
sensationnelle, il plagie Thomas Jefferson. Le plagiat est un vol. Parce que le professeur Mamadou Koulibaly est pris en flagrant délit de vol de la célébrité de Gbagbo, il couvre sa fuite par un départ sensationnel. Le plagiat a pour inconvénient de greffer à l’homme une personnalité empruntée. Les faits ne font que nous révéler Mamadou Koulibaly tel qu’il est sans défense sérieuse, le plagiat étant avéré.
Le professeur Mamadou Koulibaly serait-il intellectuellement indéfendable ?
Le plagiat est un vol de la propriété intellectuelle d’autrui. En général, excepté les cas de pathologie, on ne vole que ce qu’on n’a pas. Les connaissances objectives du professeur n’auraient elles pas l’épaisseur nécessaire pour supporter le poids de son titre? C’est bien ce que nous laissent penser les légèretés qui jonchent son discours de démission, le texte fondateur de LIDER, son parti. Cette légèreté se retrouve dans la manière dont il met en accusation ses anciens camarades.
A la ligne 9, il accuse ses camarades de faire le culte des fondateurs. Le professeur Mamadou Koulibaly sait très bien que les dispositions statutaires du FPI ne permettent pas le culte de la personnalité. Les fondateurs n’ont pas une voix prépondérante qui les rendrait incontournables. Cette accusation est légère et ne saurait retenir notre attention ici.
Le professeur fait sans doute allusion à l’amour, ou au respect révérencieux que ses camarades ont pour les fondateurs. Fonder, c’est
créer, c’est coopérer à l’œuvre de création continue ici bas. C’est donc la prolongation d’une œuvre divine datant du commencement. En tant que telle, elle propulse les élans de l’homme vers le haut, elle fait appel au meilleur en eux. Ceux qui font le culte des fondateurs ne s’en rendent pas compte, car ils répondent involontairement, mais nécessairement à un appel Divin qui transcende leurs allégeances temporelles. Aussi longtemps que ce culte n’est pas forcé, mais qu’il est l’acquiescement d’un esprit libre découvrant sa propre ressemblance dans l’œuvre des fondateurs et de celle de Dieu, aucun tort n’est commis. C’est pour cela que tout fondateur, tout créateur, tout inventeur dans tous les domaines, suscite une crainte admirative même contre son gré (Dieu, Jésus, Mahomet, Einstein, Gbagbo, Gandhi, Thomas Jefferson, un père, une mère, etc.). Même les circonstances de pauvreté et d’immoralité extrême n’arrachent pas à l’enfant la crainte de son père, même si cette crainte peut ne plus être admirative ou respectueuse eu égard aux agissements du père.
A la page 2, dans le dernier paragraphe, le professeur dit: “ (…) le recul de la pauvreté est lié à l’augmentation de la liberté (…)”. Cette assertion interpelle n’importe quel analyste, mais elle n’est pas toujours vérifiée. En effet, le professeur Mamadou Koulibaly sait que la Chine ne connait pas la liberté, mais elle est la plus grande économie mondiale. La Libye ne connait pas la liberté, mais elle connait la
prospérité. La Côte d’Ivoire a connu la liberté après Houphouët, mais pas la prospérité. L’Arabie Saoudite connait la prospérité sans la liberté. Haïti depuis Toussaint Louverture (hormis la parenthèse des Duvalier), n’a connu que la liberté, mais pas la prospérité. La Tunisie, le Maroc, l’Egypte sont de loin plus prospères que la Côte d’Ivoire, mais nous avons connu la liberté 20 ans avant eux.
Dans un exemple similaire, mais relevant du domaine purement économique, le professeur a parlé de la monnaie comme étant la solution à nos problèmes. Un de ses collègues avait fait remarquer que la plupart des pays africains ayant leurs propres monnaies n’étaient pas enviables. Que même les pays européens avaient abandonné leurs monnaies pour l’Euro. Que le problème était plutôt de libérer le FCFA de l’emprise française.
Le journaliste Tiburce Koffi recevant le professeur à la RTI à l’occasion de la dédicace de son livre sur l’économie, avait critiqué le style très lourd et ampoulé de ses phrases, posant des problèmes de lisibilité. C’est à cette occasion que le professeur avait distribué sur le podium des copies de la Déclaration d’Independence des Etats-Unis d’Amérique. Une déclaration qui lui a laissé un impact si fort que le professeur Mamadou Koulibaly n’a pu s’empêcher de se l’approprier indument et de la réciter en tout lieu, oubliant malencontreusement que l’adoration est due au créateur, non à l’imitateur.
SEZAM POLITOLOGUE

Source : connectionivoirienne.net

24/08/2011

LIBERATION DE GBAGBO NI PAR LES AVOCATS NI PAR LE DROIT

La lutte pour la libération non seulement du Président Gbagbo, mais aussi et surtout du continent africain doit être engagée maintenant et à jamais. Elle doit être totale. Si nous restons sans rien faire, la domination, la manipulation occidentale des opinions pour assouvir leur soif de préservation de leurs intérêts - ceux des occidentaux- au détriment des africains nous maintiendront dans l'esclavage et nous continuerons d'être considérés comme des sous - hommes.
Aussi devons-nous comprendre l'appel sans cesse renouvelé du patriote et combattant Hassane Magued mille fois exprimé dans ses papiers comme celui qui suit.

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23/08/2011

PAS DE RECONCILIATION AVEC GBAGBO EN PRISON

L'Afrique en général, et la Côte d'Ivoire en particulier peut compter sur certains fils dignes. De ceux-là, se trouve Monsieur Abou Cissé, oncle de Monsieur Allassane Ouattara, actuel chef d'Etat de Côte d'Ivoire. Il a fait preuve d'un intellectualisme vrai au point de se départir des considérations parentales, ethniques et claniques. Lisez tout simplement ce qui a dit.</

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05/08/2011

DEFAITE DE L'OCCIDENT EN LIBYE

Défaite de l'occident en Libye et son déclin idéologique
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Lorsque le 19/03/2011 la France a largué sur Tripoli ses premières bombes, plusieurs éléments concordants étaient réunis pour affirmer qu'il s'agissait d'un vrai suicide politique de l'Occident.

Tout d'abord parce que le mensonge derrière le prétexte de déclarer la guerre contre la Libye était gros comme un éléphant. Ensuite parce que l'Occident n'a pas les moyens financiers pour déclarer la guerre à la planète et le pire est que ses dirigeants l'ignorent encore. On passe ainsi très facilement de l'usure de la crédibilité de l'Occident au ridicule devant les nouveaux pays émergents qui ont déjà pris le flambeau du relai de la leadership mondiale.

Lorsqu'on accumule les mensonges à Paris, à Londres et à Washington sur la guerre en Libye, se demande-t-on un seul instant quel est l'impact dévastateur de ces contrevérités sur le plan de l'image et de la crédibilité de l'Occident à Moscou, à Pékin ou à Brasilia ?

Lorsque le 28/07/2011, plus de 4 mois après le "hold-up" manqué sur la Libye, Paris et Londres répètent une opération déjà expérimentée dans la crise ivoirienne de récupérer les Ambassades de Libye pour les faire occuper par des prétendus "Représentants de la Rébellion Libyenne", n'est-ce pas là, la preuve même du désarroi d'une classe politique sans cap ? Une navigation à vue de toute une génération de leaders politiques sans idéal et sans idée novatrice, plus occupée à multiplier les manœuvres de diversion pour cacher son incapacité profonde à anticiper et apporter des éléments de réponse à l'angoisse et la détresse de toute une population qui ne sait plus à quelle sauce elle sera mangée en ce 21ème siècle avec des leaders politiques inadaptés et pratiquant des recettes dépassées, de Varsovie à Washington en passant par Londres, Rome et Paris.

L'occupation de l'Ambassade de Libye à Paris et à Londres est un acte déraisonné de violence diplomatique qui met à nu l'affolement soudain de ceux qui portent la responsabilité de cette guerre inutile et nous amène à nous poser une question qu'en ce moment on se pose certainement à Paris et à Londres : y a-t-il un moyen de perdre une guerre sans perdre la face ?

La réponse est NON. Le Dr Moussa Ibrahim (photo), porte parole du gouvernement Libyen a une constance dans ses conférences de presses. Et sur ce point on peut lui donner raison qu'en Libye l'Occident fait la guerre selon le calendrier, selon le tempo, d'après le cahier de charges des autorités libyennes et non l'inverse. Le Dr. Moussa a toujours dit depuis sa première conférence du mois de Mars 2011 que la guerre était faite pour durer, parce que la Libye s'attendait un jour ou l'autre à être envahie et donc, avait organisé le système de défense du pays, non pas sur une armée de type classique, mais clanique.

Et le moins que l'on puisse dire est que de tous les acteurs en présence dans la fameuse caverne de Platon, c'est l'Occident qui, entrée en guerre sans préparation sur la base des informations erronées a multiplié les égarements comme les massacres des enfants Libyens, en pêchant dans les eaux territoriales libyennes en pleine guerre, en piratant un bateau pétrolier libyen le 4/08/2011 en haute mer et reconduit au port de Benghazi, exactement comme les pirates Somaliens; l'Occident est ce prisonnier resté dans la caverne, qui n'a jamais vu le jour et prête à sa propre ombre projetée sur le mur grâce à la lumière d'un monde plus global, une réalité que ces ombres n'ont pas. Et ceci n'arrive que lorsqu'à faire la politique dans un pays ou un continent, il n'y a plus de savant au vrai sens Platonicien du terme.

Les Libyens au contraire, même sous les pluies de bombes de l'Occident ont réussi leur ascension dialectique pour se hisser hors de la même caverne, souffrant au passage de l'éblouissement du soleil qu'ils on eu le courage de regarder en face pour sortir de ces ténèbres. Et les résultats ne se sont pas fait attendre : pendant que dans le camp d'en face c'est le sauve qui peut à Benghazi, avec à ce 6 août 2011 la majorité des membres du CNT qui ont fui Benghazi vers la Turquie, après avoir massacré 120 civils qui voulaient juste se dissocier d'eux pour retourner avec Kadhafi, dans l'autre camp à Tripoli au contraire, on a vu par exemple 10.000 volontaires rejoindre le rang de l'armée Libyenne en 3 jours, après que l'Occident avait annoncé l'imminence de la prise de Tripoli par les rebelles, de l'intox, bien entendu, mais qui a été un boomerang et au lieu des désertions attendues des militaires, ce sont des civils qui se sont offerts à l'armée, comme instinct de résistance des peuples face à l'agression externe.

Vues les expériences afghanes et irakiennes et vu le contenu de la résolution 1973 de l'ONU qui interdisait l'occupation du sol et compte tenu de la situation tribale libyenne, comment l'Occident a-t-il pensé de s'en sortir sans se ridiculiser aux yeux de la planète Terre en annonçant au monde que le succès ou l'échec pour eux de cette guerre se résumait en la mort ou la vie du Guide Libyen?

Et le pire dans tout cela et qui nous prouve que l'avion Occident (pris dans un tourbillon de crise financière aiguë sans véritable voie de sortie), n'a aucun pilote à bord, est cette unanimité du soutien de la classe médiatico-politique européenne de l'extrême-droite à l'extrême-gauche pour une guerre où même les enfants de maternelle sont capables de prédire qu'ils n'ont aucune chance de remporter, parce que l'homme dont on veut la mort est aimé et porté par tout son peuple.

Si la démocratie avait un sens, ce n'est pas à Kadhafi et au peuple libyen que l'Occident aurait dû s'en prendre. Comme sur un jeu vidéo, un chasseur quitte l'Europe, parcourt 1.000 km pour aller larguer une bombe qui coûte 300.000 € sur une cible où des indicateurs américains croient avoir vu la silhouette qui ressemblerait à celle du Guide Libyen.

Raté ! c'était un hôpital pour enfants. Et cette petite partie de jeu-vidéo vient de coûter la vie à 38 enfants Libyens. Le pilote peut retourner à sa base, fier d'avoir accompli sa mission. Bravo !

Bravo pour le parlement français qui à l'unanimité a applaudi cette forme de barbarie car lorsqu'il s'agit du gâteau Afrique, en France comme en Grande Bretagne, il n'existe plus de droite ou de gauche, il n'existe ni UMP, ni PS, il existe l'APU, l'Association des Prédateurs Unifiés; sauf qu'au 21ème siècle, on a oublié de les réveiller de leur long sommeil colonial pour leur expliquer que le monde a changé et que la jeunesse africaine très politisée et immunisée contre le sommeil dogmatique de la religion, ne se fera pas avoir comme leurs parents.

Dans le double attentat d' Oslo et Utoya en Norvège, avec la mort de 70 adolescents innocents qui militaient juste pour un monde meilleur, un monde de compréhension et respect mutuel, l'Euro-député Italien Mario Borghezio vient d'exprimer sa solidarité pour le tueur Anders Breivik sans que cela suscite la moindre indignation au sein de l'Union Européenne.

Une union très active pour désigner les méchants africains dès lors qu'ils démontrent le refus de la soumission de leurs pays. Aujourd'hui, un Euro-député peut se réjouir de la mort de dizaines d'enfants Européens (Norvégiens) sans que cela émeuve l'Union Européenne qui officiellement tient tellement à cœur le sort des citoyens Libyens.

Pour comprendre le degré de l'évolution du déclin de l'Occident, pour comparaison, en l'an 2.000, Vienne avait subi des sanctions diplomatiques, comme protestations européennes contre l'alliance entre les conservateurs Autrichiens de Wolfgang Schüssel et le FPO, parti d'extrême droite alors dirigé par le sulfureux Jörg Haider.


En 2000, sur les 15 pays de l'Union européenne d'alors, 13 étaient gouvernés par les partis de gauches. Aujourd'hui, les 27 pays sont dirigés presque tous par des partis de droite et extrême-droite qui ont fait de la haine des Non-Blancs, le point central de leur programme politique et donc, le thème principal même de leurs campagnes électorales. Avec au final qu'aujourd'hui, l'Union européenne est la personnalisation des idées d' Anders Breivik, c'est-à-dire de la haine vers ceux qui ne sont pas Blancs, tous ceux qui ne sont pas d'origine Européenne.

Le dédain et le mépris avec lequel ils se sont comportés en Côte d'Ivoire hier en humiliant un président démocratiquement élu pour le remplacer par un homme retenu docile et en Libye aujourd'hui en décrétant qu'un Président doit quitter son pays avec toute sa famille, nous démontrent combien ils nous détestent, nous Africains. Pourquoi n'ont-ils pas la même hargne contre la Syrie, contre le Myanmar où une candidate qui a gagné des élections, a été emprisonnée, où des moines ont été assassinés sans que le TPI s'en émeuve outre mesure. Comme ils nous détestent !

L'Europe toute entière est entrée en crise pour la venue de quelques centaines de réfugiés Tunisiens sur leur sol alors que la même Tunisie accueillait en silence 1 million de réfugiés venus de Libye à cause de la guerre créée par ces mêmes Européens contre la Libye. Encore plus surprenant dans tout cela: Comment expliquer que des leaders politiques Européens que j'appelle SUPER-MENTEURS décident impunément de venir nous bombarder, de faire des rencontres hors d'Afrique pour décider de notre avenir, pour décider de notre destin sans qu'il y ait une vague de protestation de la part des chefs d'États Africains qui eux-mêmes ne comprennent toujours pas qu'ils n'ont plus à avoir peur, parce que l'occident fou furieux n'a plus les moyens de mener la moindre pression sur qui que ce soit en Afrique.

Parce que l'emprise coloniale de l'Occident sur l'Afrique, c'est fini. Comme l'avait prédit Adam Smith, lorsque pendant trop longtemps on a été habitué aux avantages non dus, on se crée une normalité qui n'est au fait qu'artificielle. Et le jour où ceux qui par ignorance et naïveté renonçaient à leurs droits et à leurs avantages pour permettre cette situation artificielle vont sortir de leur ignorance, ce sera dur, très dur pour ces pays qui avaient construit leur normalité sur la misère des autres. Et ce ne sera pas la guerre contre la Libye qui changera la rapidité de ce déclin, de cette douce descente vers l'enfer économique.

OU VA LE MONDE ?

Les maîtres à penser, de la renaissance européenne à Sartre, ont disparu mais n’ont pas été remplacés. Aujourd'hui, les philosophes Européens ne sont plus des maîtres à penser, mais des maîtres à plagier, à la Botul. La pensée devant servir à gouverner le monde multipolaire du troisième millénaire est peut-être à réinventer. Mais comment y parvenir lorsque la métastase de l’argent a envahi et pollué tout l’occident ? Si l’occident qui a mis 3 siècles pour inventer et développer l’humanisme y a échoué, pourquoi la Chine ou le Brésil pourraient-il faire mieux ? L’avenir nous le dira.

Mais ce que je constate et qui me rassure, c’est qu’en Chine la philosophie a encore un sens, là-bas, ce ne sont pas les politiciens au service des Multinationales comme en Occident, mais les Multinationales au service de l'Etat. Les leaders semblent avoir un minimum d'éthique en politique; c’est le Confucianisme qui y est appliqué dans la conception même de la politique à la place des bombes de l’OTAN pour soutirer quelques gouttes de pétrole en Afrique. Les autorités chinoises sont fières d'annoncer que leur politique étrangère suit les principes d’un disciple de Confucius, du nom de Mo Tseu, celui même qui a créé le concept de l’Amour Universel.

Mo Tseu qui est né en 479 et mort en 381 avant l’ère chrétienne, soutient que lorsqu’on aime trop sa famille, on est porté à commettre des cambriolages contre ses voisins et lorsqu’on aime trop son pays et rien que son pays, on est porté à déclarer la guerre d’une main légère aux autres pays. Mo Tseu soutenait il y a 23 siècles que ceux qui veulent régler les problèmes humains avec la guerre sont des fous dont il faut se méfier sérieusement si on ne veut pas courir vers une véritable catastrophe de l'humanité entière.

La crise de l’occident se traduit donc par le manque de penseurs, manque de savants, manque de guides, manque d’intellectuels engagés. L’argent roi a tout ravagé sur son passage. Les Occidentaux sont devenus ce que la philosophe Jacqueline Russ a désigné avec le terme de « Nomades Culturels », car ils ne savent plus où ils vont, encore moins où ils vont dormir demain. C’est une navigation à vue sur tous les sujets. Les décisions lourdes sont de type épidermique comme l’entrée en guerre en Libye.

Dans le siècle des Lumières ce sont les philosophes Européens qui dénonçaient leurs gouvernants de banditisme d’état. Aujourd’hui, ce sont les philosophes Français, Italiens, Britanniques qui incitent à entrer en guerre en Lybie parce qu’il y a un gain matériel à y soutirer. Ces philosophes et humanistes occidentaux sont si exigeants pour le respect des droits des humains en Libye mais ils sont complètement amnésiques sur la situation en Syrie, au Yémen, en Birmanie, en Corée du Nord, parce qu’il n’y a rien à y retirer.

Aujourd’hui, c’est la gauche politique européenne prétendument progressiste qui incite à utiliser les armes pour aller plier la volonté de résistance des plus faibles du monde pour leur imposer la pensée unique du servilisme international en vigueur.

Comment auraient réagi les intellectuels européens, les "vrais savants" il y a 150 ans face à l'agression en cours contre le peuple Libyen?

La réponse nous vient de la très belle lettre que Victor Hugo écrit en 1861 pour dénoncer l’autre agression faite par les mêmes, la France et la Grande Bretagne contre la Chine et plus exactement dans le pillage du célèbre Palais d’été de Pékin. Hugo écrit au capitaine de Napoléon responsable de cette expédition, le Capitaine Butler pour se dissocier de ce prétendu trophée de la victoire de la France de Napoléon sur la Chine sans défense. Il écrit :


Hauteville House, 25 novembre 1861 (...)

Imaginez on ne sait quelle construction inexprimable, quelque chose comme un édifice lunaire, et vous aurez le Palais d’été. Bâtissez un songe avec du marbre, du jade, du bronze, de la porcelaine, charpentez-le en bois de cèdre, couvrez-le de pierreries, drapez-le de soie, faites-le ici sanctuaire, là harem, là citadelle, mettez-y des dieux, mettez-y des monstres, vernissez-le, émaillez-le, dorez-le, fardez-le, faites construire par des architectes qui soient des poètes les mille et un rêves des mille et une nuits, ajoutez des jardins, des bassins, des jaillissements d’eau et d’écume, des cygnes, des ibis, des paons, supposez en un mot une sorte d’éblouissante caverne de la fantaisie humaine ayant une figure de temple et de palais, c’était là ce monument. Il avait fallu, pour le créer, le lent travail de deux générations. Cet édifice, qui avait l’énormité d’une ville, avait été bâti par les siècles, pour qui ? pour les peuples.

Car ce que fait le temps appartient à l’homme. Les artistes, les poètes, les philosophes, connaissaient le Palais d’été ; Voltaire en parle. On disait : le Parthénon en Grèce, les Pyramides en Egypte, le Colisée à Rome, Notre-Dame à Paris, le Palais d’été en Orient. Si on ne le voyait pas, on le rêvait. C’était une sorte d’effrayant chef-d’œuvre inconnu entrevu au loin dans on ne sait quel crépuscule, comme une silhouette de la civilisation d’Asie sur l’horizon de la civilisation d’Europe.

Cette merveille a disparu.

Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d’été. L’un a pillé, l’autre a incendié. La victoire peut être une voleuse, à ce qu’il paraît. Une dévastation en grand du Palais d’été s’est faite de compte à demi entre les deux vainqueurs. On voit mêlé à tout cela le nom d’Elgin, qui a la propriété fatale de rappeler le Parthénon.

Ce qu’on avait fait au Parthénon, on l’a fait au Palais d’été, plus complètement et mieux, de manière à ne rien laisser. Tous les trésors de toutes nos cathédrales réunies n’égaleraient pas ce splendide et formidable musée de l’orient. Il n’y avait pas seulement là des chefs-d’œuvre d’art, il y avait un entassement d’orfèvreries. Grand exploit, bonne aubaine. L’un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l’autre a empli ses coffres ; et l’on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l’histoire des deux bandits.

Nous, Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous, les Chinois sont les barbares. Voila ce que la civilisation a fait à la barbarie.

Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m’en donner l’occasion ; les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais.

L’empire français a empoché la moitié de cette victoire et il étale aujourd’hui avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du Palais d’été.

J’espère qu’un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée.
En attendant, il y a un vol et deux voleurs, je le constate. Telle est, monsieur, la quantité d’approbation que je donne à l’expédition de Chine.

Victor Hugo

L'expérience dramatique de l'échec de l'Occident dans la guerre du Biafra doit lui enseigner de savoir perdre une guerre pour ne pas faire des victimes inutiles. Tuer les fils et petits-fils de Kadhafi jusqu'à exterminer toute la famille ne fera pas perdre la face à des politiciens occidentaux incompétents et sans vision pour l'avenir qui ont démarré une sale guerre qui ne devait pas l'être.

Et la complicité et le silence des intellectuels Européens devant les atrocités de leurs dirigeants politiques en Côte d'Ivoire hier et en Libye aujourd'hui doit alerter sur ce qu'est devenue l'Europe aux yeux du monde.


Jean-Paul Pougala

Genève le 6 Août 2011

OUATTARA ATTENDAIT UNE CAMERA

COTE D'IVOIRE: ALASSANE OUATTARA, LE PRESIDENT QUI ATTENDAIT LA CAMERA
Source : Telediaspora.net : du 5 août 2011

L'information a fait la une des médias ivoiriens de ce lundi 1er août 2011. Le président ivoirien, fraîchement rentré de son séjour aux Etats-Unis, a pris une décision qui a surpris plus d'un. En effet, ce dimanche même, Alassane Ouattara a signé un décret limogeant le premier responsable des médias publics en Côte d'Ivoire, en la personne du très célèbre Brou Aka Pascal. Certes, il est de la prérogative de tout chef d'Etat de se séparer d'un fonctionnaire qui, à ses yeux, n'est pas en mesure de se conformer aux règles et principes susceptibles de contribuer à la réalisation des idéaux, et des aspirations qui sont ceux de l'administration. En n'ayant pas diligenté à temps le déploiement d'une équipe de reportage pour couvrir l'arrivée d'Alassane Ouattara, à l'aéroport d'Abidjan, ce dimanche 31 juillet 2011, le dossier de l'ex-directeur de la RTI est difficilement défendable. Pour autant, on ne peut pas non plus comprendre que, juste pour l'absence de cette équipe de reportage, Alassane Ouattara ait attendu pendant trente bonnes minutes, à l'aéroport international d'Abidjan, avant de descendre de son avion. Rien que pour le filmage de la télévision !?

C'est dire que le président ivoirien est vraiment friand de sa propre image. Au point de suspendre son agenda et certainement de retarder des dossiers, juste pour avoir le plaisir de se faire filmer. On comprend alors un peu plus le caractère stratégique de la bataille que pro-Ouattara et pro-Gbagbo s'étaient livrés autour du contrôle de la maison de la télévision ivoirienne. On comprend l'intérêt, sinon l'obsession avec laquelle le chef de l'Etat ivoirien appréhende son reflet sur le petit écran, quand on pense que lui-même, s'est imposé une pause de trente minutes dans un appareil qui avait déjà atterri.

Comme on le voit, le fait de rester dans cet avion à attendre que les cameramen de la télévision arrivent n'était pas l'unique solution qui se présentait à Alassane Ouattara. Mais touché dans son orgueil du fait de cet "affront", il a pris son décret.

Cette situation rappelle étrangement ce que l'on vit quasiment dans d'autres pays du continent africain. C'est dire que dans beaucoup de nos Etats, l'image, notamment celle de la télévision nationale a une dimension quasi sacrée. C'est ainsi qu'il n'est pas rare de constater des retards volontaires des médias audiovisuels, lors des cérémonies d'ouvertures ou de clôtures de plusieurs rencontres et événements du continent. En prime, les responsables attendent toujours les reporters. Les événements sont faits pour les médias et ... non le contraire !

En définitive, sur le continent africain, la télévision n'a pas à courir après les événements, ces derniers l'attendent toujours. Sacré privilège des professionnels de la télévision en Afrique. Une "exception" qui surprend nombre de leurs confrères de par le monde.



Brahim Bangoura sur GuineeConakry.info

04/08/2011

LE C.V DE L'AFRIQUE

VOICI UNE PRESENTATION INEDITE DE L’AFRIQUE ATRAVERS SON C.V. (CURRICULUM VITAE) MIS A JOUR



Le Curriculum Vitae, en abrégé C.V. est, par définition, un document résumant l'état civil, la formation et l'expérience professionnelle d'une personne. Le C.V.(« chemin de vie » ou encore « course de la vie » en latin), selon l’encyclopédie en linge, Wikipédia, détaille le parcours d'une personne. Il s'agit en général du parcours scolaire et professionnel qui fait état de la compétence d'un candidat pour un poste donné. Le CV peut également se prêter à d'autres usages comme celui de se présenter à un groupe. Et c’est de cette dernière fonction du C.V. que s’inspire l’auteur de document exceptionnel, riche en enseignements sur le CONTINENT NOIR que INFOSCOTEDIVOIRE.NET livre à ses internautes.


NOM : Continent


PRENOM : Africain


AGE : Berceau de l'humanité.


SITUATION MATRIMONIALE : Célibataire avec plus d’un milliard d’enfants.


CONTACT : Au sud de l’Europe, à l’est de l’Amérique.


Objectif : Mettre mes enfants et mes ressources à la disposition des autres pour contribuer à leurs développements.


DOMAINES DE COMPETENCE


Coups d’Etats, guerres, génocides.


ETUDES ET FORMATIONS


-Hautes études à l’ESOCE (Ecole Supérieure Occidentale de Commerce d’Esclaves).

-Hautes études à l’AFRIQUE (L’Africaine de Formation pour la Réélection des Incompétents, Querelleurs, Usurpateurs et Egoïstes).


DIPLÔMES OBTENUS


-Le MRTS (Médaille de Reconnaissance du Tirailleur Sénégalais).


-Le GPRTT (Génocide le Plus Rapide de Tous les Temps).


-Le CPRMPP (Continent le Plus Riche Mais le Plus Pauvre).


-Le CPTS (Continent le Plus Touché par le SIDA).


-Le CPDPP (Continent ou les Présidents Durent le Plus au Pouvoir).


-Le PMDDP (Premier en Matière de Détournement de Deniers Publics).


-Le CPE (Continent le Plus Endetté).


-Le CN (Continent ''Noir'')


EXPERIENCES


-Participation aux deux guerres mondiales.


-Mes coups d’Etats:


•1952 : Égypte, Mohammed Naguib renverse Farouk Ier


•1958 : Soudan, Ibrahim Abboud renverse Abdullah Khalil


•1963 : Congo, David Moussaka et Félix Mouzabakani renversent Fulbert Youlou


•1963 : Togo, Emmanuel Bodjollé renverse Sylvanus Olympio


•1965 : Algérie, Houari Boumédiène renverse Ahmed Ben Bella


•1965 : Zaïre, Mobutu Sese Seko renverse Joseph Kasa-Vubu


•1966 : Burkina Faso, Sangoulé Lamizana renverse Maurice Yaméogo


•1966 : Burundi, Michel Micombero renverse Ntare V


•1966 : Centrafrique, Jean Bédel Bokassa renverse David Dacko


•1966 : Nigeria, Johnson Aguiyi-Ironsi renverse Nnamdi Azikiwe


•1966 : Ouganda, Milton Obote renverse Edward Mutesa


•1968 : Mali, Moussa Traoré renverse Modibo Keïta


•1969 : Libye, Mouammar Kadhafi renverse Idris Ier


•1969 : Soudan, Gaafar Nimeiry renverse Ismail al-Azhari


•1971 : Ouganda, Idi Amin Dada renverse Milton Obote


•1973 : Rwanda, Juvénal Habyarimana renverse Grégoire Kayibanda


•1974 : Éthiopie, Aman Andom renverse Hailé Sélassié Ier


•1974 : Éthiopie, Mengistu Haile Mariam renverse Aman Andom


•1974 : Niger, Seyni Kountché renverse Hamani Diori


•1975 : République fédérale islamique des Comores, Saïd Mohamed Jaffar renverse Ahmed Abdallah


•1975 : Nigeria, Yakubu Gowon renverse Johnson Aguiyi-Ironsi


•1975 : Tchad, Noël Milarew Odingar renverse François Tombalbaye


•1976 : Burundi, Jean-Baptiste Bagaza renverse Michel Micombero


•1976 : République fédérale islamique des Comores, Ali Soilih renverse Saïd Mohamed Jaffar


•1977 : Congo, Joachim Yhombi-Opango renverse Marien Ngouabi


•1977 : Éthiopie, Mengistu Haile Mariam renverse Tafari Benti


•1978 : République fédérale islamique des Comores, Said Atthoumani renverse Ali Soilih


•1978 : Mauritanie, Mustafa Ould Salek renverse Moktar Ould Daddah


•1979 : Centrafrique, David Dacko renverse Bokassa Ier


•1979 : Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo renverse Francisco Macías Nguema


•1979 : Tchad, Goukouni Oueddei renverse Félix Malloum


•1979 : Ouganda, Yusufu Lule renverse Idi Amin Dada


•1980 : Burkina Faso, Saye Zerbo renverse Sangoulé Lamizana


•1980 : Guinée-Bissau, João Bernardo Vieira renverse Luis de Almeida Cabral


•1980 : Au Libéria, Samuel Doe renverse William Richard Tolbert


•1981 : Centrafrique, André Kolingba renverse David Dacko


•1982 : Burkina Faso, Jean-Baptiste Ouédraogo renverse Saye Zerbo


•1982 : Tchad, Hissène Habré renverse Goukouni Oueddei


•1983 : Burkina Faso, Thomas Sankara renverse Jean-Baptiste Ouédraogo


•1983 : Nigeria, Muhammadu Buhari renverse Shehu Shagari


•1984 : Guinée, Lansana Conté renverse Louis Lansana Beavogui


•1984 : Mauritanie, Maaouiya Ould Taya renverse Mohamed Khouna Ould Haidalla


•1985 : Ouganda, Basilio Olara Okello renverse Milton Obote


•1985 : Soudan, Swar al-Dahab renverse Gaafar Nimeiry


•1986 : Soudan, Ahmed al-Mirghani renverse Swar al-Dahab


•1987 : Burkina Faso, Blaise Compaoré renverse Thomas Sankara


•1987 : Burundi, Pierre Buyoya renverse Jean-Baptiste Bagaza


•1987 : Tunisie, Zine el-Abidine Ben Ali renverse Habib Bourguiba


•1989 : Soudan, Omar el-Béchir renverse Ahmad al-Mirghani.


•1990 : Libéria, Prince Johnson renverse Samuel Doe


•1991 : Mali, Amadou Toumani Touré renverse Moussa Traoré


•1992 : Algérie, le Haut conseil de securité renverse Chadli Bendjedid


•1995 : République fédérale islamique des Comores, Ayouba Combo renverse Said Mohamed Djohar


•1996 : Burundi, Pierre Buyoya renverse Sylvestre Ntibantunganya


•1996 : Niger, Ibrahim Baré Maïnassara renverse Mahamane Ousmane


•1997 : Zaïre/République démocratique du Congo, Laurent Désiré Kabila renverse Mobutu Sese Seko


•1999 : Union des Comores, Azali Assoumani renverse Tadjidine Ben Said Massounde


•1999 : Côte d'Ivoire, Robert Guéï renverse Henri Konan Bédié


•1999 : Guinée-Bissau, Ansumane Mané renverse João Bernardo Vieira


•1999 : Niger, Daouda Malam Wanké renverse Ibrahim Baré Maïnassara


•2003 : Centrafrique, François Bozizé renverse Ange-Félix Patassé


•2003 : Guinée-Bissau, Verissimo Correia Seabra renverse Kumba Yala


•2005 : Mauritanie, Ely Ould Mohamed Vall renverse Maaouiya Ould Taya


•2008 : Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz renverse Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi


•2008 : Guinée, Moussa Dadis Camara s'accapare du pouvoir à la mort de Lansana Conté •2009 : Madagascar, Andry Rajoelina dénonce et renverse à une vitesse impressionnante le régime de Marc Ravalomanana -2010 : Niger, Djibrilla Hamidou renverse Tandja Mamadou


AUTRES CONNAISSANCES


Analphabétisme, déscolarisation, chômage et appauvrissement.


LOISIRS


Troubles, faire beaucoup d’enfants et famine.

03/08/2011

A CONTRE - COURANT DE L'HISTOIRE


02.08.2011
A contre-courant de l'Histoire

Si l’on en croit les idéologues officiels du régime Ouattara, la Côte d’Ivoire devrait se réjouir comme un seul homme. Et pour cause: notre bien-aimé Chef d’Etat est allé aux Etats-Unis où il a rencontré –accompagné de trois autres de ses pairs francophones, avec qui il était convié au sommet du G8 – Barack Obama. Dans le bureau ovale! Des “pluies de milliards”viendront donc du pays de l’oncle Sam. Elles nous sauveront de nos propres turpitudes, notamment de la faillite programmée de notre économie, elle-même liée à neuf ans de guerre sauvage pour le pouvoir et à la destruction systématique de l’outil de production national par qui nous savons.

Sauf que… il y a un hic ! Le président de la première puissance mondiale a reçu ses homologues africains alors qu’il était tourmenté lui-même par une question qui angoisse toutes les places du marché du monde développé. Celui du “plafond de la dette” américaine. Les parlementaires américains s’étripent autour de cette thématique. Les Démocrates veulent que le montant maximum de l’endettement américain, déjà relevé huit fois en dix ans, remonte encore. Ce n’est en effet qu’en “prenant crédit” que l’Etat central peut payer ses différentes charges. Les Républicains, adversaires d’Obama, exigent qu’en contrepartie, des économies substantielles soient faites – que certaines dépenses, notamment sociales, soient annulées. Cette polémique – qui se règlera sans doute dans les heures qui viennent – témoigne en tout cas de l’état économique des Etats-Unis. Elle montre la première puissance mondiale telle qu’elle est. Une nation financièrement essoufflée, tenue en laisse par ses créanciers – notamment les très économes Chinois, premiers détenteurs des bons du Trésor américain.

En gros, ceux qui nous prêtent de l’argent en empruntent eux-mêmes massivement auprès de pays plus liquides. Nos “sauveurs” cherchent eux aussi à être sauvés. L’Occident est en crise. Et si les Européens ont tout mis dans la balance pour que la Française Christine Lagarde succède à Dominique Strauss-Kahn, c’est parce qu’ils espèrent que l’institution sera plus compréhensive envers ceux d’entre eux qui “mériteraient” un programme d’ajustement structurel aussi violent que ceux auxquels l’Afrique a été soumise. La Grèce, puis le Portugal, puis l’Espagne… et demain l’Italie ou la France?

Sur le “vieux continent”, l’effet contagieux de la “misère du monde” va du Sud vers le Nord. Avec d’autres indices, il témoigne d’un changement des équilibres économiques mondiaux. Au détriment de l’Occident. Au profit des pays émergents que sont la Chine, l’Inde, le Brésil et dans une moindre mesure la Russie et l’Afrique du Sud. Les Ivoiriens, aveuglés par leurs querelles autochtones, ne peuvent pas ne pas voir ce mouvement de fonds mondial. En réalité, la guerre que nous avons vécue et la reprise en main brutale qui va jusqu’à l’installation à la Présidence d’un conseiller économique français chargé officieusement d’orienter au “bon endroit” un peu de “gras”, témoigne de la tentation occidentale d’instrumentaliser la seule supériorité intangible qui lui reste – la supériorité militaire – pour se faire “respecter” dans la jungle des échanges économiques internationaux. Et pour garder quelques marchés captifs. L’invasion de la très lucrative Libye, sous le faux nez d’un Conseil National de la Transition (CNT) fantoche, relève de la même logique implacable.

Le temps d’Houphouët-Boigny ne reviendra donc jamais. La Françafrique traditionnelle a prospéré pendant l’époque des “trente Glorieuses”. Elle était une relation de sujétion stratégique entre un pays riche ayant encore les moyens de sa politique et un “dominion” sous-peuplé et doté de richesses encore inexploitées. Aujourd’hui, nous avons en face de nous les responsables politiques de nations déclassées qui doivent résoudre leurs problèmes chroniques de dette et de compétitivité, et qui veulent se rassurer en faisant des “coups” vite rentabilisés. Or, pour créer les conditions d’une croissance qui peut relever le défi de notre poussée démographique, il nous faut autre chose que des “grands-frères” voulant nous recoloniser pour s’en sortir eux-mêmes.

La Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara, qui assume jusqu’à la caricature sa sujétion à la “communauté internationale” occidentale, va clairement à contre-courant de l’Histoire. L’Afrique doit aujourd’hui relever le défi de la stabilité de ses Etats – ceux qui nous dirigent actuellement n’ont cessé de déstabiliser l’Etat quand ils étaient dans l’opposition et s’appuient aujourd’hui sur leur statut de “chouchous” de l’Occident pour refuser de faire les gestes qui renforceront la cohésion nationale. Donc, forcément, la solidité des institutions.

L’Afrique, convoitée pour ses richesses, doit se battre pour sa souveraineté, seule gage de multipartenariats fructueux pour elle. Parce qu’il bénéficie pour l’instant du soutien de la France, Alassane Ouattara réclame le maintien du 43ème BIMA jusqu’à prétendre, devant des journalistes français, que l’Algérie – où l’Occident mène la guerre contre les Islamistes – est à nos portes. Les choses sont pourtant claires. A ce moment précis de l’évolution de l’histoire, un dirigeant africain ne peut à la fois enrichir son peuple et complaire à l’Occident. Il faut choisir. Alassane Ouattara a choisi, et son choix est connu de tous. Nous lui souhaitons bien du courage.

SOURCE NOUVEAU COURRIER

01/08/2011

Traître, où est ta victoire ?

Le temps de l’édito : Traître, où est ta victoire…
Source : Le Temps : du 01/08/2011

Le 4 décembre 2010, le Conseil constitutionnel reçoit le serment de M. Laurent Gbagbo comme Président de la République de Côte d’Ivoire. La Communauté dite internationale conduite par la France, qui ne reconnaît pas ce résultat monte une armée de mercenaires conduite par la force française de l’opération Licorne et les forces de l’Onuci, puis lance un assaut contre le pouvoir légalement établi. La coalition armée finit par l’emporter le 11 avril 2011 suite à l’arrestation humiliante du Président de la République.
Ainsi venait de prendre fin le coup d’Etat commencé depuis le 19 septembre 2002. Neuf années pour perpétrer le Coup d’Etat le plus long de l’Histoire. La Côte d’Ivoire rentre ainsi, selon des observateurs avisés, dans le livre Guinness des records pour avoir connu le coup d’Etat le plus long et parfait de l’histoire du monde.
La «capture» du président Gbagbo par les forces françaises donne lieu à des scènes burlesques : Le ballet des reniements, la danse du ventre et autres actes dits de trahison. Le mot est lâché. «Accusés, levez vous !» Parmi les «traîtres ou les vrai faux traites», des visages connus. Pour avoir entonné pendant longtemps, l’hymne de la victoire de la majorité présidentielle (LMP).Mais qui, aux premières heures du coup d’Etat contre le pouvoir de Gbagbo, ont couru se jeter dans les bras du chouchou de la France en Côte d’Ivoire. Sans regret. Alors qu’aucun signe de désamour entre eux et leur champion «renversé», ne pointait à l’horizon.
Traîtrise ou stratégie politique, tactique de survie, instinct de conservation ? Nul ne saurait aujourd’hui apporter une réponse claire, pour illuminer le choix du cœur, du ventre ou de la raison, opéré par ces «accusés». C’est ce que semble dire le professeur de droit, Ouaraga Obou, nouvellement coopté par l’équipe de Ouattara pour être parmi les conseillers du Conseil constitutionnel : «Laissez-moi prendre ma part de traîtrise»…
Beaucoup y voient une couleuvre difficile à avaler. Jetant l’anathème sur ces «camarades», «ces patriotes» devenus subitement des «butterflies», parce que papillonnant en société. Faut-il mettre dans ce même registre, le Pr. Mamadou Koulibaly, (ex ?) président de l’Assemblée nationale, ex N°3 du FPI, parti qui a emmené Laurent Gbagbo au pouvoir d’Etat en 2000 ? L’avis d’un médecin renommé, tombe comme un couperet : «Imagine toi un seul instant que les Oliver Thambo, Thabo M'Beki, Jacob Zuma, et les autres aient quittés l'ANC pour aller créer un nouveau parti dès que le ''terroriste'' Nelson Mandela et ses amis dont Walter Sisulu ont été arrêtés... MK ? Ce que j'en pense? La révolution est pyramidale et au fur et à mesure que nous avançons les plus fragiles vont tomber… ». Ce jugement vaut-il celui de l’histoire? Est-ce précipité ? Toujours est-il qu’il apporte du grain à moudre à ceux qui n’ont jamais compris l’attitude du Professeur Paul Yao N’Dré. Cet autre «refondateur» qui a assombri l’aura du Conseil Constitutionnel Ivoirien, en se reniant. Pour sauver quoi ? Dégommé récemment de cette institution, cet homme, rentré également dans le livre Guinness des records pour avoir été le premier Président d’un Conseil constitutionnel à avoir accepté le serment de deux Présidents de République sans que l’un d’eux ne soit décédé ou déclaré incapable à la fonction, aura largement le temps d’y répondre.
Ah, comme l’histoire bégaie ! Ramenant à la surface des consciences, les parenthèses pétainistes (la France sous occupation), les Révisionnistes, version «rectification» de la refondation comme l’a fait avec moins d’élégance, un certain Blaise Compaoré au Burkina Faso, avec la disparition du martyr-héros Thomas Sankara. Schéma similaire en basse Côte d’Ivoire ? En tout cas, à peine en résidence surveillée au même titre que, enfant, épouse, parents, amis, camarades de lutte politique, connaissances et de simples citoyens, que Gbagbo est renié par les…siens. Certains, bien entendu. Evitons et n’osons pas le parallèle avec le reniement par Pierre du fils de l’homme trahi par Judas : «Je ne le connais pas». Apôtres et autres compagnons de Jésus, s’effacèrent pour éviter le courroux des maîtres des lieux. Le cas Mamadou Koulibaly et des refondateurs «déserteurs» trouve-t-il explication dans le régime de fer et de feu qui s’installe pernicieusement en Côte d’Ivoire ?
Selon l’Afp (16 juin 2011), «jusqu`à 500.000 personnes sont toujours déplacées en Côte d`Ivoire malgré la fin de la crise politique». «60 prisonniers politiques, 2 millions de réfugiés et d’exilés, 3 mois de pouvoir» (source : Notre Voie).
Dans son communiqué daté du 15 juin 2011, la ligue ivoirienne des droits de l’Homme (Lidho) dénonce cette situation en ces termes : « la Côte d’Ivoire continue d’être le théâtre de graves violations de droits de l’homme, qui se déclinent entre autres en atteintes au droit à la vie, aux libertés de circulation, de presse, d’opinion, d’expropriation de biens meubles et immeubles (voitures, plantations, etc.) et d’occupation de domiciles privés. En effet, de façon régulière notre monitoring de la presse et les différents rapports de nos sections font état desdites violations que confirment par ailleurs les organisations internationales de défense des droits de l’homme et de promotion de la démocratie. Les populations continuent de vivre dans l’angoisse du fait d’une situation sécuritaire qui reste préoccupante. Des domiciles continuent d’être visités et pillés de nuit comme de jour, des familles séquestrées
par des hommes armés se réclamant des Forces Républicaines Côte d’Ivoire (FRCI), sous le prétexte de perquisitions à la recherche de caches d’armes qui se terminent bien souvent par des exécutions sommaires de personnes civiles». HRW met en doute l`impartialité de la justice ivoirienne .Selon Afp (16 Juin 2011), la justice ivoirienne "semble partiale" face aux auteurs de violations des droits de l`Homme, s`inquiète Human Rights Watch (HRW), soulignant qu`aucun élément des forces de Alassane Ouattara impliqué dans des "crimes graves" n`a encore été arrêté. "Aucun des membres des Forces républicaines (pro-Ouattara, ndlr) n`a été arrêté ou placé en garde à vue pour crimes graves commis pendant la période post-électorale", poursuit HRW. Selon Corinne Dufka, chercheuse au sein de l`ONG, "le clivage se creuse entre le discours du gouvernement Ouattara selon lequel personne n`est au-dessus des lois, et la réalité d`une justice qui semble être partiale et
marcher au ralenti". La justice des «vainqueurs» est en marche. Elle fait taire la «parole (naguère) libérée» et jette dans des prisons du «Soroland», proches des goulags d’alors, tous ceux qui pensent autrement. Même la prison d’Assabou(Yamoussoukro), création de feu Houphouët Boigny, au temps où il faisait régner la terreur sur ses adversaires politiques, n’est que paradis devant les lieux d’enfermement réservés aux ivoiriens qui, l’instant d’une simple compétition électorale, ont supporté le camp Lmp. Quelle réaction humaine avoir, pour sauver sa tête, dans ce «Dozoland» où la peur prend place partout, où les citoyens n’osent plus se regarder dans les yeux et se parler, puisqu’il y règne la délation, la félonie et les étourderies de seigneurs de guerre ? Est-t-on dans le cas de figure d’une dictature rampante ? Les dictateurs, on le sait, ont des traits communs, selon notre ami facebookers, Georges Gino : Ils ont le droit de mort sur leur peuple et représentent à eux seuls, avec leurs épouses, la justice, le droit et la démocratie dans leur pays. Ils ne connaissent ni les remords dévorants d'une mauvaise conscience, ni les vaines terreurs qu'inspirent aux autres hommes les fables des enfers, ni les frayeurs que leur causent les spectres et les revenants. Ils sont les nombrils de leurs nations et eux seuls sont de race pure. Les autres, hybrides, n'ont pas les mêmes droits qu'eux, sont des sous-hommes.
En un mot, ils ne sont point déchirés par cette foule de soucis qui assiègent continuellement la vie de leurs compatriotes. Ils n'ont jamais faim, ne manquent point d'argent ni de femmes. Ils n'ont ni honte, ni crainte, ni ambition pour leurs Etats, ni jalousie des Champs Elysées qu'ils affectionnent, incapables de les construire chez eux, ni tendresse pour leur peuple. Toujours gais et contents, non seulement ils jouent, chantent, rient et s'amusent sans cesse, mais ils répandent encore des pleurs, des cris et des douleurs sur tous ceux qui les environnent, parce qu'ils ont toujours le doigt sur la gâchette ou les poisons sur les assiettes. La Côte d’Ivoire de l’après Gbagbo semble être entrée dans le giron des damnés de la terre. Où, les victimes expiatoires du nouveau pouvoir ont choisi plusieurs voies de salut. Entre autres, ne pas prêter le flanc aux justiciers de l’ombre. Faire sa cuisine dans son coin. En espérant que soit bouclé rapidement, le pénible circuit : Vengeance-revanche-réconciliation-paix. De l’exagération ? Reste à voir. Sinon, comment qualifier un régime qui jette en prison Michel Gbagbo, tout simplement parce que selon le ministre ivoirien de la justice, «c’est le fils de Gbagbo et il se trouvait avec son président de père» au moment de sa «capturation» (néologisme créé par notre handballeuse de ministre de l’Education nationale). Comment comprendre l’emprisonnement de journalistes dont Herman Aboa, Franck Anderson Kouassi, Guézé, etc ? Comment qualifier un régime où des pieds nickelés rebaptisés «forces républicaines» tuent plus qu’ils ne protègent les citoyens de l’insécurité ambiante ? Comment qualifier un Etat qui fonce droit vers sa «Somalisation» ? Avec des chefs de guerre prêts à en découdre avec celui qu’ils ont fait roi et qui, disent-ils, veut par ingratitude leur faire la peau ?
Témoignage de la presse nationale : «Voici le résumé des propos d’un soldat FRCI, ancien des Forces nouvelles que nous avons joint samedi dernier au téléphone depuis la localité de Ponondougou dans le nord de la Côte-d’Ivoire. Au mois de juin, nous vous faisions cas du refus des hommes du commandant «rebelle» Fofié Kouakou, de laisser les postes de contrôles frontaliers aux fonctionnaires des douanes, affectés depuis Abidjan. Ceux-ci avaient d’ailleurs été menacés et sommés sous la menace des armes de retourner d’où ils venaient. Un mois plus tard, nous sommes repartis aux nouvelles. Le constat est que le statut-quo demeure, «les douaniers de Ouattara» ne sont toujours pas les bienvenus dans le «Soroland». Des propos attribués récemment par les médias locaux au commandant Fofié Kouakou(zone de Khorogo) sont inquiétants : «(…) Il faut leur dire que nous on continue notre boulot tranquillement, tous les régisseurs sont en place, la Centrale (Ministère des Finances des ex rebelles, Ndlr) ici à Korhogo fonctionne correctement. Les entrées d’argent du port suffisent à Ouattara et à ses amis blancs. Ils veulent fermer nos postes, mais qu’ils arrêtent d’abord les tickets de Wattao au port d’Abidjan et des autres à San-Pedro. Wattao taxe les camions vides à 5000 Fcfa et les camions remplis à 10.000 Fcfa, est-ce que eux ils ne voient pas ça ? Et c’est nous ici, ils viennent emmerder. Dernièrement nos éléments ont reçu 100.000 FCFA à la CTK, mais toi-même tu es journaliste vieux-père, est-ce que c’est normal ça, cent mille pour tout le travail qu’on a fait. Nos frères et amis sont tombés (mort, Ndlr ) au front, leurs parents n’ont rien reçu, mais Soro et Ouattara parce que l’armée française les soutient pensent qu’ils peuvent nous forcer à déposer les armes et puis fermer la Centrale. Eux, ils ont leurs milliards, nous on a nos régisseurs aux postes frontaliers. Je répète, l’argent du port suffit à Ouattara et à ses amis. Ils nous ont trompé eux tous, on a compris ça depuis la mort du Major (IB), on va te « recontacter » frère, y a des choses tu dois savoir (…)» Où va la Côte d’Ivoire qui attendait partout, la joie de jouir enfin de la pluie de milliards (Fcfa) promis par le chef de l’Etat actuel lors de la campagne présidentielle ?
Il faudra peut-être attendre de François Fillon, ci-devant Premier Ministre Français, en visite pour la Première fois en terre Ivoirienne, qui a exigé« la mise en caserne des comzones » envahissants et aux pouvoirs sans limite, plus de fermeté.
Pour l’heure, les Eburnéens, dans leur majorité, versent des larmes de sang. En silence. Partageant dans leur douleur, le vœu exprimé par l’ex Président de l’Afrique du Sud, Thabo Mbeki, ex-médiateur de la crise ivoirienne : « Nous ne pouvons qu’espérer que Laurent et Simone Gbagbo et le peuple ivoirien ne continuent pas à souffrir en étant les victimes maltraitées et humiliées d’un système mondial qui, dans son intérêt, tout en prônant haut et fort les droits universels de l’homme, ne cherche en réalité qu’à perpétuer la domination du plus grand nombre par quelques-uns qui disposent de l’essentiel du pouvoir politique, économique, militaire et médiatique ».
pdouh@yahoo.fr