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27/01/2012

Ouattara en France : comme au temps de la Françafrique ?

Source : Telediaspora.net : Du 27/01/2012


(Le Nouvel Observateur ) Cela faisait un petit moment que Nicolas Sarkozy n'avait pas accueilli un chef d'Etat avec un tel faste. De son arrivée à l'aéroport d'Orly mercredi 25 janvier à son diner d'Etat à l'Elysée le lendemain, le parcours du président ivoirien, Alassane Ouattara, lors de ces trois jours de visite, a été jalonné d'intentions toutes particulières.

Le journal ivoirien "L'expression" rapporte avec fierté les honneurs rendus à leur président : "Cinq sections de l'armée française ont été mobilisées. Trois de l'armée de l'air, une de la marine nationale et une des forces paramilitaires."

A son arrivée à l'aéroport, accueilli par le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, le ministre de la Défense, Gérard Longuet, au "son de musique de la garde républicaine", le chef d'Etat étranger a passé en revue les troupes. Ensuite, il a rallié la place des Invalides à bord "d'un hélicoptère présidentiel escorté par deux autres hélicos de combat".

De la place, Alassane Ouattara est monté à bord "d'une Citroën hors série blindée escortée par une centaine de motards de la police et de la gendarmerie. Le point de chute étant l'hôtel cinq étoiles Le Meurice où il a pris ses quartiers." Au programme de jeudi, le chef d'Etat ivoirien s'est rendu sur la tombe du soldat inconnu avant de remonter l'avenue des Champs-Elysées décorée aux couleurs des deux pays, sous escorte de la cavalerie. Sur le plan des symboles, Paris a décidé de frapper fort.

A l'ancienne

"On a l'impression que la France a accueilli Houphouët Boigny (premier président de la Côte d'Ivoire et acteur de la Françafrique, ndlr) au temps de la guerre froide!", s'étonne Antoine Glaser, ancien rédacteur en chef de "La lettre du continent", spécialiste de l’Afrique. "Il y a quelque chose de très rétro qui ne correspond pas à la mondialisation de l'Afrique. C'est un accueil anachronique, d'un autre temps".

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26/09/2011

combat contre l’impérialisme

Source : Telediaspora.net du 25/09/2011


La crise que vit la Côte d’Ivoire a vu essentiellement la confrontation de deux blocs idéologiquement opposés. D’une part, le bloc adoubé par la France colonialiste qui favorise une politique orientée vers le pillage peu scrupuleux des richesses du pays, cautionne le massacre des populations éburnéennes et conforte une élite de prébendiers (RHDP et consorts) animée par des relents égoïstes au détriment du bien-être des masses ivoiriennes. D’autres part, le bloc des Ivoirien(ne)s dignes (FPI-LMP-CNRD, etc.) qui refusent de se mettre sous le parapluie des puissances impérialistes et qui est orienté vers l’autodétermination d’une nation ivoirienne diversifiée mais homogène, une et indivisible. Cette catégorie d’Ivoirien(ne)s croit en outre à la construction d'un état fort, travailleur et disciplinée qui s'appuie sur une constitution boussole, avec pour objectif de faire réellement profiter aux Ivoirien(ne)s le fruit de leurs labeurs et les richesses de leur pays. Dans une déclaration prémonitoire faite lors de la fête de la Paix le 15 novembre 2000, le Président Laurent Gbagbo, le président légal et légitime de la Côte d'Ivoire, leader charismatique des Ivoirien(ne)s dignes, prévenait en ces termes : « un jour viendra où, dans ce pays, il y aura deux camps. D’un côté, celui dont le territoire et la nation se confondent pour le défendre de ce que nous sommes et de l’autre, celui pour lequel, ni la nation ni le territoire, encore moins la république que nous tentons de bâtir n’a de sens, encore moins de valeur ». Actuellement, nous vivons douloureusement cette vision prophétique du Président Laurent Gbagbo avec son corollaire de massacres, d’exactions, d’exécutions extrajudiciaires, de viols, de pillages et d’occupation illégale de domiciles privés. Et tout cela est le fait de certains de nos frères Ivoiriens ayant choisis de se soumettre aux puissances impérialistes particulièrement la France. Cette déclaration à nous faite par notre leader est une invitation à la réflexion et à l’action. Elle pose un problème existentiel au sein du camp des patriotes pour lequel le territoire et la nation se confondent i.e. le camp pour lequel la république a une valeur.

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19/09/2011

Sarkozy est-il un néocolonisateur? La visite de Nicolas Sarkozy et David Cameron en Libye n’enthousiasme pas outre mesure les observateurs arabes.


Source : Telediaspora.net : du 18/09/2011



«Vous avez voulu la paix, vous avez voulu la liberté, vous voulez le progrès économique, la France, la Grande-Bretagne et l'Europe seront aux côtés du peuple libyen».

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26/08/2011

Propagande, vous avez dit propagande?

Saif e(s)t sauf...
Qu’il est doux de se faire bercer, deux fois par jour sept jours sur sept, par les contes à dormir debout de nos médiamenteurs incompétents et pathétiques. Une nouvelle fois, cela devient à l’évidence une habitude, la presse possédée par les membres de l’oligarchie financière ploutocrate qui se partage pouvoir et l’argent a frappé...

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La Libye et NOTRE propagande de guerre


Source: Camerounvoice
Kadhafi serait à la fois fou, démagogue, cynique, militariste... La guerre a évidemment pour but sa capture, après quoi l’humanité retrouvera le bonheur...


Les citoyens de nos pays démocratiques doivent se lever et faire entendre leur voix pour tenter d’éviter à la Syrie le cauchemar de l’intervention militaire des forces de l’OTAN sous mandat de l’ONU, ou des "coalitions de volontaires", qu’ont subi ou continuent à subir les peuples d’Afghanistan, d’Irak, de Somalie, de Libye. Professeure à l’Université Libre de Belgique, Présidente de "Femmes pour la Paix", Mme Anne Morelli, révulsée par la vision unilatérale répandue par les journalistes sur les guerres de plus en plus destructives et sanguinaires qui se déroulent sous nos yeux, réagit par ce beau et généreux texte. (Silvia Cattori)

Un article d’Anne Morelli, professeure à l’Université Libre de Belgique

Les principes généraux de la propagande de guerre sont toujours pareils. Ils tentent de nous faire adhérer à une cause belliciste par des déclarations d’abord pacifistes puis résignées : nous sommes « contraints » par l’Autre à faire la guerre. Il l’a provoquée et nous allons nous y engager pour de nobles causes : la protection humanitaire des civils, la démocratie, la lutte contre le militarisme effréné de notre ennemi...

Bien sûr, lui, commet systématiquement des atrocités, tandis que notre armée est composée de gentilshommes, tout au plus susceptibles d’une involontaire « bavure ». En outre cette guerre n’est en rien risquée de notre côté : la supériorité écrasante de nos armes nous assure des « pertes zéro » tandis que nos ennemis sont depuis le début condamnés à la défaite. Enfin, celui qui s’opposerait à cette guerre courte, morale et forcément victorieuse, ne peut qu’être un agent de l’ennemi.

J’ai réuni ces principes qui régissent la propagande, préalable et contemporaine à toutes les guerres depuis le début du XXe siècle, dans un petit volume [1]. À chaque nouvelle édition je dois ajouter sur ce même schéma, des exemples de bobards ayant été utilisés pour mobiliser l’opinion dans les conflits les plus récents : Afghanistan, Irak... Et à chaque fois je forme un vœu pieux toujours démenti : j’espère que les lecteurs, avertis, ne se laisseront plus prendre aux pièges grossiers de la propagande...

Mais la récente guerre de l’OTAN contre la Libye nous oblige - hélas - une fois de plus à constater que ces principes sont à l’œuvre... et marchent très bien !

Nous sommes des pacifistes et « réagissons » aux violences libyennes

Selon la thèse officielle de l’OTAN, nos bombardements, via l’opération « Protecteur unifié » (sic), ont pour but d’empêcher le régime libyen (les mots ont toute leur importance) de poursuivre ses attaques barbares contre le peuple libyen [2]. C’est donc « lui » qui a commencé et nous ne faisons que réagir à des violences ennemies, par ailleurs difficiles à quantifier et juger. Ainsi, les « rebelles » de Benghazi contre qui agit Tripoli, sont-ils vraiment d’innocents civils alors que, même leurs toutes premières photos, nous les montraient lourdement armés (par qui ?) et que leur Conseil National de Transition se plaint lorsqu’il se rend à l’OTAN à Bruxelles, de recevoir insuffisamment d’argent pour professionnaliser leur armée [3].

Les bombardements, rebaptisés « campagnes de frappes aériennes », ont été autorisés par le Conseil de sécurité de l’ONU le 18 mars 2011 en tant que « réaction » à ces présumés massacres de civils et pour « protéger les civils libyens ». Il peut sembler que bombarder des civils pour les « protéger » est contradictoire, mais c’est bien en ces termes que la mission est lancée [4]. Elle serait donc, comme toutes les guerres, une « réplique » à ce que l’OTAN appelle « les attaques barbares du régime de Kadhafi contre le peuple libyen ».

Khadafi, monstre par intérim

La propagande canalise classiquement la haine et les ressentiments de l’opinion publique vers un leader ennemi, sensé être la cause de tous les maux. Il sera à la fois fou, démagogue, cynique, militariste... Guillaume II pendant la Première Guerre mondiale - avant Ben Laden, Milosevic ou Saddam Hussein - a ainsi personnifié l’ennemi à abattre. La guerre a évidemment pour but sa capture, après quoi l’humanité retrouvera le bonheur.

Le conflit avec la Libye ne fait pas exception à la règle mais la construction médiatique du personnage de Kadhafi est particulièrement intéressante. En effet, après avoir été la personnification du mal, du « terrorisme international » et l’ennemi public n° 1, rendu responsable de tous les genres d’attentats, le colonel - qui avait également nationalisé les compagnies pétrolières de son pays - est redevenu fréquentable.

Alors qu’en juin 2011 le ministre belge de la Défense, De Crem, assure vouloir bombarder la Libye tant qu’on ne sera pas débarrassé de Kadhafi, il semble avoir oublié que le chef du précédent gouvernement belge, Guy Verhoofstadt, a reçu Kadhafi à Bruxelles il y a peu d’années, avec tous les égards possibles. Kadhafi était alors redevenu un interlocuteur valable, également pour Berlusconi et Sarkozy qui l’autorisaient à dresser son campement dans leurs jardins, le traitaient avec familiarité et lui faisaient signer notamment, l’engagement de stopper chez lui les flux migratoires du Sud désirant aller en Europe [5].

De nobles bombardements

Un des principes de la propagande de guerre veut qu’on fasse croire à l’opinion publique que notre engagement belliqueux poursuit de nobles buts. Il ne doit jamais être question ni de ressources économiques à maîtriser ni d’objectifs géostratégiques mais bien de démocratie à imposer, de militarisme à mâter et de pauvres gens au secours desquels nous volons.

Ainsi dans le cas libyen il ne sera pas question de la maîtrise des ressources pétrolières d’excellente qualité de ce pays, ni de sa situation stratégique entre deux pays au destin politique déstabilisé par le « printemps arabe ». Toute la propagande sera par contre axée sur le manque de démocratie du pays (ce qui n’est pas faux mais n’entraîne pas systématiquement des interventions armées de l’OTAN si l’on en croit le statu quo qui règne en Arabie Saoudite et dans les émirats...) et sur les Libyens qui attendent notre « aide ».

Cette fois il ne s’agit pas de secourir les Kosovars, ni les femmes afghanes avides d’émancipation, ni les Kurdes irakiens ou les Chiites opprimés mais bien de sauver des civils que nous devons protéger de la brutalité des forces de Kadhafi. Nos bombardements sur la Libye auront donc un but noble et hautement « humanitaire ».

Les « atrocités » libyennes et les « bavures » de l’OTAN

Les guerres traînent inexorablement derrière elles leur cortège de violences, d’iniquités et de victimes innocentes. Dans chaque camp - même si à des degrés variés - on assassine des enfants et des vieillards, on viole, on torture.

Le génie de la propagande de guerre est de faire croire au public que « nous » menons une guerre « propre », contrairement à nos ennemis. Ainsi dans la guerre de l’OTAN contre la Libye, les médias décrivent dans le menu les atrocités ennemies mais tentent de passer sous silence celles de l’OTAN et de ses alliés. La torture a pourtant bien été « légalisée » dans le camp occidental à l’occasion de la guerre contre l’Irak [6] mais on n’y fait plus la moindre allusion.

Par contre lorsqu’il devient impossible de nier le caractère meurtrier des bombardements de l’OTAN, il faudra minimiser leur caractère atroce. Rebaptisés « frappes » ils sont sensés être des « raids de précision », visant des cibles uniquement militaires.

Et lorsqu’il appert que les victimes sont des civils voire des enfants, il faudra d’abord nier, utiliser le conditionnel, parler des « allégations » du « régime » de Kadhafi qu’on ne peut vérifier, puis enfin avouer une « bavure », avoir tué « accidentellement » ou « par erreur » des civils.

Ainsi un raid de l’OTAN le 20 juin, sur Sorman, à 65 km à l’ouest de Tripoli fait quinze morts civils dont trois enfants. Un journaliste de l’Agence France Presse ayant constaté qui étaient bien les victimes, l’OTAN ne peut plus nier que ce « raid de précision » n’a pas touché que des cibles militaires. Elle devra aussi avouer avoir tué le 19 juin des civils « par erreur » lors d’un bombardement de nuit à Tripoli, dans le quartier de Souk-al-Yuma, pourtant habituellement indiqué comme hostile à Kadhafi !) et avoir accidentellement frappé une colonne de véhicules « rebelles » dans la région de Brega le 16 juin 2011 [7].

Pour minimiser les dégâts occasionnés par le bombardement d’une habitation privée, Le Soir [8], met habilement en doute le témoignage de la victime en écrivant que Khalid El-Hamidi affirme avoir perdu sa femme, ses trois jeunes enfants et sa maison lors d’une frappe de l’OTAN et plus loin que sa maison a été selon lui, frappée par un bombardement de l’OTAN. Le titre parlant d’une « cible légitime » (sans point d’interrogation), reprend bien évidemment le point de vue de l’OTAN et décrédibilise celui de la victime.

Ces « tragiques erreurs » et « dommages collatéraux » sont bien sûr inexorables mais ne sont relevés que chez nos ennemis. Lorsque ce sont nos armées ou nos bons alliés de la « rébellion » libyenne qui s’en rendent coupables la discrétion est de rigueur. Dès les premières semaines de la « rébellion » et au moins jusqu’en juillet 2011, l’ONG Human Right Watch (HRW) d’origine américaine et peu susceptible de sympathie pour Kadhafi, signale que la « rébellion » libyenne se livre à de graves exactions contre les civils des régions qu’elle contrôle : passages à tabac, saccages de biens, incendies de maisons, pillages des hôpitaux, domiciles et commerces...

Mais s’agissant de nos bons alliés, l’information de HRW sera publiée au conditionnel (« des incidents auraient eu lieu ») [9] contrairement à ce qui concerne les « atrocités » de nos ennemis, toujours considérées a priori comme avérées. Quant à ceux qui fuient la Libye n’oublions pas que la première cause de leur exil réside dans nos propres bombardements.

Pertes zéro

Pour rassurer l’opinion publique, la propagande martèle que nos armes sont si performantes qu’il n’y a aucun risque à faire participer notre armée à cette nouvelle « opération ».

Il est vrai que des bombardements sont évidemment bien moins risqués pour celui qui bombarde que pour celui qui est bombardé (surtout s’il n’a pas une D.C.A. efficace). Ce déséquilibre flagrant des risques commence cependant à s’estomper lorsque l’« opération » se prolonge sur terre. Les guerres en Afghanistan et en Irak devaient aussi se solder théoriquement par « zéro morts » mais cette prévision a naturellement été démentie par la réalité.

Le bilan des morts est très sous-évalué car il ne tient généralement compte que des morts parmi les soldats « officiels ». Or l’occupation est de plus en plus confiée à des mercenaires privés, appelés « contractors ». Ces sous-traitants sont, par exemple en Afghanistan, aussi nombreux que les « vrais » militaires américains mais leurs contrats échappent au contrôle parlementaire et médiatique. À elle seule la société L3-Com comptabilise à ce jour 350 morts de soldats privés [10]. Au cas où l’opération libyenne se prolonge sur terre, soyons donc attentifs, lorsqu’on nous présentera des bilans rassurants pour « nos » troupes, que ceux-ci intègrent aussi ces mercenaires, par ailleurs difficilement contrôlables dans leurs façons d’agir et parfois recrutés sur place sans discernement.

Comment rester critique ?

La critique historique nous apprend que discerner les faits exacts demande de recouper les informations provenant de sources diverses. Dans le cas présent, l’exercice est très compliqué sinon impossible : peu d’informations indépendantes filtrent de Libye, la radiotélévision libyenne est absolument inaccessible à l’étranger car les émetteurs satellites ont été bloqués et nos médias accompagnent immédiatement toute information dérangeante d’un commentaire des « rebelles » que nous soutenons ou de l’OTAN.

Ainsi le contribuable qui se demande pourquoi une partie de ses impôts va payer les sorties exceptionnelles des F-16 belges et leurs bombes, ne peut que compter sur lui-même face à la propagande qui déferle dans nos médias, exercer son bon sens et DOUTER.

Anne Morelli
Professeure de « Critique historique » à l’Université Libre de Bruxelles
Présidente de "Femmes pour la Paix"
Bruxelles, le 18 août 2001

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31/07/2011

OPTIMISATION DES INTERETS DES MULTINATIONALES FRANCAISES


Dénouement tragique de la crise ivoirienne: L’optimisation des intérêts des multinationales françaises
En parlant des activités des entreprises et multinationales, le chercheur Philippe Moreau Defarges écrit dans «la mondialisation», que «les entreprises raisonnent à partir de la demande et de l’offre mondiales, de leur perspective d’évolution et de profit». Oui, ces acteurs économiques sont constamment portés sur la poursuite frénétique du gain propre, dans l’exercice de leurs activités. Et en Côte d’Ivoire, les multinationales françaises dirigées par Bouygues et Bolloré ont une ambition unique: consolider et accroitre leurs positions, pour arrêter la poussée trop forte des pays asiatiques développés. Elles refusent ainsi par leur comportement, l’avènement d’un espace mondial de compétition, quoique avec la mondialisation, «la terre entière constitue bien un espace qui doit être pensé unique ». Dans la logique d’optimisation de leurs intérêts pour instaurer leur hégémonie, les entreprises françaises, avec à leur tête Bouygues et Bolloré, auraient opté à intégrer les réseaux de la grande criminalité organisée, pour monter à l’assaut de l’Etat de Côte d’Ivoire et du président Laurent Gbagbo, afin de le chasser du pouvoir.
Pourtant ces multinationales ont toujours été traitées avec bienveillance, et occupent une place de choix dans l’économie ivoirienne, depuis le premier Président ivoirien Félix Houphouët Boigny qui, pour garantir la stabilité de son pouvoir, a été si souvent à la merci de ces entreprises au détriment des Ivoiriens. C’est dans ce contexte que M. Alassane Dramane Ouattara, alors Premier ministre de ce pays, a privatisé l’eau, l’électricité et le téléphone à un franc symbolique, remettant ainsi ces secteurs stratégiques entre les mains des Français. Mais l’évolution de l’environnement politique international et les défis nouveaux auxquels l’Etat est confronté vont favoriser une réorientation de la vision des Présidents Bédié et Gbagbo. Ceux-ci ouvrent l’espace des investissements en Côte d’Ivoire à d’autres acteurs étatiques du monde. Ce choix nouveau met un terme à la pratique d’un axe d’exclusivité commerciale avec la France qui veut cependant demeurer un pays incontournable en matière d’échanges commerciaux et de gestion des questions stratégiques dans son pré carré. En effet, le revirement d’attitudes des gouvernants ivoiriens n’est pas du goût de l’ex-colonisateur qui dégage habilement Henri Konan Bédié de la tête de l’Etat en décembre 1999, des suites d’un coup d’Etat sans effusion de sang.
Pendant la gouvernance de Laurent Gbagbo dès octobre 2000, il ouvre davantage le champ des investissements à des pays émergents comme la Russie et la Chine. Cet acte déclenche assurément le mécontentement de la France qui lui reprocherait en outre son nationalisme fort et son refus constant de la compromission. En effet, l’accession au pouvoir d’Etat du Président Gbagbo a coïncidé avec une crise budgétaire profonde de l’Etat français, qui était à la limite la risée des autres nations européennes, tant il était interpellé constamment.
Dans le but de maintenir son prestige sur la scène internationale, la France va agir de manière déguisée au départ à l’encontre de la politique de Laurent Gbagbo, au travers d’une tentative de coup d’Etat le 19 septembre 2002. Elle procédera ensuite à la partition du pays en deux, après la création par l’ONU et la Licorne d’une zone de confiance. Ainsi, la zone centre, nord, ouest (CNO) est transformée en un espace de non-droit propice à l’exploitation abusive du pays dans sa partie septentrionale, où toutes les criminalités sont possibles. Cette ex- puissance coloniale va agir par le moyen d’une rébellion forgée et entretenue par la France via le Burkina Faso.
En effet, pendant cette grave crise, les multinationales françaises ont consenti d’énormes sacrifices et ont apporté un précieux concours à l’Etat, ce qui vaut une décoration à leurs dirigeants pour le bon travail accompli. Malheureusement, ces mêmes entreprises françaises, en complicité avec l’entourage de M. Sarkozy, auraient, après concertation, trouvé que les bénéfices réalisés dans leurs activités sous la gouvernance de Gbagbo sont maigres, et qu’il faudrait le chasser du pouvoir car il est trop nationaliste à leur goût. Ces entreprises prennent dès lors le parti de Ouattara qu’elles considèrent comme la personnalité qui peut absolument défendre leurs intérêts et ceux de la France, au détriment des Ivoiriens. Lesdits acteurs économiques auraient apprécié à leur juste valeur, les bénéfices substantiels glanés sous la gestion de M.Alassane Ouattara, en temps que Premier ministre du pays, de 1990 à 1993, sous le couvert de la légitimité historique de Félix Houphouët Boigny. En fait, pour concrétiser la décision prise, ces chefs d’entreprises se seraient assidûment réunis de juillet à septembre 2010, avec des proches de Sarkozy, pour choisir la méthode à utiliser dans l’estocade à porter à Laurent Gbagbo, lors des élections de novembre 2010. L’unanimité faite autour de son éviction, il fallait créer les conditions de la rupture globale et ficeler les modalités pratiques du coup.
A ce niveau, l’exécution de leur plan combinera deux approches : le soft et le hard power. Dans le premier cas, tous les acteurs anti-Gbagbo vont tabler sur les élections de 2010, pour habilement œuvrer à placer Alassane Ouattara à la tête de l’Etat de Côte d’Ivoire, par de multiples stratagèmes. Dans cette approche du soft power, les entreprises et Sarkozy emploieront à fond les pressions diplomatiques et économiques, pour que leur poulain ne traine pas le boulet d’illégitimité. En amont, l’on aurait sollicité un opérateur économique ivoirien bien connu dont le rôle aurait consisté à forger avec des leaders de partis, la plate-forme politique dénommée le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), avec le soutien actif d’un politologue français. Pour atteindre leur but, les planificateurs du coup ont, au premier chef, voulu maîtriser les leaders du RHDP et devraient, dans ce cadre, ouvrir un compte bancaire à chaque dirigeant dont le parti politique est affilié à la plate- forme. Ainsi, les véritables maîtres du jeu au sein de cette alliance politique sont bien les dirigeants des entreprises qui investissent leur argent. Ils ont tous une unique obsession, déstabiliser le régime de Laurent Gbagbo et en changer la nature par tous les moyens.
Si l’option des élections constitue le moyen de combattre en homme, Machiavel dans «Le Prince», conseille aussi aux dirigeants de combattre en bête. Cette deuxième approche, le hard power ou usage de la force brutale n’est pas négligé par la nébuleuse qui s’investit financièrement pour pourvoir la rébellion en armes et en munitions, concourir à son encadrement technique pour la rendre opérationnelle sur un champ de guerre. Mais avant cette phase ultime qui sera fatidique à Laurent Gbagbo, l’opérateur économique en question aurait juré de le mettre à genoux avant les élections présidentielles de 2010. Pour tenir sa promesse, il aurait demandé la collaboration d’un membre influent du PDCI, afin d’accélérer la chute de Gbagbo, offre que ce dernier aurait refusée pour des raisons strictement personnelles.
En effet, leur décision de nuire à Laurent Gbagbo et aux institutions ivoiriennes est prise. Elle est sans équivoque. Comme dans la tragédie grecque, le ressort est débandé, Bouygues et Bolloré jouent à fond leur partition par la mise à la disposition des adversaires de Laurent Gbagbo, d’une télévision pirate juste avant le raidissement du contentieux électoral. Dans l’utilisation de la force militaire de la Licorne contre le président Gbagbo, elle pouvait assener un coup fatal à la RTI qu’elle qualifie de télévision propagatrice de la haine contre la France, alors que ces Français foulent aux pieds les droits des Ivoiriens.
Mais ces investissements faits dans l’achat de la télévision pirate TCI seront remboursés aux multinationales par la prise en main de la redevance versée à la RTI par les contribuables ivoiriens. Aucun investissement français dans cette crise n’est gratuit ; tout est à rembourser intégralement. Ces multinationales auraient de même conseillé le refus systématique du recomptage des voix, méthode pourtant hautement démocratique, mais susceptible de conduire à un dénouement pacifique de la crise post-électorale. Elles auraient également endossé la stratégie d’acculer le président Laurent Gbagbo en le faisant passer pour un dictateur qui s’accroche au pouvoir malgré sa défaite par les urnes. Toutefois, tous reconnaissent sa valeur disant de lui qu’il est un adversaire politique redoutable, à cause de ses capacités extraordinaires et ses lectures fines des situations du pays et du continent. Ils le disent par ailleurs porteur d’un charisme singulier qui fait de lui une personnalité que les Ivoiriens oublieront difficilement. Ses marques politiques sur la société ivoirienne sont si fortes et visibles qu’il faut le prendre et le garder en prison, le temps de ruiner son charisme et sa légitimité historique par la création de la distance entre cet homme talentueux et le peuple de Côte d’Ivoire qui s’identifie merveilleusement à lui.
Les multinationales et les gouvernants du pays comptent ainsi faire du temps un adjuvant précieux dans leur entreprise destructrice du leader visionnaire Laurent Gbagbo. Cette déstabilisation s’étendra aussi sur les entités politiques de l’opposition qui ont perdu leurs marques, à cause de la violence post électorale déclenchée par les FRCI. La psychose ainsi créée sera à l’avantage du pouvoir, car elle plongera les partis de l’opposition dans une profonde léthargie, ce qui peut leur être préjudiciable dans la tenue des élections législatives à venir. Il faut craindre que le rêve de dominer l’Assemblée nationale ne pousse les dirigeants actuels à créer les conditions d’un boycottage des législatives par l’opposition.
En effet, l’opposition devrait pouvoir se passer de la présence physique des leaders arrêtés, car leur maintien en prison participe d’un traquenard de déstabilisation interne. C’est également de la diversion à ignorer pour relever les défis, en vue de redonner de l’espoir aux Ivoiriens en plein déluge politique. En effet, il est d’intérêt majeur d’agir de sorte que le pillage systématique de l’économie ivoirienne que veulent réaliser les multinationales et autres entreprises françaises avec la complicité active des dirigeants actuels ne perdure pas. Car c’est au nom de l’optimisation excessive de leurs intérêts économiques que ces entreprises ont choisi ce dénouement tragique de la crise ivoirienne. Elles seraient donc au cœur de la tragédie ivoirienne, avec la complicité de locaux qui cultivent à souhait le champ de l’indignité de l’Afrique, par leur acceptation de la recolonisation française.





Correspondance particulière de Majérol

28/07/2011

Invasion de l'Afrique


Invasion de l'Afrique: Les daltons en Amérique pour prendre des instructions
Source : Telediaspora.net du 26/07/2011

Eux, ce sont les Dalton. C’est officiel. Ils n’ont plus rien à cacher. Ils sont les invités d’honneur pour organiser le déshonneur de l’Afrique. Les Black Dalton d’Afrique. Quatre ou cinq en tout, ils font la fierté de leurs grands maîtres. Mais chez eux, ils sont la honte d’un Continent. C’est normal. Nul n’est prophète chez soi, même si on s’appelle Dalton. Vous les connaissez.

En camouflage démocratique, ils sont la crème des crèmes, la nouvelle génération de frères de lumière avec le passé et l’avenir très peu glorieux : vol en col blanc, association de malfaiteurs doublée d’un récidivisme notoire, organisation en bandes armées, fraudes électorales, usurpation de nationalité, création et financement de rébellions armées, épuration ethnique, incompétence, vente d’illusion, bref, c’est une biographie tout à fait vertigineuse qui caractérise la vie des Dalton.

Ils le savent tous : bien mal acquis ne profite jamais. Ils savent que les biens acquis en Afghanistan après l’invasion de ce pays n’ont rien changé à la décadence de leurs grands maîtres. Ils savent aussi que ceux acquis en Irak n’ont eu aucune incidence sur la paupérisation grandissante chez ces maîtres fascistes. Mais ils veulent faire bonne figure. Ils ont donc le devoir de répondre à l’appel du grand maître. L’invasion de l’Afrique serait peut-être la panacée à l’échec d’un système économique qui a atteint ses limites insurmontables comme un système pyramidal ponzi.

Mais l’invasion de l’Afrique a déjà fait des miracles au 16ème siècle. Et il a donné des résultats probants jusqu’au 20ème siècle. Alors pourquoi pas aujourd’hui ? Sous la forme d’un nouveau commerce triangulaire, d’une traite négrière, de l’esclavage, du colonialisme ou de l’exploitation abusive tout court, il faut rendre service aux grands maîtres, soutiens irréductibles ayant permis d’asseoir un régime d’imposture ou né d’une vaste fraude électorale.


Autre motif légitime de plancher sur l’invasion de l’Afrique, les grands maîtres sont devenus eux aussi, des patrons à la tête de pays très très endettés. On pourrait parler de PRTE (Pays Riches Très Endettés) juste pour réserver à l’Afrique, le terme de PPTE (Pays Pauvres Très Endettés). Mais peu importe les terminologies employées, nous souffrons tous du même mal : la paupérisation. Cependant, il y a une différence fondamentale dans nos chances de nous en sortir.

L’Afrique est quant à elle pauvre parce qu’elle n’a pas encore exploité ses richesses. Eux, ils sont pauvres parce qu’ils ont fini d’exploiter leurs richesses.

C’est dire donc que l’Afrique peut promettre un avenir à ses fils. Mais, eux, c’est la décadence. Comme celle de l’empire romain, de l’empire germain, de l’empire gaulois, etc. etc. Les grands maîtres le savent bien. Donc comme au bon vieux temps, il faut organiser et très vite l’invasion de la terre promise, l’Afrique. Et les Dalton sont là pour les y aider. Alors arrêtez de faire croire aux peuples des pays dont les Dalton sont issus, que c’est voyageurs vont vers leurs grands maîtres pour ouvrir des robinets de milliards ou déclencher des pluies de milliards.

Un patron de gang paumé qui réunit ses "petits", ce n’est pas pour leur distribuer de l’argent. C’est pour leur demander d’en trouver. Et par tous les moyens. Pourquoi alors mentir aux dignes fils d’Afrique ? De l’autre côté où ils s’en vont, chaque année au mois de Juillet, ils se rendent en jet privé à Monte Rio en Californie, à 120km au Nord de San Francisco, dans un immense domaine de 1500 hectares de nature sauvage, de forêts de séquoias et de lac, pour participer aux cultes sataniques organisés par le Bohemian Club (ou "Bohemian Grove"), une organisation de type "ésotérique" ou "occulte" fondé en 1872, où se retrouvent des hauts dirigeants de l'économie, de la finance et de la politique. Ils y discutent des affaires du monde et s'entendent sur des stratégies politiques ou économiques, avec un agenda ponctué de sacrifices ténébreux.

Cette année, à coup sûr, la question de l’invasion de l’Afrique comme caricaturée par l’opération « Aube de l’Odyssée », sera le point principal inscrit à l’ordre du jour. Alors, les Dalton, fins connaisseurs du terrain africain devront faire un état des lieux sur les richesses du sous-sol pour permettre aux grands maîtres de préparer la stratégie d’invasion.

Ne vous y trompez pas. Les Daltons sont rompus aux métiers qui caractérisent leur foudroyante biographie. Ils vont encore une fois surprendre les grands maîtres avec des informations nouvelles, des idées nouvelles, des petitesses nouvelles. Le miel dans tout ça, c’est qu’une certaine Afrique n’y voit que du vent. Elle applaudit des mains et des pieds. Elle est heureuse et croit naïvement que l’homme blanc viendra faire son bonheur. Et pourtant la sagesse africaine enseigne qu’un homme ne peut donner que ce qu’il a.

Alors comment voulez-vous que l’homme blanc, tourmenté par la fin de son système, la misère imminente de son peuple et malheureux d’avoir échoué dans son projet de bâtir une société riche, puisse vous apporter le bonheur ?

En règle générale, l’Africain est généreux. Il aime partager. Aucun Africain ne se réjouirait de voir les esclavagistes et colonisateurs crever de misère. Ce que l’Africain ordinaire demande, c’est qu’il ait part suffisante aux ressources de son pays. Et cela peut se négocier sans invasion. Alors pourquoi ne pas faire plus simple, plus civilisé et avoir le sens du partage raisonnable ? Cela éviterait une agression inutile et l’émergence d’une riposte révolutionnaire impitoyable. Parce que cette fois-ci, l’Afrique digne ne se laissera pas faire. Car elle a fait le pari d’être le berceau de la Révolution Permanente anticolonialiste.

A très bientôt.

Hassane Magued

cameroonvoice.com