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12/09/2011

Yamoussoukro: Philippe-Rémond enterré dans la broussaille



Source : Notre voie du 11/09/2011


Tué par les éléments des FRCI d’Alassane Dramane Ouattara le 31 mars dernier, lorsqu’ils sont entrés dans la capitale politique de la Côte d’Ivoire, le français Philippe Rémond Gabriel Hervé a été porté en terre jeudi dernier. Ses amis, les enseignants de l’INP-HB où il enseignait les sciences industrielles, les rotariens et quelques ressortissants français vivant à Yamoussoukro lui ont rendu un dernier hommage en présence du Consul de France. La cérémonie de séparation s’est déroulée dans les locaux d’Ivosep, dans la sobriété et la douleur.
Par la volonté du président de la République française, Nicolas Sarkozy, Philippe-Rémond Gabriel Hervé a été traité avec mépris. C'est-à-dire pas comme un ressortissant français. Alors que son père fut un officier (capitaine) de l’armée française. Pilote de son état, son avion a été abattu au cours d’une opération pour le compte de son pays. Sa mère d’un âge très avancé aujourd’hui, fut agent des services de renseignements généraux de la France. Philippe-Rémond a choisi de rester en Côte d’Ivoire après avoir été coopérant au Sénégal.
Malgré tous ces services que ses parents ont rendus à la France, le corps de Philippe n’a pas été rapatrié dans son pays, pour être remis à sa famille. Pire, son cercueil a été jeté dans une fausse dépourvue de toutes les commodités requises, dans un cimetière broussailleux qui risque d’être rasé dans les années à venir. Le président français n’a vraiment que faire d’un Français qui refuse de marcher dans le sillon tracé par son pays des droits de l’homme et des libertés. La preuve, ses assassins qui sont bien des hommes de l’armée de Ouattara jouissent actuellement d’une liberté totale. Aussi, sa mort n’a été annoncée de manière officielle, dans aucun des organes de la place. C’est dans les 24 heures qui ont précédé son inhumation que certains de ses amis et connaissances ont été informés.
On sait que des officiers des ex-FDS ont été inculpés, sous prétexte qu’ils auraient commandité la mort de M. Yves Lambelin. La dépouille mortelle de ce dernier a été rapatriée en France où elle a eu droit à tous les honneurs. Le tort de Philippe est qu’il a été un supporteur du Président Laurent Gbagbo. Sa mort montre bien que dans la France sarkozyenne, un Français n’est pas forcément l’égal d’un autre.



Ouattara Abdul-Mohamed

08/09/2011

Depuis Korhogo : Tout sur l'état d'esprit du président Gbagbo

L’analyse historique du fondateur du FPI est claire et sans concession. La Côte d’Ivoire de 2011 vit une occupation qui ne dit pas son nom. Comme la France de 1940, sous le joug d’Hitler en dépit de l’existence d’un «masque» local.

Plus que jamais debout. Selon des sources qui ont eu un accès direct à Laurent Gbagbo, le président ivoirien renversé par l’armée française va bien. Très bien même. Il jouit d’une «bonne acuité physique et intellectuelle». Privé de journaux par des adversaires qui n’ont décidément aucun sens de la grandeur, l’otage de Korhogo est pourtant toujours 100% politique, et a une conscience très aiguë des enjeux aux points de vue national et international.

Le président Laurent Gbagbo garde sa dignité intacte et est un peu gêné de la – nécessaire – dénonciation de ses conditions de détention par certains de ses avocats. Certes, il n’est pas détenu au sein de la Résidence présidentielle de Korhogo, contrairement aux propos (volontairement ?) inexacts d’Alassane Ouattara lors de l’interview accordée à CNN lors de son récent séjour américain. Mais Gbagbo «n’a pas de problème».

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23:25 Publié dans SANTE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : korhogo, gbagbo, onu, fpi, sarkozy, hitler

Mandat d’arrêt : Le ministre Dosso répond au Procureur

Nous avons appris par voie de presse le 25 août 2011 qu’il a été décerné contre sept autres proches du Président Laurent Gbagbo des mandats d’arrêt internationaux dont notre modeste personne.
Ces mandats qui n’ont de l’importance qu’aux yeux que de ceux qui les délivrent, appellent toutefois de notre part une réaction afin que l’opinion comprenne encore mieux les incongruités, le cynisme du pouvoir passager installé par la Communauté internationale à Abidjan. Je ne m’attarderai pas sur la forme atypique voire carnavalesque d’émission des mandats d’arrêt par le Procureur de M. Alassane Ouattara. Une procédure qu’un journaliste ivoirien a qualifiée de façon laconique de ‘’Vuvuzela judiciaire‘’. Toutefois, qu’il me soit juste permis de revenir en quelques lignes sur les raisons qui les sous-tendent. Précisément, le mandat à mon encontre. Pour les justificatifs de ce mandat, le pouvoir Ouattara parle sans vergogne de crime économique. Quand on a été, dans un gouvernement, chargé des personnes affectées par la guerre, que pendant votre court exercice, vous n’avez eu la gestion d’aucun budget, il vous est difficilement imputable un délit de crime économique, la nouvelle trouvaille de M. Ouattara et ses juristes. On invoquerait certainement la responsabilité collective des membres du gouvernement pour m’incriminer. Mais, là encore, nous serions dans un cas de poursuite générale de tous les membres du gouvernement. Ce n’est point le cas. Les raisons de cette poursuite sont donc ailleurs.

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31/08/2011

Côte d'Ivoire: La loi est dure mais c’est la loi

mar, 30 août 2011

Source: LE NOUVEAU COURRIER

Le Président Laurent Gbagbo.

L’odyssée juridique qui a commencé avec l’arrestation arbitraire du

Président Laurent Gbagbo et de ses partisans a connu son point d’orgue avec leur inculpation progressive. Ce fut une autre occasion pour constater le non respect du droit par les dirigeants actuels.
Le procureur de la République ne s’est pas gêné de procéder à ces inculpations sans aucun égard pour le statut des différents mis en cause au regard des lois qui régissent la République : députés, anciens ministres et ancien Président de la République. Et comble de ridicule, il n’a pas daigné épargner Michel Gbagbo, sans aucun doute parce qu’« il est le fils de son père » selon la confidence déjà faite par le ministre de la justice Ahoussou Jeannot, le donneur d’ordres. Pauvre Michel, pourquoi n’as-tu pas choisi de naître du couple Ouattara - Nouvian ? En évitant ainsi le délit de patronyme, tu te serais mis à l’abri de bien de meurtrissures.

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30/08/2011

CE N’EST PAS «UNE AFFAIRE DE KADHAFI» KADAHAFI ET ENFANTS.jpg

lundi, 29 août 2011


Ainsi donc, nous devrions nous réjouir ! Pour ne pas être excommuniés du «cercle de la raison», nous devrions applaudir l'expédition de l'OTAN en Libye, glorifier la «benladinisation» de Muammar Kadhafi depuis la prise de Tripoli par les forces supplétives de la «communauté internationale» pro-occidentale, saluer ce prétendu dénouement qui relancera la dynamique des révolutions arabes, jouer les autruches face au chaos qui s'annonce... Mais voilà ! Nous préférons être minoritaires plutôt que de bêler avec le troupeau face à une des plus grosses mystifications de l'histoire contemporaine.
Ce qui se passe en Libye est inquiétant. Il ne s'agit pas d'une «guerre pour la démocratie». Qui a consulté le peuple libyen pour savoir s'il était prêt à accepter de voir son pays et ses acquis détruits pour pouvoir jouir d'hypothétiques libertés demain ? Il ne s'agit pas du dernier épisode du «printemps arabe», que les chaînes de télévision Al-Jazira, CNN et France 24, pour une fois d'accord, nous «vendent» comme elles le feraient pour la dernière telenovela à la mode. Comparer la révolte de la rue tunisienne aux manipulations de Benghazi reviendrait à mettre côte à côte Martin Luther King - apôtre du progressisme non-violent - et tous les théoriciens du chaos libérateur dont le siècle dernier a été fécond.

Ce qui se déroule en Libye n'est rien d'autre qu'une guerre illégale de l'Occident. Et la situation historique qui s'en rapproche le plus est la campagne d'Irak. L'évolution d'un certain nombre de gouvernements et d'opinions publiques est monstrueusement fascinante. Qui se souvient de Dominique de Villepin acclamé dans son pays et dans le monde arabe parce qu'il défendait, contre George W. Bush et le nouvel impérialisme américain, les principes de la légalité internationale ? Qui peut prétendre - sans rire ou emprunter le regard vitreux des porte-paroles officiels payés pour mentir en dépit des évidences - que c'est au nom de la résolution 1973 des Nations unies censée protéger les civils et créer une zone d'exclusion aérienne que les soldats des services spéciaux américains, français et britanniques combattent désormais au sol aux côtés des «insurgés» ? La ruse de l'OTAN, qui a enrobé son forfait dans un beau paquet cadeau onusien, rajoute au gangstérisme international une détestable malhonnêteté intellectuelle.

Les propagandistes «otaniens» pourront toujours dire qu'ils ont violé la Charte des Nations unies pour «sauver des vies», selon leur rhétorique habituelle. Seulement, l'expérience irakienne nous montre que le type de chaos qui vient est gourmand en sang humain... Il faut de toute urgence revenir aux fondamentaux et se demander quel monde nous prépare-t-on quand le droit international cesse d'être un référent admis par toutes les nations. Pour l'instant, l'OTAN ne fait face à aucune coalition résolue à mettre en échec ses visées. Mais demain ? La rage contenue des Chinois et - surtout ! - des Russes a de quoi inquiéter pour l'avenir.

Pour parler à l'ivoirienne, on dira que «ce n'est pas une affaire de Kadhafi». Il s'agit ici du destin de la Libye et de l'Afrique, malmenées au gré des caprices de véritables apprentis-sorciers. Depuis le 11 septembre 2011, les Etats-Unis ont remué la planète entière au nom de la lutte contre le terrorisme islamiste. Maintenant que le CNT est quasiment sûr de l'emporter, tout ce que le monde compte de spécialistes de la Libye nous explique que les combattants qui sont en première ligne aux côtés de l'OTAN sont des... islamistes ! Devons-nous nous attendre à une «réplique» quelques mois après le «séisme», et à des règlements de compte meurtriers entre anciens alliés ? L'irresponsabilité des Occidentaux et leur volonté de faire des «coups» à très court terme au mépris de leurs conséquences nous confortent dans notre conviction : l'Afrique doit écrire elle-même sa propre histoire, et non se contenter d'être un jouet à la disposition des puissants.

En Côte d'Ivoire, le pouvoir Ouattara, installé par la «communauté internationale» au prix de milliers de morts, se réjouit du trépas de Kadhafi parce qu'il constitue un message subliminal à destination d'une potentielle opposition musclée. «Voyez comme nos protecteurs sont forts, comme ils sont fous, comme ils sont déterminés et tremblez» : tel est, en substance, ce que nos nouveaux maîtres voudraient laisser entendre. Le plus grotesque dans les articles de leur presse est qu'ils se plaisent à tancer le «dictateur» Kadhafi, assimilé sans nuances à Laurent Gbagbo et à Charles Taylor. Ils le font en trichant une fois de plus avec l'histoire récente de la Côte d'Ivoire. En effet, si Alassane Ouattara est aujourd'hui au pouvoir, c'est en partie grâce à Charles Taylor, qui a créé de toutes pièces le MPIGO et le MJP, avec la participation de Blaise Compaoré - selon la très sérieuse ONG britannique Global Witness. En septembre 2002, la presse française ne glosait-elle pas sur le soutien supposé du Guide libyen à la toute nouvelle rébellion ivoirienne ? L'on se souvient également de la jubilation avec laquelle Le Patriote, quotidien fondé par Hamed Bakayoko, prêtait ces propos à Kadhafi, au cours de la crise postélectorale : «Allez-y bombarder son Palais, lui et ses soldats, tuez-le s'il le faut. Mais ne laissez plus Gbagbo au pouvoir. Y en a marre. Je ferai face à la facture de la reconstruction».

Les alliances politiques se font et se défont au gré des intérêts des acteurs, c'est une évidence. Aujourd'hui, un certain camp en Côte d'Ivoire se réjouit d'être sous le parapluie occidental. Il ne faudrait pas que ses animateurs, dont certains sont assez jeunes pour voir l'Histoire se retourner, considèrent ce soutien comme une donnée permanente. Au-delà des calculs à courte vue, il est plus qu'urgent que le continent, militairement indigent et extrêmement riche de ses matières premières, plaide d'une seule voix pour le respect du droit international, notamment des chartes de l'ONU et de l'Union africaine. Et pour cause : si une deuxième guerre froide ou une troisième guerre mondiale commence, ce qui est aujourd'hui plus que probable, ses enfants seront les premiers à en mourir. Par dizaines de milliers.


Source : Le blog de Fernand Dindé

Une semaine avec les rebelles libyens - Démons et ombres du Printemps arabe


Pierre Piccinin


On est bien loin, en Libye, sur le terrain, de l’image virtuelle et simplifiée, véhiculée par la plupart des médias européens, d’une rébellion populaire renversant la dictature féroce du gouvernement de Mouammar Kadhafi.

La société libyenne, en effet, se structure en un ensemble de tribus, dont les intérêts divergent ; organisées en fonction de liens de parenté solides, elles sont elles-mêmes segmentées en plusieurs clans, plus ou moins rivaux, dont les alliances se recomposent en permanence, en fonction des circonstances et d’intérêts sur le très court terme.



Ainsi, s’il est vrai que, au début des événements, le 17 février 2011 et durant les jours qui ont suivi, on a pu voir l’émergence d’une société civile s’exprimant lors de manifestations hostiles au colonel Kadhafi, ces mouvements sont néanmoins restés très limités et ont rapidement servi de prétexte aux soulèvements de chefs de clans, auxquels ils ont cédé la place, et lesquels ont plongé la Libye dans le chaos. De même, croyant leur heure arrivée, plusieurs mastodontes du régime se sont dressés contre leur ancien maître et ont pris le contrôle d’une partie de la rébellion.

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26/08/2011

DEUX COTE D'IVOIRE, DEUX PAYS, UN PRESIDENT ET UN IMPOSTEUR...


Ils ont levé une croisade contre l’Afrique ! Ils ont levé une croisade contre la Côte d’Ivoire digne, prospère, intellectuelle et structurée. Cette Côte d’Ivoire était regardée comme un obstacle à la forfaiture, un obstacle au vol, au pillage, aux contrats léonins. C’était une Côte d’Ivoire civilisée. Trop civilisée...

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Propagande, vous avez dit propagande?

Saif e(s)t sauf...
Qu’il est doux de se faire bercer, deux fois par jour sept jours sur sept, par les contes à dormir debout de nos médiamenteurs incompétents et pathétiques. Une nouvelle fois, cela devient à l’évidence une habitude, la presse possédée par les membres de l’oligarchie financière ploutocrate qui se partage pouvoir et l’argent a frappé...

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La Libye et NOTRE propagande de guerre


Source: Camerounvoice
Kadhafi serait à la fois fou, démagogue, cynique, militariste... La guerre a évidemment pour but sa capture, après quoi l’humanité retrouvera le bonheur...


Les citoyens de nos pays démocratiques doivent se lever et faire entendre leur voix pour tenter d’éviter à la Syrie le cauchemar de l’intervention militaire des forces de l’OTAN sous mandat de l’ONU, ou des "coalitions de volontaires", qu’ont subi ou continuent à subir les peuples d’Afghanistan, d’Irak, de Somalie, de Libye. Professeure à l’Université Libre de Belgique, Présidente de "Femmes pour la Paix", Mme Anne Morelli, révulsée par la vision unilatérale répandue par les journalistes sur les guerres de plus en plus destructives et sanguinaires qui se déroulent sous nos yeux, réagit par ce beau et généreux texte. (Silvia Cattori)

Un article d’Anne Morelli, professeure à l’Université Libre de Belgique

Les principes généraux de la propagande de guerre sont toujours pareils. Ils tentent de nous faire adhérer à une cause belliciste par des déclarations d’abord pacifistes puis résignées : nous sommes « contraints » par l’Autre à faire la guerre. Il l’a provoquée et nous allons nous y engager pour de nobles causes : la protection humanitaire des civils, la démocratie, la lutte contre le militarisme effréné de notre ennemi...

Bien sûr, lui, commet systématiquement des atrocités, tandis que notre armée est composée de gentilshommes, tout au plus susceptibles d’une involontaire « bavure ». En outre cette guerre n’est en rien risquée de notre côté : la supériorité écrasante de nos armes nous assure des « pertes zéro » tandis que nos ennemis sont depuis le début condamnés à la défaite. Enfin, celui qui s’opposerait à cette guerre courte, morale et forcément victorieuse, ne peut qu’être un agent de l’ennemi.

J’ai réuni ces principes qui régissent la propagande, préalable et contemporaine à toutes les guerres depuis le début du XXe siècle, dans un petit volume [1]. À chaque nouvelle édition je dois ajouter sur ce même schéma, des exemples de bobards ayant été utilisés pour mobiliser l’opinion dans les conflits les plus récents : Afghanistan, Irak... Et à chaque fois je forme un vœu pieux toujours démenti : j’espère que les lecteurs, avertis, ne se laisseront plus prendre aux pièges grossiers de la propagande...

Mais la récente guerre de l’OTAN contre la Libye nous oblige - hélas - une fois de plus à constater que ces principes sont à l’œuvre... et marchent très bien !

Nous sommes des pacifistes et « réagissons » aux violences libyennes

Selon la thèse officielle de l’OTAN, nos bombardements, via l’opération « Protecteur unifié » (sic), ont pour but d’empêcher le régime libyen (les mots ont toute leur importance) de poursuivre ses attaques barbares contre le peuple libyen [2]. C’est donc « lui » qui a commencé et nous ne faisons que réagir à des violences ennemies, par ailleurs difficiles à quantifier et juger. Ainsi, les « rebelles » de Benghazi contre qui agit Tripoli, sont-ils vraiment d’innocents civils alors que, même leurs toutes premières photos, nous les montraient lourdement armés (par qui ?) et que leur Conseil National de Transition se plaint lorsqu’il se rend à l’OTAN à Bruxelles, de recevoir insuffisamment d’argent pour professionnaliser leur armée [3].

Les bombardements, rebaptisés « campagnes de frappes aériennes », ont été autorisés par le Conseil de sécurité de l’ONU le 18 mars 2011 en tant que « réaction » à ces présumés massacres de civils et pour « protéger les civils libyens ». Il peut sembler que bombarder des civils pour les « protéger » est contradictoire, mais c’est bien en ces termes que la mission est lancée [4]. Elle serait donc, comme toutes les guerres, une « réplique » à ce que l’OTAN appelle « les attaques barbares du régime de Kadhafi contre le peuple libyen ».

Khadafi, monstre par intérim

La propagande canalise classiquement la haine et les ressentiments de l’opinion publique vers un leader ennemi, sensé être la cause de tous les maux. Il sera à la fois fou, démagogue, cynique, militariste... Guillaume II pendant la Première Guerre mondiale - avant Ben Laden, Milosevic ou Saddam Hussein - a ainsi personnifié l’ennemi à abattre. La guerre a évidemment pour but sa capture, après quoi l’humanité retrouvera le bonheur.

Le conflit avec la Libye ne fait pas exception à la règle mais la construction médiatique du personnage de Kadhafi est particulièrement intéressante. En effet, après avoir été la personnification du mal, du « terrorisme international » et l’ennemi public n° 1, rendu responsable de tous les genres d’attentats, le colonel - qui avait également nationalisé les compagnies pétrolières de son pays - est redevenu fréquentable.

Alors qu’en juin 2011 le ministre belge de la Défense, De Crem, assure vouloir bombarder la Libye tant qu’on ne sera pas débarrassé de Kadhafi, il semble avoir oublié que le chef du précédent gouvernement belge, Guy Verhoofstadt, a reçu Kadhafi à Bruxelles il y a peu d’années, avec tous les égards possibles. Kadhafi était alors redevenu un interlocuteur valable, également pour Berlusconi et Sarkozy qui l’autorisaient à dresser son campement dans leurs jardins, le traitaient avec familiarité et lui faisaient signer notamment, l’engagement de stopper chez lui les flux migratoires du Sud désirant aller en Europe [5].

De nobles bombardements

Un des principes de la propagande de guerre veut qu’on fasse croire à l’opinion publique que notre engagement belliqueux poursuit de nobles buts. Il ne doit jamais être question ni de ressources économiques à maîtriser ni d’objectifs géostratégiques mais bien de démocratie à imposer, de militarisme à mâter et de pauvres gens au secours desquels nous volons.

Ainsi dans le cas libyen il ne sera pas question de la maîtrise des ressources pétrolières d’excellente qualité de ce pays, ni de sa situation stratégique entre deux pays au destin politique déstabilisé par le « printemps arabe ». Toute la propagande sera par contre axée sur le manque de démocratie du pays (ce qui n’est pas faux mais n’entraîne pas systématiquement des interventions armées de l’OTAN si l’on en croit le statu quo qui règne en Arabie Saoudite et dans les émirats...) et sur les Libyens qui attendent notre « aide ».

Cette fois il ne s’agit pas de secourir les Kosovars, ni les femmes afghanes avides d’émancipation, ni les Kurdes irakiens ou les Chiites opprimés mais bien de sauver des civils que nous devons protéger de la brutalité des forces de Kadhafi. Nos bombardements sur la Libye auront donc un but noble et hautement « humanitaire ».

Les « atrocités » libyennes et les « bavures » de l’OTAN

Les guerres traînent inexorablement derrière elles leur cortège de violences, d’iniquités et de victimes innocentes. Dans chaque camp - même si à des degrés variés - on assassine des enfants et des vieillards, on viole, on torture.

Le génie de la propagande de guerre est de faire croire au public que « nous » menons une guerre « propre », contrairement à nos ennemis. Ainsi dans la guerre de l’OTAN contre la Libye, les médias décrivent dans le menu les atrocités ennemies mais tentent de passer sous silence celles de l’OTAN et de ses alliés. La torture a pourtant bien été « légalisée » dans le camp occidental à l’occasion de la guerre contre l’Irak [6] mais on n’y fait plus la moindre allusion.

Par contre lorsqu’il devient impossible de nier le caractère meurtrier des bombardements de l’OTAN, il faudra minimiser leur caractère atroce. Rebaptisés « frappes » ils sont sensés être des « raids de précision », visant des cibles uniquement militaires.

Et lorsqu’il appert que les victimes sont des civils voire des enfants, il faudra d’abord nier, utiliser le conditionnel, parler des « allégations » du « régime » de Kadhafi qu’on ne peut vérifier, puis enfin avouer une « bavure », avoir tué « accidentellement » ou « par erreur » des civils.

Ainsi un raid de l’OTAN le 20 juin, sur Sorman, à 65 km à l’ouest de Tripoli fait quinze morts civils dont trois enfants. Un journaliste de l’Agence France Presse ayant constaté qui étaient bien les victimes, l’OTAN ne peut plus nier que ce « raid de précision » n’a pas touché que des cibles militaires. Elle devra aussi avouer avoir tué le 19 juin des civils « par erreur » lors d’un bombardement de nuit à Tripoli, dans le quartier de Souk-al-Yuma, pourtant habituellement indiqué comme hostile à Kadhafi !) et avoir accidentellement frappé une colonne de véhicules « rebelles » dans la région de Brega le 16 juin 2011 [7].

Pour minimiser les dégâts occasionnés par le bombardement d’une habitation privée, Le Soir [8], met habilement en doute le témoignage de la victime en écrivant que Khalid El-Hamidi affirme avoir perdu sa femme, ses trois jeunes enfants et sa maison lors d’une frappe de l’OTAN et plus loin que sa maison a été selon lui, frappée par un bombardement de l’OTAN. Le titre parlant d’une « cible légitime » (sans point d’interrogation), reprend bien évidemment le point de vue de l’OTAN et décrédibilise celui de la victime.

Ces « tragiques erreurs » et « dommages collatéraux » sont bien sûr inexorables mais ne sont relevés que chez nos ennemis. Lorsque ce sont nos armées ou nos bons alliés de la « rébellion » libyenne qui s’en rendent coupables la discrétion est de rigueur. Dès les premières semaines de la « rébellion » et au moins jusqu’en juillet 2011, l’ONG Human Right Watch (HRW) d’origine américaine et peu susceptible de sympathie pour Kadhafi, signale que la « rébellion » libyenne se livre à de graves exactions contre les civils des régions qu’elle contrôle : passages à tabac, saccages de biens, incendies de maisons, pillages des hôpitaux, domiciles et commerces...

Mais s’agissant de nos bons alliés, l’information de HRW sera publiée au conditionnel (« des incidents auraient eu lieu ») [9] contrairement à ce qui concerne les « atrocités » de nos ennemis, toujours considérées a priori comme avérées. Quant à ceux qui fuient la Libye n’oublions pas que la première cause de leur exil réside dans nos propres bombardements.

Pertes zéro

Pour rassurer l’opinion publique, la propagande martèle que nos armes sont si performantes qu’il n’y a aucun risque à faire participer notre armée à cette nouvelle « opération ».

Il est vrai que des bombardements sont évidemment bien moins risqués pour celui qui bombarde que pour celui qui est bombardé (surtout s’il n’a pas une D.C.A. efficace). Ce déséquilibre flagrant des risques commence cependant à s’estomper lorsque l’« opération » se prolonge sur terre. Les guerres en Afghanistan et en Irak devaient aussi se solder théoriquement par « zéro morts » mais cette prévision a naturellement été démentie par la réalité.

Le bilan des morts est très sous-évalué car il ne tient généralement compte que des morts parmi les soldats « officiels ». Or l’occupation est de plus en plus confiée à des mercenaires privés, appelés « contractors ». Ces sous-traitants sont, par exemple en Afghanistan, aussi nombreux que les « vrais » militaires américains mais leurs contrats échappent au contrôle parlementaire et médiatique. À elle seule la société L3-Com comptabilise à ce jour 350 morts de soldats privés [10]. Au cas où l’opération libyenne se prolonge sur terre, soyons donc attentifs, lorsqu’on nous présentera des bilans rassurants pour « nos » troupes, que ceux-ci intègrent aussi ces mercenaires, par ailleurs difficilement contrôlables dans leurs façons d’agir et parfois recrutés sur place sans discernement.

Comment rester critique ?

La critique historique nous apprend que discerner les faits exacts demande de recouper les informations provenant de sources diverses. Dans le cas présent, l’exercice est très compliqué sinon impossible : peu d’informations indépendantes filtrent de Libye, la radiotélévision libyenne est absolument inaccessible à l’étranger car les émetteurs satellites ont été bloqués et nos médias accompagnent immédiatement toute information dérangeante d’un commentaire des « rebelles » que nous soutenons ou de l’OTAN.

Ainsi le contribuable qui se demande pourquoi une partie de ses impôts va payer les sorties exceptionnelles des F-16 belges et leurs bombes, ne peut que compter sur lui-même face à la propagande qui déferle dans nos médias, exercer son bon sens et DOUTER.

Anne Morelli
Professeure de « Critique historique » à l’Université Libre de Bruxelles
Présidente de "Femmes pour la Paix"
Bruxelles, le 18 août 2001

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25/08/2011

Côte d’Ivoire – Mamadou KOULIBALY dans le vol, le plagiat et l’escroquerie



Source : Telediaspora.net du 25/08/2011

Mon intention en écrivant cette contribution n’est ni de calomnier, ni de m’associer à un hurlement collectif contre le Professeur Mamadou Koulibaly. Mais bien plutôt, de soumettre à l’attention réfléchie de tous, la récurrence de faits littéraires suspects dans les écrits du Professeur, lesquels faits m’ont convaincu d’une attitude intellectuelle répréhensible: le plagiat.
Le plagiat est l’imitation ou l’usage non autorisé des paroles, écrits ou pensées d’autrui, sans lui en attribuer le crédit; se faisant passer pour l’auteur vrai. Le plagiat est passible de poursuite judiciaire.
Voici la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique (1776) :
“Lorsque dans le cours des événements humains il devient nécessaire pour un peuple de dissoudre les liens politiques qui l’ont attaché à un autre et de prendre, parmi les puissances de la terre, la place séparée et égale à laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit, le respect dû à l’opinion de l’humanité oblige à déclarer les causes qui le déterminent à la séparation (…) La prudence enseigne (…) que les gouvernements (…) ne doivent pas être changés pour des causes légères ou passagères (…). Mais lorsqu’ une longue suite d’abus et d’usurpations (…) marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de rejeter un tel gouvernement (…). Pleins d’une ferme confiance dans la protection de la divine Providence, nous engageons
mutuellement au soutien de cette Déclaration (…) notre bien le plus sacré, l’honneur. “

Voici la déclaration du professeur Mamadou Koulibaly (11/07/2011) :
“Lorsque dans un parcours politique, les événements évoluent dans une voie qui n’est plus en adéquation avec votre vision, vos aspirations, et vos valeurs, il devient nécessaire de se réorienter et de dissoudre les liens qui vous ont attaché à une formation politique dans laquelle vous ne vous reconnaissez plus (…). Mon engagement (…) étant allé jusqu’à l’épuisement (…) j’ai décidé d’y mettre un terme. Ce faisant le respect de l’opinion publique et du chemin parcouru m’oblige à énoncer les causes qui motivent la séparation qui s’impose (…). La prudence enseigne que les changements ne doivent pas se faire pour des causes légères et passagères. Lorsqu’une longue suite de dérives et d’erreurs s’enchaîne en toute irresponsabilité et qu’une volonté d’inventaire d’évolution et de restructuration n’est admise, la nécessité de changer de méthode et de doctrine s’impose (…). Empli d’une ferme confiance, j’appelle toutes les bonnes volontés (…) à apporter leur soutien (…) et leur honneur à LIDER ”
Ces deux textes dont la curieuse ressemblance fait penser au plagiat sont séparés dans le temps par 235 ans, et dans l’espace par plus de 6000 km; rien ne justifierait donc une ressemblance naturelle issue d’un patrimoine culturel partagé. Le plagiat est dangereux, mais venant d’un professeur, il indispose
la conscience individuelle et collective. Mais peut-être, cet acte nous expose-t-il un professeur dans sa nudité intellectuelle et morale.


Un professeur en mal de sensation.
La nudité intellectuelle dont je parle ici n’est pas voisine de nullité. Je parle plutôt du professeur tel qu’il est au fond, par essence. Un homme est surtout ce qu’il fait beaucoup plus que ce qu’il dit. Contre toute attente, le professeur quitte la conférence de Linas-Marcoussis en tant que numéro 2 du régime de Laurent Gbagbo sans faire aucune déclaration à la nation une fois de retour à Abidjan. Même quand on ne peut pas supporter l’injustice, il faut être présent pour la combattre.
Il est l’homme des livres sur la guerre en Côte d’Ivoire ; il est l’homme du Nord le plus visible du FPI ; il est l’homme du non à la France coloniale ; il est l’homme de l’économie ; il est l’homme de la transparence contre Désiré Tagro ; l’homme de la réinvention du FPI ; l’homme de l’après-Gbagbo ; il est l’homme qui s’exhibe. Il fait des déclarations empreintes d’un idéalisme forcené. Il attend des humains un idéal qu’il leur sait inaccessible, au nom d’un perfectionnisme démagogique, pour seulement se faire passer pour le meilleur. Le comportement public du professeur est marqué par un empressement imprévisible, dépourvu de la retenue qui sied à son rang, aux seules fins d’étancher sa soif du sensationnel.
En l’espèce, pour ajouter à son départ une rhétorique littéraire
sensationnelle, il plagie Thomas Jefferson. Le plagiat est un vol. Parce que le professeur Mamadou Koulibaly est pris en flagrant délit de vol de la célébrité de Gbagbo, il couvre sa fuite par un départ sensationnel. Le plagiat a pour inconvénient de greffer à l’homme une personnalité empruntée. Les faits ne font que nous révéler Mamadou Koulibaly tel qu’il est sans défense sérieuse, le plagiat étant avéré.
Le professeur Mamadou Koulibaly serait-il intellectuellement indéfendable ?
Le plagiat est un vol de la propriété intellectuelle d’autrui. En général, excepté les cas de pathologie, on ne vole que ce qu’on n’a pas. Les connaissances objectives du professeur n’auraient elles pas l’épaisseur nécessaire pour supporter le poids de son titre? C’est bien ce que nous laissent penser les légèretés qui jonchent son discours de démission, le texte fondateur de LIDER, son parti. Cette légèreté se retrouve dans la manière dont il met en accusation ses anciens camarades.
A la ligne 9, il accuse ses camarades de faire le culte des fondateurs. Le professeur Mamadou Koulibaly sait très bien que les dispositions statutaires du FPI ne permettent pas le culte de la personnalité. Les fondateurs n’ont pas une voix prépondérante qui les rendrait incontournables. Cette accusation est légère et ne saurait retenir notre attention ici.
Le professeur fait sans doute allusion à l’amour, ou au respect révérencieux que ses camarades ont pour les fondateurs. Fonder, c’est
créer, c’est coopérer à l’œuvre de création continue ici bas. C’est donc la prolongation d’une œuvre divine datant du commencement. En tant que telle, elle propulse les élans de l’homme vers le haut, elle fait appel au meilleur en eux. Ceux qui font le culte des fondateurs ne s’en rendent pas compte, car ils répondent involontairement, mais nécessairement à un appel Divin qui transcende leurs allégeances temporelles. Aussi longtemps que ce culte n’est pas forcé, mais qu’il est l’acquiescement d’un esprit libre découvrant sa propre ressemblance dans l’œuvre des fondateurs et de celle de Dieu, aucun tort n’est commis. C’est pour cela que tout fondateur, tout créateur, tout inventeur dans tous les domaines, suscite une crainte admirative même contre son gré (Dieu, Jésus, Mahomet, Einstein, Gbagbo, Gandhi, Thomas Jefferson, un père, une mère, etc.). Même les circonstances de pauvreté et d’immoralité extrême n’arrachent pas à l’enfant la crainte de son père, même si cette crainte peut ne plus être admirative ou respectueuse eu égard aux agissements du père.
A la page 2, dans le dernier paragraphe, le professeur dit: “ (…) le recul de la pauvreté est lié à l’augmentation de la liberté (…)”. Cette assertion interpelle n’importe quel analyste, mais elle n’est pas toujours vérifiée. En effet, le professeur Mamadou Koulibaly sait que la Chine ne connait pas la liberté, mais elle est la plus grande économie mondiale. La Libye ne connait pas la liberté, mais elle connait la
prospérité. La Côte d’Ivoire a connu la liberté après Houphouët, mais pas la prospérité. L’Arabie Saoudite connait la prospérité sans la liberté. Haïti depuis Toussaint Louverture (hormis la parenthèse des Duvalier), n’a connu que la liberté, mais pas la prospérité. La Tunisie, le Maroc, l’Egypte sont de loin plus prospères que la Côte d’Ivoire, mais nous avons connu la liberté 20 ans avant eux.
Dans un exemple similaire, mais relevant du domaine purement économique, le professeur a parlé de la monnaie comme étant la solution à nos problèmes. Un de ses collègues avait fait remarquer que la plupart des pays africains ayant leurs propres monnaies n’étaient pas enviables. Que même les pays européens avaient abandonné leurs monnaies pour l’Euro. Que le problème était plutôt de libérer le FCFA de l’emprise française.
Le journaliste Tiburce Koffi recevant le professeur à la RTI à l’occasion de la dédicace de son livre sur l’économie, avait critiqué le style très lourd et ampoulé de ses phrases, posant des problèmes de lisibilité. C’est à cette occasion que le professeur avait distribué sur le podium des copies de la Déclaration d’Independence des Etats-Unis d’Amérique. Une déclaration qui lui a laissé un impact si fort que le professeur Mamadou Koulibaly n’a pu s’empêcher de se l’approprier indument et de la réciter en tout lieu, oubliant malencontreusement que l’adoration est due au créateur, non à l’imitateur.
SEZAM POLITOLOGUE

Source : connectionivoirienne.net