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27/01/2012

L’universitaire Albert Bourgi dénonce le couple Sarkozy-Ouattara

Source : Le Nouveau Courrier : Du 26/01/2012


Les préparatifs et le déroulement du voyage officiel de Ouattara à Paris relèvent de la politique spectacle, notamment par la couverture médiatique, bien ordonnée, qui l’entoure. Comment expliquez-vous cela ?

Il y a dans ce que vous venez de dire une volonté des autorités françaises de justifier, au nom d’une prétendue démocratie, la brutalité de leur intervention militaire de l’an dernier, en Côte d’Ivoire, et les scènes ignobles qui ont entouré l’arrestation de Laurent Gbagbo ainsi que les violences exercées par l’ex-rébellion sous les yeux des militaires français.

Aujourd’hui, l’argument de la démocratie brandi pour illustrer un soi disant changement de la politique africaine de la France est balayé par le climat de terreur instauré par les milices gouvernementales. On peut dire, à partir de témoignages fiables, que la peur règne sur la ville d’Abidjan et, qu’on soit partisan ou non de Gbagbo, tout le monde est soumis au même régime de violence aveugle imposé par les Forces républicaines de sécurité, les FRCI.

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25/01/2012

Notre Voie au cœur de La Haye-Pascal Turlan, Conseiller du procureur Ocampo : “Les juges ont entendu Laurent Gbagbo”

Source : Notre voie du 25/01/2012

La demande d’une interview que Notre Voie a adressée au Procureur Luis Moreno Ocampo de la CPI, en début janvier dernier, a eu rapidement une réponse favorable. Sauf que, n’ayant pas les moyens de s’exprimer en français, le Procureur de la CPI a désigné son Conseiller, un spécialiste du droit pénal international, M. Pascal Turlan, pour répondre à nos préoccupations. Qu’importe ! M. Turlan est en réalité la personne la mieux indiquée puisqu’il est Français et Conseiller en coopération internationale au Bureau du procureur de la CPI, Division compétence, coopération et complémentarité. Il a rejoint ce Bureau en 2003, comme analyste. Mais ce qui nous intéresse le plus, c’est qu’au sein du Bureau, il suit plus spécialement la situation en Côte d'Ivoire et dans les Grands Lacs, en particulier les enquêtes en République Démocratique du Congo et en République Centrafricaine. Dans l’interview qu’il a accordée à James Cénach, notre correspondant Europe, toutes les questions que vous vous posez sur la CPI et la déportation du président Laurent Gbagbo lui ont été posées. C’est avec un réel plaisir que nous vous proposons la première partie de cet entretien entre deux spécialistes du droit.
Notre Voie : Arrêté le 29 novembre 2011 à 13h 45, à la demande de la CPI, Laurent Gbagbo était le même jour, à 18 h, dans l'avion pour La Haye. Alors que Callixte Mbarushimana, arrêté à votre demande en France en octobre 2010, ne vous a été remis que trois mois plus tard, le 25 janvier 2011, après épuisement de tous les recours que la loi lui offre. La célérité dans le cas du président Gbagbo ne cache-t-elle pas une violation des droits de l'intéressé ?
Pascal Turlan (du Bureau du Procureur) : En réalité, cette question devrait être posée aux autorités ivoiriennes plutôt qu'à nous. Ce sont en effet les autorités nationales qui sont en charge d'exécuter les mandats d'arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI). Comme vous connaissez le système, le Bureau du Procureur enquête et fait une demande de mandat d'arrêt aux juges de la CPI qui décident ou non d'émettre un mandat d'arrêt. En l'occurrence, ils ont décidé d'émettre un mandat d'arrêt. Ce mandat d'arrêt est notifié aux autorités nationales qui procèdent à l'arrestation de la personne et à son transfèrement.Gbagbo CPI Juges.jpg

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24/01/2012

Côte d’Ivoire : la réconciliation au piège du mensonge, par Théophile Kouamouo


Source : Le Nouveau Courrier duTheophile Kouamouo.jpg 24/01/2012


C’est un éditorial de notre confrère – et aîné – Venance Konan. Dans lequel il raconte ses conversations avec deux de ses amis, un entrepreneur tunisien et un journaliste français de passage en Côte d’Ivoire. Des conversations qui semblent produire en lui une sorte de prise de conscience sur la profondeur du fossé qui sépare désormais ses compatriotes. Le journaliste français, nous explique-t-il, lui a raconté ce qu’il a vu et entendu à Duékoué. Des choses que, de manière assez curieuse, Venance Konan semblait ignorer. «Ce confrère m’a aussi parlé des villages détruits, des personnes vivant dans des camps ou au Liberia et qui ne peuvent rentrer chez elles parce qu’elles n’ont plus de maison. Et je me suis alors demandé si, dans l’optique de la réconciliation, l’État ne pourrait pas reconstruire les villages détruits, afin que ceux qui n’ont plus de toit puissent rentrer chez eux. Surtout qu’il ne s’agit pas de construire des villas, mais souvent de simples cases. Pourquoi, au nom de la solidarité, ne demanderait-on pas, par exemple, aux Ivoiriens d’apporter leur contribution pour la reconstruction de ces villages ?» Fallait-il qu’un journaliste français vienne à Abidjan pour que Venance Konan prenne conscience du drame des déplacés internes, chassés de leurs villages par la violence des FRCI et des Dozos pro-Ouattara ? N’a-t-il donc pas entendu parler de l’infâme réaction du gouvernement qu’il soutient, qui a fait pression pour que ces déplacés n’ayant plus de villages soient chassés des camps qui les recueillaient, sans le moindre appui gouvernemental ? N’a-t-il donc pas entendu la réaction de désapprobation de la communauté des humanitaires ?

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Avant la visite de Ouattara : Des diplomates français font des confidences



Source : L'Inter : 24/01/2012


Le président de la République, Alassane Ouattara, sera en visite officielle en France du 25 au 27 janvier prochains où il doit rencontrer son homologue et ami personnel, Nicolas Sarkozy. Si dans les couloirs de l’Élysée, cette visite est préparée avec soin-c'est la première en 10 ans-, on n'hésite pas à justifier le soutien de la France à la Côte d'Ivoire par une volonté de « faire avancer la démocratie sur le continent africain ». C'est ce qui ressort des confidences des diplomates à Paris ; confidences reprises par l'Agence France presse (AFP), hier lundi 23 janvier 2012. « La France, qui reçoit le président ivoirien Alassane Ouattara avec faste cette semaine, veut voir se concrétiser les promesses d'une démocratisation de l'Afrique au nom de laquelle elle a engagé les armes à Abidjan au risque de nourrir un vieux procès en ingérence », indique l'AFP, qui cite une source diplomatique. Laquelle source poursuit : « Le principe qui domine aujourd'hui est le soutien à des processus (démocratiques), pas à des hommes". La visite d’État du nouveau président ivoirien de mercredi à samedi, assure-t-on à Paris, « montre l'attachement de la France à la démocratie en Afrique ». Un continent où « les progrès de la démocratie sont incontestables », a réaffirmé, le vendredi 20 janvier 2012, Nicolas Sarkozy, dans ses vœux au corps diplomatique. C'est donc au nom de la défense de ces principes démocratiques que la France a engagé ses troupes en Côte d'Ivoire pour faire respecter le verdict des urnes. C'est également au nom de la consolidation de cette démocratie qu'elle se tient aux côtés de ce pays pour l'aider à remonter la pente, après une crise post-électorale particulièrement sanglante. L'intervention de la France dans le dossier ivoirien a été très critiquée par des pays africains, mais, aux yeux des dirigeants français, elle se justifiait pleinement. « On nage encore en plein fantasme sur la puissance de la France en Afrique », soutient l'AFP, qui cite un diplomate. Quant à Antoine Glaser, spécialiste des relations franco-africaines, il a indiqué à l'AFP que « la crise ivoirienne a fait régresser la France dans sa volonté de sortir de son pré-carré ». Pour lui, « elle est intervenue militairement en Côte d'Ivoire le dos au mur, mais elle est intervenue, créant une situation qui peut être à son avantage pour la défense des intérêts économiques français mais qui entretient l’ambiguïté dans sa relation au continent ». Antoine Glaser pense que la France a besoin des voix des alliés africains à l'ONU, ce qui fait qu'elle a, à cet effet, du mal à sortir « d'une politique d'accompagnement ». A Abidjan, on salue cette visite à Paris du président ivoirien d'autant plus que la France, plus qu'un partenaire, est un « ami ». Alassane Ouattara, qui tente de reconstruire des relations décomplexées avec Paris, ne s'occupe guère des critiques anti-impérialistes de ses opposants. « Le chien aboie, la caravane passe », avait-il indiqué au cours de l'une de ses interventions. Une sortie qui résume tout un programme.

Y.DOUMBIA

14/01/2012

Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale (Cpi): L’Histoire va s’accélérer en Côte d’Ivoire !

Source : Notre voie du 14 /01/2012
Le Président Gbagbo parlera haut et fort, et ira «jusqu’au bout». La comparution du Président Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale (Cpi) est un mal pour un bien. Elle sera un grand moment d’accélération de l’histoire de la Côte d’Ivoire et sonnera le glas des vendeurs d’illusions, consolidant ainsi le pacte de confiance tissé avec le peuple de Côte d’Ivoire.

I. Un mal pour un bien

Ce mardi 29 novembre 2011 qui ébranla la Côte d’Ivoire, l’Afrique et le monde, offrira au Président Laurent Gbagbo, la providentielle opportunité de tirer profit de la grande tribune internationale qu’est la Cour pénale internationale.

A-Ce mardi 29 novembre 2011 qui ébranla la Côte d’Ivoire, l’Afrique et le monde

Tout ça pour ça ! C’est le cri de révolte que l’on pousse après le transfèrement indigne et lâche du Président Gbagbo à la Cpi, à La Haye. Oui, tout ce parcours fait de privations, de renonciations et de souffrances au service de la démocratie pour être victime de ce qui relève à l’évidence d’un déni de démocratie. En effet, le Président Gbagbo est l’un des rares hommes politiques africains à avoir expérimenté les cinq phases qui jalonnent la carrière de tout leader politique qui se respecte : l’indifférence, la raillerie, les injures et les ragots mensongers, la répression et l’estime qui inspirent la confiance. Le président Gbagbo a connu l’indifférence puisqu’il a été superbement ignoré par le président Houphouët-Boigny et le Pdci dans les premiers balbutiements de son engagement politique. Puis le Pdci et son chef l’ont aimablement moqué, allant jusqu’à insinuer qu’il ne pouvait gagner aucune élection s’il faisait même acte de candidature dans son village. On vit ensuite à l’ordre du jour se succéder injures et ragots mensongers. On l’a fait passer, au gré des circonstances, pour un excentrique, un maniaque, un fou, un illuminé, un original qui, partout où il va, attire à lui des déséquilibrés, des originaux et des fous.
Le Pdci a cherché à porter atteinte à son intégrité morale, ce qu’il a de plus cher, en faisant croire à l’opinion que M. Gbagbo continuait de percevoir son traitement d’enseignant-chercheur alors qu’il vivait en exil, qu’il avait accepté des plantations clés en main des pontes du régime du Pdci. Sur son intégrité physique, on l’a présenté comme épileptique et ce gros mensonge continue d’être encore servi par certains journalistes et leaders d’opinion. Les dirigeants et la presse du Pdci, l’ont abreuvé d’injures pour avoir surtout créé le Front populaire ivoirien (FPI), sonnant ainsi, le retour au multipartisme et créant en même temps les conditions d’une alternance et d’élections justes et transparentes. Le Président Gbagbo a souffert du système du parti unique dans sa forme et ses manifestations les plus hideuses.
Toute personne qui survit à la répression commande invariablement l’estime et le respect, synonymes de succès. Et dans la fidélité, cette répression peut être considérée comme le signe précurseur de la victoire. Il n’a pas craint l’orage, même lorsque les éclairs du parti unique redoublaient. Il est ce qu’il est convenu d’appeler un pionnier –ou si l’on préfère, un dinosaure – qui a nourri la Côte d’Ivoire et l’Afrique de sa passion pour la démocratie, notamment par sa célèbre formule «Asseyons-nous et discutons». Comme on le voit, la vie et le parcours du Président Gbagbo plaident pour lui. Il n’a même pas besoin qu’on certifie son combat !
L’on comprend donc aisément pourquoi les démocrates ont vécu le mardi 29 novembre 2011, jour du transfèrement, à la fois comme une brûlure, une plaie vive dans la jeune histoire de la Côte d’Ivoire, un jour sombre de l’histoire de l’injustice ivoirienne, un chapitre de l’histoire de l’incapacité de la Côte d’Ivoire à rendre justice à ses propres ressortissants. Mais c’est connu : les mystères de la vie font que d’un mal il sort souvent un bien. Et avec la première comparution du Président Gbagbo à la Cpi, le lundi 5 décembre 2011, immortalisée par une nuée de journalistes, de caméras et d’appareils photo, le cri de révolte et d’indignation de tous ceux qui croyaient voir la fin du film est devenu un hymne à la joie et à l’espérance. Lorsqu’ils ont retrouvé le Président Gbagbo, grand tribun, la tête haute, le regard fier, déterminé à «aller jusqu’au bout », ils ont alors compris que son rêve d’une Afrique libre, digne et souveraine ne s’était pas envolé. Ils ont surtout réalisé que le film était bien loin d’être fini et que le conte d’horreur que l’on essaie de vendre au monde peut se transformer en conte de fées. Tous sont surtout rassurés de constater qu’avec ce transfèrement, le Président Gbagbo baigne désormais dans une ambiance sécuritaire et sanitaire apaisée, au contraire de Korhogo, où le pire pouvait se produire à tout instant. Ils ont retrouvé le combattant et le résistant déterminé à utiliser la grande tribune internationale qui lui est offerte pour parler haut et fort, pour «aller jusqu’au bout».

La CPI, la grande tribune internationale

Oui, à La Haye, le Président Gbagbo parlera car parler permet de vivre, permet de se libérer. Il parlera parce qu’il convient d’être précis sur les moments délicats de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Il parlera pour expliquer et faire comprendre que la version la plus communément admise de l’histoire de la tragédie ivoirienne, fabriquée par des experts instrumentalisés à souhait, ne permet pas d’avoir une version conforme à la réalité. Il parlera pour expliquer qu’une erreur ne devient pas vérité parce que tout le monde y croit, pas plus qu’une vérité ne peut devenir erreur lorsque personne n’y adhère. Le Président Gbagbo est persuadé en cela que les principes de la vérité doivent nous aller comme des vêtements sur mesure et qu’un mensonge ne saurait conduire à la vérité. Seule une conduite véridique peut aboutir à la vérité. Il sait que la paix individuelle ou nationale est impossible si on ne met pas tout en œuvre pour vivre dans la vérité. Et il n’est plus temps de se demander s’il faut dire enfin cette vérité au malade : elle hurle à son chevet.
Le Président Gbagbo qui sait que la répétition est l’art du pédagogue, continuera d’asséner que la vérité de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire se trouve au fond des urnes et que cette vérité, si elle est controversée, ne peut s’acquérir que par le recomptage des voix. Les Nations Unies et leurs représentants de par le monde le savent d’expérience. Le Président Gbagbo expliquera pourquoi et comment l’Union africaine a entériné paisiblement le postulat de la Communauté internationale caporalisée par la France : M. Alassane Ouattara est le candidat de la France donc de la Communauté internationale et, en cette qualité, il devait être proclamé vainqueur de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Le Président Gbagbo révèlera alors que M. Ouattara était déclaré vainqueur avant que d’être candidat. Il montrera que c’est au nom de la logique de protection des intérêts stratégiques de la France en Côte d’Ivoire que les autorités françaises ont déployé une formidable énergie pour organiser l’impunité des rebelles et recourir à la force extrême pour donner le pouvoir à M. Ouattara. Ainsi, le président Sarkozy, non seulement faisait revenir les assassins sur le lieu de leur crime, mais il leur donnait les clés pour entrer dans la maison. Le Président Gbagbo reviendra sur l’étrange et troublante attitude des autorités françaises lors de l’opération «Dignité» déclenchée le 6 novembre 2004 et qui a été l’alibi trop commode trouvé par le président Jacques Chirac pour détruire toute la flotte aérienne de la Côte d’Ivoire, et réprimer dans le sang les manifestations de la jeunesse patriotique. Il indiquera pourquoi la France qui a participé au déclenchement de la mécanique infernale et qui est tenue pour comptable des morts en Côte d’Ivoire, a néanmoins refusé une mission d’information parlementaire sur ses éventuelles responsabilités, au contraire du Rwanda où la France a dépêché, en 1998, une mission parlementaire, présidée par M. Paul Quilès. La France ratait ainsi, certainement à dessein, l’occasion de dénouer l’écheveau de ses agissements en Côte d’Ivoire, pour dégager les tenants et aboutissants de sa politique dans ce pays et éclairer par là-même l’opinion.
Le Président Gbagbo profitera de la providentielle tribune qui lui est offerte pour dénoncer les jeux de l’ombre des agences spécialisées, publiques ou privées, qui produisent à jet continue la désinformation, la guerre étant désormais relayée par des batailles de la communication, pour stigmatiser le jeu de ces journalistes occidentaux qui, parce que prisonniers d’un militantisme trop contraignant ou d’une ligne éditoriale orientée, coincés par des exigences de productivité et donc par le manque de temps, ont de plus en plus de mal à approcher la vérité. Ils n’osent pas aller contre la doctrine dominante pour éviter de prendre des coups, et perdre ainsi des positions acquises de haute lutte ou à force d’intrigues. Si bien que dans leurs images, écrits et commentaires, le drame ivoirien apparaît comme la conséquence directe et exclusive des agissements d’un régime foncièrement et intrinsèquement mauvais, puisqu’il n’a jamais été dit que le régime du Président Gbagbo était confronté aux agissements guerriers des rébellions soutenues de l’extérieur et qui cherchaient à le chasser du pouvoir. Aujourd’hui, ne sont visibles par le grand public que les réfugiés et les morts censés être victimes exclusivement des soldats et des milices armées par le Président Gbagbo. L’occasion lui sera donnée d’exposer la tactique du talk and fight expérimentée avec le Président Habyarimana et poursuivie avec les accords de Marcoussis : négocier un accord de paix n’empêche pas de continuer à faire parler les armes.
Le président Gbagbo parlera, enfin, pour rassurer et ragaillardir les Ivoiriens aujourd’hui tétanisés par la terreur qui s’abat sur la Côte d’Ivoire. «La terreur est un état général. Quand elle est bien menée, bien implacable, sans répit et sans faiblesse, alors les résistances s’effondrent. Il faut faire savoir que n’importe quoi peut arriver à n’importe qui, et alors plus personne ne fera plus rien» (Alexi Jenni, L’art français de la guerre, Gallimard, septembre 2011, p.414, Prix Goncourt 2011).
Oui, un mal pour un bien. Le pouvoir Ouattara a eu peur d’affronter le Président Laurent Gbagbo dans un procès public, en Côte d’Ivoire, fortement médiatisé, sous le regard et l’arbitrage critiques des Ivoiriens. Il a alors préféré l’éloigner de la Côte d’Ivoire pour le couper de sa sève nourricière, le peuple, et le faire ainsi tomber dans l’oubli et laisser ensuite la Cpi exécuter le «sale boulot» à sa place. Ne voilà-t-il pas que la main de Dieu vient d’offrir au Président Gbagbo la plus grande tribune internationale pour se faire entendre, pour expliquer et faire comprendre la tragédie ivoirienne, pour aller au-delà des idées reçues et dissiper l’écran de fumée, pour convaincre les uns et les autres que l’histoire de la crise ivoirienne est plus compliquée que ce que les canaux officiels d’information et de communication fortement inféodés nous racontent et que l’on a voulu faire passer les victimes pour les bourreaux !
L’histoire de la Côte d’Ivoire est en train de s’écrire. Le procès de la Cpi sera un grand moment d’accélération de cette histoire. Et ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Paris, à Bruxelles, à Washington, à l’Union européenne où aux Nations Unies mais l’histoire de gloire et de dignité qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. Parti en mission de courte durée à La Haye, le Président Gbagbo nous reviendra pour continuer à honorer le pacte de confiance qu’il a tissé avec le peuple de Côte d’Ivoire.

II – Le pacte de confiance

Pour le peuple de Côte d’Ivoire, le Président Gbagbo, par l’exemplarité de sa vie, reste le phare dans la tempête. L’on comprend alors aisément la disgrâce du pouvoir actuel.

A – Le phare dans la tempête

Ne jamais abandonner, résister. Les puissants appellent cela de la folie. Ceux qui ont emprisonné le Président Gbagbo ne comprennent donc pas que, même en prison, il puisse continuer à être libre. Ils comprennent davantage qu’un seul homme puisse résister à ce point et finalement compter autant pour beaucoup d’entre nous. Le Président Gbagbo a été tombé par la France, mais il n’est pas tombé dans l’oubli. Investi de la confiance des Ivoiriens, il ne lâchera pas. Plus jeune, il a échappé à la mort. Cela lui a donné la force des miraculés. Il sait avancer malgré les vents contraires. Même dans l’adversité, il fonce. C’est un enseignement qu’il a appris très tôt dans la vie de ses parents et dans sa précoce pratique du terrain politique. Il sait que la politique est un métier qui, parfois, fait marcher sur un fil de fer, à la manière d’un funambule. Mais il sait aussi que la politique est un métier qui ouvre des sillons d’espérance. Aussi, même dans l’adversité la plus cruelle, sa prophétie doit-elle nous guider. Oui, souvenons-nous en 1992, avec les mêmes protagonistes que sont MM. Bédié et Ouattara, la formule désormais célèbre : “On peut aller de la prison à la Présidence et vice-versa». Le cycle est loin d’être bouclé.
Pour de nombreux Ivoiriens et Africains, Laurent Gbagbo est une idée, pas seulement une chair. Tous ceux qui s’y reconnaissent en sont les gardiens. Les incessantes divagations de ses ennemis sont une nette illustration du proverbe selon lequel «C’est l’hôpital qui se moque de la charité». Elles auront au moins le mérite de révéler que le Président Gbagbo est resté digne dans l’adversité, qu’il n’a jamais reconnu la victoire de M. Ouattara et qu’il n’a jamais imploré une quelconque clémence. L’Almamy Samory Touré, le résistant ouest-africain, avait coutume de dire que lorsqu’un homme refuse, il dit NON. C’est ce non qu’il a opposé à l’invasion coloniale française. C’est ce même NON que le Président Gbagbo oppose à l’invasion néocoloniale française.
M. Ouattara, lui, a un problème avec le peuple de Côte d’Ivoire. Le débat récurrent autour de ses origines, son cursus scolaire et universitaire et son parcours professionnel qui l’ont tenu loin de la Côte d’Ivoire, sa grande responsabilité dans les actes de déstabilisation de la Côte d’Ivoire perpétrés sur fond de violences sur les personnes et de pillages systématiques des biens, sa méconnaissance totale des us, traditions et coutumes de la Côte d’Ivoire, sa trop grande propension à vouloir brader la souveraineté du pays par le maintien de l’ordre occidental qui est aux antipodes des intérêts de la Côte d’Ivoire et de son peuple, sont un début d’explication du désamour de M. Ouattara avec le peuple de Côte d’Ivoire. Faute d’un enracinement profond dans le peuple, l’on ne peut gérer le pouvoir dans la tranquillité. L’indécente orgie de lumière qui a inondé la ville d’Abidjan à l’occasion des fêtes de fin d’année, les joutes sportives suscitées par le pouvoir Ouattara ne pourront créer l’osmose entre le peuple et celui-ci.
Pour sa part, le Président Gbagbo estime que la Côte d’Ivoire doit d’abord compter sur elle-même avant de recourir aux stéréotypes extérieurs pour déterminer ses stratégies de développement. Il garde la profonde conviction que le développement des pays d’Afrique subsaharienne ne pourra se faire par délégation de pouvoirs. Pour consolider le pacte de confiance, en plus de son enracinement profond dans le peuple qui fait que le peuple sent Gbagbo comme Gbagbo sent le peuple, la grande réussite de ce leader politique est d’avoir mis une étincelle de pardon, d’ouverture, d’humilité, d’humanité et de générosité dans l’art de la politique. Même s’il existait des vaccins contre ses qualités, ils n’auraient pu l’immuniser.
Au total, le Président Gbagbo est la preuve vivante que le décret du peuple pèse plus lourd que le verdict des puissants de ce monde. Pour nous avoir inculqué sa force d’énergie sous sa forme la plus authentique et la plus élevée, l’exemple de sa vie nous éclaire comme un phare dans la tempête et inspire notre conduite. L’hyper mobilisation des démocrates de tous bords depuis le transfèrement du Président Gbagbo à La Haye, sa cote d’audience et de popularité sur le net, le foisonnement des livres et témoignages sur la crise ivoirienne sont de vibrants témoignages qui permettent d’affirmer que l’arroseur est bel et bien arrosé.

B – Le pouvoir en disgrâce

Pendant que le Président Gbagbo parle haut et fort à la Cpi, le pouvoir, lui, continue de vendre de l’illusion, incapable qu’il est de semer l’espoir dans le cœur des Ivoiriens. Et ce numéro d’illusionnisme précipite tout un pays dans un grand bon en arrière.
Oui, à l’heure du bilan, c’est le constat d’échec qui s’impose. L’expérience prouve qu’une entreprise durable ne peut jamais venir du mensonge ou de la violence. La grande erreur est de croire qu’il n’y a aucun rapport entre la fin et les moyens. Les moyens sont comme la graine et la fin comme l’arbre. Le rapport est aussi inéluctable entre la fin et les moyens qu’entre l’arbre et la semence. On récolte exactement ce que l’on sème. Des moyens impurs ne peuvent conduire qu’à une fin impure. Le pouvoir a chargé davantage la barque qui, ces temps-ci, paraît déjà dans un sale état alors que se multiplient les avis de tempête. L’exaltation initiale a vite fait place à l’amertume, voire au désespoir. On commence à se rendre compte qu’il ne suffit pas de bombarder une résidence pour programmer un président.
Neuf mois après la chute du Président Gbagbo, victime de la haine du président Sarkozy, le coût de la vie en Côte d’Ivoire n’a pas encore baissé, les problèmes d’emplois, de santé, d’éducation et d’agriculture demeurent vivaces. Sur tout le territoire, on a une constellation de groupes armés qui exercent la violence sur les populations et parmi lesquels il n’est pas facile de trancher entre vrais et faux éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), coupeurs de routes, bandits et groupes claniques agissant pour leur propre compte. Ce qui entraîne une situation d’insécurité et de violence généralisées. De réunions en séminaires, d’injonctions en ultimata, rien n’y fit. Le problème de l’insécurité demeure le talon d’Achille de ceux qui ont choisi de régner par les armes et par la terreur. On a beau être le Mozart de la communication, l’on ne peut indéfiniment cacher cette cruelle réalité du vécu quotidien. Et ce ne sont pas les mirobolantes promesses de grands chantiers annoncés à grands renforts médiatiques qui viendront par un coup de baguette magique améliorer les difficiles conditions de vie et d’existence des Ivoiriens.
Le constat est là qui saute aux yeux : la lune de miel qui débute toujours par une phase de séduction se termine avec le «Gbagbo Kafissa!» (Gbagbo est mieux) des femmes malinké d’Adjamé. L’état de grâce fait progressivement place à la disgrâce. L’incrédulité gagne du terrain. Les Ivoiriens sont aussi dubitatifs que ces femmes victimes d’un conjoint manipulateur et qui se disent : «Je n’ai pu me tromper sur lui à ce point!». Les éléments à charge s’accumulent et l’incrédulité fait place à la colère, un sentiment puissant qui, dans un couple, provoque la rupture, salutaire pour la victime.
De manière indélébile, les pouvoirs publics sont frappés du «syndrome de Rantanplan». Pour les férus de Lucky Luke, Rantaplan, c’est le chien qui prend toujours la mauvaise direction. Alors que la tragédie ivoirienne a détruit le plaisir de «vivre ensemble» pour reprendre ce slogan cher au Rassemblement des Républicains (Rdr) dont M. Ouattara est toujours le Président, le pouvoir, au lieu de réconcilier, tient jalousement à la mémoire de sa haine. Il est sans état d’âmes, à l’image du Président Nicolas Sarkozy, son mentor en politique. M. Ouattara oublie volontairement qu’il est redevable du Président Gbagbo qui a accepté de lui faire la passe, ce qui, pour certains, est une erreur en politique. Mais l’opinion publique en a conscience avec l’accélération de l’actualité politique : Le Président Gbagbo, pour la réconciliation et la paix en Côte d’Ivoire, reste l’homme des grands sacrifices. Il démontre par là-même qu’il n’est pas en costume d’emprunt de la démocratie.


Une contribution de Aline S. Bakayoko

03/01/2012

Après les messages de fin d’année: Voici le vrai chef

Source : notre voie du 03 janvier 2012
Le journal Le Patriote a tenté hier de présenter Alassane Dramane Ouattara comme le chef qui manquait à la Côte d’Ivoire. « Enfin un vrai chef », a titré le quotidien officiel du nouveau pouvoir. Et pourtant, après huit mois d’exercice de pouvoir Ouattara s’est illustré par des actes qui démontrent qu’il n’est vraiment pas un bon chef. Car un chef c’est celui qui est respecté et dont l’autorité est reconnue. Or dans son propre camp, Ouattara n’est pas respecté par ses partisans. A titre d’exemple, après son investiture en mai 2011, Ouattara avait donné deux mois pour que ses hommes les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) entrent en caserne. Huit mois se sont écoulés et le constat est sans équivoque. Non seulement ses troupes ne sont pas encasernées, mais elles continuent de semer terreur et désolation sur toute l’étendue du territoire.
Suite aux tueries perpétrées par les Frci en décembre dernier à Vavoua, Ouattara avait aussi lancé un ultimatum de 48h à ses hommes de ne plus circuler en armes et avec les véhicules estampillés Frci dans les rues. Là encore, l’actuel chef de l’Etat n’a pas été suivi par ses hommes. Pire, ils continuent même de le défier. Puisque les éléments des Frci à bord de leurs véhicules continuent de parader partout. A Abidjan et surtout dans les villes et hameaux les plus reculés Frci et dozos sévissent toujours. Dans certains quartiers de la capitale économique, des éléments Frci chassés des barrages qu’ils tiennent et pourchassés par la police militaire reprennent leur position dès que cette unité quitte les lieux.
Un vrai chef, c’est aussi celui qui assure le bien-être de ses administrés. Or que constatons nous actuellement ? Malgré la crise qui frappe de plein fouet le pays, et bien que les marchés soient abondamment ravitaillés, les prix des denrées alimentaires (riz huile, viande) ne cessent de flamber chaque jour. Un vrai chef c’est aussi celui qui sait pardonner, qui a le dos large et qui est toujours animé d’un esprit de dialogue. Ce qui n’est pas le cas chez Ouattara qui refuse de dialoguer avec son opposition. Depuis le mois d’avril 2011, ses adversaires politiques et même des sous-officiers et officiers supérieurs de l’armée et des journalistes sont illégalement détenus et croupissent dans les prisons du pays sans être entendus. Alors que lui-même et son camp ne sont nullement exempts de reproches dans tout ce qui se passe la Côte d’Ivoire. Le vrai chef, c’est celui qui est juste. Or, il est de notoriété publique que M. Ouattara pratique une justice à double vitesse. Le vrai chef, ce n’est pas aussi celui qui brandit toujours la violence et la division comme armes pour régner. Ni celui qui pratique le tribalisme, l’exclusion en opposant son ethnie aux autres à travers ses nominations et ses choix dans les services de l’administration publique. Il est plutôt un rassembleur.
Etre un bon chef c’est aussi faire preuve d’humilité. Parvenu à la magistrature suprême du pays depuis avril 2011, il n’a pas encore renoncé au poste de président de son parti le Rassemblement des républicains (RDR). Mais le fait le plus marquant c’est l’attitude de Ouattara pendant son adresse à la nation le 31 décembre dernier. Les téléspectateurs ont été surpris de voir l’actuel chef de l’Etat s’adresser aux Ivoiriens étant assis. La posture de Ouattara, il faut le dire tout net a choqué plus d’un Ivoirien.
A la différence de Ouattara, le président Laurent Gbagbo a démontré pendant son règne qu’il est bon chef. Attaqué par les rebelles depuis 2002, il leur a néanmoins pardonné en prenant une loi d’amnistie pour ses bourreaux. Laurent Gbagbo a par la suite mis en exergue ses qualités d’homme d’ouverture et de rassemblement en formant un gouvernement incluant les rebelles avec comme premier ministre Soro Guillaume le patron de la branche politique de la rébellion. Laurent Gbagbo nommait des responsables de l’administration publique sans discrimination et ne privilégiait pas l’ethnie mais la compétence. Il était réputé pour son humilité et était au contact avec sa population. Il s’est même rendu à la rue princesse de Yopougon et ne manquait pas de marquer un arrêt à certains endroits d’Abidjan pour se frotter à son peuple et communier avec lui. En bon chef, il se met toujours debout pour s’adresser à son peuple. C’est dans cette optique que pour lutter contre l’insécurité galopante dans le pays, il a crée le Centre de commandement des opérations de sécurité (CECOS). Soucieux du bien être de sa population, il s’est toujours opposé à l’augmentation vertigineuse des prix des denrées de première nécessité. Revenu de Marcoussis en France ou il avait été contraint à former un nouveau gouvernement, il a exhorté son peuple à accepter ce médicament pourtant amer. Son peuple l’a compris et l’a suivi. Sachant également que les Ivoiriens n’accepteraient pas la candidature de Ouattara à la présidentielle de 2005, Laurent Gbagbo revenu d’Afrique du Sud a pris un décret pour l’autoriser à être candidat. Là encore il a pu convaincre son peuple en prenant cette décision puisqu’il ne s’est pas soulevé il lui a obéi, tout simplement.
Mais là où Laurent Gbagbo a vraiment montré qu’il était un vrai chef, c’est quand il a refusé l’exil doré avec quelques proches que lui faisaient miroiter les puissances occidentales. Il demandé aux soldats d’arrêter les combats. Ceux-ci lui ont immédiatement obéi. Et il a décidé de rester à sa résidence sous les bombes de la France et des Nations unies. Un bon et vrai chef, c’est celui qui est prêt à se sacrifier pour son peuple. Et non celui qui prend la tangente au moindre coup de pétard. Dans ce domaine, Laurent Gbagbo a véritablement fait la preuve qu’il aime le peuple de Côte d’Ivoire.


Vincent Deh


30/12/2011

Côte d'Ivoire: Soro déclare la guerre au PDCI ! Frci incontrôlables, insécurité galopante... Comment Soro veut « s’éterniser » à la Primature


Source : Le Nouveau Courrier du 30/12/2011

Le député de Ferkéssédougou, Guillaume Kigbafory Soro, ne serait plus trop chaud pour le Perchoir et semble être désormais candidat à sa propre succession à la primature. Surtout avec cette situation de Frci «incontrôlables» à la gâchette facile, le chef de l’ex-rébellion est en passe de conserver son fauteuil, histoire de garantir un assainissement dans les rangs des Frci, majoritairement composés des ex-rebelles sous son autorité.

Il y a des personnes qui estiment qu’une tenue leur va à merveille à telle enseigne qu’elle ne pourrait être assez bien pour une tierce personne. Et le premier ministre Guillaume Soro et son entourage sont de ces personnes-là. Selon eux, la primature doit demeurer l’affaire exclusive du chef de l’ex-rébellion, parce que la Côte d’Ivoire serait loin d’être sortie de l’ornière. Et le seul Ivoirien à même de faire face à cette situation post-crise est bien l’homme-providence Guillaume Soro.

Et les arguments ne leur manquent pas pour soutenir cette thèse. Alors qu’Alassane Ouattara, au lendemain du 11 avril, avait promis de rétablir la sécurité et de débarrasser Abidjan et les villes de l’intérieur de tous ses combattants en armes en deux mois, huit mois après, on en est à la case départ. Les Frci jouissant d’une impunité tatouée, parce qu’ayant été élevés au titre de sauveurs par le procureur de la République, Simplice Kouadio, ont continué de faire subir toutes sortes d’exactions, de chantage et de persécutions aux populations.

Les événements de Vavoua et de Sikensi (lundi dernier) ont fini par convaincre la communauté nationale et internationale que les éléments des Frci, majoritairement des ex-rebelles constituent un véritable problème pour le régime Ouattara. Parce qu’indisciplinés, insubordonnés et complètement déconnectés des réalités d’une armée régulière.

Primature coûte que coûte

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Konaté Navigué (S.N. JFPI en exil) : “Nous ne pouvons accepter le retour à la colonisation” Enfin!!!!!!

L'année 2011s’achève. Année tragique année terrible pour l'Afrique, pour le Moyen-Orient et pour la Côte d’Ivoire. Une situation qui ne peut être comprise si nous ne comprenons pas l'environnement international. Que comprendre? En effet, les crises économique et financière qui secouent le monde depuis la crise des subprimes aux Etats-Unis jusqu’à celle de l’Europe aujourd’hui montrent bien la crise du capitalisme, c'est à dire la fin prévue de l'impérialisme triomphant et même triomphateur dans le monde. Montrant la fin de l’impérialisme, elles montrent également la fin d'un cycle: celui de la fin de la domination sans état d'âme et sans partage de l'Occident sur le reste du monde. En effet, dans quelques années, l’Occident ne sera plus le maitre du monde. L’incertitude de cette fin de cycle d’une part, et la peur de la montée des pays émergents et surtout la Chine d’autre part, sont à l’origine de la paranoïa de l’impérialisme occidental. D’aucuns penseraient à un choc des civilisations. Il n’en est rien. En réalité, la barbarie des puissances occidentales sur les deux espaces les plus vulnérables du monde (mais malheureusement les plus riches du monde) à savoir l’Afrique et le Moyen-Orient, tient de la volonté des impérialistes à l’exploitation des ressources de toutes sortes, ressources indispensables à leur hégémonie sur le monde. Ainsi, depuis la chute du mur de Berlin ; la guerre en Irak, le printemps arabe, l’assassinat du colonel Kadhafi en Lybie, la guerre de la France contre la Côte d’Ivoire ne sont rien d’autre que des guerres préventives de conquêtes et de domination perpétuelles dans un monde désormais monopolaire. Prédateurs très peu imaginatifs, ils utilisent toujours les mêmes méthodes. De Lumumba à Kadhafi, en passant par Sankara et Olympio; de Nkrumah à Gbagbo, ils ont la même pratique sexagénaire. Nostalgiques? Ils le sont. Mais la nostalgie n’est pas une question de distance ni d’espace, mais une question de temps passé ; d’époque révolue pour parler comme Yankelevich .

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Bilan d’une année apocalyptique : Quand le camp Ouattara se moque de la souffrance des Ivoiriens


Source : Notre Voie du
Vendredi 30 Decembre 2011


Le Quotidien Le Patriote, pro-Ouattara, s’est essayé, hier, à un exercice bien périlleux. Justifier l’injustifiable, condamner la victime sur fond de mensonges et de récits tronqués.
Chaque Ivoirien devrait avoir lu «Le Patriote » dans sa parution d’hier jeudi 29 décembre. Et particulièrement, chacun devrait avoir contemplé la UNE de ce canard qui semble avoir choisi de se moquer des Ivoiriens qui soufrent depuis 2002. Un journal amnésique, truffé de mensonges, de contre-vérités et de demi-vérités.
«2011, Gbagbo créa la guerre…», a-t-il cru bon de faire avaler aux Ivoiriens. Et effectivement, la surprise était grande devant les kiosques bondés. «Mais ces journalistes-là n’ont-ils pas vécu en Côte d’Ivoire depuis 2002 ?» ou encore «mais, pour qui nous prennent-ils ? On sait qui a créé la guerre en Côte d’Ivoire». L’indignation était grande hier, tant la couleuvre que Le Patriote a tenté de faire avaler aux Ivoiriens est grosse. Et le journal est allé jusqu’à avancer des chiffres voulus lacrymogènes : 3000 morts, 2 millions de déplacés ; terreur et misère à Abidjan ; 11 avril : la capture salvatrice d’un tyran. Les personnes qui ont osé jeter un coup d’œil sur la UNE du Patriote, hier, ont vu des vertes et des pas mûres.
Le plus beau était cependant à l’intérieur du journal. Un article intitulé «De la terreur à l’espoir» est illustré par une photo où on aperçoit clairement des personnes entourant des corps d’étudiants massacrés par les hommes de Ouattara. Avec une légende révoltante : La machine à tuer du FPI s’est mise en branle. La qualifiant d’inoubliable, le journaliste affirme que c’est l’année 2011 qui aura marqué la mémoire des Ivoiriens au cours de cette décennie. Il évoque la peur de voir la nation ivoirienne se disloquer, ses fils et filles s’entretuer. Et dans un raccourci aussi stupide qu’insultant, il avance que « le contentieux électoral de l’élection présidentielle de novembre 2010 s’est déporté sur l’année qui a suivi. Au point de dégénérer dans la pire violence que la Côte d’Ivoire ait jamais connue.
Et c’est le journal qui a divisé le pays en deux parties à sa UNE en janvier 2001 pour faire accepter cette idée macabre, qui s’en plaint aujourd’hui ? Il devrait pourtant se réjouir d’avoir obtenu ce qu’il voulait depuis des années. Mais là où il se montre cynique, c’est quand il ignore totalement que la violence, la pire que la Côte d’Ivoire ait jamais connue, a été déclenchée en septembre 2002. Avec des tueries massives de populations civiles dans le nord, le centre et l’ouest du pays. Le Patriote s’est-il demandé combien de morts il y a eu à Abidjan dans la seule nuit de 18 au 19 septembre 2002 ? Combien de gendarmes ont été froidement assassinés à Korhogo et à Bouaké ? Combien de civils innocents ont été brûlés vifs, jetés dans des puits, égorgés, morts étouffés dans les conteneurs, amputés des membres, etc. ? Sait-il combien de femmes ont été violées par les rebelles depuis 2002 ? Qui rendra justice pour tout cela ?
Si les journalistes du Patriote et leurs amis ne le savent pas, les Ivoiriens, eux, savent bien que la guerre a été créée en 2002 par ceux qui exercent le pouvoir aujourd’hui. Alors que le président Gbagbo se trouvait en visite officielle en Italie. Une attaque lâche, sauvage, barbare qui a endeuillé de milliers de familles et placé la quasi-totalité des Ivoiriens dans une détresse sans nom.
La guerre créée donc en 2002, il s’en est suivi une crise grave qui a plombé le pays pendant une décennie. Et au moment où le pays organisait l’élection présidentielle en novembre 2010, aucune garantie de sécurité n’existait car les rebelles n’avaient pas été désarmés et continuaient de menacer le pays. Et chacun savait bien que la présence massive de ces armes allait peser sur le déroulement du scrutin. Cela n’a pas manqué. Et les armes des rebelles aidés par la France et l’ONUCI, ont piétiné la volonté du peuple pour imposer un homme-lige à la tête du pays. Le Patriote sait très bien que la France y tenait plus que tout. Le monde entier sait que le seul moyen que ce pays connaît pour sortir de la grave crise financière est le retour à la pratique coloniale. Cela aussi, le Patriote le sait très bien. Mais les appétits et les ambitions aussi démesurées que malhonnêtes des uns et des autres aidant, la France a trouvé aisément le terreau qu’il lui fallait pour faire prospérer son action. Sans la politique coloniale, la France n’est rien. C’est pour cela qu’elle fait mourir les Ivoiriens depuis 2002. C’est pour cela qu’elle piétine les règles élémentaires de la démocratie et du droit international en venant bombarder, sans déclaration de guerre, le palais du président d’un pays souverain.
Tout cela, Le Patriote qui écrit sans honte que la guerre a été créée en 2011, le sait très bien. Lui qui dit «bravo pour le travail bien fait » quand des policiers sont brûlés vifs à Abobo, quand les pauvres vigiles et agents de la RTI sont brûlés vifs à Abobo, quand des gendarmes sont assassiné partout à Abidjan par un commando invisible, quand près d’un million de personnes sont obligées de quitter la commune d’Abobo pour ne pas périr, quand des villages sans défense sont attaqués en pleine nuit, etc. Bravo pour le travail bien fait également à tous ces traitres de l’armée qui ont trahi la confiance du peuple pour se mettre au service de puissances maléfiques. « Time will tell », dit une chanson célèbre. L’histoire jugera. Et le temps est l’autre nom de Dieu.



Une contribution de Moussa Sié Koffi








Lettre ouverte de l’écrivain Patrice Nganang au président de l’OIF

16 décembre 2011 par Patrice Nganang

Récompensé il y a quelques jours par l’Organisation internationale de la Francophonie (1), l’écrivain et professeur camerounais Patrice Nganang a saisi l’occasion pour adresser à Abdou Diouf, secrétaire général de l’OIF, cette lettre ouverte qui dénonce « l’implication directe de l’OIF dans le maintien de la tyrannie qui étrangle le Cameroun depuis 1984 », et encore en octobre dernier.


Monsieur le président,

Je vous remercie pour l’audience que vous m’avez accordée, en marge du prix de la Francophonie que j’ai reçu de vos mains.

Cette audience pour moi c’est le prix en réalité. C’est elle seule qui me fait venir à Paris, parce que sinon j’aurais refusé le prix. Je l’aurais refusé, moins parce que l’installation de mon pays dans la zone francophone aura eu lieu au prix de l’éradication de l’écriture shümum que mon roman primé Mont plaisant raconte, qu’à cause de l’implication directe de l’Organisation internationale de la francophonie dans le maintien de la tyrannie qui étrangle le Cameroun depuis 1984, et surtout à cause de la caution qu’elle aura donné au coup d’Etat constitutionnel qui y a eu lieu ce 4 septembre 2011. En effet, lors de la session parlementaire du 11 octobre 2011, Mr. Alain Juppé, ministre des affaires étrangères de France, dit que les élections présidentielles eurent lieu au Cameroun ce 9 octobre 2011 « dans des conditions acceptables ». Il précisa que son jugement, il le basait sur le rapport de l’organisation dont vous êtes le secrétaire général. Plus tard le président Nicolas Sarkozy félicitait Paul Biya.

Nous savons, monsieur le président, que la délégation de l’Organisation internationale de la francophonie qui supervisa les élections du 9 octobre était dirigée par le major Pierre Buyoya qui lui-même n’a jamais accédé au pouvoir dans son pays que par des coups d’Etat ; nous savons que le travail de cette délégation au Cameroun était pratiquement téléguidé depuis le cabinet civil de la présidence de la République du Cameroun. Et puis, sur la base des observations de la plateforme « 09-10-11 Touche pas a mon vote ! » que j’ai constituée avant les élections, plateforme qui a formé près de 2000 scrutateurs déployés à travers le pays, réuni 7 partis politiques et était fondée sur la collaboration entre 7 leaders politiques dont 4 candidats à l’élection ; sur la base de ma collaboration parallèle à une plateforme, le Front Uni de la Diaspora Camerounaise, unissant de multiples organisations de la diaspora camerounaise, je puis dire ceci sans avoir peur de me tromper : la Nation camerounaise a été exclue des élections du 9 octobre. La Nation camerounaise, ce sont les 70% du peuple camerounais qui à l’intérieur, et les 99,5% qui à l’extérieur du Cameroun n’ont pas voté, chiffres précisés par deux organisations bien respectées d’observation des votes. Oui, monsieur le président, nous qui n’avons pas voté le 9 octobre 2011, nous sommes la Nation camerounaise.

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