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14/11/2011

Amon Ago Marthe répond encore à Venance Konan

Source : Notre voie du 10/11/2011

La 1ère Vice-présidente de l’Assemblée nationale Mme Amon Agoh Marthe ne veut pas laisser prospérer les fausses ou demi-vérités. D’où sa deuxième réaction à un autre éditorial de Venance Konan, directeur général de Fraternité matin.


Amon Ago Marthe
1ère Vice-Présidente de l’assemblée nationale
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I/Dans la forme :
C’est dommage que vous m’affubliez des qualificatifs «d’aveuglement et de surdité» et que vous menaciez de me considérer comme «sorcière» si je continue d’exercer mon droit d’expression conféré par la Constitution (texte sacré) de la Côte d’Ivoire en ses articles 8 et 9. Je ne vous en tiens pas rigueur, et je vous ai même trouvé une excuse à savoir que vous ignorez de moi une chose : j’ai en horreur la mauvaise foi que vous dites être la mieux partagée. En effet, en tant que chrétienne, j’ai toujours pensé que la pratique de la mauvaise foi conduit inéluctablement au péché contre l’Esprit. Or, ce péché n’est pas pardonné par Dieu (cf. Mathieu 12, 31). Par ailleurs, à mon humble avis, la mauvaise foi partagée par certains politiciens et certains hommes d’affaires est l’une des causes de pollution des rapports dans la société : elle crée la suspicion ; on se bouche les oreilles et on se ferme les yeux ; on finit par se cogner, et on en vient aux armes qui produisent les terreurs semblables à celles que nous venons de vivre dans notre pays. C’est pourquoi, je présume toujours mon interlocuteur de bonne foi jusqu’à preuve du contraire.
Soit dit en passant, qui de nous deux peut être soupçonné d’avoir un comportement «d’aveuglement et de surdité», lorsque vous continuez d’écrire dans vos éditoriaux «ex-Première Vice-Présidente» de notre Assemblée Nationale «défunte» alors que je vous ai apporté les arguments contraires ?
Certes, vous avez quelque peu évolué en me reconnaissant comme «ex-Première Vice-Présidente» et non «ex-Vice-Présidente» ; mais le pas essentiel n’a pas été franchi à savoir qu’au regard de notre Constitution, l’Assemblée Nationale issue des élections de 2001 existe bel et bien ; elle ne sera « défunte » que lorsqu’une nouvelle Assemblée sera élue. Toutefois, je peux encore vous trouver une excuse, puisque vos supérieurs hiérarchiques semblent ignorer l’existence de cette Assemblée, en ne payant pas (arbitrairement) les émoluments des Députés conformément à l’article 69 de la Constitution, alors même qu’ils ont l’obligation de veiller au respect de la Constitution (article 34 de la Constitution).

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12/11/2011

Emile Guiriéoulou : “C’est la guerre que nous avons perdue devant la France, pas notre dignité”



Source : Notre voie du 11/11/2011


Dernier ministre de l’Intérieur du Président Laurent Gbagbo (décembre 2010-Avril 2011), le député Emile Guiriéoulou n’est pas un inconnu de la scène politique nationale. Contraint à l’exil depuis le renversement de Gbagbo par l’armée française, il s’exprime pour la première fois.

Notre Voie : Monsieur le ministre, comment vous portez-vous ?

Emile Guiriéoulou : Avant de répondre à votre question, je voudrais que vous me permettiez de saluer la mémoire de toutes les personnes tuées au cours de la crise, d’exprimer ma compassion aux blessés et à tous les ivoiriens qui ont perdu un être cher dans de cette guerre absurde que nous avons connue. Je leur demande de ne pas perdre espoir et de garder foi en la Cote d’Ivoire. Ceci dit, je me porte très bien, tant au plan physique qu’au niveau moral.

N.V : Est-ce qu’on peut savoir où vous vous trouvez ?

E.G : Comme beaucoup d’autres Ivoiriens, je suis au Ghana. Je profite de l’occasion que vous m’offrez pour traduire toute ma reconnaissance aux autorités de ce pays frère ainsi qu’à l’ensemble du peuple ghanéen pour l’accueil qui nous est réservé ici. Nous nous sentons vraiment chez nous au Ghana où nous ne sommes l’objet d’aucune tracasserie.

N.V : Comment avez-vous vécu le 11 avril 2011 et précisément l’arrestation du Président Laurent Gbagbo ?

E.G : De façon dramatique. Les bombardements sur la résidence étaient horribles et insupportables. Dès l’arrestation du Président, j’ai reçu un coup de fil pour m’en informer. Ensuite, c’est Alain Toussaint qui m’a appelé de Paris pour me demander la confirmation. Et après, comme tout le monde, j’ai vu les images à la télévision. Cette arrestation du Président, je l’ai aussi ressentie comme une grande perte pour la Côte d’ivoire, une humiliation pour l’Afrique toute entière et un recul de la démocratie, de l’indépendance et de la souveraineté de nos Etats. Mais quand j’ai écouté la déclaration du Président, j’ai éprouvé de la fierté de voir qu’il a gardé sa dignité malgré les moments atroces qu’il a vécus. J’ai été particulièrement affligé par les images de la Première dame, Simone Gbagbo, maltraitée. Mais là également, j’ai vu une femme digne qui, en dépit du fait qu’elle souffrait dans sa chair, est restée sereine et a continué de prier. Je me suis dit que si eux qui sont entre les mains des bourreaux sont demeurés dignes, ce n’est pas à nous autres restés dehors de faiblir. C’est un message pour nous exhorter à continuer la lutte.

N.V : Comment êtes-vous sorti du pays ?

E.G : Je suis sorti de la Côte d’Ivoire le 20 avril 2011 grâce au soutien de quelques amis que je voudrais remercier ici. Comment je suis sorti ? Retenez tout simplement que je suis sorti.

N.V : Etes-vous disposé à retourner au pays?

E.G : Mais, la Côte d’Ivoire est mon pays et j’y suis très attaché comme d’ailleurs le sont tous les Ivoiriens. Donc ce n’est pas de gaieté de cœur que je suis en exil. C’est pour vous dire que j’ai hâte de retourner au pays. Mais cela, une fois que les menaces qui m’en ont fait partir auront disparu. Sinon pour le moment, le retour au pays, pour ce que je vois, ne figure ni dans mes priorités ni dans mes projets les plus immédiats.

N.V : Depuis que le Président Laurent Gbagbo a été renversé, vous vous êtes muré dans un silence de cimetière. Est-ce à dire que la politique ivoirienne ne vous intéresse plus ?

E.G : Vous savez, mon engagement en politique date de l’époque où j’étais encore étudiant dans les années 70. J’ai milité dans la clandestinité au sein du Fpi et je compte parmi les premiers militants de ce parti. Au nom de mes convictions politiques, j’ai renoncé à beaucoup de choses et j’en ai assumé sans regret les conséquences. Ce n’est donc pas aujourd’hui que je vais abandonner la lutte. Ici au Ghana, je suis membre du bureau de la Coordination Fpi en exil. J’endosse donc les déclarations et prises de position de cette coordination et je ne trouve pas utile d’en rajouter. Mais, si sur la vie de la nation, mon point de vue personnel est sollicité, je suis disposé à le donner. Et c’est ce que vous faites en ce moment. D’ailleurs, certains de vos confrères appartenant à d’autres organes de presse m’ont sollicité ces temps-ci. C’est à croire que mon silence vous pesait (rires) ? Non, rassurez-vous, mon silence n’est pas de cimetière.

N.V : Quel commentaire faites-vous de la déclaration d’Eugène Allou selon laquelle ses camarades du Fpi exilés au Ghana font trop de bruit ?

E.G : Dites au frère Allou, comme il croit peut-être que nous sommes en vacances ici au Ghana, de nous laisser au moins faire du bruit pour nous occuper ! Lui, il a comme loisir la chasse au point d’aller tirer des coups de feu qui ont fait fuir les gens dans son village en cette période de tension. Nous ne sommes pas obligés de partager les mêmes distractions que lui. Nous, nous préférons parler et écrire pour exprimer nos positions plutôt que de tirer des coups de fusil. Et puis dites-moi cher Augustin, entre les bruits de fusils d’Allou le chasseur ainsi que ceux, quotidiens, de ses « collègues » chasseurs dozos, ou de ses nouveaux amis Frci et nos « bruits ghanéens lointains » lesquels produisent le plus de nuisance et de dégâts ? Plus sérieusement, nos bruits-là sont trop pour qui ? Qui donc ne veut pas nous entendre demander la libération du Président Laurent Gbagbo afin d’aller à la réconciliation et qui considère cela comme « trop de bruit »? Si le frère Allou peut nous aider à identifier cette personne, nous irons vers elle pour mieux comprendre la gêne que lui procurent nos « bruits ».

N.V : Que dites-vous quand il vous propose de faire profil bas si vous voulez que votre problème et celui des prisonniers politiques soient résolus ?

E.G : Résolu par qui et comment? Que signifie faire profil bas ? Dogo Raphaël qui est en prison à Boundiali, est-ce parce qu’il faisait trop de bruit qu’il s’y retrouve ? Dassé Jean Martin qui n’a exercé aucune fonction dans l’appareil d’Etat et qui est en prison pour crimes économiques, est-ce le fait de ses bruits trop sonores?

N.V : Il dit aussi que celui qui a perdu la guerre ne pose pas de conditions. Qu’en dites-vous ?

E.G : Je suis d’accord avec lui. Nous savons tous que la France nous a fait la guerre et mis aux arrêts le Président Gbagbo. Mais le problème n’est pas là. Ceux qui ont gagné cette guerre et ceux qui en sont les bénéficiaires peuvent jouir pleinement de leur victoire militaire. Qu’ils gouvernent et réalisent comme ils l’entendent le programme pour lequel ils nous ont fait la guerre et nous n’aurons aucune condition à leur poser. Mais s’ils nous demandent de participer à un processus de réconciliation et d’aller à des élections avec eux, alors nous poserons nos conditions. C’est la guerre que nous avons perdue devant la France, pas notre dignité. Je précise bien « perdue » devant la France.

N.V : Continuez-vous à soutenir que Laurent Gbagbo a gagné les élections ?



E.G : Mais monsieur Kouyo, c’est Laurent Gbagbo qui a gagné les élections ! Et c’est parce qu’il en était sûr qu’il a demandé le recomptage des voix par un comité d’évaluation de l’Union Africaine. Et c’est parce que ses adversaires savent que c’est lui qui a gagné qu’ils ont refusé ce recomptage et que monsieur Young Jin-Choi (ex-représentant du Sg de l’Onu en Côte d’Ivoire, ndlr) a déclaré que recompter les voix serait une injustice pour Ouattara. Sinon, si recompter les voix devait donner la victoire à Ouattara, en quoi cela constituerait-il une injustice pour lui ? On a mis quatre mois à nous faire la guerre, alors que recompter les voix nous aurait certainement pris beaucoup moins de temps. La Côte d’Ivoire aurait évité tous ces morts et tous les dégâts matériels causés par cette guerre. Voyez-vous, la Côte d’Ivoire a enregistré plus de 3000 morts, des viols, des destructions, des pillages, l’insécurité à cause du refus de monsieur Ouattara et de la France d’accepter un simple recomptage des voix.

N.V : Mamadou Koulibaly estime que Laurent Gbagbo s’est entêté à la limite de l’irrationnel. Quel commentaire ?



E.G : Laurent Gbagbo s’est entêté comment et par rapport à quoi ? Une élection est organisée. Il en est proclamé vainqueur par le Conseil Constitutionnel et prête serment. Son adversaire conteste cette victoire qui, pourtant, selon notre constitution, est définitive et sans recours. Mais en démocrate convaincu et pour mettre tout le monde d’accord sur sa victoire, Laurent Gbagbo propose de recompter les voix et saisit l’Union Africaine à cet effet. L’organisation panafricaine, au lieu de recompter les voix comme demandé, décide le 10 mars qu’elle confirme, sans justifier cette décision, que c’est Ouattara qui a gagné et que d’ailleurs les 10 ans passés à la présidence par Laurent Gbagbo correspondaient à deux mandats et qu’il devait donc quitter le pouvoir. Malgré cette décision contestable, le Président Gbagbo, par un communiqué lu par le porte-parole du gouvernement, a pris acte des propositions de règlement de la crise, accepté la nomination du Haut Représentant de l’Ua et dit se tenir prêt pour les discussions annoncées. Le président de la Commission de l’UA, Jean Ping, a saisi par écrit le 26 mars 2011 les deux camps pour annoncer le début des négociations sur le plan de sortie de crise de l’Ua pour le 4 avril 2011 à Addis-Abeba. C’est dans cette attente que, le 28 mars 2011, Alassane Dramane Ouattara, assuré du soutien militaire de la France, décide d’engager les combats meurtriers qui vont durer deux semaines avec pour point culminant les bombardements de la résidence du Chef de l’Etat, l’arrestation de celui-ci par l’armée française le 11 avril 2011 et sa déportation à Korhogo. Où se trouve donc l’entêtement du Président Laurent Gbagbo qui a toujours prôné le règlement pacifique de la crise alors que son adversaire brandissait l’usage de la force (Ecomog, Onuci, Licorne, etc.), comme le sait si bien le président Koulibaly lui-même?

N.V : Le gouvernement ivoirien et ses alliés soupçonnent les exilés politiques au Ghana de préparer des actions de déstabilisation, comment ressentez-vous ces accusations ?

E.G : Vous savez, ces accusations ne me font ni chaud ni froid parce que je ne me sens pas concerné. Mais je les comprends puisque c’est comme cela qu’eux-mêmes sont parvenus au pouvoir. Sans la rébellion armée qu’ils ont montée au Burkina Faso, ils n’en seraient pas là. Le Ghana n’est pas le Burkina Faso. Les autorités ghanéennes croient en la démocratie et ne sont pas dans les complots et les actions de déstabilisation de leurs voisins.

N.V : Comment pouvez-vous convaincre les autorités ivoiriennes que vous ne préparez pas leur renversement ?

E.G : Nous ne cherchons pas à convaincre qui que ce soit. Comme le dit l’adage «qui s’excuse, s’accuse». Chacun fait son travail. Nous, ce que nous savons faire, c’est la politique donc l’accession au pouvoir par la voie des urnes. Notre combat aujourd’hui, c’est la libération du Président Laurent Gbagbo afin de ramener la Côte d’Ivoire dans l’Etat de droit et la démocratie. C’est cela qui nous préoccupe. Ceux qui sont les adeptes de coups d’Etat et de rebellions armées sont connus et disent que c’est fini.
D’ailleurs, je vous renvoie à une récente déclaration de Soro Guillaume dont la presse s’est largement fait l’écho : «Après moi, personne d’autre ne réussira de coup d’Etat en Côte-d’Ivoire, c’est fini. Les coups d’Etat ici, c’est notre idée et les tricheurs ne réussiront pas. Ils n’ont ni le génie, ni les parrains, ni les moyens. Les coups d’Etat, c’est fini». Donc les dirigeants actuels du pays se sont eux-mêmes convaincus de la chose. Pas besoin alors d’insister pour les convaincre ou les rassurer.

N.V : Avez-vous été convaincu par l’appel que M. Ouattara vous a lancé lors de son voyage au Ghana ?

E.G : Si nous sommes convaincus d’une chose, c’est que faute de ne pouvoir nous mettre en prison, monsieur Ouattara nous préfère en exil plutôt qu’au pays. Le mandat d’arrêt lancé contre Assoa Adou, notre porte-parole, et l’attaque de son domicile à Abidjan intervenus après cette visite au Ghana en sont les preuves palpables. Et puis la question de notre retour au pays n’est pas fondamentale. Si demain, le Président Gbagbo est libéré et qu’à sa suite Simone Gbagbo, Affi N’ Guessan, Aké N’ Gbo, Abou Drahamane Sangaré et tous les autres sont libres, pourquoi serions-nous encore en exil ?

N.V : Bientôt ce sont les élections législatives. Estimez-vous comme Alassane Dramane Ouattara que le Fpi ne doit pas commettre l’erreur de ne pas y participer ?

E.G : Il y a beaucoup de gens qui aiment le Fpi actuellement et qui sont soucieux de sa survie, de son avenir en tant que parti politique. Nous, on ne savait pas qu’on était important comme cela ! Je remercie donc toutes ces âmes charitables pour notre « parti minoritaire ». Parti tellement minoritaire que les «grands partis houphouëtistes» sont obligés de se coaliser pour l’affronter. Imaginez en France, le PS et l’Ump conclure une alliance électorale contre le Modem ! Monsieur Ouattara demande au Fpi ne pas commettre la même erreur que le Rdr en ne participant pas aux élections législatives. Si cette erreur n’a pas empêché le Rdr d’arriver au palais présidentiel de façon «démocratique», pourquoi est-ce au Fpi qu’elle serait fatale ? Laissez le Fpi décider de ce qu’il doit ou ne doit pas faire. Tant que le Président Laurent Gbagbo est en prison ne comptez pas sur le Fpi pour aller à des élections.
C’est pourquoi, je voudrais ici saluer et encourager la direction du Fpi qui conduit le Parti avec intelligence et détermination. Nous sommes avec eux dans le combat qu’ils mènent sans relâche pour la libération du Président Gbagbo et tous les autres camarades emprisonnés. J’adresse mes félicitations à mon collègue, le député Yao Yao Jules pour son courage, sa foi militante et sa constance dans la lutte, toutes choses qui ont permis au Fpi de redresser la tête et de se remobiliser par l’organisation de meetings. Je n’oublie pas le camarade Koua Justin de la JFpi, le député Mobio Samuel, le député Guipé Charles et tous ceux qui, contre vents et marées, se battent quotidiennement sur le terrain pour faire vivre le Parti et le maintenir debout.

Depuis son exil ghanéen Emile Guiriéoulou : “Ce que Tagro m’a dit avant sa mort ”

Dans la deuxième et dernière partie de l’interview qu’il nous a accordée, Emile Guiriéoulou, ancien ministre de l’Intérieur en exil au Ghana se prononce sur la départ de Mamadou Koulibaly du Fpi, évoque la mort de Désiré Tagro et les atrocités perpétrées par l’armée du Chef de l’Etat Alassane Ouattara à l’ouest.

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09/11/2011

L’AVOCATE PARISIENNE DE GBAGBO ROMPT LE SILENCE - ME LUCIE BOURTHOUMIEUX: «LA CPI N’A AUCUNE COMPETENCE POUR JUGER GBAGBO»

mercredi, 09 novembre 2011



Me LUCIE BOURTHOUMIEUX, JACQUES VERGES ET ROLAND DUMAS.jpg

Lucie Bourthoumieux est avocate à la Cour près le Barreau de Paris. Cette Franco-Camerounaise, résidant en France, fait partie, avec Maitres Jacques Vergès, Roland Dumas et Marcel Ceccaldi, du collectif des avocats internationaux chargés de défendre l’ancien chef de l’État ivoirien, Laurent Gbagbo et son épouse Simone. Dans cette interview exclusive qu’elle a bien voulu nous accorder depuis Paris par téléphone (le samedi 05 novembre), la juriste fait un tour d’horizon de l’actualité nationale et internationale avec en point de mire, les procédures judiciaires ouvertes contre ses clients.

L’actualité en Côte d’Ivoire, ce sont les préparatifs des élections législatives pour lesquelles des partis membres du CNRD, groupement politique proche de Laurent Gbagbo, ont déposé leurs dossiers de candidature à la Commission Électorale Indépendante (CEI), contre la consigne du FPI de boycotter ces élections. Quel est votre commentaire?

En tant que simple observateur, je dois dire que le CNRD fait là preuve d’un très grand optimisme pour la paix. Le CNRD fait le pari de la paix en pensant que le président Ouattara va effectivement, comme le demande le FPI, libérer le président Gbagbo de façon à ce qu’avant le 11 décembre, des négociations inclusives de toutes les parties et des trois grands responsables politiques de la vie nationale ivoirienne, à savoir Ouattara lui-même, Bédié et Gbagbo, s’asseyent autour de la table et fassent ce que le président Gbagbo a toujours dit, y compris sous les bombes françaises: «Asseyons-nous et discutons». Donc je ne pense pas un seul instant que le CNRD prendra sur lui la responsabilité d’aller aux élections, même si le président Gbagbo n’est pas libéré. Je pense plutôt que le CNRD fait le raisonnement suivant: en connaissant ou en supposant l’amour que le président Ouattara doit avoir pour le peuple ivoirien, nous pensons que ce n’est pas possible qu’il n’entende pas l’appel du FPI et de la majorité de la population ivoirienne, en libérant le président Gbagbo. De façon à ce que le président Gbagbo prenne part au débat sur la nécessaire réconciliation ivoirienne. Voilà comment j’interprète le geste du CNRD.

Certaines personnes perçoivent cet acte du CNRD comme un abandon progressif de Laurent Gbagbo par sa famille politique. Est-ce votre cas?

Non, absolument pas! Je connais très bien nos amis du CNRD, et je ne pense pas un seul instant qu’ils voudront porter la lourde responsabilité de trahir le président Gbagbo. Vous savez, ce qui porte le CNRD, c’est le FPI. Et je pense que nos amis du CNRD qui sont des gens assez intelligents, sont bien conscients que le CNRD sans le FPI ne vaut rien; c’est une coquille vide. Ça, je le dis en tant qu’observateur et peut-être que les hommes politiques me démentiront. Sinon en tant que simple observateur et de façon objective, c’est ce qui est la réalité. Maintenant, je ne pense pas que politiquement, les responsables du CNRD peuvent prendre la responsabilité d’aller aux élections, alors que le FPI et la majorité des Ivoiriens demandent que la paix revienne en Côte d’Ivoire. Et pour que la paix revienne en Côte d’Ivoire, comme le dit si bien le FPI, la condition sine qua non, c’est que le président Gbagbo et tous les autres détenus politiques soient libérés. Et que toutes les parties au conflit en Côte d’Ivoire s’asseyent et discutent.

Que dites-vous de la position du ministre des Droits de l'Homme, Coulibaly Gnénéma, qui pense qu'envoyer Gbagbo à la CPI est la solution à la paix en Côte d’Ivoire?

Vous savez, quand on est autour d’une table de discussion, chacun vient avec son point de vue, ses idées qui sont parfois même au-delà de la raison. Écoutons ce que le ministre des Droits de l’Homme dit, et écoutons aussi ce que la raison et la réalité commandent. Si on veut une paix véritable pour la Côte d’Ivoire et dans la sous-région, il faut libérer le président Gbagbo. C’est à ce prix-là que les Ivoiriens pourront se parler et se réconcilier.

Est-il possible aujourd’hui d’envoyer Laurent Gbagbo à la CPI?

Je ne voudrais pas m’étendre sur ce dossier, parce que nous sommes en train de travailler activement là-dessus. Pour moi, il n’y a aucune raison, ni politique, ni juridique, ni objective pour que le président Gbagbo se retrouve à la CPI (Cour Pénale Internationale). D’abord sur le plan juridique, vous savez autant que moi que la Côte d’Ivoire n’a pas ratifié le traité de Rome instituant la Cour Pénale Internationale. Qu’est-ce que cela veut dire? A supposer que par extraordinaire, la communauté internationale, qui soutient le président Ouattara, prenne le risque grave de transférer le président Gbagbo à la CPI. Elle ne sera pas en mesure de juger le président Gbagbo. Parce que la CPI n’a aucune compétence de jugement. La seule compétence que la CPI a aujourd’hui en l’état actuel des choses, c’est de mener des enquêtes sur tel ou tel événement ou fait qui s’est passé en Côte d’Ivoire; et ensuite faire un rapport. C’est vrai que le droit commande à la CPI que pendant cette phase d’investigations, si elle considère que la présence de telle ou telle personne sur le territoire ivoirien est nuisible à la paix, alors la CPI peut l’éloigner de la Côte d’Ivoire. Mais je vous rappelle que sur cette condition, le rapport de la Commission des Droits de l’Homme de l’Onu, dans sa dernière livraison, est très clair. Il soutient que la présence du président Gbagbo en Côte d’Ivoire, n’est nullement un obstacle à la paix, ni pour le pays, ni pour la sous-région. Au contraire, sa présence rassure et est même un élément stabilisateur. Donc une éventuelle décision de transfèrement du président Gbagbo à la CPI serait juridiquement hasardeuse et politiquement très grave.

A quand remonte votre dernière visite à l’ex-couple présidentiel ivoirien, et dans quel état physique et psychologique les avez-vous trouvés?

J’ai eu l’honneur de rencontrer le président Laurent Gbagbo pour la dernière fois le 17 septembre. Je l’ai rencontré deux fois. La première fois, c’était le 5 septembre, et la dernière fois, c’était le 17 septembre en compagnie de mes confrères, Maîtres Vergès et Dumas. La première Dame, je l’ai vue le 7 septembre. Ils ont le moral haut. Le président Gbagbo est un homme moralement très fort. Mais ce qui m’a marqué, moi personnellement chez lui, c’est son absence de haine. J’étais étonnée de voir que quelqu’un qui a été si violemment trahi, si violemment insulté injustement par la prétendue communauté internationale et par nous, les Africains et les Ivoiriens surtout, n’ait conservé aucune trace de haine ni de vengeance dans ses propos. Je dis bien aucune. Et ça, vous savez, depuis le 26 mai 2011 que j’ai eu l’honneur de le rencontrer pour la première fois dans sa résidence surveillée de Korhogo, cela m’a frappée. Tout cela me laisse penser que le président Gbagbo prend sa force morale et mentale dans l’amour profond qu’il a pour la Côte d’Ivoire et pour le peuple ivoirien, qui fait qu’il met l’intérêt de la Nation ivoirienne au-dessus de sa propre personne et de son propre sort. Donc sur ce plan-là, le président Gbagbo va très bien. Il est debout, comme il le dit lui-même : «Je suis débout parce que la cause en vaut la peine; parce que la question n’est pas de savoir qui me déteste moi Gbagbo ou qui m’aime. Mais la question est de savoir, est-ce qu’aujourd’hui au 21ème siècle, nous allons accepter que la Côte d’Ivoire en particulier et l’Afrique en général, redeviennent le vassal de l’Occident?». Voilà la question fondamentale qui fait que le président Gbagbo est debout.

Quelle est, selon vous, la part de responsabilité de Laurent Gbagbo dans la crise ivoirienne?

Votre question est intéressante, parce qu’en tant qu’acteur majeur de la vie nationale pendant au moins trente (30) ans, il serait même insultant de dire que le président Gbagbo n’a aucune responsabilité dans cette crise que connaît la Côte d’Ivoire depuis 1993. Je dis bien 1993. Aurait-il fallu qu’en 1993, au lieu de dire non à Ouattara qui voulait marcher sur la Constitution ivoirienne et arracher le pouvoir à Bédié, le président Gbagbo lui dise:« oui, piétinons la Constitution, monsieur le Premier ministre, prenez le pouvoir et donnez-moi un strapontin ?». Je ne sais pas. Quand en 2002, les rebelles viennent attaquer les institutions de la République et qu’en 2003 on se retrouve à Marcoussis et qu’on demande encore au président Gbagbo, ensemble marchons sur la Constitution, est-ce qu’il aurait fallu dire oui ? Est-ce qu’en 2004, quand la France, en dehors de toute légalité et de toute légitimité, a tiré sur la population ivoirienne, qui s'est levée pour défendre ses institutions, et en a tué 100, Gbagbo aurait dû applaudir et féliciter comme les autres, l’armée française? Quand en 2010 le Conseil constitutionnel, s’appuyant sur la Constitution adoptée par référendum non sous Gbagbo mais sous un autre président, le général Guéi Robert, dit que c’est vous qui êtes élu au regard des procès-verbaux des bureaux de vote et des observations factuelles des observateurs internationaux, y compris ceux de l’Union européenne, est-ce que le président Gbagbo, déclaré vainqueur de la présidentielle par le Conseil constitutionnel, aurait dû dire ''non, comme la communauté internationale dit que ce n’est pas moi, donc je ne respecte pas ma Constitution, je m’en vais?''. Je ne le pense pas. Quand le 26 mars, le président Gbagbo dit qu'il accepte finalement, pour la paix dans son pays, la feuille de route de l’Union africaine et la nomination du Haut Représentant de l’UA, qu’il vienne; et que le lendemain Ouattara, soutenu par les forces françaises et dans une moindre mesure par les forces de l’Onuci, attaque la Côte d’Ivoire, est-ce que le président Gbagbo aurait dû, devant cette attaque, ne pas défendre les institutions comme la Constitution de son pays l’exige? Est-ce qu’il aurait dû s’enfuir? Je me pose toutes ces questions, et je pense que les réponses objectives à toutes ces interrogations détermineront la responsabilité du président Gbagbo devant l’Histoire.

Le dernier rapport de Human Rights Watch le cite nommément comme le principal responsable des tueries de la crise post-électorale, qui a fait officiellement 3.000 morts en Côte d’Ivoire. Qu'en dites-vous?

Je vous arrête tout de suite, monsieur. Vous savez, j’ai regardé et lu ce rapport. C’est un rapport pitoyable, je le dis en connaissance de cause et je pèse mes mots. Figurez-vous que ce rapport dans ses grands titres, souligne que c’est Gbagbo qui est responsable. Mais quand vous lisez son contenu, il n’y a aucun fait ni preuve qui vient soutenir ou étayer cette affirmation grave. D’ailleurs, il y a certains de mes confrères qui vont porter plainte contre Human Rights Watch pour diffamation. Que veut l’Occident? Nous sommes dans un monde où les rebelles sont légitimés et légalisés par la soi-disant communauté internationale. On demande aux gens qui sont au pouvoir dans un pays, qui sont là pour défendre les institutions et le pouvoir d’État, qui sont institutionnellement installés, de laisser les rebelles les attaquer, attaquer les institutions de leur pays, tuer leurs populations sans riposter. On leur dit de fuir et d'aller en exil doré qu’on propose. Mais ce n’est pas cela la vie des Nations. La vie des Nations est régie par la Charte des Nations unies, qui pose comme principe fondamental le respect des institutions des États, le respect de la souveraineté nationale et le devoir de non-ingérence dans les affaires intérieures des États. Sur quoi ou sur quel texte Human Rights Watch et la prétendue communauté internationale s’appuient pour intervenir ou donner leur point de vue dans les pays africains? On peut difficilement prendre au sérieux une telle affirmation venant de cette ONG. Gbagbo, président de la République, chef suprême des armées, n’est pas un chef de guerre. Ouattara, qui vient avec les rebelles et qui ne s’en cache pas, c’est un chef de guerre. C’est tout de même curieux que Human Rights Watch n’en dit pas mot. Aujourd’hui, ce que nous soutenons devant le Conseil de sécurité de l’Onu et devant la CPI à qui nous avons écrit, c'est qu'ils jouent leur crédibilité dans cette affaire. Il est impensable aux yeux des Ivoiriens, des Africains et de toutes les personnes éprises de justice, qu’on parle de responsabilité de Gbagbo pour faits de guerre dans un rapport, en laissant Ouattara. Ce n’est même pas possible, c’est inconcevable et indécent.

Vos actions sont concentrées au niveau international, donnant l'impression que Gbagbo est le prisonnier de la communauté internationale. Avez-vous d'autres actions au niveau national pour la libération de votre client?

Nous sommes un pool d’avocats. Et j’ai mon excellent confrère ivoirien, Me Baroan, qui fait un travail formidable sur le terrain, et avec qui nous travaillons en concertation sur toutes les procédures juridiques qui doivent être faites sur le plan du droit national ivoirien. Nous avons le point de vue suivant, qui ne nous empêche pas de parler avec les autorités ivoiriennes. La prétendue communauté internationale, et plus précisément la France, est intervenue en Côte d’Ivoire en se prévalant de ce qu’on a appelé la résolution 1975 du Conseil de sécurité de l’ONU. Cette résolution est très claire: elle prône le principe de neutralité, d’impartialité et donne à la force des Nations unies en Côte d’Ivoire, l’ONUCI, une mission de protection des civils et de destruction des armes lourdes du moment où celles-ci sont dirigées contre les populations civiles. Donc en tenant compte de cette base juridique, nous continuons à penser que la situation dans laquelle se trouvent le président Gbagbo, tous ses collaborateurs et les membres de sa famille aujourd’hui, découle du non-respect de cette résolution 1975 par la France et les Nations unies. C’est la raison pour laquelle nous n’avons de cesse de rappeler à ces deux entités de la communauté internationale que la situation des détenus aujourd’hui au nord de la Côte d’Ivoire, en tout cas pour tous ceux qui se trouvaient à la résidence du président Gbagbo le 11 avril 2011 et qui ont été appréhendés avec le soutien des forces françaises, ceux-là sont les prisonniers du fait du non-respect par la France, pays en principe des Droits de l’Homme, de la résolution 1975. Et cette question du non-respect d’une résolution des Nations unies, nous n’allons pas la lâcher. C’est pourquoi notre action est toute tournée en grande partie sur le plan international.

Vous avez saisi l’ONU pour demander une enquête internationale sur les tueries des femmes d'Abobo début mars 2011. A quoi répond cette demande?

Je voudrais rappeler que le président Gbagbo, soutenu d’ailleurs par un rapport de son ministre de la Défense, Alain Dogou, souhaite que la vérité soit faite sur les tueries d’Abobo, notamment celle des 7 femmes. D’abord pour déterminer s’il y a eu tueries, et si oui, identifier les véritables auteurs. Cela est d’autant plus important que l’identification de l’auteur ou des auteurs va permettre au peuple ivoirien, à l’Afrique et à la communauté internationale de savoir véritablement ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire. Et s’il y a des ONG, comme Human Rights Watch, qui s’amusent à accuser le président Gbagbo, c’est le moment de soutenir la mise en place d’une Commission d’enquête internationale sur les tueries des 7 femmes d’Abobo, de sorte que la vérité se manifeste. A cet effet, le porte-parole du président Gbagbo, le ministre Koné Katinan, a écrit au Secrétaire général des Nations unies pour demander la mise en place d’une Commission d’enquête internationale afin de faire toute la lumière sur ces faits. Nous ne doutons pas un seul instant que Ban Ki-Moon donnera une suite favorable à notre requête, si tant est que la communauté internationale veut savoir la vérité en Côte d’Ivoire. Car ce sont les présumées tueries des 7 femmes d’Abobo qui ont déclenché les bombardements de l’armée française et de l’Onuci sur la résidence du président Gbagbo et les massacres des populations civiles.

Mme Bourthoumieux, vous êtes aussi l’avocate des victimes des événements de novembre 2004. A quel niveau se trouve ce dossier aujourd'hui?

Tout d’abord, je voudrais m’incliner respectueusement sur la mémoire de la centaine de civils ivoiriens froidement tués par l’armée française, parce que nous sommes dans la période de commémoration de ces tristes et douloureux événements. Je donne également tous mes encouragements aux 2500 blessés dont 300 handicapés à vie, qui continuent encore à penser qu’ils se sont battus pour la défense des institutions de la République et que si c’était à refaire, ils le referaient. Pour que soient respectées la liberté et la libre détermination du peuple ivoirien ainsi que la souveraineté de l’État de Côte d’Ivoire, qui passe par le respect de ses institutions. Où en est le dossier? Vous savez que le président Gbagbo avait, pour des raisons politiques mais aussi et surtout pratiques, choisi un règlement à l’amiable. Sur le plan pratique, le président Gbagbo avait fait le raisonnement suivant: si nous optons, comme le droit nous le permet, de traduire les autorités françaises devant un tribunal pénal, notamment le Tribunal Pénal aux Armées de Paris, parce que c’est cela la procédure, nous allons rentrer dans une procédure très longue qui ne serait pas profitable aux victimes elles-mêmes. Parce qu’elle peut durer plus de 20 à 30 ans. Et nombreuses sont les victimes qui ne verraient pas l’aboutissement de cette procédure et n’auraient pas le bénéfice de la décision ultime, puisqu’elle ne les trouverait certainement pas en vie. Donc le président Gbagbo a préféré à une procédure très longue, un règlement amiable dont l’intérêt est d’accélérer l’indemnisation des victimes.

Sept (7) ans après, les victimes continuent toujours d'attendre, alors que les victimes françaises ont été en partie dédommagées par la Côte d’Ivoire...

C’est vrai, mais ce n’est pas faute d’avoir engagé la procédure de règlement amiable auprès des autorités françaises. Nous avons écrit au président Sarkozy en janvier 2010 pour lui faire cette proposition de règlement amiable au nom des victimes, en lui montrant bien que nous ne voulions pas d’une procédure conflictuelle qui risquait de mettre à mal les relations entre les deux pays. Et dans un premier temps je n’ai pas été déçue, puisque la semaine qui a suivi l’envoi de notre courrier, nous avons eu une réponse de l’Élysée nous informant qu’ils avaient pris connaissance avec intérêt de notre courrier, et qu’ils entendaient y donner suite. Et qu’ils transmettaient le courrier à la ministre française de la Justice d’alors, Mme Michèle Alliot-Marie...

La ministre de la Défense française au moment des événements de novembre 2004…

Exact. Nous nous sommes approché de Mme Alliot-Marie qui, au téléphone, nous a laissé un peu dans le vague. Nous avons compris qu’elle était quelque peu embêtée, parce que comme le disait le président Gbagbo, nous entendions vider le contentieux de novembre 2004. Donc elle a fait traîner les choses en prétextant un emploi du temps chargé, jusqu’à ce qu’on arrive aux élections présidentielles et ce que nous savons tous.

Peut-on dire, à ce jour, que la cause des victimes ivoiriennes est définitivement perdue auprès des autorités françaises?

Ah non! Il n’est plus question de règlement amiable. Mais nous sommes en train de travailler à faire avancer rapidement ce dossier, et permettez que je n’en dise pas plus là-dessus.

Le régime a changé en Côte d’Ivoire, et les victimes de novembre 2004 sont inquiètes pour leur sort. En avez-vous déjà saisi les nouvelles autorités?

Nous sommes en train de travailler en étroite collaboration, les représentants des victimes et nous, sur cette 7ème commémoration. Nous sommes en plein préparatifs. Au départ, on voulait organiser une marche symbolique allant de la RTI à l’hôtel Ivoire, à Cocody. Mais cette idée a été écartée par les victimes elles-mêmes, parce que m’ont-elles dit, les questions de sécurité ne sont pas réglées depuis. Et elles n’ont pas pu obtenir les autorisations nécessaires. Ensuite, après cette marche symbolique, les victimes avaient manifesté le désir d’aller saluer leurs camarades qui sont doublement victimes puisqu’ils se retrouvent dans des camps de déplacés à Bingerville et à l’intérieur du pays. Mais pour des raisons évidentes de sécurité, ces deux activités semblent hasardeuses. Donc du coup, nous sommes en train de réfléchir sur la possibilité de préparer un document que nous adresserons aussi bien à la communauté internationale qu'aux nouvelles autorités ivoiriennes.

Madame Bourthoumieux, quelle est votre plus grande préoccupation aujourd’hui?

Ma plus grande préoccupation aujourd’hui, c’est la paix, la véritable paix en Côte d’Ivoire. Parce que la paix en Côte d’Ivoire, et ça je le dis en tant qu’observateur, va conditionner la paix en Afrique. Et je sais que cette paix en Côte d’Ivoire, elle passe par la vérité et la réalité des faits. Elle passe nécessairement par un débat inclusif qui comprendrait, par ordre protocolaire, le président Bédié, le président Gbagbo et le président Ouattara. C’est la condition sine qua non pour la paix en Côte d’Ivoire et en Afrique. L’Afrique et le monde entier regardent la Côte d’Ivoire. Parce que de la solution en Côte d’Ivoire dépendront les 50 prochaines années de nos États et de nos peuples d’Afrique. La question est de savoir si nous, Africains, nous allons être capables de prendre notre destin en main, un jour. Ou bien nous allons continuer encore pour ces 50 prochaines années à tendre la main à l’Occident, quémander vers l’extérieur, alors que nous avons tout chez nous pour vivre dans la paix et développer nos nations. Voilà ma préoccupation, qui rejoint le sens du combat mené par le président Gbagbo.

Interview réalisée par Hamadou Ziao et Anassé Anassé



Source: L'INTER

03/11/2011

Kouassi Ouraga Bertin, chef du village de Mama : “Nous demandons la libération de notre fils”



Source : Notre voie du 03/11/2011 Auteur: Benjamain koré

Le chef du village de Mama, Kouassi Ouraga Bertin, se prononce sur la détention de Laurent Gbagbo, fils de Mama. Il explique comment les populations ont subi le changement brutal de régime et dit ses vérités sur la Cour pénale internationale (Cpi).

Notre Voie : Le Président Laurent Gbagbo est en prison à Korhogo depuis son arrestation ? le 11avril 2011. Vous, chef du village de Mama, son village natal, quelle est votre opinion sur sa détention ?

Kouassi Ouraga Bertin : Le souhait d’un père est de voir son fils libre et jouir de ses droits. Notre fils et frère Laurent Gbagbo a été arrêté et se trouve en prison avec de nombreux Ivoiriens, et beaucoup d’autres vivent toujours en exil. Des mandats d’arrêt sont lancés contre beaucoup d’entre eux. Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est gouvernée par un nouveau chef de l’Etat. En politique, un Président est toujours changeable. C’est-à-dire quand un Président part, un autre arrive. Ainsi, nous avons connu Houphouet, Bédié, Guéi et Gbagbo. Mais partir du pouvoir est une chose. Et comment en partir en est une autre. En Afrique, on utilise la violence pour enlever les gens au pouvoir quand on sait que ces gens travaillent bien pour leurs peuples et qu’ils peuvent être réélus. C’est arrivé, Gbagbo est en prison. Mais, nous ses parents, notre souhait est de le voir retrouver sa liberté.

N.V. : Vous souhaitez le voir libre, mais les nouvelles autorités ne cachent pas leur volonté de le traduire devant la justice. Comment trouvez-vous leur démarche ?

K.O.B. : Si les nouvelles autorités ivoiriennes tiennent à juger Gbagbo, nous demandons qu’il soit jugé selon les lois ivoiriennes. Si les autorités ivoiriennes veulent juger Gbagbo, alors nous disons qu’il ne doit pas y avoir un jugement spécifique. Au-delà, nous nous demandons toujours de quoi on accuse Gbagbo et pourquoi on veut le juger. Nous nous interrogeons toujours sans trouver la raison.

N.V. : Les autorités accusent Gbagbo d’avoir commis des crimes de sang dans la crise post-électorale qui relèvent selon elles de la compétence de la Cour pénale internationale (Cpi). Ne pensez-vous pas que ces accusations sont suffisamment graves ?

K.O.B. : Sincèrement, Gbagbo que je connais, je ne crois pas qu’il soit capable de verser une goutte de sang. Si tel était le cas, nous disons que Gbagbo ne doit pas avoir un jugement spécifique. Si nos autorités estiment qu’il a commis des crimes de sang, alors nous demandons que soient également jugés tous ceux qui ont tué depuis 2002 jusqu’à ce 30 octobre 2011 où vous êtes avec nous. Nous ne nous opposons pas aux nouvelles autorités du pays. Mais nous demandons : qu’est-ce que Gbagbo a fait dans la crise post-électorale que les autres n’ont pas fait ? Qu’est-ce que Gbagbo a fait dans la crise post-électorale que les autres ne continuent pas de faire ? Nous n’avons rien contre le Président Alassane Dramane Ouattara, mais nous voulons savoir pourquoi on s’acharne sur Gbagbo seulement.

N.V. : Pourquoi pensez-vous que c’est un acharnement sur Gbagbo ?

K.O.B. : C’est vraiment un acharnement. Parce que, ici à Mama, la résidence de Gbagbo n’existe plus que de nom. Il ne reste que le bâtiment. La résidence de Gbagbo a été mise à sac. Dites-nous à quel autre Président ivoirien, on a fait ça !

N.V. : C’est Gbagbo qui fait l’objet de poursuite parce que les autorités pensent que c’est par lui que les gens ont été tués. Ces accusations ne sont-elles pas graves à vos yeux ?

K.O.B. : Pourquoi on accuse uniquement Gbagbo d’avoir commis des crimes ? Pourquoi on ne remonte pas à 2002 ? Pourquoi on n’ouvre pas les yeux sur les crimes qui ont été commis à l’Ouest ? L’Ouest ne fait-il pas partie de la Côte d’Ivoire ? Tout le monde doit aller à la Cpi et on verra qui restera là-bas et qui reviendra. Ici, des populations que nous avons accueillies sur nos terres nous ont attaqués et continuent de nous séquestrer. Des gens sont morts en brousse. Moi qui vous parle, j’ai fait 16 jours dans la forêt ; je me cachais. Et j’ai tout perdu, mes deux voitures et mes bêtes. Mais ce que j’ai perdu ne vaut pas l’emprisonnement de Gbagbo. Des gens qui avaient quitté le village, il y a 5 ou 10 ans reviennent occuper nos terres. Nous sommes envahis par des dozos (chasseurs traditionnels malinké pro-Ouattara, supplétifs des Frci, ndlr) qui circulent nuit et jour dans nos villages et forêts. Ils nous séquestrent et nous terrorisent. On nous a arraché nos fusils de chasse de type calibre 12 et ces armes ont été remises à des gens qui nous séquestrent. On veut nous anéantir.

N.V. : A vous entendre, on a le sentiment que vous avez gros sur le cœur…

K.O.B. : Nous n’avons pas peur, nous n’allons pas fuir. Nous ne menaçons pas, mais c’est un cri de cœur. Nous demandons qu’on libère notre frère Gbagbo. Il y a un proverbe qui dit : quelle que soit la laideur du petit du chimpanzé, son père l’aime. Tout le village de Mama veut son fils. Si on nous le permettait, c’est tout le village de Mama qui irait à Korhogo pour voir Gbagbo.

N.V. : Ne craignez-vous pas qu’on assimile votre position à un sentiment de rejet des nouvelles autorités ivoiriennes ?

K.O.B. : Non ! Loin de là. Nous n’avons jamais renié le Président Ouattara. Nous n’avons jamais renié Guillaume Soro, qui est un enfant. On dit que tous les chemins mènent à Rome. Il a pris son chemin. Alassane Ouattara est Président. Nous adhérons à sa politique, mais nous voulons qu’on allège nos souffrances. Nous voulons qu’on libère Gbagbo pour qu’il vienne vivre avec nous ici à Mama.

N.V. : Le chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara, prône le pardon et exhorte à la réconciliation nationale. Etes-vous disposé à vous y impliquer malgré votre demande de libération du Président Gbagbo ?

K.O.B. : Nous sommes engagés dans la voie de la réconciliation. Nous étions à Yamoussoukro à l’investiture du Président Ouattara. Nous étions plus de 100 chefs de Gagnoa à rencontrer l’ancien Premier ministre Charles Konan Banny pour lui dire que nous le soutenons. Mais nous avons demandé la libération de Gbagbo et de tous les autres prisonniers. Nous demandons qu’on permette le retour des exilés. Actuellement, il est impossible d’aller voir Gbagbo en prison et on veut nous réconcilier. Cela ne nous plaît pas. Qu’on libère Gbagbo et tous les prisonniers pour aller à la réconciliation nationale n





Interview réalisée à Mama (Ouragahio) par Benjamin Koré

Guy Labertit (PS français): “La Côte d'Ivoire ne peut se réconcilier qu’avec Gbagbo vivant et libre”



Source : Notre voie du 03/11/2011


Guy Labertit est un proche de Laurent Gbagbo. Délégué Afrique du Parti socialiste français pendant treize ans (1993-2006), il a rencontré le Président sortant de Côte d’Ivoire alors qu’il était réfugié à Paris, voici une trentaine d’années.

Qu’est-ce que l’arrestation de Laurent Gbagbo vous inspire?

Guy Labertit : Une profonde honte par ce qui a été fait par l’État français. C’est une intervention militaire qui nous ramène soixante ans en arrière, avant même les indépendances africaines. La France a totalement outrepassé le mandat qu’elle était censée avoir. M. Gbagbo a pu être livré à M. Ouattara grâce à l’intervention militaire de la France. A mes yeux c’est une violation flagrante du droit international. Et une tache indélébile dans les rapports entre la France et le continent africain.

D’un point de vue tactique, cette intervention était-elle un bon calcul de la part de la France?

G.L : Je pense que la politique de Nicolas Sarkozy ouvre le golfe de Guinée aux Etats-Unis. Le président Obama a tenu les mêmes positions que M. Sarkozy, mais lui a laissé faire le sale travail…

Les pays d’Afrique de l’Ouest ont pensé intervenir eux-mêmes en Côte d'Ivoire…

G.L : Je pense qu’après un certain temps, il y aura une profonde honte chez les chefs d’Etat africains d’avoir laissé un de leurs pairs entre les mains de l’ancienne puissance coloniale.

L’arrestation de Laurent Gbagbo annonce-t-elle la fin du conflit entre les deux clans ivoiriens?

G.L : Pas du tout. Je pense au contraire que la Côte d'Ivoire ne peut se réconcilier qu’avec Laurent Gbagbo vivant et libre. Les gens à qui il a été livré sont ceux-là mêmes qui ont tenté de le renverser par un coup d’État en 2002 alors qu’ils étaient associés au gouvernement. L’objectif est clair: depuis dix ans, il s’agissait d’écarter Laurent Gbagbo.

Pourquoi Gbagbo est-il selon vous indispensable à la réconciliation des Ivoiriens?

G.L : Un Ivoirien sur deux a voté pour lui… Il est majoritaire dans Abidjan et dans quatorze des dix neuf régions du pays.

Pour vous, Paris n’est pas intervenu pour la démocratie…

G.L : M. Ouattara est l’homme qui a fait arrêter M. Gbagbo en 1992 alors qu’il était Premier ministre. C’est l’homme qui a promulgué la loi anti-casseurs, qui a imposé les cartes de séjour. M. Gbagbo est celui qui a supprimé les cartes de séjour, qui a fait adopter la loi pour l’assurance-maladie universelle, qui a créé la décentralisation et qui a promulgué l’enseignement primaire gratuit…

Comment expliquez-vous l’unanimité de la communauté internationale?

G.L : Cette affaire a été très bien préparée. Comme M. Gbagbo était le fils des élections, il fallait le contourner par des élections. Le pays comporte 19 régions. Sur 14 régions qui représentent 83 %de l’électorat, M. Gbagbo avait 7 points d’avance. C’est sur les 17 % des cinq régions du nord, où le scrutin a été faussé parce que la rébellion n’avait pas désarmé, que M. Ouattara a inversé le résultat. M. Gbagbo n’a donc pas perdu le scrutin du 28 novembren



Propos recueillis par Frédéric Rohart


26/10/2011

Débat autour des résultats de la présidentielle de 2010: Amon Ago Marthe répond à Venance Konan


Venance Konan, directeur général de Fraternité matin, s’est autorisé à réagir, dans un éditorial, à une interview de la 1ère Vice-présidente de l’Assemblée nationale publiée par Notre Voie (voir Fraternité Matin n°14073 du Lundi 24 Octobre 2011). Ci-dessous, la réplique de Mme Amon Ago Marthe.
J’espère de tout cœur que l’Eternel Dieu d’Amour plein de Tendresse pour ceux qui le craignent m’accordera cette grâce d’être élue un jour membre de cette assemblée Sainte. Que Dieu vous bénisse pour cette prophétie.

Dans la forme :
Il s’agit d’une interview que nous avons accordée à l’un de vos collègues. Si vous êtes intéressés par le débat, vous pouviez en solliciter une à votre tour pour répondre aux questions abordées dans votre éditorial. Cela aurait satisfait aux principes élémentaires du débat contradictoire au sein de toute population civilisée.

Dans le fond :
Je retiens une première leçon qui nous met d’accord : les textes fondamentaux sont sacrés, comme vous le dites et je suis très heureuse que vous le proclamiez ainsi. C’est pourquoi je voudrais en toute modestie vous inviter à tirer les conséquences de cette vérité.

1) Pour ce qui concerne ma fonction :
Vous avez écrit Vice-Présidente et non Première Vice-Présidente, ensuite vous écrivez ancienne Vice-Présidente de notre défunte Assemblée Nationale …

Examinons ensemble
notre Constitution.
A la différence des Vice-Présidents qui sont nommés par le Président de l’Assemblée Nationale, le Premier Vice-Président est élu au même titre que le Président de l’Assemblée Nationale conformément à l’article 65 de la Constitution.
En ce qui me concerne, j’ai été élue Première Vice-Présidente de l’Assemblée Nationale en Janvier 2001.
Il convient également pour votre propre gouverne de rappeler que la fin d’une législature est constatée après la proclamation des résultats de la nouvelle élection législative (art. 59 de la Constitution). Et à ma connaissance, depuis les dernières élections de 2001, il n’y en a pas encore eues d’autres en Côte d’Ivoire.
En 2005, à la fin théorique de notre mandat, l’Assemblée Nationale a saisi le Président de la République qui à son tour a saisi le Conseil Constitutionnel. Une réponse claire a été donnée pour que le mandat du Président de la République et de l’Assemblée Nationale coure de façon exceptionnelle, pour des raisons que vous connaissez certainement. Soit dit en passant, c’est parce que le mandat du Président Gbagbo Laurent courait qu’il a utilisé l’article 48 de la Constitution pour rendre éligible M. Alassane Ouattara aux élections présidentielles de 2010.
Par conséquent, tant qu’il n’y a pas eu de nouvelles élections législatives, la présente législature demeure conformément aux principes et à l’esprit de la Constitution (art. 59). Ce n’est pas parce que M. Mamadou Koulibaly a bloqué le fonctionnement de l’Assemblée Nationale pour cette année 2011 uniquement qu’elle est “défunte”. Savez-vous seulement que si l’Assemblée Nationale est “défunte”, c’est que la Côte d’Ivoire n’est plus une République, comme vous l’insinuez. En effet, la République est une forme d’Etat où le pouvoir est exercé par les délégués du peuple. L’Etat de Côte d’Ivoire s’est proclamé République Indépendante et Souveraine (art. 29 de la Constitution). Elle se qualifie de Démocratique (art. 30 de la Constitution). Ainsi, à l’article 32 de la Constitution, il est écrit que le peuple exerce sa souveraineté par la voie du Référendum et par ses représentants élus que sont le Président de la République ( pouvoir Exécutif, art. 35 et 41), et les Députés (pouvoir Législatif, art. 58 et 71).
Admettre que la Côte d’Ivoire n’a plus d’Assemblée Nationale, c’est reconnaître que la nation ivoirienne n’a plus de moyen d’expression.

2) Du pouvoir du Conseil Constitutionnel :
Où avez-vous vu inscrire que le Conseil Constitutionnel, Juge de la régularité des élections n’avait pas le droit d’annuler les élections de façon sectorielle ? Mais alors, comment avez-vous pu admettre que les résultats de la France soient annulés au premier tour, annulation qui a certainement permis à M. Alassane Ouattara d’accéder au deuxième tour de la présidentielle, et de priver ainsi M. Gbagbo Laurent d’être vainqueur au premier tour ?
Au-delà du Droit, referons-nous au simple bons sens et prenons les règles qui régissent les examens. En cas de fraude à l’examen, le Jury a-t-il le droit d’annuler uniquement les copies frauduleuses ou tout l’examen ? Même dans le cas d’un seul fraudeur a-t-on le droit d’annuler la copie frauduleuse ou tout son examen ? C’est au Jury d’apprécier l’ampleur et la nature des conséquences de la fraude. Savez-vous qu’en déniant au Conseil Constitutionnel son droit de juger en son âme et conscience, vous venez de porter atteinte également au troisième pouvoir d’un Etat qui se veut une République démocratique ? Car, pour combattre les dictatures, les penseurs ont proposé qu’il y ait trois pouvoirs séparés pour éviter les dérives des monarchies : le pouvoir Exécutif, Législatif et Judiciaire qui sont les trois piliers conférant l’harmonie et la stabilité à toute société moderne et civilisée, et donc démocratique.
Je vous invite à lire la décision qui a proclamé le Président Laurent Gbagbo vainqueur des élections. Et en tant que peuple civilisé, nous aurions dû commencer par dénoncer les irrégularités contenues dans cette décision et non faire des marches armées pour revendiquer.
Notez que L.M.P et son candidat ont suivi cette voie en faisant des réclamations en bonne et due forme malgré la violence sur ses représentants dans les bureaux de vote.

3)De la validation des résultats par l’O.N.U :
Vous dites bien validation des résultats par l’O.N.U et non proclamation des résultats par l’O.N.U. En effet, si l’O.N.U s’était contentée de valider les résultats comme convenu, il n’y aurait pas eu de problème car l’action de validation devrait amener l’O.N.U à dire en quoi les résultats proclamés par les organes compétents n’étaient pas conformes aux règles qui régissent les élections en Côte d’Ivoire. Celui qui valide ne peut pas se substituer aux organes chargés de proclamer les résultats. Valider un examen c’est vérifier que cet examen s’est déroulé conformément aux règles qui le régissent. Or ici, M. Choi n’a jamais dit en quoi les organes compétents pour la proclamation des résultats ont failli. Il s’est contenté de donner un résultat autre que celui proclamé par le Conseil Constitutionnel qui est l’organe compétent pour déclarer les résultats définitifs (art. 94 de la Constitution). Donc, vous voyez bien mon cher frère qu’il s’agit d’une question de souveraineté. Si l’O.N.U dénie aux organes prévus par la Constitution Ivoirienne leurs droits, c’est que la Côte d’Ivoire n’existe plus comme Etat souverain mais un Etat sous mandat de l’O.N.U. Alors je m’interroge : quel mandat ? Qui sommes-nous ? Puisque l’O.N.U n’est même pas un Etat, elle n’est qu’une association des Etats souverains. C’est pourquoi j’estime que le vrai débat de la réconciliation se situe à ce niveau : à savoir, quel type de société voulons-nous pour notre pays ? Sommes-nous un Etat souverain ou un Etat vassal ? Il faut que nous les Ivoiriens nous nous mettions d’accord sur ce point fondamental. C’est à ce débat que je vous invite modestement. Je suis tellement d’accord avec vous pour dire que les textes sont sacrés mais il faut tirer les conséquences de cette assertion pour ne pas permettre à qui que ce soit de se substituer à nous, peuple souverain de Côte d’Ivoire. Il y a donc eu vraisemblablement méprise sur les droits et devoirs de l’O.N.U en Côte d’Ivoire. Je suis si convaincue que si nous peuple de Côte d’Ivoire nous nous mettons ensemble pour traduire l’ONUCI devant les juridictions internationales compétentes afin d’apprécier les actes commis par son représentant en Côte d’Ivoire, nous verrons que cette juridiction va déclarer que l’ONUCI a outrepassé son pouvoir dans les élections en Côte d’Ivoire.
Par ailleurs, vous avez oublié de me dire ce que vous pensiez des invectives de M. Sarkozy au Président de la Côte d’Ivoire ? M. Laurent Gbagbo. Un Chef de la République représente l’Etat à l’extérieur de son pays, donc nous tous. Il est comme le Directeur Général que vous êtes qui représente le journal Fraternité Matin. Le Chef de l’Etat est ainsi le “Père” de la nation. Aussi, tant qu’il est en fonction, aucun fils ni fille digne de ce nom ne doit permettre qu’il soit déshonoré par le “Père” d’une autre nation.
Or, la Constitution de Côte d’Ivoire, le texte sacré dit à son article 39, la fonction du Chef de l’Etat ne prend fin qu’après l’investiture du nouveau Président de la République élu. Et même élu selon la Communauté internationale n’étant pas encore investi, nous devions toujours respect et honneur au Président en fonction. Il est donc du devoir de tout citoyen de défendre le nom du représentant de sa patrie.
Je vous invite donc à rassembler tous les fils et filles de Côte d’Ivoire pour une discussion sérieuse et sans passion autour de ce qui s’est passé, de la compréhension de nos textes fondamentaux afin de nous réconcilier véritablement. Vous voyez bien que j’avais raison de dire que c’est autour du thème de la souveraineté que doit se faire la réconciliation.
Ici, seuls nous deux donnons notre compréhension des faits et des textes fondamentaux qui nous régissent. Or, ce débat doit s’étendre à l’ensemble des Ivoiriens y compris ceux qui sont soit en prison, soit en exil. Vous comprenez donc que vous avez tort de vous opposer à ceux de vos parents qui demandent la libération des détenus et le retour des exilés, si tant est que vous souhaitez la vraie réconciliation entre tous les fils de ce pays. Il ne s’agit pas de légaliser ou de tolérer l’impunité comme vous semblez le penser. A propos de l’impunité, parlons-en.

4) De l’impunité
Je me réjouis que vous au moins vous reconnaissiez que cela fait au moins dix ans qu’il y a impunité dans ce pays. Permettez-moi de vous rappeler que M. Soro Guillaume en 2002, a revendiqué officiellement et publiquement la rébellion armée qui a fait plus de quatre mille morts selon les chiffres officiels.
Qu’avons-nous demandé à Marcoussis ? L’amnistie et la promotion des bourreaux de tous ces milliers de victimes.
Au demeurant, l’impunité dans notre pays va bien au-delà de la période que vous indiquez.
Jusqu’à présent, nous attendons encore que les auteurs des graves exactions commises sur les étudiants endormis lors de “l’expédition punitive” sur la cité universitaire de Yopougon en 1991 soient traduits devant les tribunaux de notre pays.

N.B : Je voudrais vous remercier au passage pour m’avoir canonisée avant ma mort.




Amon Ago Marthe, 1ère Vice-présidente de l’Assemblée nationale

19/10/2011

Prétendu meurtre de 7 manifestantes à Abobo / Alain Dogou (ministre de la défense de Laurent GBAGBO) : "Laurent Gbagbo n'est pas concerné". Révélations et vérités jamais dites sur cette affaire.

Source : Telediaspora.net du 18/10/2011

Selon son porte-parole, le président Laurent GBAGBO en détention
préventive à Korhogo a instruit ses avocats à l’effet d’engager les
procédures idoines pour que la vérité éclate dans l’affaire des femmes du
Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP)
qui auraient été tuées le 3 mars 2011, alors qu’elles manifestaient les mains
nues dans la commune d’Abobo. La chambre d’enquêtes préliminaire n°3
de la Cour Pénale Internationale a demandé au procureur, l’ouverture
d’une enquête sur les événements post-électoraux survenus en Côted’Ivoire.
En attendant l’aboutissement de ces procédures judiciaires, je
voudrais en ma qualité de Ministre de la Défense d’alors, présenter
d’abord mes condoléances aux familles de toutes les victimes de cette crise,
ensuite apporter mon témoignage sur l’affaire des femmes d’Abobo, et
enfin partager des interrogations sur cette affaire douloureuse vécue à
l’époque par le gouvernement du professeur Aké N’GBO.

1- LES FAITS

le jeudi 3 mars 2011, autour de 14 heures, au sortir du Conseil
hebdomadaire de Ministres, le premier coup de fil que je reçois lorsque je
reprends mon Global Système Mobile (GSM), est celui d’un journaliste de
Radio France Internationale (RFI) qui voulait avoir mon opinion sur l’assassinat de sept (7) femmes tuées à l’arme lourde à Abobo. Je lui réponds que c’est lui qui m’informait et lui ai demandé de me situer le lieu exact des faits qu’il me rapportait ainsi. Il me rétorqua qu’il ignorait lui-même le lieu exact mais, on lui a dit que c’était à Abobo à un carrefour. Je lui ai demandé lequel des carrefours de la
grande commune d’Abobo? Il m’a répondu qu’il ne connaissait pas bien la commune d’Abobo et qu’il n’était pas sur les lieux des faits qui lui ont été rapportés par une source qui n’en savait pas plus non plus. J’ai encore demandé s’il avait échangé au préalable avec ses confrères qui ont certainement plus d’informations que lui, ce qui me permettrait de diligenter rapidement, relativement au contexte, une enquête des Services d’intelligences dans l’attente des rapports des Services opérationnels. Il me répondit qu’eux non plus, n’en savaient pas plus que lui. Je lui ai alors conseillé de se rapprocher des Services du ministère de l’intérieur qui sont compétents à un premier niveau pour l’encadrement des manifestations publiques. A peine ai-je raccroché avec le journaliste de RFI que mon collègue,
Ministre de l’Intérieur m’appelle pour me dire qu’il venait de raccrocher avec un journaliste de l’Agence France Presse (AFP) qui l’a interrogé sur une prétendue répression par les FDS d’une marche de femmes RHDP à Abobo qui aurait occasionné six (6) morts. Je lui rapporte le contenu de mon entretien téléphonique avec le journaliste de RFI et mon collègue me dit que ce sont à peu près, les mêmes questions qu’il a posées au journaliste de l’AFP qui n’avait pas plus d’informations que celui de RFI. Dix (10) minutes plus tard, c’est le Ministre Porte-parole du Gouvernement Aké N’GBO, qui m’appelle au téléphone parce qu’assailli dit-il, par des journalistes de la presse étrangère qui réclamaient une déclaration du Gouvernement sur la répression sanglante par les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) d’une marche de femmes à Abobo. J’entre alors en contact avec le Commandant Supérieur de la Gendarmerie puis le Chef d’Etat Major pour en savoir un peu plus sur cette prétendue affaire. Ils me répondirent l’un après l’autre qu’ils n’en savent rien. Je leur demande néanmoins d’interroger leurs différents collaborateurs sur le terrain pour être situés sur ces allégations contre les FDS et de me faire parvenir un rapport circonstancié. Dans le même temps, les chaînes de télévisions françaises : I-Télé et France 24 diffusaient en boucle, des images d’une prétendue marche de femmes à Abidjan réprimée violemment par les FDS ayant occasionné (six) 6 morts. A l’évidence, les images qui sont diffusées pour illustrer les commentaires étaient des images d’archives d’une manifestation qui s’était
déroulée quelques mois plutôt dans une autre commune d’Abidjan. Mais, pour « tromper » les téléspectateurs, la mention « images d’archives » ne figurait ni en haut ni au bas de l’écran comme l’exige la déontologie en la matière. Les commentaires tendaient à montrer au contraire, que c’étaient des images de la marche qui avait commencé dans une ambiance de gaieté, le jeudi 3 mars 2011
et qui par la suite, auraient été dispersée à l’arme lourde par des FDS. Après les investigations de la Police et de la Gendarmerie, l’Etat Major des FDS a produit et rendu public le 4 mars 2011 un communiqué dans lequel il ne se reconnaissait pas dans une prétendue tuerie de femmes à Abobo à l’arme lourde consécutivement à une marche. Plus tard, au cours de la journée du vendredi 4 mars 2011, des images étaient diffusées sur des sites Internet où l’on voyait en gros plan, des hommes, des enfants et des femmes dans un fond de grand bruit puis soudain, une femme à terre avec du sang ou de l’éosine sur la tête, la camera fait un gros plan sur elle, et l’on voit qu’elle tente de se relever et quelqu’un lui souffle de se recoucher et on revoit la jeune dame entrain de se recoucher effectivement. Le cameraman certainement amateur va plus loin, fait un « balayage » rapide et présente en gros plan une femme dont la tête a explosé. Puis, dans un « zoom arrière », la camera montre le passage d’un blindé, d’un véhicule de Police et d’une ambulance.

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18/10/2011

Coup d’état, rébellion, guerre, élections et missions «dozotiques» en Côte d’Ivoire… Vous avez dit réconciliation ?



Source : Telediaspora.net du17/10/2011

Notre pays est dans une merde et toutes les contributions sensées qui peuvent apporter quelque chose de positif doivent être encouragées pour que le peuple retrouve sa quiétude. Pro-gbagbo ou pro-ouattara ce n'est pas cela le plus important, mais plutôt le peuple dans son ensemble et le développement du pays. N’étant ni pro-gbagbo, ni pro-ouattara, j'ai choisi pour la circonstance d'aller contre la politique « de va-en-guerre» de Mr Ouattara. Une politique qu'il a voulu camoufler en clamant sur tous les toits qu'il n'a rien à voir avec la rébellion, pendant que les rebelles eux-mêmes rassuraient leurs parents et partisans qu’ils ont pris les armes dans le seul but de porter Mr Ouattara au pouvoir, celui-là même qui les nourrissait dans le maquis, selon eux...
Aujourd’hui, c’est chose faite et les combattants parlent maintenant de réconciliation tout en continuant de tuer, de violenter, de manipuler, d’intimider…
Ailleurs, pour parler de réconciliation, on parlerait de guerre c'est-à-dire ce qui a déchiré le tissu social. Et si on parle de guerre, alors on parle donc de ce qui a provoqué la guerre. Et si on parle de ce qui a provoqué la guerre, on parle de pourquoi le choix de la guerre et non autre chose. Et puis on parle de qui a fait quoi…
En clair:
1. Ce qui a provoqué (CAUSE) le coup d’Etat du 19 septembre mué en rébellion est un point clé...
2. Le CHOIX d'un coup d'Etat transformé en rébellion est un autre point clé. Pourquoi une rébellion dans un pays comme la Côte d'Ivoire? Pourquoi prendre les armes pour tuer quelqu'un afin de placer un autre? A quelle fin? Pour construire des châteaux au Burkina Faso? Bref...
3. La gestion de cette rébellion et de cette guerre est aussi autre point clé…
4. Le choix des élections sans désarmement des rebelles est un autre point qu’il convient d’examiner…
5. Le conflit après les élections suite à une «victoire bicéphale»: Celle de Gbagbo et celle d’Alassane… Est-ce par cette violence sur le peuple ivoirien qu’il fallait trouver une issue? 3000 MORTS pour qu’une personne soit le Président d’un pays? Je suis bien curieuse de voir ce que nous allons gagner en retour… Plus que ce que le Président Houphouët nous a donné en 33 ans, j’espère!
Dans la vie, lorsqu’on n'est pas conséquent dans ce qu’on fait, on paie cher! Et l'inconséquence dans la politique Ivoirienne a coûté cher au peuple qui en a payé un lourd tribut. Des morts, des morts et des morts…
Maintenant on fait quoi? Après la pluie, vient le beau temps dit l’adage populaire.
Et moi je dis: Après les causes qui ont poussé à un coup d’état, après le coup d’Etat manqué, après la rébellion, après le refus de désarmer ou les élections sans désarmement, après la proclamation de la «victoire à deux tête», après la guerre de l’ONU, de l’Amerique et de la France pour enlever le Président Gbagbo du Palais présidentiel afin d’y installer son adversaire Ouattara, après l’emprisonnement des adversaires politique de Ouattara pour célébrer «la dozocratie», après la double-investiture par Paul yao N’dré, qui est un déni de la constitution… on fait quoi maintenant? Ou alors qu’est-ce qu’on fait maintenant?
Vous avez dit guerre? Vous avez dit réconciliation? C’est quoi au fait le son de vos tam-tams au rythme desquels nous ne savons guère danser? La nouvelle danse ivoirienne baptisée «la paix canon à la main»?
A vous voir et à vous entendre, on dirait qu’y a deux options. Soit on choisit de continuer sur la logique de la guerre ou alors on choisit de faire la paix… Dans les deux cas, le «comment» est la vraie question.
• Si on veut faire la guerre, comment on la fait et qu'est-ce que le peuple gagne ou perd? A quel prix? A quel Sacrifice?
• Si on choisit de faire la paix, comment on la fait et qu’est-ce que le peuple gagne ou perd ? A quel prix? A quel Sacrifice?
Quand on parle de réconciliation, je suppose que c'est le choix de faire la paix qui est ainsi fait. Meilleur choix à priori! La condition de ce choix devrait être qu’il soit fait d'un commun accord, et que les modalités de l'accord soient définies par toutes les parties en conflit dans ce que le pays vient de traverser. Mais on ne joue pas au "brave ou django réconciliateur" dans le cas de la Côte d'Ivoire, où chaque leader a ses partisans qui ne jurent qu'en son nom. Que ces leaders soient bons ou mauvais, qu'ils soient compétents ou non, c'est leur force de représentation qui compte et non notre volonté qui ne peut se réaliser que dans l’illusion; celle de penser que nos marabouts peuvent dompter tout un peuple pour obtenir de lui ce que nous voulons «par tous les moyens…»
On peut faire la guerre à un peuple contre son gré, mais on ne peut pas faire la paix avec son adversaire ou son ennemi contre son gré tout de même!
Quelle est donc cette réconciliation unilatérale et imaginaire qui emmène à se réconcilier avec l’autre en l’emprisonnant, en le traquant, en le menaçant voire en le tuant? Pire, comment peut-on songer à une réconciliation dans un pays comme la Côte d’Ivoire en maintenant Laurent Gbagbo en prison??? Aké N’gbo en prison??? Affi N’guessan en prison??? Simone Gbagbo en prison??? Vous vous imaginez de voir les parents et partisans de Laurent Gbagbo venir se réconcilier avec vous pendant que vous le traitez comme si c’était lui qui avait financé la rébellion qui a endeuillé la Côte d’Ivoire depuis 2002!!! Nul n’étant parfait à part Dieu, Gbagbo dans sa légitime défense a peut-être fait des erreurs et de mauvais calculs. Néanmoins ces erreurs et mauvais calculs ne sauraient remplacer ou même cautionner cette attaque, ce pillage et cette déstabilisation dont la Côte d’Ivoire est victime. Alors vouloir avoir Gbagbo coût que coût au TPI et songer dans le même temps à une quelconque réconciliation est un faux calcul! Sauf si je me trompe.
«On se réconcilie à condition que vous la boucliez, que vous ne portiez plus de t-shirts à l’effigie de Gbagbo, que vous ne fassiez plus vos meetings ou alors que vous ne voyez plus Gbagbo comme votre leader… sinon, nos dozos baptisés en FRCI vont faire des descentes dans vos campements, vos villages, vos quartiers et dans vos meetings pour vous frapper, vous blesser, détruire tout sur leur passage… » Quelle est cette stratégie de réconciliation!?!
Ce comportement qui renvoie à « la paix canon à la main » est à bannir à mon avis.
Ahhh, j’oubliais que l’Afrique, c’est bien le monde à l’envers où la logique d’ailleurs ne nous sied guère! Néanmoins, faisons l’effort d’être réalistes. Libérez les PRISONNIERS DE LA FRANCE (Gbagbo et son équipe) afin que Gbagbo, Alassane et Bedié se réconcilient d’abord. Et le peuple suivra après. Faites aussi l’effort de former ceux de vos dozo-frci qui ne savent pas que désormais, ils doivent protéger la population et non la tuer… Et puis condamner-les, lorsqu’ils commettent des exactions sur le peuple, si jamais vous n’êtes pas leurs complices ou alors si ce n’est pas qui les envoyez dans ces missions funeste, odieux et «dozotiques».
NB : Au lieu de vous en prendre aux prophéties et aux prophètes par qui Dieu passe pour vous donner ses avertissements, il faut plutôt vous en prendre à Dieu lui-même; car c’est bien lui qui, dans sa Souveraineté, s’apprête à faire sa Justice depuis les lieux célestes… Et vous savez mieux que quiconque, pourquoi Dieu vous frapperait ou non, pour ce que vous avez fait à la Côte d’Ivoire, sa Nation choisie!
Partageons ces enseignements SVP!
A qui Dieu révèle-t-il ses plans définitifs?
• Amos 3:7 - Car le Seigneur, l'Éternel, ne fait rien sans avoir révélé son secret à ses serviteurs les prophètes.
• Luc 11:49 - C'est pourquoi aussi la sagesse de Dieu a dit: Je leur enverrai des prophètes et des apôtres; et ils en tueront et en persécuteront.
• Matthieu 24:11- Plusieurs faux prophètes s'élèveront, et ils égareront beaucoup de gens.
• Actes 2:17 - Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute sorte de chair ; Vos fils et vos filles prophétiseront.
• Nombres 12:6 - Lorsqu'il y aura parmi vous un prophète, c'est dans une vision que moi, l'Éternel, je me révélerai à lui, c'est dans un songe que je lui parlerai.
• Jérémie 28:9 - Si un prophète prophétise la paix, c'est par l'accomplissement de ce qu'il prophétise qu'il sera reconnu comme véritablement envoyé par l'Éternel.
• 1 Thessaloniciens 5:20, 21 - Ne méprisez pas les prophéties. Mais examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon.
• 2 Chroniques 20:20 - (…) Confiez-vous en l'Éternel, votre Dieu, et vous serez affermis; confiez-vous en ses prophètes, et vous réussirez.
• Esaïe 8:20 - A la loi et au témoignage! Si l'on ne parle pas ainsi, Il n'y aura point d'aurore pour le peuple.
Dieu bénisse et restaure la Côte d’Ivoire!
15 Octobre, 2011

Une contribution de Rosalie Kouamé «Roska»

Présidente Fondatrice - Fondation Roskaroska_net@hotmail.com roska_net@yahoo.com

Visite de Luis Moreno Ocampo, en Côte d’Ivoire : Le Fpi émet des réserves

Source : Le Temps du 17/10/2011

Le Front Populaire Ivoirien (fpi) et ses alliés du Congrès National de la Résistance pour la Démocratie (Cnrd) se voient honorés de la visite qui leur est rendue par l’Honorable Luis Moreno-Ocampo, Procureur près la Cour Pénale internationale (Cpi) à l’occasion de l’enquête ouverte sur les crimes présumés relevant de la compétence cette Haute Cour de justice pénale internationale. Nous saluons cette initiative tout en restant circonspects.
Nous savions qu’à la demande des nouvelles autorités ivoiriennes, des membres du Bureau du Procureur s’étaient déjà rendus en Côte d’Ivoire pour des enquêtes officieuses. Mais, c’est par voie de presse que nous avons appris que le Procureur près la Cpi a été autorisé, à sa demande, par la Chambre Préliminaire III, à ouvrir «une enquête sur les crimes présumés relevant de la compétence de la Cpi qui auraient été commis en Côte d'Ivoire depuis le 28 novembre 2010.» La même source indique que les Juges de la Chambre Préliminaire III ont demandé au Procureur de leur fournir, par la même occasion, mais dans un délai d’un mois, «toute information supplémentaire à sa disposition, sur des crimes commis dans la période de 2002 à 2010 qui pourraient relever potentiellement de la compétence de la Cpi.»
Nous avons apprécié cette décision qui, d’une part, prend en compte les crimes contre l’humanité qui auraient été commis en Côte d’Ivoire par les forces armées en présence, à savoir :

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