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28/07/2011

Affaire ''l'examen blanc de l'IEP d'Attécoubé


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Affaire "l`examen blanc de l`Iep d`Attécoubé / L`épreuve d`histoire conteste l`élection d`Alassane Ouattara" Réaction à l'article de "Le Nouveau Réveil".
Source : Telediaspora.net du 27 juillet 2011

L'inspecteur de l'enseignement primaire d'Attécoubé, Diallo Ousmane, et ses enseignants intoxiquent les élèves de leur ressort territorial en leur inoculant des idées séditieuses. En effet, dans son inspection, on enseigne aux enfants du Cours moyen II (Cm2), la contestation des autorités actuelles et la révolte contre l'organisation des Nations-unies en Côte d'Ivoire (Onu-ci). De quoi s'agit-il ? Hier, comme cela se fait dans toutes les écoles de Côte d'Ivoire, un examen blanc a eu lieu au niveau des classes de CM2 de la commune d'Attécoubé que couvre l'inspection primaire dirigée par M. Ousmane Diallo. Quoi de plus normal que d'évaluer les enfants pour jauger leur niveau avant les examens à grand tirage. Mais, ce qui est ahurissant, ce sont les questions de l'épreuve d'histoire donnée aux élèves du primaire et le corrigé proposé. Les questions N°4 et N°5 sont révélatrices de l'intention de manipuler les enfants à des fins politiques. A la Question N°4, " Je nomme trois actions menées par l'Onu-ci lors de la crise post-électorale ", le corrigé proposé est : " -transport des rebelles (1pt)-armement des rebelles (1pt), tueries des soldats et civils ivoiriens (1pt) ". A la question N°5 " Je dis le nom du président de la République de Côte d'Ivoire lors de la crise post-électorale ", le corrigé proposé est : " Laurent Gbagbo (1pt) ". Les organisateurs de cet examen blanc, non seulement contestent la légitimité du président de la République actuel, mais et surtout tentent d'embrigader les enfants de Côte d'voire en les poussant à la désobéissance, à l'incivisme et plus tard à la rébellion. Ont-ils seulement conscience que leur rôle est de donner le savoir juste et constructif et que l'école ne fait pas bon ménage avec la politique aliénante ? Au moment où tout le monde parle le langage de la réconciliation, de la vérité et de la paix, il se trouve encore des gens qui continuent à rêver surtout à diffuser à la population la plus délicate et la plus fragile des germes de révolte contre l'autorité.
François Konan
Le nouveau réveil du 15 juillet 2011


J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’article ci-dessus du Le nouveau réveil du 15 juillet 2011. Pour me confesser, ce n’est pas un journal que j’ai l’habitude de lire. Je dirai même plus sincèrement que ce n’est pas un journal que je lis. Mais cette fois-ci, cet article a particulièrement et accidentellement accroché mon attention. Je crois bien que c’est parce qu’il est relatif à l’actualité sociale et politique encore brûlante de notre pays. Mais surtout parce qu’il s’agit de notre histoire encore très fraîche et davantage parce qu’il s’agit des enfants, c’est-à-dire ceux qui vont raconter plus tard notre malheureuse histoire aux générations futures et qui auront eux-mêmes en main la destinée de notre pays. Le journaliste qui a écrit cet article s’indigne ostensiblement du coup de notre histoire qui serait en train d’être tordu par M. l’inspecteur et ses enseignants « manipulateurs ». L’intention de mes propos n’est pas de refaire notre histoire récente, loin s’en faut. De toutes les façons je ne suis pas le mieux placé pour le faire. Les spécialistes s’en chargeront. Je ne dirai rien des questions posées et des réponses données. Je m’appesantirai plutôt davantage sur la conclusion qui semble être la pointe morale de l’article.
Je veux simplement m’interroger et interroger le journaliste qui prend tout le monde à témoin du fait que les enfants sont en train d’être préparés à la rébellion. Or donc, monsieur François KONAN, la rébellion est mauvaise ? Or donc elle ne mérite pas d’être faite ? Mes questions se justifient par le fait que vous et votre journal avez porté à bout de bras notre rébellion de pauvres depuis son éclatement en 2002 jusqu’à se qu’on croit naïvement et sans jugement et discernement être sa fin définitive en avril passé avec la « capturation » (ce néologisme malheureux n’est pas de moi, suivez mon regard) du Président Laurent GBAGBO. Vous avez été consciemment les apologistes et laudateurs inspirés de cette rébellion et les hagiographes et thuriféraires patentés des rebelles. Vos articles étaient biens dithyrambiques et panégyriques vis-à-vis des rebelles. Le monde entier les a lus. Pendant ce temps, nous vous faisions remarquer et comprendre qu’il est absurde et imprudent de prendre fait et cause pour une rébellion. Au plus fort de la crise poste électorale, objet de votre article, votre journal a redoublé d’ardeur de plus belle. Le mystérieux « commando invisible » avait des pages spéciales dans votre journal. Pour vous c’était la rébellion ou rien. Seules les armes pouvaient s’imposer à l’ancien régime. Il fallait donc faire la guerre. Il fallait que la sulfureuse ECOMOG vînt faire pleuvoir ses tristes bombes sur la tête des Ivoiriens. Et c’est ce qui fut fait. Aujourd’hui, vous avez réussi à incruster dans l’esprit de ces enfants que vous plaignez que seules les armes peuvent les conduire à la richesse et au bonheur, à la réussite sociale. Nous sommes tous témoins de tout cela. Je suis donc surpris que vous vous inquiétiez que ces enfants soient « manipulés », « embrigadés » et poussés à une rébellion. Vous avez soutenu la rébellion sans penser à l’avenir de la Côte d’Ivoire. Ce qui vous préoccupait, c’était de « chasser Gbagbo du pouvoir par tous les moyens ». Peut-être l’avez vous réussi. Mais le faisant, vous n’avez pas pensé à l’avenir. Et l’avenir, ce sont justement ces enfants du CM2 qui seront grands demain. « Les organisateurs de cet examen blanc, non seulement contestent la légitimité du président de la République actuel, mais et surtout tentent d'embrigader les enfants de Côte d'voire en les poussant à la désobéissance, à l'incivisme et plus tard à la rébellion. Ont-ils seulement conscience que leur rôle est de donner le savoir juste et constructif et que l'école ne fait pas bon ménage avec la politique aliénante ? » La question que vous posez à ces enseignants doit vous être également posée. Etes –vous suffisamment conscient, cher monsieur François KONAN, qu’en soutenant avec ardeur et zèle la rébellion, vous avez dévié de votre rôle de journaliste qui est aussi de « donner le savoir juste et constructif » et que le journalisme « ne fait pas bon ménage avec la politique aliénante » ? D’ailleurs, de quelle « politique aliénante » parlez-vous ? Vous qui brocardez à longueur d’articles tous ceux qui luttent pour la souveraineté de notre pays avec pour objectif de se débarrasser de l’impérialisme français devenu de plus en plus prégnante et offensante aujourd’hui ? Si vote article est une prise de conscience, je m’en réjouis religieusement même si celle-ci semble tardive. Vous vous engagez dans la bataille à nos côtés de façon tardive mais vous avez de la place. Vous dénoncez la rébellion aujourd’hui, ce que nous avons fait depuis son éclatement. Vous comprenez aujourd’hui que nos enfants risquent de devenir des rebelles par la faute de leurs aînés. C’est ce que nous avions voulu faire comprendre par notre engagement à défendre notre pays contre la rébellion. Vous craignez une « politique aliénante ». C’est ce que nous avons craint jusqu’aujourd’hui. Malheureusement nous n’avons pas été compris à cause de contradictions internes comme les vôtres par l’engagement de votre journal auprès du colon nouvel impérialiste. Comprenez maintenant que notre combat a un sens et donc qu’il vaut la peine. Nous avons un pays à protéger contre les rebellions d’aujourd’hui et de demain. Notre lutte était de soustraire notre pays de l’impérialisme français. Nous avions pour ambition en luttant, de protéger nos enfants, cette « population la plus délicate et la plus fragile », en leur communiquant les vertus de sagesse, de loyauté, de liberté, de patriotisme. Cela suppose qu’on avait l’intention de les éloigner de toute idée de rébellion en leur montrant des modèles. Nous voudrions aussi combattre en eux les « germes de révolte contre l’autorité ». C’est tout le sens de notre combat. Pour autant nous ne sommes point découragés parce que nous savons que beaucoup nous rejoindront bientôt, dont vous.
Je voudrais finir en vous proposant en méditation ces belles réflexions de Mamousse Daigne, de Frantz Fanon et de l’altermondialiste Aminata TRAORE. Je les cite particulièrement pour cette réflexion parce que ces penseurs ne sont pas des Ivoiriens. Mais vous constaterez que nous disons et faisons les mêmes choses :
- « Il n’y a pas de dépossession plus grave que celle qui interdit à un sujet l’accès à la question qui le concerne » (Mamousse Daigne).
- « quand nous entendons un chef d’Etat européen déclarer, la main sur le cœur, qu’il lui faut venir en aide aux malheureux peuples sous-développés, nous ne tremblons pas de reconnaissance » (Frantz Fanon)
- « Avoir été colonisable et le demeurer suppose qu’en dépit de nos dénonciations politiques nous envions l’Autre bien qu’il soit l’agresseur. Pourquoi ? La puissance colonisatrice limite notre capacité de résistance en s’attaquant à l’image que nous avons de nous-mêmes. Celle-ci est frappée de désamour. Il s’agit d’une situation où l’autre ne vous aime pas tel que vous êtes et vous le fait savoir. Pour avoir intériorisé son regard, vous ne vous aimez pas davantage. C’est alors que progressivement, vous aspirez à être et à vivre comme lui » (Cf. Le viol de l’imaginaire, p. 164)

Le vin est tiré. Buvons-le donc
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Une contribution de Père Jean K.