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30/12/2011

Lettre ouverte de l’écrivain Patrice Nganang au président de l’OIF

16 décembre 2011 par Patrice Nganang

Récompensé il y a quelques jours par l’Organisation internationale de la Francophonie (1), l’écrivain et professeur camerounais Patrice Nganang a saisi l’occasion pour adresser à Abdou Diouf, secrétaire général de l’OIF, cette lettre ouverte qui dénonce « l’implication directe de l’OIF dans le maintien de la tyrannie qui étrangle le Cameroun depuis 1984 », et encore en octobre dernier.


Monsieur le président,

Je vous remercie pour l’audience que vous m’avez accordée, en marge du prix de la Francophonie que j’ai reçu de vos mains.

Cette audience pour moi c’est le prix en réalité. C’est elle seule qui me fait venir à Paris, parce que sinon j’aurais refusé le prix. Je l’aurais refusé, moins parce que l’installation de mon pays dans la zone francophone aura eu lieu au prix de l’éradication de l’écriture shümum que mon roman primé Mont plaisant raconte, qu’à cause de l’implication directe de l’Organisation internationale de la francophonie dans le maintien de la tyrannie qui étrangle le Cameroun depuis 1984, et surtout à cause de la caution qu’elle aura donné au coup d’Etat constitutionnel qui y a eu lieu ce 4 septembre 2011. En effet, lors de la session parlementaire du 11 octobre 2011, Mr. Alain Juppé, ministre des affaires étrangères de France, dit que les élections présidentielles eurent lieu au Cameroun ce 9 octobre 2011 « dans des conditions acceptables ». Il précisa que son jugement, il le basait sur le rapport de l’organisation dont vous êtes le secrétaire général. Plus tard le président Nicolas Sarkozy félicitait Paul Biya.

Nous savons, monsieur le président, que la délégation de l’Organisation internationale de la francophonie qui supervisa les élections du 9 octobre était dirigée par le major Pierre Buyoya qui lui-même n’a jamais accédé au pouvoir dans son pays que par des coups d’Etat ; nous savons que le travail de cette délégation au Cameroun était pratiquement téléguidé depuis le cabinet civil de la présidence de la République du Cameroun. Et puis, sur la base des observations de la plateforme « 09-10-11 Touche pas a mon vote ! » que j’ai constituée avant les élections, plateforme qui a formé près de 2000 scrutateurs déployés à travers le pays, réuni 7 partis politiques et était fondée sur la collaboration entre 7 leaders politiques dont 4 candidats à l’élection ; sur la base de ma collaboration parallèle à une plateforme, le Front Uni de la Diaspora Camerounaise, unissant de multiples organisations de la diaspora camerounaise, je puis dire ceci sans avoir peur de me tromper : la Nation camerounaise a été exclue des élections du 9 octobre. La Nation camerounaise, ce sont les 70% du peuple camerounais qui à l’intérieur, et les 99,5% qui à l’extérieur du Cameroun n’ont pas voté, chiffres précisés par deux organisations bien respectées d’observation des votes. Oui, monsieur le président, nous qui n’avons pas voté le 9 octobre 2011, nous sommes la Nation camerounaise.

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Lettre ouverte de l’écrivain Patrice Nganang au président de l’OIF

16 décembre 2011 par Patrice Nganang

Récompensé il y a quelques jours par l’Organisation internationale de la Francophonie (1), l’écrivain et professeur camerounais Patrice Nganang a saisi l’occasion pour adresser à Abdou Diouf, secrétaire général de l’OIF, cette lettre ouverte qui dénonce « l’implication directe de l’OIF dans le maintien de la tyrannie qui étrangle le Cameroun depuis 1984 », et encore en octobre dernier.


Monsieur le président,

Je vous remercie pour l’audience que vous m’avez accordée, en marge du prix de la Francophonie que j’ai reçu de vos mains.

Cette audience pour moi c’est le prix en réalité. C’est elle seule qui me fait venir à Paris, parce que sinon j’aurais refusé le prix. Je l’aurais refusé, moins parce que l’installation de mon pays dans la zone francophone aura eu lieu au prix de l’éradication de l’écriture shümum que mon roman primé Mont plaisant raconte, qu’à cause de l’implication directe de l’Organisation internationale de la francophonie dans le maintien de la tyrannie qui étrangle le Cameroun depuis 1984, et surtout à cause de la caution qu’elle aura donné au coup d’Etat constitutionnel qui y a eu lieu ce 4 septembre 2011. En effet, lors de la session parlementaire du 11 octobre 2011, Mr. Alain Juppé, ministre des affaires étrangères de France, dit que les élections présidentielles eurent lieu au Cameroun ce 9 octobre 2011 « dans des conditions acceptables ». Il précisa que son jugement, il le basait sur le rapport de l’organisation dont vous êtes le secrétaire général. Plus tard le président Nicolas Sarkozy félicitait Paul Biya.

Nous savons, monsieur le président, que la délégation de l’Organisation internationale de la francophonie qui supervisa les élections du 9 octobre était dirigée par le major Pierre Buyoya qui lui-même n’a jamais accédé au pouvoir dans son pays que par des coups d’Etat ; nous savons que le travail de cette délégation au Cameroun était pratiquement téléguidé depuis le cabinet civil de la présidence de la République du Cameroun. Et puis, sur la base des observations de la plateforme « 09-10-11 Touche pas a mon vote ! » que j’ai constituée avant les élections, plateforme qui a formé près de 2000 scrutateurs déployés à travers le pays, réuni 7 partis politiques et était fondée sur la collaboration entre 7 leaders politiques dont 4 candidats à l’élection ; sur la base de ma collaboration parallèle à une plateforme, le Front Uni de la Diaspora Camerounaise, unissant de multiples organisations de la diaspora camerounaise, je puis dire ceci sans avoir peur de me tromper : la Nation camerounaise a été exclue des élections du 9 octobre. La Nation camerounaise, ce sont les 70% du peuple camerounais qui à l’intérieur, et les 99,5% qui à l’extérieur du Cameroun n’ont pas voté, chiffres précisés par deux organisations bien respectées d’observation des votes. Oui, monsieur le président, nous qui n’avons pas voté le 9 octobre 2011, nous sommes la Nation camerounaise.

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Lettre ouverte de l’écrivain Patrice Nganang au président de l’OIF

16 décembre 2011 par Patrice Nganang

Récompensé il y a quelques jours par l’Organisation internationale de la Francophonie (1), l’écrivain et professeur camerounais Patrice Nganang a saisi l’occasion pour adresser à Abdou Diouf, secrétaire général de l’OIF, cette lettre ouverte qui dénonce « l’implication directe de l’OIF dans le maintien de la tyrannie qui étrangle le Cameroun depuis 1984 », et encore en octobre dernier.


Monsieur le président,

Je vous remercie pour l’audience que vous m’avez accordée, en marge du prix de la Francophonie que j’ai reçu de vos mains.

Cette audience pour moi c’est le prix en réalité. C’est elle seule qui me fait venir à Paris, parce que sinon j’aurais refusé le prix. Je l’aurais refusé, moins parce que l’installation de mon pays dans la zone francophone aura eu lieu au prix de l’éradication de l’écriture shümum que mon roman primé Mont plaisant raconte, qu’à cause de l’implication directe de l’Organisation internationale de la francophonie dans le maintien de la tyrannie qui étrangle le Cameroun depuis 1984, et surtout à cause de la caution qu’elle aura donné au coup d’Etat constitutionnel qui y a eu lieu ce 4 septembre 2011. En effet, lors de la session parlementaire du 11 octobre 2011, Mr. Alain Juppé, ministre des affaires étrangères de France, dit que les élections présidentielles eurent lieu au Cameroun ce 9 octobre 2011 « dans des conditions acceptables ». Il précisa que son jugement, il le basait sur le rapport de l’organisation dont vous êtes le secrétaire général. Plus tard le président Nicolas Sarkozy félicitait Paul Biya.

Nous savons, monsieur le président, que la délégation de l’Organisation internationale de la francophonie qui supervisa les élections du 9 octobre était dirigée par le major Pierre Buyoya qui lui-même n’a jamais accédé au pouvoir dans son pays que par des coups d’Etat ; nous savons que le travail de cette délégation au Cameroun était pratiquement téléguidé depuis le cabinet civil de la présidence de la République du Cameroun. Et puis, sur la base des observations de la plateforme « 09-10-11 Touche pas a mon vote ! » que j’ai constituée avant les élections, plateforme qui a formé près de 2000 scrutateurs déployés à travers le pays, réuni 7 partis politiques et était fondée sur la collaboration entre 7 leaders politiques dont 4 candidats à l’élection ; sur la base de ma collaboration parallèle à une plateforme, le Front Uni de la Diaspora Camerounaise, unissant de multiples organisations de la diaspora camerounaise, je puis dire ceci sans avoir peur de me tromper : la Nation camerounaise a été exclue des élections du 9 octobre. La Nation camerounaise, ce sont les 70% du peuple camerounais qui à l’intérieur, et les 99,5% qui à l’extérieur du Cameroun n’ont pas voté, chiffres précisés par deux organisations bien respectées d’observation des votes. Oui, monsieur le président, nous qui n’avons pas voté le 9 octobre 2011, nous sommes la Nation camerounaise.

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