topblog Ivoire blogs

12/11/2011

Emile Guiriéoulou : “C’est la guerre que nous avons perdue devant la France, pas notre dignité”



Source : Notre voie du 11/11/2011


Dernier ministre de l’Intérieur du Président Laurent Gbagbo (décembre 2010-Avril 2011), le député Emile Guiriéoulou n’est pas un inconnu de la scène politique nationale. Contraint à l’exil depuis le renversement de Gbagbo par l’armée française, il s’exprime pour la première fois.

Notre Voie : Monsieur le ministre, comment vous portez-vous ?

Emile Guiriéoulou : Avant de répondre à votre question, je voudrais que vous me permettiez de saluer la mémoire de toutes les personnes tuées au cours de la crise, d’exprimer ma compassion aux blessés et à tous les ivoiriens qui ont perdu un être cher dans de cette guerre absurde que nous avons connue. Je leur demande de ne pas perdre espoir et de garder foi en la Cote d’Ivoire. Ceci dit, je me porte très bien, tant au plan physique qu’au niveau moral.

N.V : Est-ce qu’on peut savoir où vous vous trouvez ?

E.G : Comme beaucoup d’autres Ivoiriens, je suis au Ghana. Je profite de l’occasion que vous m’offrez pour traduire toute ma reconnaissance aux autorités de ce pays frère ainsi qu’à l’ensemble du peuple ghanéen pour l’accueil qui nous est réservé ici. Nous nous sentons vraiment chez nous au Ghana où nous ne sommes l’objet d’aucune tracasserie.

N.V : Comment avez-vous vécu le 11 avril 2011 et précisément l’arrestation du Président Laurent Gbagbo ?

E.G : De façon dramatique. Les bombardements sur la résidence étaient horribles et insupportables. Dès l’arrestation du Président, j’ai reçu un coup de fil pour m’en informer. Ensuite, c’est Alain Toussaint qui m’a appelé de Paris pour me demander la confirmation. Et après, comme tout le monde, j’ai vu les images à la télévision. Cette arrestation du Président, je l’ai aussi ressentie comme une grande perte pour la Côte d’ivoire, une humiliation pour l’Afrique toute entière et un recul de la démocratie, de l’indépendance et de la souveraineté de nos Etats. Mais quand j’ai écouté la déclaration du Président, j’ai éprouvé de la fierté de voir qu’il a gardé sa dignité malgré les moments atroces qu’il a vécus. J’ai été particulièrement affligé par les images de la Première dame, Simone Gbagbo, maltraitée. Mais là également, j’ai vu une femme digne qui, en dépit du fait qu’elle souffrait dans sa chair, est restée sereine et a continué de prier. Je me suis dit que si eux qui sont entre les mains des bourreaux sont demeurés dignes, ce n’est pas à nous autres restés dehors de faiblir. C’est un message pour nous exhorter à continuer la lutte.

N.V : Comment êtes-vous sorti du pays ?

E.G : Je suis sorti de la Côte d’Ivoire le 20 avril 2011 grâce au soutien de quelques amis que je voudrais remercier ici. Comment je suis sorti ? Retenez tout simplement que je suis sorti.

N.V : Etes-vous disposé à retourner au pays?

E.G : Mais, la Côte d’Ivoire est mon pays et j’y suis très attaché comme d’ailleurs le sont tous les Ivoiriens. Donc ce n’est pas de gaieté de cœur que je suis en exil. C’est pour vous dire que j’ai hâte de retourner au pays. Mais cela, une fois que les menaces qui m’en ont fait partir auront disparu. Sinon pour le moment, le retour au pays, pour ce que je vois, ne figure ni dans mes priorités ni dans mes projets les plus immédiats.

N.V : Depuis que le Président Laurent Gbagbo a été renversé, vous vous êtes muré dans un silence de cimetière. Est-ce à dire que la politique ivoirienne ne vous intéresse plus ?

E.G : Vous savez, mon engagement en politique date de l’époque où j’étais encore étudiant dans les années 70. J’ai milité dans la clandestinité au sein du Fpi et je compte parmi les premiers militants de ce parti. Au nom de mes convictions politiques, j’ai renoncé à beaucoup de choses et j’en ai assumé sans regret les conséquences. Ce n’est donc pas aujourd’hui que je vais abandonner la lutte. Ici au Ghana, je suis membre du bureau de la Coordination Fpi en exil. J’endosse donc les déclarations et prises de position de cette coordination et je ne trouve pas utile d’en rajouter. Mais, si sur la vie de la nation, mon point de vue personnel est sollicité, je suis disposé à le donner. Et c’est ce que vous faites en ce moment. D’ailleurs, certains de vos confrères appartenant à d’autres organes de presse m’ont sollicité ces temps-ci. C’est à croire que mon silence vous pesait (rires) ? Non, rassurez-vous, mon silence n’est pas de cimetière.

N.V : Quel commentaire faites-vous de la déclaration d’Eugène Allou selon laquelle ses camarades du Fpi exilés au Ghana font trop de bruit ?

E.G : Dites au frère Allou, comme il croit peut-être que nous sommes en vacances ici au Ghana, de nous laisser au moins faire du bruit pour nous occuper ! Lui, il a comme loisir la chasse au point d’aller tirer des coups de feu qui ont fait fuir les gens dans son village en cette période de tension. Nous ne sommes pas obligés de partager les mêmes distractions que lui. Nous, nous préférons parler et écrire pour exprimer nos positions plutôt que de tirer des coups de fusil. Et puis dites-moi cher Augustin, entre les bruits de fusils d’Allou le chasseur ainsi que ceux, quotidiens, de ses « collègues » chasseurs dozos, ou de ses nouveaux amis Frci et nos « bruits ghanéens lointains » lesquels produisent le plus de nuisance et de dégâts ? Plus sérieusement, nos bruits-là sont trop pour qui ? Qui donc ne veut pas nous entendre demander la libération du Président Laurent Gbagbo afin d’aller à la réconciliation et qui considère cela comme « trop de bruit »? Si le frère Allou peut nous aider à identifier cette personne, nous irons vers elle pour mieux comprendre la gêne que lui procurent nos « bruits ».

N.V : Que dites-vous quand il vous propose de faire profil bas si vous voulez que votre problème et celui des prisonniers politiques soient résolus ?

E.G : Résolu par qui et comment? Que signifie faire profil bas ? Dogo Raphaël qui est en prison à Boundiali, est-ce parce qu’il faisait trop de bruit qu’il s’y retrouve ? Dassé Jean Martin qui n’a exercé aucune fonction dans l’appareil d’Etat et qui est en prison pour crimes économiques, est-ce le fait de ses bruits trop sonores?

N.V : Il dit aussi que celui qui a perdu la guerre ne pose pas de conditions. Qu’en dites-vous ?

E.G : Je suis d’accord avec lui. Nous savons tous que la France nous a fait la guerre et mis aux arrêts le Président Gbagbo. Mais le problème n’est pas là. Ceux qui ont gagné cette guerre et ceux qui en sont les bénéficiaires peuvent jouir pleinement de leur victoire militaire. Qu’ils gouvernent et réalisent comme ils l’entendent le programme pour lequel ils nous ont fait la guerre et nous n’aurons aucune condition à leur poser. Mais s’ils nous demandent de participer à un processus de réconciliation et d’aller à des élections avec eux, alors nous poserons nos conditions. C’est la guerre que nous avons perdue devant la France, pas notre dignité. Je précise bien « perdue » devant la France.

N.V : Continuez-vous à soutenir que Laurent Gbagbo a gagné les élections ?



E.G : Mais monsieur Kouyo, c’est Laurent Gbagbo qui a gagné les élections ! Et c’est parce qu’il en était sûr qu’il a demandé le recomptage des voix par un comité d’évaluation de l’Union Africaine. Et c’est parce que ses adversaires savent que c’est lui qui a gagné qu’ils ont refusé ce recomptage et que monsieur Young Jin-Choi (ex-représentant du Sg de l’Onu en Côte d’Ivoire, ndlr) a déclaré que recompter les voix serait une injustice pour Ouattara. Sinon, si recompter les voix devait donner la victoire à Ouattara, en quoi cela constituerait-il une injustice pour lui ? On a mis quatre mois à nous faire la guerre, alors que recompter les voix nous aurait certainement pris beaucoup moins de temps. La Côte d’Ivoire aurait évité tous ces morts et tous les dégâts matériels causés par cette guerre. Voyez-vous, la Côte d’Ivoire a enregistré plus de 3000 morts, des viols, des destructions, des pillages, l’insécurité à cause du refus de monsieur Ouattara et de la France d’accepter un simple recomptage des voix.

N.V : Mamadou Koulibaly estime que Laurent Gbagbo s’est entêté à la limite de l’irrationnel. Quel commentaire ?



E.G : Laurent Gbagbo s’est entêté comment et par rapport à quoi ? Une élection est organisée. Il en est proclamé vainqueur par le Conseil Constitutionnel et prête serment. Son adversaire conteste cette victoire qui, pourtant, selon notre constitution, est définitive et sans recours. Mais en démocrate convaincu et pour mettre tout le monde d’accord sur sa victoire, Laurent Gbagbo propose de recompter les voix et saisit l’Union Africaine à cet effet. L’organisation panafricaine, au lieu de recompter les voix comme demandé, décide le 10 mars qu’elle confirme, sans justifier cette décision, que c’est Ouattara qui a gagné et que d’ailleurs les 10 ans passés à la présidence par Laurent Gbagbo correspondaient à deux mandats et qu’il devait donc quitter le pouvoir. Malgré cette décision contestable, le Président Gbagbo, par un communiqué lu par le porte-parole du gouvernement, a pris acte des propositions de règlement de la crise, accepté la nomination du Haut Représentant de l’Ua et dit se tenir prêt pour les discussions annoncées. Le président de la Commission de l’UA, Jean Ping, a saisi par écrit le 26 mars 2011 les deux camps pour annoncer le début des négociations sur le plan de sortie de crise de l’Ua pour le 4 avril 2011 à Addis-Abeba. C’est dans cette attente que, le 28 mars 2011, Alassane Dramane Ouattara, assuré du soutien militaire de la France, décide d’engager les combats meurtriers qui vont durer deux semaines avec pour point culminant les bombardements de la résidence du Chef de l’Etat, l’arrestation de celui-ci par l’armée française le 11 avril 2011 et sa déportation à Korhogo. Où se trouve donc l’entêtement du Président Laurent Gbagbo qui a toujours prôné le règlement pacifique de la crise alors que son adversaire brandissait l’usage de la force (Ecomog, Onuci, Licorne, etc.), comme le sait si bien le président Koulibaly lui-même?

N.V : Le gouvernement ivoirien et ses alliés soupçonnent les exilés politiques au Ghana de préparer des actions de déstabilisation, comment ressentez-vous ces accusations ?

E.G : Vous savez, ces accusations ne me font ni chaud ni froid parce que je ne me sens pas concerné. Mais je les comprends puisque c’est comme cela qu’eux-mêmes sont parvenus au pouvoir. Sans la rébellion armée qu’ils ont montée au Burkina Faso, ils n’en seraient pas là. Le Ghana n’est pas le Burkina Faso. Les autorités ghanéennes croient en la démocratie et ne sont pas dans les complots et les actions de déstabilisation de leurs voisins.

N.V : Comment pouvez-vous convaincre les autorités ivoiriennes que vous ne préparez pas leur renversement ?

E.G : Nous ne cherchons pas à convaincre qui que ce soit. Comme le dit l’adage «qui s’excuse, s’accuse». Chacun fait son travail. Nous, ce que nous savons faire, c’est la politique donc l’accession au pouvoir par la voie des urnes. Notre combat aujourd’hui, c’est la libération du Président Laurent Gbagbo afin de ramener la Côte d’Ivoire dans l’Etat de droit et la démocratie. C’est cela qui nous préoccupe. Ceux qui sont les adeptes de coups d’Etat et de rebellions armées sont connus et disent que c’est fini.
D’ailleurs, je vous renvoie à une récente déclaration de Soro Guillaume dont la presse s’est largement fait l’écho : «Après moi, personne d’autre ne réussira de coup d’Etat en Côte-d’Ivoire, c’est fini. Les coups d’Etat ici, c’est notre idée et les tricheurs ne réussiront pas. Ils n’ont ni le génie, ni les parrains, ni les moyens. Les coups d’Etat, c’est fini». Donc les dirigeants actuels du pays se sont eux-mêmes convaincus de la chose. Pas besoin alors d’insister pour les convaincre ou les rassurer.

N.V : Avez-vous été convaincu par l’appel que M. Ouattara vous a lancé lors de son voyage au Ghana ?

E.G : Si nous sommes convaincus d’une chose, c’est que faute de ne pouvoir nous mettre en prison, monsieur Ouattara nous préfère en exil plutôt qu’au pays. Le mandat d’arrêt lancé contre Assoa Adou, notre porte-parole, et l’attaque de son domicile à Abidjan intervenus après cette visite au Ghana en sont les preuves palpables. Et puis la question de notre retour au pays n’est pas fondamentale. Si demain, le Président Gbagbo est libéré et qu’à sa suite Simone Gbagbo, Affi N’ Guessan, Aké N’ Gbo, Abou Drahamane Sangaré et tous les autres sont libres, pourquoi serions-nous encore en exil ?

N.V : Bientôt ce sont les élections législatives. Estimez-vous comme Alassane Dramane Ouattara que le Fpi ne doit pas commettre l’erreur de ne pas y participer ?

E.G : Il y a beaucoup de gens qui aiment le Fpi actuellement et qui sont soucieux de sa survie, de son avenir en tant que parti politique. Nous, on ne savait pas qu’on était important comme cela ! Je remercie donc toutes ces âmes charitables pour notre « parti minoritaire ». Parti tellement minoritaire que les «grands partis houphouëtistes» sont obligés de se coaliser pour l’affronter. Imaginez en France, le PS et l’Ump conclure une alliance électorale contre le Modem ! Monsieur Ouattara demande au Fpi ne pas commettre la même erreur que le Rdr en ne participant pas aux élections législatives. Si cette erreur n’a pas empêché le Rdr d’arriver au palais présidentiel de façon «démocratique», pourquoi est-ce au Fpi qu’elle serait fatale ? Laissez le Fpi décider de ce qu’il doit ou ne doit pas faire. Tant que le Président Laurent Gbagbo est en prison ne comptez pas sur le Fpi pour aller à des élections.
C’est pourquoi, je voudrais ici saluer et encourager la direction du Fpi qui conduit le Parti avec intelligence et détermination. Nous sommes avec eux dans le combat qu’ils mènent sans relâche pour la libération du Président Gbagbo et tous les autres camarades emprisonnés. J’adresse mes félicitations à mon collègue, le député Yao Yao Jules pour son courage, sa foi militante et sa constance dans la lutte, toutes choses qui ont permis au Fpi de redresser la tête et de se remobiliser par l’organisation de meetings. Je n’oublie pas le camarade Koua Justin de la JFpi, le député Mobio Samuel, le député Guipé Charles et tous ceux qui, contre vents et marées, se battent quotidiennement sur le terrain pour faire vivre le Parti et le maintenir debout.

Depuis son exil ghanéen Emile Guiriéoulou : “Ce que Tagro m’a dit avant sa mort ”

Dans la deuxième et dernière partie de l’interview qu’il nous a accordée, Emile Guiriéoulou, ancien ministre de l’Intérieur en exil au Ghana se prononce sur la départ de Mamadou Koulibaly du Fpi, évoque la mort de Désiré Tagro et les atrocités perpétrées par l’armée du Chef de l’Etat Alassane Ouattara à l’ouest.

Lire la suite

20/09/2011

A propos de la guerre de la France contre la Côte d’Ivoire: Mamadou Koulibaly se discrédite

Ce n’est pas la France qui nous a envoyé la guerre. C’est la haine que nous nourrissons entre nous qui a envoyé la catastrophe (…). Il ne faut plus avoir peur de nos relations avec la France. Si on respecte la Constitution, la démocratie et si les richesses du pays sont bien réparties, il n’y aura aucun problème avec la France. Il ne s’agit pas d’insulter la France, Sarkozy et Chirac. Il s’agit de dire que nos parents ont signé des papiers quand ils étaient trois millions. Aujourd’hui, nous sommes un peu plus de 20 millions et on ne peut pas continuer avec les mêmes règles du jeu. Dites aux gens que Lider pense qu’il faut changer les règles du jeu. Ne soyez pas complexés ». Ces propos rapportés hier par la presse ivoirienne ont été tenus par le professeur agrégé d’économie Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée nationale et N°2 de l’ancien régime. Mais surtout président-fondateur d’une nouvelle formation politique dénommée Lider (Liberté et démocratie pour la République). Ancien N°3 du Fpi (parti du président Laurent Gbagbo) dont il fut brièvement le président par intérim, Koulibaly a créé Lider après avoir échoué à caporaliser le Fpi. Pour Mamadou Koulibaly, englué dans une logique de « calife à la palace du calife », la libération de Laurent Gbagbo et des autres cadres Lmp, prisonniers politiques du régime Ouattara, ne devrait pas être la priorité du moment pour le Fpi. Mis en minorité par la base et les responsables fédéraux du Fpi, il a abandonné le bateau au large pour s’engager dans une autre aventure politique. D’où la création diversement appréciée de Lider. Les propos sus-indiqués de Koulibaly tenus lors de la cérémonie d’investiture de 40 cellules de Lider, samedi dernier, à Marcory, entrent visiblement dans le cadre de la guéguerre que Mamadou Koulibaly fait à ses anciens compagnons du Fpi. On n’aurait rien dit si les propos de Koulibaly ne concernaient pas les Ivoiriens qui sont morts par milliers dans la sale guerre faite par la France à la Côte d’Ivoire, depuis septembre 2002, via une rébellion armée pro-Ouattara qu’elle a couvée. Mamadou Koulibaly, qui a besoin d’exister politiquement en dehors du Fpi qui l’a forgé et révélé au monde entier, ne peut que s’attaquer au « père ». S’il veut se faire un nom en sa nouvelle qualité de responsable de parti politique. C’est normal, mais hasardeux en termes de retombées, puisque le Fpi est solidement implanté dans l’opinion publique ivoirienne.

Lire la suite

A propos de la guerre de la France contre la Côte d’Ivoire: Mamadou Koulibaly se discrédite


Source : Notre voie du 20/09/2011

Ce n’est pas la France qui nous a envoyé la guerre. C’est la haine que nous nourrissons entre nous qui a envoyé la catastrophe (…). Il ne faut plus avoir peur de nos relations avec la France. Si on respecte la Constitution, la démocratie et si les richesses du pays sont bien réparties, il n’y aura aucun problème avec la France. Il ne s’agit pas d’insulter la France, Sarkozy et Chirac. Il s’agit de dire que nos parents ont signé des papiers quand ils étaient trois millions. Aujourd’hui, nous sommes un peu plus de 20 millions et on ne peut pas continuer avec les mêmes règles du jeu. Dites aux gens que Lider pense qu’il faut changer les règles du jeu. Ne soyez pas complexés ». Ces propos rapportés hier par la presse ivoirienne ont été tenus par le professeur agrégé d’économie Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée nationale et N°2 de l’ancien régime. Mais surtout président-fondateur d’une nouvelle formation politique dénommée Lider (Liberté et démocratie pour la République). Ancien N°3 du Fpi (parti du président Laurent Gbagbo) dont il fut brièvement le président par intérim, Koulibaly a créé Lider après avoir échoué à caporaliser le Fpi. Pour Mamadou Koulibaly, englué dans une logique de « calife à la palace du calife », la libération de Laurent Gbagbo et des autres cadres Lmp, prisonniers politiques du régime Ouattara, ne devrait pas être la priorité du moment pour le Fpi. Mis en minorité par la base et les responsables fédéraux du Fpi, il a abandonné le bateau au large pour s’engager dans une autre aventure politique. D’où la création diversement appréciée de Lider. Les propos sus-indiqués de Koulibaly tenus lors de la cérémonie d’investiture de 40 cellules de Lider, samedi dernier, à Marcory, entrent visiblement dans le cadre de la guéguerre que Mamadou Koulibaly fait à ses anciens compagnons du Fpi. On n’aurait rien dit si les propos de Koulibaly ne concernaient pas les Ivoiriens qui sont morts par milliers dans la sale guerre faite par la France à la Côte d’Ivoire, depuis septembre 2002, via une rébellion armée pro-Ouattara qu’elle a couvée. Mamadou Koulibaly, qui a besoin d’exister politiquement en dehors du Fpi qui l’a forgé et révélé au monde entier, ne peut que s’attaquer au « père ». S’il veut se faire un nom en sa nouvelle qualité de responsable de parti politique. C’est normal, mais hasardeux en termes de retombées, puisque le Fpi est solidement implanté dans l’opinion publique ivoirienne.

Lire la suite

25/08/2011

Côte d’Ivoire – Mamadou KOULIBALY dans le vol, le plagiat et l’escroquerie



Source : Telediaspora.net du 25/08/2011

Mon intention en écrivant cette contribution n’est ni de calomnier, ni de m’associer à un hurlement collectif contre le Professeur Mamadou Koulibaly. Mais bien plutôt, de soumettre à l’attention réfléchie de tous, la récurrence de faits littéraires suspects dans les écrits du Professeur, lesquels faits m’ont convaincu d’une attitude intellectuelle répréhensible: le plagiat.
Le plagiat est l’imitation ou l’usage non autorisé des paroles, écrits ou pensées d’autrui, sans lui en attribuer le crédit; se faisant passer pour l’auteur vrai. Le plagiat est passible de poursuite judiciaire.
Voici la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique (1776) :
“Lorsque dans le cours des événements humains il devient nécessaire pour un peuple de dissoudre les liens politiques qui l’ont attaché à un autre et de prendre, parmi les puissances de la terre, la place séparée et égale à laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit, le respect dû à l’opinion de l’humanité oblige à déclarer les causes qui le déterminent à la séparation (…) La prudence enseigne (…) que les gouvernements (…) ne doivent pas être changés pour des causes légères ou passagères (…). Mais lorsqu’ une longue suite d’abus et d’usurpations (…) marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de rejeter un tel gouvernement (…). Pleins d’une ferme confiance dans la protection de la divine Providence, nous engageons
mutuellement au soutien de cette Déclaration (…) notre bien le plus sacré, l’honneur. “

Voici la déclaration du professeur Mamadou Koulibaly (11/07/2011) :
“Lorsque dans un parcours politique, les événements évoluent dans une voie qui n’est plus en adéquation avec votre vision, vos aspirations, et vos valeurs, il devient nécessaire de se réorienter et de dissoudre les liens qui vous ont attaché à une formation politique dans laquelle vous ne vous reconnaissez plus (…). Mon engagement (…) étant allé jusqu’à l’épuisement (…) j’ai décidé d’y mettre un terme. Ce faisant le respect de l’opinion publique et du chemin parcouru m’oblige à énoncer les causes qui motivent la séparation qui s’impose (…). La prudence enseigne que les changements ne doivent pas se faire pour des causes légères et passagères. Lorsqu’une longue suite de dérives et d’erreurs s’enchaîne en toute irresponsabilité et qu’une volonté d’inventaire d’évolution et de restructuration n’est admise, la nécessité de changer de méthode et de doctrine s’impose (…). Empli d’une ferme confiance, j’appelle toutes les bonnes volontés (…) à apporter leur soutien (…) et leur honneur à LIDER ”
Ces deux textes dont la curieuse ressemblance fait penser au plagiat sont séparés dans le temps par 235 ans, et dans l’espace par plus de 6000 km; rien ne justifierait donc une ressemblance naturelle issue d’un patrimoine culturel partagé. Le plagiat est dangereux, mais venant d’un professeur, il indispose
la conscience individuelle et collective. Mais peut-être, cet acte nous expose-t-il un professeur dans sa nudité intellectuelle et morale.


Un professeur en mal de sensation.
La nudité intellectuelle dont je parle ici n’est pas voisine de nullité. Je parle plutôt du professeur tel qu’il est au fond, par essence. Un homme est surtout ce qu’il fait beaucoup plus que ce qu’il dit. Contre toute attente, le professeur quitte la conférence de Linas-Marcoussis en tant que numéro 2 du régime de Laurent Gbagbo sans faire aucune déclaration à la nation une fois de retour à Abidjan. Même quand on ne peut pas supporter l’injustice, il faut être présent pour la combattre.
Il est l’homme des livres sur la guerre en Côte d’Ivoire ; il est l’homme du Nord le plus visible du FPI ; il est l’homme du non à la France coloniale ; il est l’homme de l’économie ; il est l’homme de la transparence contre Désiré Tagro ; l’homme de la réinvention du FPI ; l’homme de l’après-Gbagbo ; il est l’homme qui s’exhibe. Il fait des déclarations empreintes d’un idéalisme forcené. Il attend des humains un idéal qu’il leur sait inaccessible, au nom d’un perfectionnisme démagogique, pour seulement se faire passer pour le meilleur. Le comportement public du professeur est marqué par un empressement imprévisible, dépourvu de la retenue qui sied à son rang, aux seules fins d’étancher sa soif du sensationnel.
En l’espèce, pour ajouter à son départ une rhétorique littéraire
sensationnelle, il plagie Thomas Jefferson. Le plagiat est un vol. Parce que le professeur Mamadou Koulibaly est pris en flagrant délit de vol de la célébrité de Gbagbo, il couvre sa fuite par un départ sensationnel. Le plagiat a pour inconvénient de greffer à l’homme une personnalité empruntée. Les faits ne font que nous révéler Mamadou Koulibaly tel qu’il est sans défense sérieuse, le plagiat étant avéré.
Le professeur Mamadou Koulibaly serait-il intellectuellement indéfendable ?
Le plagiat est un vol de la propriété intellectuelle d’autrui. En général, excepté les cas de pathologie, on ne vole que ce qu’on n’a pas. Les connaissances objectives du professeur n’auraient elles pas l’épaisseur nécessaire pour supporter le poids de son titre? C’est bien ce que nous laissent penser les légèretés qui jonchent son discours de démission, le texte fondateur de LIDER, son parti. Cette légèreté se retrouve dans la manière dont il met en accusation ses anciens camarades.
A la ligne 9, il accuse ses camarades de faire le culte des fondateurs. Le professeur Mamadou Koulibaly sait très bien que les dispositions statutaires du FPI ne permettent pas le culte de la personnalité. Les fondateurs n’ont pas une voix prépondérante qui les rendrait incontournables. Cette accusation est légère et ne saurait retenir notre attention ici.
Le professeur fait sans doute allusion à l’amour, ou au respect révérencieux que ses camarades ont pour les fondateurs. Fonder, c’est
créer, c’est coopérer à l’œuvre de création continue ici bas. C’est donc la prolongation d’une œuvre divine datant du commencement. En tant que telle, elle propulse les élans de l’homme vers le haut, elle fait appel au meilleur en eux. Ceux qui font le culte des fondateurs ne s’en rendent pas compte, car ils répondent involontairement, mais nécessairement à un appel Divin qui transcende leurs allégeances temporelles. Aussi longtemps que ce culte n’est pas forcé, mais qu’il est l’acquiescement d’un esprit libre découvrant sa propre ressemblance dans l’œuvre des fondateurs et de celle de Dieu, aucun tort n’est commis. C’est pour cela que tout fondateur, tout créateur, tout inventeur dans tous les domaines, suscite une crainte admirative même contre son gré (Dieu, Jésus, Mahomet, Einstein, Gbagbo, Gandhi, Thomas Jefferson, un père, une mère, etc.). Même les circonstances de pauvreté et d’immoralité extrême n’arrachent pas à l’enfant la crainte de son père, même si cette crainte peut ne plus être admirative ou respectueuse eu égard aux agissements du père.
A la page 2, dans le dernier paragraphe, le professeur dit: “ (…) le recul de la pauvreté est lié à l’augmentation de la liberté (…)”. Cette assertion interpelle n’importe quel analyste, mais elle n’est pas toujours vérifiée. En effet, le professeur Mamadou Koulibaly sait que la Chine ne connait pas la liberté, mais elle est la plus grande économie mondiale. La Libye ne connait pas la liberté, mais elle connait la
prospérité. La Côte d’Ivoire a connu la liberté après Houphouët, mais pas la prospérité. L’Arabie Saoudite connait la prospérité sans la liberté. Haïti depuis Toussaint Louverture (hormis la parenthèse des Duvalier), n’a connu que la liberté, mais pas la prospérité. La Tunisie, le Maroc, l’Egypte sont de loin plus prospères que la Côte d’Ivoire, mais nous avons connu la liberté 20 ans avant eux.
Dans un exemple similaire, mais relevant du domaine purement économique, le professeur a parlé de la monnaie comme étant la solution à nos problèmes. Un de ses collègues avait fait remarquer que la plupart des pays africains ayant leurs propres monnaies n’étaient pas enviables. Que même les pays européens avaient abandonné leurs monnaies pour l’Euro. Que le problème était plutôt de libérer le FCFA de l’emprise française.
Le journaliste Tiburce Koffi recevant le professeur à la RTI à l’occasion de la dédicace de son livre sur l’économie, avait critiqué le style très lourd et ampoulé de ses phrases, posant des problèmes de lisibilité. C’est à cette occasion que le professeur avait distribué sur le podium des copies de la Déclaration d’Independence des Etats-Unis d’Amérique. Une déclaration qui lui a laissé un impact si fort que le professeur Mamadou Koulibaly n’a pu s’empêcher de se l’approprier indument et de la réciter en tout lieu, oubliant malencontreusement que l’adoration est due au créateur, non à l’imitateur.
SEZAM POLITOLOGUE

Source : connectionivoirienne.net