topblog Ivoire blogs

18/10/2011

Coup d’état, rébellion, guerre, élections et missions «dozotiques» en Côte d’Ivoire… Vous avez dit réconciliation ?



Source : Telediaspora.net du17/10/2011

Notre pays est dans une merde et toutes les contributions sensées qui peuvent apporter quelque chose de positif doivent être encouragées pour que le peuple retrouve sa quiétude. Pro-gbagbo ou pro-ouattara ce n'est pas cela le plus important, mais plutôt le peuple dans son ensemble et le développement du pays. N’étant ni pro-gbagbo, ni pro-ouattara, j'ai choisi pour la circonstance d'aller contre la politique « de va-en-guerre» de Mr Ouattara. Une politique qu'il a voulu camoufler en clamant sur tous les toits qu'il n'a rien à voir avec la rébellion, pendant que les rebelles eux-mêmes rassuraient leurs parents et partisans qu’ils ont pris les armes dans le seul but de porter Mr Ouattara au pouvoir, celui-là même qui les nourrissait dans le maquis, selon eux...
Aujourd’hui, c’est chose faite et les combattants parlent maintenant de réconciliation tout en continuant de tuer, de violenter, de manipuler, d’intimider…
Ailleurs, pour parler de réconciliation, on parlerait de guerre c'est-à-dire ce qui a déchiré le tissu social. Et si on parle de guerre, alors on parle donc de ce qui a provoqué la guerre. Et si on parle de ce qui a provoqué la guerre, on parle de pourquoi le choix de la guerre et non autre chose. Et puis on parle de qui a fait quoi…
En clair:
1. Ce qui a provoqué (CAUSE) le coup d’Etat du 19 septembre mué en rébellion est un point clé...
2. Le CHOIX d'un coup d'Etat transformé en rébellion est un autre point clé. Pourquoi une rébellion dans un pays comme la Côte d'Ivoire? Pourquoi prendre les armes pour tuer quelqu'un afin de placer un autre? A quelle fin? Pour construire des châteaux au Burkina Faso? Bref...
3. La gestion de cette rébellion et de cette guerre est aussi autre point clé…
4. Le choix des élections sans désarmement des rebelles est un autre point qu’il convient d’examiner…
5. Le conflit après les élections suite à une «victoire bicéphale»: Celle de Gbagbo et celle d’Alassane… Est-ce par cette violence sur le peuple ivoirien qu’il fallait trouver une issue? 3000 MORTS pour qu’une personne soit le Président d’un pays? Je suis bien curieuse de voir ce que nous allons gagner en retour… Plus que ce que le Président Houphouët nous a donné en 33 ans, j’espère!
Dans la vie, lorsqu’on n'est pas conséquent dans ce qu’on fait, on paie cher! Et l'inconséquence dans la politique Ivoirienne a coûté cher au peuple qui en a payé un lourd tribut. Des morts, des morts et des morts…
Maintenant on fait quoi? Après la pluie, vient le beau temps dit l’adage populaire.
Et moi je dis: Après les causes qui ont poussé à un coup d’état, après le coup d’Etat manqué, après la rébellion, après le refus de désarmer ou les élections sans désarmement, après la proclamation de la «victoire à deux tête», après la guerre de l’ONU, de l’Amerique et de la France pour enlever le Président Gbagbo du Palais présidentiel afin d’y installer son adversaire Ouattara, après l’emprisonnement des adversaires politique de Ouattara pour célébrer «la dozocratie», après la double-investiture par Paul yao N’dré, qui est un déni de la constitution… on fait quoi maintenant? Ou alors qu’est-ce qu’on fait maintenant?
Vous avez dit guerre? Vous avez dit réconciliation? C’est quoi au fait le son de vos tam-tams au rythme desquels nous ne savons guère danser? La nouvelle danse ivoirienne baptisée «la paix canon à la main»?
A vous voir et à vous entendre, on dirait qu’y a deux options. Soit on choisit de continuer sur la logique de la guerre ou alors on choisit de faire la paix… Dans les deux cas, le «comment» est la vraie question.
• Si on veut faire la guerre, comment on la fait et qu'est-ce que le peuple gagne ou perd? A quel prix? A quel Sacrifice?
• Si on choisit de faire la paix, comment on la fait et qu’est-ce que le peuple gagne ou perd ? A quel prix? A quel Sacrifice?
Quand on parle de réconciliation, je suppose que c'est le choix de faire la paix qui est ainsi fait. Meilleur choix à priori! La condition de ce choix devrait être qu’il soit fait d'un commun accord, et que les modalités de l'accord soient définies par toutes les parties en conflit dans ce que le pays vient de traverser. Mais on ne joue pas au "brave ou django réconciliateur" dans le cas de la Côte d'Ivoire, où chaque leader a ses partisans qui ne jurent qu'en son nom. Que ces leaders soient bons ou mauvais, qu'ils soient compétents ou non, c'est leur force de représentation qui compte et non notre volonté qui ne peut se réaliser que dans l’illusion; celle de penser que nos marabouts peuvent dompter tout un peuple pour obtenir de lui ce que nous voulons «par tous les moyens…»
On peut faire la guerre à un peuple contre son gré, mais on ne peut pas faire la paix avec son adversaire ou son ennemi contre son gré tout de même!
Quelle est donc cette réconciliation unilatérale et imaginaire qui emmène à se réconcilier avec l’autre en l’emprisonnant, en le traquant, en le menaçant voire en le tuant? Pire, comment peut-on songer à une réconciliation dans un pays comme la Côte d’Ivoire en maintenant Laurent Gbagbo en prison??? Aké N’gbo en prison??? Affi N’guessan en prison??? Simone Gbagbo en prison??? Vous vous imaginez de voir les parents et partisans de Laurent Gbagbo venir se réconcilier avec vous pendant que vous le traitez comme si c’était lui qui avait financé la rébellion qui a endeuillé la Côte d’Ivoire depuis 2002!!! Nul n’étant parfait à part Dieu, Gbagbo dans sa légitime défense a peut-être fait des erreurs et de mauvais calculs. Néanmoins ces erreurs et mauvais calculs ne sauraient remplacer ou même cautionner cette attaque, ce pillage et cette déstabilisation dont la Côte d’Ivoire est victime. Alors vouloir avoir Gbagbo coût que coût au TPI et songer dans le même temps à une quelconque réconciliation est un faux calcul! Sauf si je me trompe.
«On se réconcilie à condition que vous la boucliez, que vous ne portiez plus de t-shirts à l’effigie de Gbagbo, que vous ne fassiez plus vos meetings ou alors que vous ne voyez plus Gbagbo comme votre leader… sinon, nos dozos baptisés en FRCI vont faire des descentes dans vos campements, vos villages, vos quartiers et dans vos meetings pour vous frapper, vous blesser, détruire tout sur leur passage… » Quelle est cette stratégie de réconciliation!?!
Ce comportement qui renvoie à « la paix canon à la main » est à bannir à mon avis.
Ahhh, j’oubliais que l’Afrique, c’est bien le monde à l’envers où la logique d’ailleurs ne nous sied guère! Néanmoins, faisons l’effort d’être réalistes. Libérez les PRISONNIERS DE LA FRANCE (Gbagbo et son équipe) afin que Gbagbo, Alassane et Bedié se réconcilient d’abord. Et le peuple suivra après. Faites aussi l’effort de former ceux de vos dozo-frci qui ne savent pas que désormais, ils doivent protéger la population et non la tuer… Et puis condamner-les, lorsqu’ils commettent des exactions sur le peuple, si jamais vous n’êtes pas leurs complices ou alors si ce n’est pas qui les envoyez dans ces missions funeste, odieux et «dozotiques».
NB : Au lieu de vous en prendre aux prophéties et aux prophètes par qui Dieu passe pour vous donner ses avertissements, il faut plutôt vous en prendre à Dieu lui-même; car c’est bien lui qui, dans sa Souveraineté, s’apprête à faire sa Justice depuis les lieux célestes… Et vous savez mieux que quiconque, pourquoi Dieu vous frapperait ou non, pour ce que vous avez fait à la Côte d’Ivoire, sa Nation choisie!
Partageons ces enseignements SVP!
A qui Dieu révèle-t-il ses plans définitifs?
• Amos 3:7 - Car le Seigneur, l'Éternel, ne fait rien sans avoir révélé son secret à ses serviteurs les prophètes.
• Luc 11:49 - C'est pourquoi aussi la sagesse de Dieu a dit: Je leur enverrai des prophètes et des apôtres; et ils en tueront et en persécuteront.
• Matthieu 24:11- Plusieurs faux prophètes s'élèveront, et ils égareront beaucoup de gens.
• Actes 2:17 - Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute sorte de chair ; Vos fils et vos filles prophétiseront.
• Nombres 12:6 - Lorsqu'il y aura parmi vous un prophète, c'est dans une vision que moi, l'Éternel, je me révélerai à lui, c'est dans un songe que je lui parlerai.
• Jérémie 28:9 - Si un prophète prophétise la paix, c'est par l'accomplissement de ce qu'il prophétise qu'il sera reconnu comme véritablement envoyé par l'Éternel.
• 1 Thessaloniciens 5:20, 21 - Ne méprisez pas les prophéties. Mais examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon.
• 2 Chroniques 20:20 - (…) Confiez-vous en l'Éternel, votre Dieu, et vous serez affermis; confiez-vous en ses prophètes, et vous réussirez.
• Esaïe 8:20 - A la loi et au témoignage! Si l'on ne parle pas ainsi, Il n'y aura point d'aurore pour le peuple.
Dieu bénisse et restaure la Côte d’Ivoire!
15 Octobre, 2011

Une contribution de Rosalie Kouamé «Roska»

Présidente Fondatrice - Fondation Roskaroska_net@hotmail.com roska_net@yahoo.com

23/08/2011

PAS DE RECONCILIATION AVEC GBAGBO EN PRISON

L'Afrique en général, et la Côte d'Ivoire en particulier peut compter sur certains fils dignes. De ceux-là, se trouve Monsieur Abou Cissé, oncle de Monsieur Allassane Ouattara, actuel chef d'Etat de Côte d'Ivoire. Il a fait preuve d'un intellectualisme vrai au point de se départir des considérations parentales, ethniques et claniques. Lisez tout simplement ce qui a dit.</

Lire la suite

04/08/2011

FRAUDE ELECTORALE, LA PART DE VERITE DU MINISTRE DON MELLO AHOUA




Source : Telediaspora.net du 04/08/2011



La vérité des urnes

La crise post-électorale en Côte d’Ivoire, a été vécue de manière très douloureuse par les Ivoiriens, chacun selon ses raisons. C’est pour cela que je tiens publiquement à exprimer toute ma compassion à tous ceux qui en ont souffert et qui souffrent encore. Notre compassion serait vaine si ces souffrances devaient se répéter un jour, car nous ne sommes pas à notre dernière élection ni à notre dernière crise électorale. Alors pour inhiber toutes les formes de ressentiment, seuls la découverte de la vérité des urnes du 28 novembre, l’examen des problèmes qui se sont posés et les dispositions à prendre pour éviter les crises, ou si elles surviennent, les dispositions à prendre pour les résoudre pacifiquement, peuvent nous permettre de soigner nos douleurs et construire notre nation en faillite. S’attaquer aux effets en ignorant la cause de la crise serait une erreur de méthode, car cela ne nous met pas à l’abri d’une autre crise, les mêmes causes produisant les mêmes effets
La grande bataille que nous devons livrer pour asseoir durablement la démocratie est la bataille contre la fraude électorale qui s’est révélée endémique dans les conditions des élections de 2010. C’est dans ce seul but que, prenant acte de la faillite de la commission Electorale Indépendante (CEI) à proclamer les résultats des élections dans les délais prescrits par le code électoral et l’imposture de son président Monsieur Youssouf BAKAYOKO, à proclamer hors délai les résultats du 2ème tour d'une élection présidentielle au quartier général de campagne d'un des candidats sans procès verbal signé de tous les membres de la commission centrale. Prenant aussi acte de l’attitude incongrue du conseil constitutionnel à proclamer deux présidents pour une seule élection, pendant deux mois, à raison de 15 heures par jour, je me suis évertué à passer en revue les 19 041 procès verbaux (PV) issus des élections du 28 novembre 2010 pour asseoir mon intime conviction sur les élections de 2010. Les résultats que je vais livrer sont édifiants. Mais le travail étant fait par le militant du Front Populaire Ivoirien que je suis, toute suspicion serait certainement légitime. C'est pour cela, mon souhait le plus cher serait que chaque personne physique ou morale (ONG, Association, etc.) à la quête de la vérité des urnes du 28 novembre puisse refaire le même exercice. Cela suppose que l’ONUCI accepte de mettre à la disposition du public l’ensemble des procès verbaux qu'elle détient et que la SAGEM ou la CEI puisse mettre à disposition le répertoire des bureaux de vote. Pour ma part je suis prêt à le faire. Mais la crédibilité des PV et du répertoire sera d’autant plus grande que si la source est onusienne bien que dans ce conflit son impartialité soit douteuse.
Les procès verbaux qui m'ont servi de base de travail sont ceux remis au représentant du facilitateur et à l’ONUCI.
Les procès verbaux examinés par l’ONUCI sont de trois sources :
- PV originaux remis par la CEI au représentant spécial du facilitateur dans les sacs scellés (18433 PV exploitables)
- PV numérisés et transmis par SILS non compris parmi les 18 433 exploitables ci-dessus (548 PV supplémentaires)
- PV annoncés publiquement par la CEI pour l’étranger (60 PV supplémentaires)
Cela fait au total 19 041 procès verbaux (PV) sur 20 073 bureaux de vote (BV) soit 1032 PV manquants non transmis à la CEI centrale par les commissaires électoraux Car chaque bureau de vote doit remettre obligatoirement un PV.
Les 19 041 PV correspondent à 5 418 833 inscrits sur un total de 5 725 722 électeurs. Il serait important, dans le cadre de la recherche de la vérité sur les élections de 2010 que l’on étudie le sort des 1032 PV manquants et l’on situe les responsabilités car il s’agit du droit de vote de 306 889 électeurs pouvant induire une erreur de 7 points sur le résultat de chaque candidat.
Les 19 041 PV, au cours de l’exercice que j’ai effectué, ont été classés en deux catégories. Les PV frauduleux et les PV d’apparence non frauduleux.
J’ai classé dans la catégorie des PV frauduleux ceux présentant les caractéristiques suivantes et donc ne satisfaisant pas les critères définis par la CEI :
- Les PV sans sticker car la commission électorale indépendante a remis à chaque bureau de vote un sticker pour authentifier le procès verbal. L’absence du sticker invalide le procès verbal selon les règles de la CEI ;
- Les PV fictifs car ayant un lieu de vote non renseigné ou le lieu de vote renseigné sur le PV ne correspond à aucun lieu figurant sur le répertoire des lieux et bureau de vote ;
- Les PV dont le nombre de voix par candidat n’a pas été renseigné ou illisibles ;
- les PV dont le nombre de suffrages exprimés additionné au nombre de bulletins nuls est supérieur au nombre de votants. J’ai éliminé ces PV car tout se passe comme si les bulletins de vote se sont multipliés dans l’urne ;
- Les PV dont le nombre de votants est supérieur au nombre d’inscrits de plus 18, car la règle établie par la CEI ne tolère pour chaque bureau de vote qu'un maximum de 18 votants supplémentaires au nombre d'inscrits. Cela pour permettre à ceux qui sont en mission et autres déplacés de pouvoir voter ;
- Les PV dont la somme du nombre de voix pour les deux candidats diffère du nombre total de suffrages exprimés ;
- Les PV dont les noms et signatures des trois membres du bureau de vote n’y figurent pas.
Les cas de fraude les plus significatives sont repartis comme suit :
- Nombre de PV fictifs : 2 090
- Nombre de PV sans sticker : 1 320
- Nombre de PV avec un nombre de votants non inscrits supérieur à 18 : 97
- Nombre de PV dont le nombre de suffrage exprimé est supérieur au nombre de votant : 66
- PV dont la somme des suffrages exprimés par les deux candidats est supérieur au suffrage exprimé : 31
Soit au total 3 604 PV hormis les fraudes mineures. Les 3 604 PV représentent 1 069 285 voix
J’ai considéré comme valides les PV dont l'un des candidats n’a pas de représentants, même si cela s’est abondamment produit dans la quasi-totalité des bureaux de vote de la zone sous contrôle de la rébellion où le candidat Laurent GBAGBO n’avait aucun représentant. De nombreux soupçons de fraudes existent sur plusieurs PV. Seule une commission qui pousserait plus loin l’analyse en ayant à disposition les listes d’émargement et le contenu des urnes peut découvrir les PV frauduleux issus de la catégorie des PV dont les noms et signatures des trois membres du bureau de vote n’y figurent pas. L’absence du représentant d’un candidat n’est pas une situation de fraude en l’état actuel des règles de la CEI.
Le résultat obtenu en ne retenant que les procès verbaux valides au stade actuel des moyens d’investigation (absence de liste d’émargement, d’urnes contenant les bulletins de votes) est le suivant :
- Nombre de suffrages exprimés : 4 065 262 soit un taux de participation de 71% correspond à peu près au chiffre annoncé par la CEI à la fermeture des bureaux de vote ; chiffres basés sur les listes d’émargement qui sont loin des 81% obtenus sur la base des PV.
- GBAGBO Laurent 2 132 229 soit 52,45%
- OUATTARA Alassane 1 933 033 soit 47,55%
Au vu des documents, la principale source de fraude provient des commissaires de la CEI responsables des zones sous contrôle de la rébellion et des présidents des commissions locales qui ont pu faire disparaître 1032 procès verbaux sans aucune explication officielle. Lorsqu’on se rend compte que la quasi-totalité de ces commissaires et des présidents des commissions locales sont des militants RHDP donc pro-Ouattara et qu’ils avaient les résultats du premier tour, rien ne les empêchait de créer des situations qui invalident des PV favorables au candidat adverse (Cas de Paris). En plus, étant chargé de la gestion des PV et du matériel électoral, rien ne les empêchait de substituer aux vrais PV des faux PV ou des PV sans sticker. Au vu du nombre élevé de PV sans sticker et de PV fictifs tout laisse à croire que c’est ce qui s’est passé.
Enfin les scores soviétiques dans la zone sous contrôle des rebelles avec l’absence des représentants du candidat GBAGBO pourchassés par ces rebelles, constituent la seconde source de fraudes. Une commission électorale équilibrée et une sécurité non partisane, constituent les conditions d’élection avec un minimum de fraude.
En effet, des élections crédibles ne peuvent être organisées en Côte d'Ivoire que si la nation est une et entière. Quelques soient les arguments avancés par la communauté internationale sur la faisabilité d'organisation des élections, il faudra d'abord et avant tout unifier le pays, le pacifier.

La possibilité d’une résolution pacifique de la crise



En cas de crise, une commission de recomptage est la voie la moins coûteuse. Seul, j’ai mis deux mois ; cela veut dire qu’une commission mettra moins de deux mois pour régler la crise. Il faut donc sécuriser tous les documents électoraux depuis les urnes, en passant par les listes d’émargements jusqu’au PV. La présence des représentants des candidats doit être une obligation afin d’éviter des PV fantaisistes et les bourrages d’urnes.
L’exemple d’HAÏTI est instructif. Au premier tour des élections présidentielles tenues le 28 novembre 2011 correspondant à la date du deuxième tour en cote d’ivoire, le Conseil électoral Provisoire (CEP) haïtien a proclamé des résultats, validés par le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU, qui éliminaient le chanteur Michel MARTELY au premier tour et plaçaient le candidat du pouvoir Jude Célestin en tête. La protestation de ces résultats a entraîné une médiation internationale. Une mission d’enquête de l’Organisation des États américains (OEA) a conclu que des fraudes avaient faussé les résultats et a procédé à un recomptage des voix qui a exclu Monsieur Jude Célestin du deuxième tour. Le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU s'en est excusé auprès du peuple haïtien. Monsieur Michel MARTELY est, aujourd'hui, le Président de la république de Haïti.
Pourtant, au même moment, la protestation des résultats et la demande de recomptage des voix en Côte d’Ivoire sont balayés d'un revers de main par le secrétaire général de l'ONU et son représentant spécial considérant comme une injustice le recomptage des voix. Malgré l'insistance du Président Laurent GBAGBO auprès de l'Union Africaine et du reste de la communauté internationale.
De même que la république d’HAÏTI a pu éviter une guerre en empruntant la voie du recomptage imposé par la communauté internationale (France, USA, ONU) lors du premier tour des élections, de même la Côte d’Ivoire pouvait faire l’économie d’une guerre en utilisant la même solution pour des crises identiques. Belle leçon de gestion de la crise électorale par les mêmes acteurs de la communauté internationale.
Qui avait donc intérêt à faire une guerre en Côte d’Ivoire ? Ceux qui, de toute évidence connaissaient la vérité des urnes telle que je viens de les exposer. Pour ceux là, la voix du recomptage était sans issue, seule la guerre pouvait donner la réponse souhaitée, donc procéder, vaille que vaille, à un coup d'état.

Les ponts d'une réconciliation durable



Commencée en 2002 avec un seul visage, cette guerre s’est terminée en 2011 avec tous les visages dont celui de la France en première ligne avec des bombes larguées sur nos têtes pour nous « protéger ». Au-delà de la résolution 1975 de l’ONU, en violation flagrante de l’accord de cessez le feu conclu en 2003 et qui a justifié l’envoi des forces onusiennes pour faire respecter cet accord, en violation de l’embargo sur les armes et en violation de l’accord de fin de guerre conclu en 2005 à Pretoria, la Côte d’Ivoire a vécu une page sombre de son histoire sous l’instigation de la France qui a réussi à diviser pour mieux régner en jouant au pyromane et au pompier et en se jouant de l’Union Africaine mise hors jeu en dernière minute.
Il est temps que nous Ivoiriens, nous Africains comprenions définitivement que notre salut ne viendra pas de l’extérieur et que ce ne sont pas les primes de guerre que les différents bailleurs de fonds vont annoncer les uns à la suite des autres qui développeront nos pays et ce continent. Si certains y croient encore c’est leur droit mais cela ne doit pas être l’occasion d’écraser ceux qui croient l’inverse.
Le faux prétexte qui consiste à dire que la guerre a été déclenchée par le refus du Président GBAGBO de quitter le pouvoir après avoir perdu les élections doit aussi être abandonné car aucune déclaration de GBAGBO ne peut être brandie pour prouver de telles affirmations ayant fait du silence sa méthode de gestion de cette crise. GBAGBO a souhaité un recomptage des voix comme en Haïti au lieu de la guerre, mieux, l’institution compétente pour faire d’un candidat le vainqueur des élections présidentielles n’est pas GBAGBO mais bien le conseil constitutionnel qui l’a proclamé vainqueur du 2em tour des élections comme cela s’est passé au 1er tour. Après la décision de l’Union africaine, malgré le non recomptage des voix, il a pris acte des propositions faite par cette dernière à travers un communiqué du gouvernement et a donné son accord pour la désignation d’un haut représentant pour entamer les négociations qui devaient démarrer le 5 avril. Une adresse à la nation plusieurs fois reportée devait être faite après la désignation du haut représentant pour préciser les conditions de mise en œuvre des propositions de l’Union africaine en accord avec plusieurs de ses pairs africains auprès de qui il a dépêché des délégations après le sommet de l’Union africaine
C’est dans cette attente de la désignation et de l’arrivée du haut représentant de l’union africaine, que le Président Français Monsieur Nicolas SARKOZY, en violation du cessez le feu et de l’accord de fin guerre, a déclenché la guerre avec l’appui de l’ONUCI et des rebelles lourdement armés en violation de l’embargo sur les armes.
En effet certains opérateurs économiques de l’Union européenne avaient décidé de passer outre l’embargo à partir du 30 mars si aucune solution n’est trouvée à la crise. Ces opérateurs pouvaient ne pas respecter leur engagement surtout la livraison de matières premières convoitées par d’autres opérateurs économiques hors zone Union européenne. Les négociations de l’Union africaine qui devaient commencer le 5 avril étaient donc inacceptables pour Mr SARKOZY, c’est ainsi que les besoins en matières premières ont primé sur la méthode de règlement pacifique de l’union africaine et l’ordre de violation du cessez le feu a été donné le 28 mars.


N’en déplaise à ceux qui n’ont pas encore compris que les états n’ont que des intérêts et pas d’amis et qui ont la naïveté de croire encore que l’armée française est intervenue pour les sauver. Le gouvernement a appelé au respect du cessez le feu en décidant d’un cessez le feu unilatéral pour ne point se rendre complice d’une guerre inutile de la France contre la Côte d’Ivoire.
Face à l’impossibilité des rebelles de prendre les institutions de la république malgré l’appui aérien français et onusien, dans la nuit du 2 au 3 avril, 17 avions cargo de l’armée française ont débarqué un régiment de bérets verts de la Légion étrangère et du matériel de guerre après avoir braqué l’aéroport. On connaît la suite. En violation flagrante de la résolution 1975, 50 bombardements sur la résidence du chef de l’état et une colonne de 30 chars de l’armée française ont eu raison du Président GBAGBO le 11 avril 2011. Après ce coup d’état inédit, l’heure est venue de faire la paix. Toute paix après une guerre commence par un accord de paix. Ce que le Président GBAGBO a appelé, la partie civile de la crise ou ce que AFFI N'GUESSAN a appelé la solution politique de la crise.
Vouloir passer outre ce traité et agir en éternel « vainqueur » en traquant à tous les coins du pays les « vaincus » serait une erreur car la nation ivoirienne ne pourra que s’effriter d’avantage et en plus les éléments constitutifs d’un état disparaissent par des pillages. Nous avons des généraux sans armées, des ministres sans ministères, des juges sans tribunaux, des députés sans assemblée. L’heure est au chantage et au pillage par une armée de rebelles et de prisonniers en armes se considérant « vainqueurs » de l’armée régulière et abandonnée sans solde par les recruteurs.
Aujourd'hui, tous les sachants du FPI et du gouvernement sont soit en prison, soit en exil donc n’ont pas le droit à la parole, ni au dialogue, ni à l’expression de leur part de vérité.
Aujourd’hui près de 2 millions d’électeurs presque tous du LMP sont des exilés internes ou externes sur une population électorale qui ne compte que 5 700 000 électeurs. Si on ajoute à ces 2 millions ceux qui ne sont pas exilés mais persécutés chaque jour dans leur existence pour être des proches de GBAGBO, l’on se rend bien compte que ce n’est pas la majorité qui a voté Monsieur Alassane Dramane OUATTARA et qu’il sera difficile de gouverner contre cette majorité.
Il faut donc créer les conditions de leur libération et de leur retour pour que toutes les vérités soit dites, que tous les victimes et responsables de crimes soient identifiés avant que la justice ne prenne le relais. Vouloir faire autrement, c’est vouloir cacher un pan important de la vérité sur la crise ivoirienne.
Le gouvernement illégal et illégitime de rebelles formé à Bouaké de 2002 à 2010 n’a pas plus de légitimité que le gouvernement de l’honorable professeur AKE NGBO formé selon les lois et règlements de son pays ; les 10 000 morts de cette rébellion pendant cette période de 2002 à 2010 et le génocide Gueré en 2011 par le fait des rebelles doivent être soumises de la même justice que les victimes alléguées au camp Gbagbo.
Selon la commission spéciale mise en place par l’ONU sur les trafics en zone rebelle, plus de 250 milliards de FCFA de ressources par an soit plus de 2000 milliards en 8 ans (diamant, cacao, bois, coton, anacarde, vente illégale de carburant, moto, vélo, pagne, sucre, lait, huile, casses d’agences BCEAO etc.) ont été détournés par les rebelles sans qu’aucun compte n’est été fait à l’état. Les auteurs de tous ces crimes ne peuvent pas être en liberté tandis que ceux qui ont permis à l’état d’exister malgré ces manques à gagner sont en prison ou poursuivis. Selon Africa mining intelligence n°251 du 01/067/2011, l’exploitation frauduleuse par les rebelles du diamant continue jusqu’aujourd’hui exploitant plus de 300 000 carats chaque année générant plus de 12 milliards l’an.
Si le souci du nouveau pouvoir est véritablement de bâtir un état de droit, alors il est important que la loi ne soit pas à double vitesse et qu’elle soit la même pour tous au risque de faire de la justice un instrument d’injustice qui entraverait pour longtemps la paix et l’unité nationale.
Reconstruire l’état, l’état de droit, la nation et la démocratie reste donc une œuvre immense qui doit commencer par la liberté d’aller et venir et la liberté d’expression en toute sécurité, en libérant Laurent GBAGBO et tous les prisonniers politiques et en créant les conditions de sécurité nécessaires pour le retour des exilés. Tels sont les préalables à toute réconciliation sincère et durable qui n’hypothèque pas l’avenir.

Ahoua DON MELLO
• Docteur Ingénieur des Ponts et Chaussées
• Ex Directeur Général du BNETD
• Ministre de l’équipement et d’assainissement, porte parole du gouvernement AKE NGBO