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07/08/2011

LA FETE DE LA DEPENDANCE

58400-nicolas-sarkozy-637x0-1.jpg7 AOUT 2011 : LA FETE DE LA DEPENDANCE DE OUATTARA « Pas de chachacha pour moi cette fois-ci »

Source : Telediaspora.net du 07/08/2011


Depuis un demi-siècle, le 7 août est la date symbolique et commémorative de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, pour sacrifier au rituel de célébration de cette fête nationale Alassane Dramane Ouattara, le nouveau maître des lieux veut célébrer.
Mais que va-t-il célébrer après avoir brillamment démontré que la Côte d’Ivoire était encore une colonie française sous protectorat franco-onusien, après avoir détruit tout ce qui faisait la souveraineté de ce pays ?

La guerre de la coalition franco-rebelle contre la Côte d’Ivoire et contre la Libye a fini de convaincre les plus sceptiques : les états africains faibles ne sont indépendants que sur papier, la réalité étant tout autre. Ils ne sont ni libres, ni indépendants. Ils sont économiquement dépendants et politiquement castrés.
Ainsi, les richesses de la Côte d’Ivoire sont la propriété de la France :
La gestion de l’eau courante appartient à la France (SODECI),
L’électricité appartient à la France (CIE),
Le téléphone appartient à la France (CITELCOM),
L’aéroport appartient à la France (AERIA),
Le port appartient à la France (BOLLORE),
Le chemin de fer appartient à la France (SITRARAIL),
L’exploitation des ressources minières et agricoles est contrôlée par la France. Ainsi le cacao, le café, le pétrole, l’or et le diamant ivoirien sont aux mains des multinationales occidentales. Bientôt Air ivoire sera une société française avec la bénédiction du poulain Ouattara.

Alors de quelle indépendance devrons-nous nous réjouir ?

Au plan politique, aucune de nos institutions n’a de valeur aux yeux de nos colons. Tous les symboles de la souveraineté nationale ont été foulés au pied :
La loi fondamentale est tripotée et violée à volonté,
Le palais présidentiel et la résidence du Président sont bombardés,
Notre Président démocratiquement élu, Son Excellence Laurent Gbagbo, est en prison avec son épouse et son fils ; le gouvernement Aké N’Gbo est en prison.
La télévision nationale attaquée, sabotée et remplacée par un avatar venu de Paris (TCI).
L’armée qui faisait la fierté d’une nation désireuse d’affirmer sa souveraineté a été bombardée, désarmée, déshabillée, ridiculisée et remplacée par une bande de voyous : « les frères Cissé » (FRCI).
Une bande d’analphabètes, tueurs, voleurs et violeurs qui dans ses tenues désassorties rappelle chaque jour aux Ivoiriens qu’ils vivent désormais sous le pouvoir des blakoros.
Des blakoros triplement protégés par la France, l’ONU et quelques pays voisins.

J’ai du mal à concevoir dans un tel climat que l’on parle de célébration de l’indépendance. Il serait plus juste de parler de la première fête de la Re-dépendance. D’ailleurs les signes de la recolonisation sont si évidents que les ivoiriens n’ont pas attendu ma plume pour s’en convaincre. On se croirait dans les années 1940 :
- Un gouverneur Dramane Ouattara, marié à une française Dominique Folloroux.
- Un conseiller militaire pour réorganiser l’armée au goût de la métropole et décourager toute subversion qui serait dommageable au pillage économique.
- Une économie sous perfusion tournée résolument vers la mendicité internationale. Les milliards de dette s’amoncellent sur la tête de nos descendants, question de s’assurer de leur dépendance eux aussi.
- Une conscience collective noyée dans la fièvre d’un tchatchatcha version 2011. On mange, on boit, on danse, car Koné, Moussa, Cissé, Konaté ou Coulibaly a été nommé en lieu et place de Gueu, Tra Bi, Lago, Aké, Mobio ou Assémien. Et Koné rit quand Lago se cache, traqué par les chasseurs assassins dozos.

Le pain manque car le boulanger de Mama a fait place au boucher de Sindou et la population ivoirienne paye l’addition d’une transition encore « plus calamiteuse ».

Alors messieurs les fêtards, laissez nous pleurer nos morts, nos prisonniers amaigris et nos fugitifs en dangers. Pas de fête macabre et machiavélique pour moi. J’ai des plaies à panser, un avenir à penser. J’ai des prisonniers à libérer, des innocents à blanchir. J’ai des voisins dioulas à saluer comme par le passé. J’ai mon cacao à vendre et mes enfants à scolariser. J’ai une vie de nègre à vivre et reconstruire. Je n’ai plus le temps de danser. Mon tympan déchiré par les bombes n’entend plus la musique. Mes pieds sont fatigués de courir et ma hanche a perdu sa souplesse sous les cannons répétés des nouveaux démocrates.
Et dire que nous avons sauté et dansé dans les années 60 au son de « indépendances tchatchatcha ».
Pas de tchatchatcha pour moi cette fois-ci. « Premier gaou n’est pas gaou, c’est deuxième gaou qui est gnata », « ni gnongon té né srô tougou ».

La vraie fête de l’indépendance de la Côte d’Ivoire et probablement de l’Afrique viendra un jour quand nous, Africains, ferons bloc pour bouter hors les néo-colons et leurs suppôts locaux et quand chacun pourra être libre de ses opinions et nos institutions seront respectées.
Ce jour là, je danserai à la joie de la dignité retrouvée ; je danserai en mémoire de Lumumba, de Oum- Niobé, de N’kruma, de Nasser, de Sankara et bien d’autres souverainistes…

Cœur d’Ivoire, USA