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03/01/2012

Après les messages de fin d’année: Voici le vrai chef

Source : notre voie du 03 janvier 2012
Le journal Le Patriote a tenté hier de présenter Alassane Dramane Ouattara comme le chef qui manquait à la Côte d’Ivoire. « Enfin un vrai chef », a titré le quotidien officiel du nouveau pouvoir. Et pourtant, après huit mois d’exercice de pouvoir Ouattara s’est illustré par des actes qui démontrent qu’il n’est vraiment pas un bon chef. Car un chef c’est celui qui est respecté et dont l’autorité est reconnue. Or dans son propre camp, Ouattara n’est pas respecté par ses partisans. A titre d’exemple, après son investiture en mai 2011, Ouattara avait donné deux mois pour que ses hommes les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) entrent en caserne. Huit mois se sont écoulés et le constat est sans équivoque. Non seulement ses troupes ne sont pas encasernées, mais elles continuent de semer terreur et désolation sur toute l’étendue du territoire.
Suite aux tueries perpétrées par les Frci en décembre dernier à Vavoua, Ouattara avait aussi lancé un ultimatum de 48h à ses hommes de ne plus circuler en armes et avec les véhicules estampillés Frci dans les rues. Là encore, l’actuel chef de l’Etat n’a pas été suivi par ses hommes. Pire, ils continuent même de le défier. Puisque les éléments des Frci à bord de leurs véhicules continuent de parader partout. A Abidjan et surtout dans les villes et hameaux les plus reculés Frci et dozos sévissent toujours. Dans certains quartiers de la capitale économique, des éléments Frci chassés des barrages qu’ils tiennent et pourchassés par la police militaire reprennent leur position dès que cette unité quitte les lieux.
Un vrai chef, c’est aussi celui qui assure le bien-être de ses administrés. Or que constatons nous actuellement ? Malgré la crise qui frappe de plein fouet le pays, et bien que les marchés soient abondamment ravitaillés, les prix des denrées alimentaires (riz huile, viande) ne cessent de flamber chaque jour. Un vrai chef c’est aussi celui qui sait pardonner, qui a le dos large et qui est toujours animé d’un esprit de dialogue. Ce qui n’est pas le cas chez Ouattara qui refuse de dialoguer avec son opposition. Depuis le mois d’avril 2011, ses adversaires politiques et même des sous-officiers et officiers supérieurs de l’armée et des journalistes sont illégalement détenus et croupissent dans les prisons du pays sans être entendus. Alors que lui-même et son camp ne sont nullement exempts de reproches dans tout ce qui se passe la Côte d’Ivoire. Le vrai chef, c’est celui qui est juste. Or, il est de notoriété publique que M. Ouattara pratique une justice à double vitesse. Le vrai chef, ce n’est pas aussi celui qui brandit toujours la violence et la division comme armes pour régner. Ni celui qui pratique le tribalisme, l’exclusion en opposant son ethnie aux autres à travers ses nominations et ses choix dans les services de l’administration publique. Il est plutôt un rassembleur.
Etre un bon chef c’est aussi faire preuve d’humilité. Parvenu à la magistrature suprême du pays depuis avril 2011, il n’a pas encore renoncé au poste de président de son parti le Rassemblement des républicains (RDR). Mais le fait le plus marquant c’est l’attitude de Ouattara pendant son adresse à la nation le 31 décembre dernier. Les téléspectateurs ont été surpris de voir l’actuel chef de l’Etat s’adresser aux Ivoiriens étant assis. La posture de Ouattara, il faut le dire tout net a choqué plus d’un Ivoirien.
A la différence de Ouattara, le président Laurent Gbagbo a démontré pendant son règne qu’il est bon chef. Attaqué par les rebelles depuis 2002, il leur a néanmoins pardonné en prenant une loi d’amnistie pour ses bourreaux. Laurent Gbagbo a par la suite mis en exergue ses qualités d’homme d’ouverture et de rassemblement en formant un gouvernement incluant les rebelles avec comme premier ministre Soro Guillaume le patron de la branche politique de la rébellion. Laurent Gbagbo nommait des responsables de l’administration publique sans discrimination et ne privilégiait pas l’ethnie mais la compétence. Il était réputé pour son humilité et était au contact avec sa population. Il s’est même rendu à la rue princesse de Yopougon et ne manquait pas de marquer un arrêt à certains endroits d’Abidjan pour se frotter à son peuple et communier avec lui. En bon chef, il se met toujours debout pour s’adresser à son peuple. C’est dans cette optique que pour lutter contre l’insécurité galopante dans le pays, il a crée le Centre de commandement des opérations de sécurité (CECOS). Soucieux du bien être de sa population, il s’est toujours opposé à l’augmentation vertigineuse des prix des denrées de première nécessité. Revenu de Marcoussis en France ou il avait été contraint à former un nouveau gouvernement, il a exhorté son peuple à accepter ce médicament pourtant amer. Son peuple l’a compris et l’a suivi. Sachant également que les Ivoiriens n’accepteraient pas la candidature de Ouattara à la présidentielle de 2005, Laurent Gbagbo revenu d’Afrique du Sud a pris un décret pour l’autoriser à être candidat. Là encore il a pu convaincre son peuple en prenant cette décision puisqu’il ne s’est pas soulevé il lui a obéi, tout simplement.
Mais là où Laurent Gbagbo a vraiment montré qu’il était un vrai chef, c’est quand il a refusé l’exil doré avec quelques proches que lui faisaient miroiter les puissances occidentales. Il demandé aux soldats d’arrêter les combats. Ceux-ci lui ont immédiatement obéi. Et il a décidé de rester à sa résidence sous les bombes de la France et des Nations unies. Un bon et vrai chef, c’est celui qui est prêt à se sacrifier pour son peuple. Et non celui qui prend la tangente au moindre coup de pétard. Dans ce domaine, Laurent Gbagbo a véritablement fait la preuve qu’il aime le peuple de Côte d’Ivoire.


Vincent Deh