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22/12/2011

En guise de récompense: Alassane Ouattara abandonne l'ouest aux ex-rebelles

Source : Le Nouveau Courrier : Du22/12/2011

Vraisemblablement, le chef de l’Etat ivoirien a décidé d’offrir tout le grand ouest de la Côte d’Ivoire aux ex-rebelles des Forces nouvelles conduites par l’actuel locataire de la primature Guillaume Soro qui soutiennent Alassane Ouattara depuis la rébellion du 19 septembre 2002 et qui sous l’appellation de Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) créées rapidement en mars dernier pour voiler la collusion avec la rébellion qui lui a été d’un soutien déterminant dans la bataille d’Abidjan qui l’a porté au pouvoir.

Pour cela le chef de l’Etat a certainement voulu être reconnaissant à ses soldats d’une manière ou d’une autre. En témoignent les nominations à des hautes fonctions dans l’Armée des chefs de l’exrébellion, l’impunité dont bénéficient les Frci qui commettent des exactions et tracasseries régulières sur les populations sur l’ensemble du territoire. Mais la situation est plus atypique dans l’ouest où les soldats règnent en maitres absolus, et de ce fait, ont décidé de se payer sur le dos des populations qui souffrent le martyre de cet «état de siège» dans l’indifférence quasi-totale des nouvelles autorités.

Une économie parallèle ou de guerre qui a de l’avenir

En effet, les Frci ont ajouté une autre corde à leur capacité de nuisance sur les populations de l’ouest du pays : le racket généralisé ; s’érigeant mutatis mutandis en l’administration administrative et financière qui est quasiment absente ou présente pour la forme par endroit. Ainsi, en période de récolte, les perceptions illicites et autres extorsions se sont accentuées. De la plus mauvaise des manières et des méthodes peu orthodoxes au détriment des planteurs et acheteurs.

Le lieutenant Zoulou, commandant Frci de Bloléquin fait émettre des tickets pour prélever et percevoir des taxes illicites, donc non officielles, seulement pour son propre compte, appelés «tickets de ramassage» auprès des planteurs. Cette taxe fixée à 9 000 francs Cfa (une taxe soumise à des vicissitudes puisqu’elle peut évoluer en fonction des humeurs des hommes en armes) est perçue sur les pistes villageoises pour tout camion de café-cacao à destination de la ville de Bloléquin. Pour asseoir et consolider leur «trésor de guerre», la voracité des hommes en armes ne saurait se limiter ces «miettes». Ils jettent donc leur dévolu sur les acheteurs, une fois les marchandises stockées dans leurs magasins en ville. Et là, ces derniers doivent payer le prix fort, non sans colère. «C’est illégal mais on est contraint de payer», a réagi un des acheteurs de produits agricoles. En effet, avant de convoyer leurs différents produits achetés vers les différents ports du pays, les acheteurs doivent débourser la bagatelle de 150 000 francs Cfa par camion.

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